‹ La bibliothèque de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême au château de Cognac en 1496Chapitre 13 sur 18 · GO · texte numérisé non relu

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un forgeron son marteau sur l'enclume. Aux lantômcs s'en vint de course, et avec sa grande dent les commença à déchirer, et les faisant tournoyer çà et là autour des cordes, quil semblait que ce fussent saltimbanques, joueurs de souplesse. Celte mauvaise bête s'amusa quelque temps après ces fantômes.

" Ceux qui étaient aux galeries basses lui criaient après, l'excitaient, et il revenait à eux de course, mais il ne pouvait jaillir si haut. I! allait tournoyant tout aulour, une fois au Irot, autrefois au cours, et tant vira par céans, qu'il vit à l'entrée de l'escalier qui était auprès du portail une brèche mal bouchée pour il lui fut bien avis qu'il passerait. Si vint heurter d'un grand élan à cette entrée , si fort qu'il renversa les deux coffres qui bouchaient le passage : tellement qu'il entra aux premières galeries.

«Il ne faut demander si ceux furent épouvantés qui céans étaienl. Ils se essaient de reculer, mais ils ne peuvent pour la presse qui était si grande. Les uns se prirent à monter sur la balustrade des galeries et embrassaient les piliers pour se jeter en la cour, si besoin eût été, et ne se faut point émerveiller si Ion y devait avoir peur, car ils n'avaient nuls bâtons propices à eux deffendre d'une si cruelle bête, avec cela que l'un eût empêché l'autre. Toutefois le sanglier ne vint point à eux , ainsi s'en vint monter l'escalier dudit portail. Si prend son chemin droit nù était le roi, lequel se fût bien jeté dedans la chambre de la reine, s'il lui eût plu; mais il ne daigna, ains fil reculer à son dos tous ceux qui en sa compagnie étaient, et voulut attendre le sanglier tout seul pour voir ce qu'il allait faire ; mais ce fut avec une aussi grande assurance que s'il eût vu venir à lui une demoiselle. Ne demandez pas en quelle frayeur fut lors la reine et.madame la régente, voire toute la compagnie, qui en tel péril voyaient le roi. Nul n'osait enfreindre son commandement de se mettre entre deux, combien que cinq ou six de ses gentilshommes le voulussent faire ; mais il ne le souffrit. Le sanglier d'entrée venait à lui tout le pas. Le roi, qui jamais n'était sans une bonne forte épée tranchante et poignante ceinte à son côté, y mit la main, si la tire. Quand le sanglier se voit approché de lui environ la longueur de deux toises, si s'empreint de grantviveté pour lui cuider (donner) de sa dent parmi la cuisse et lui faire une plaie mortelle. Mais le roi, qui est hardi et assuré, s'avance un demi-pns, et de celte bonne épée qu'il tient au poing, lui donne de pointe en l'escu {poitrail} par une si grande force, qu'il la lui passa toute au travers du corps. Le sanglier se voyant alteinl, laissa le roi et s'en va descendre par l'i^ulre escalier ijui était devant le pu ils,

et marcha dans la cour environ cinq ou six pas, puis tomba mort. Vous ne sauriez pas croire Ja joie que la reine et Madame eurent quand elles virent le roi eschappé de ce péril.

• Soyez sûres, mes dames, que de toutes les contenances hardies que je vis oncques, ce fut celle du gentil roi François; et ce que je vous ai dit, je vis à l'œil, et ne croi point que oncques hardiesse de roi fut plus gaillardement éprouvée que celle fut. «

14. Traduction du livre latin deBoccace, De claris et nob ilibus m ulierib us.

Vuluiue iii-quai'lu niaxiino de 'Ji l'euilleU velia , lignes loQi,'ues, miniatures, Tignetles eliuilialcs; fin du XV' siècle. Relié sur bois en velours cramoisi. — M* 7083 (Fontainebleau, n* y"8 ; — anc. calai., 053-.

Ouvrage exécuté pour Louise de Savoie, dont les armoiries décorent la première vignette. Les ornements sont de la main à laquelle nous devons le volume des Echecs amoureux. (Manuscrits français , t. V.)

15. Le M ir 017' des armes militaires, pai' Jacques Chantereau.

Volame in-folio luediocri lia 41 feuillets papier . lignes longues , dessins et ornements à la plume ; XM' siècle. Relié en maroquin rouge , aux armes de France sur les plats cl au chiffre de Louis XV sur le do». — N* 'H2 83 fonds Colberl , anc. n* 2687).

Sur Je verso du titre on voit , dans un grand dessifl, François !•' assis sur son trône, recevant le livre des mains de l'auteur à demi agenouillé. Au haut du dais royal est l'écu de France surmontant la salamandre. {Manuscrits français , t. V.)

16. Cosmographie de Jean Alphonse, achevée par Kaulin Secalart.

Volume in-folio parvo de 194 feuillets papier, lignes longues, cartes et ligures coloriées ; XVI* siècle. Relié en veau fauve marbré , à l'aigle de France sur les plats et au chiffre de Napoléon sur le dos. — N° 7145, \. A. fonds do Baluze , anc. n" 503).

Ce manuscrit porte la date de lo4o et deux signatures , celle de Jehan Alphonse et celle de RauUn Secalart , cosmographe de Honnefleur. Le texte se termine ainsi, folio 19:2 : «Fin de la Cosmographe avec l'espère et régime de soleil et de nord, en notre langue françoyse... faicte et composée par nous Jehan AUefonsce et Raulin Secalart, cappitaines et pilloles de navires, demou-

— Tirant en la ville de La llochelle, en la rue Saint-Jehan-de-Pral, devant l'église dudit Saint-Jehan , le vingt-qualriesme jour du mois de novembre l'an mil cinq cens quarante-cinq. — Achevay de par nioy Uaulin Secalart, cosmographe de Honnefleur, désirant faire servisces à vostre maigeslay reaille qui sera fin de se présent livre. lo4o. •

Dans le catalogue de Baluze (page 77), Jean Alphonse est désigné comme pilote Saintongeois. {Manuscrils français, t.V.)

Le capitaine Alphonse naquit, croit-on, dans les environs de Cognac. D'un caractère hardi et entreprenant , il se voua de bonne heure à la navigation, et dans ses longs voyages visita les côtes de l'Océan et de la Méditerranée et celles de l'Afrique. La relation de ses Voyages aventureux parut pour la première fois à Poitiers, Jean de Marnef {sans date), en un petit in-40 de 4 11'. préliminaires et 68 Cf. chiffrés. Cet ouvrage fut rédigé après la mort de l'auteur par Mellin de Sainl-Gelais, ainsi que nousl'apprend Jean deMarnef dans un avis au lecteur. 11 existe des exemplaires de l'édition de Poitiers avec des différences dans les pièces préliminaires. M. Bruuet, danssoniWant/ei du libraire, o' édition, tome i", déclare avoir vu deux exemplaires, dont le premier avec le titre ci-dessus, non daté , et le second avec un frontispice de -ioo9 et portant ces mois : Contenajit les reigles et enseignemens nécessaires ala bonne et seure navigation. Derrière le frontispice se lit le privilège en date du 7 mars io47, suivi des mots achevé d'imprimer le 2 mai loo9.

On connaît des éditions de Rouen, Mallard, 1578. petit in-4"; de Paris, 1598, in-S", et de La Rochelle, héritiers de Hierosme Haultin, 1605, in-40 de 2 ff. préliminaires, 93 pages, plus 18 ff. non chiffrés pour la table.

Ce livre, qui est fort rare, s'e-^t vendu 6-2 francs à la vente de feu M. Pressac, à Poitiers, et sous la date de 1559, relié en cuir de Russie, 4liv. 9 sh. (Catalogue Libri, n° 1-2, Londres, 1859.) La note consacrée à la description de l'ouvrage du capitaine Jean Alphonse se termine ainsi : « The description of Ihe British Islands is very curions, and the mislakes in the names(such as Hulin for Dublin) most amusing. The captain mentions in the Isle de Main « que naissent des hommes queue z. »

17. Vies de huit personnages gy^ecs et romains, traduites de Plutarque par Georges de Selves.

Volume in-folio mediocri papier, lignes longues; XVI' siècle. Itelic en \ean noir à eomparlimeuls dorés Ibrmant des espèces de carquois . avec une (is-'ure de

I.i >uil (Diane?) snr.l'iin iIcn plais. — >!' :tt'.r> ^Foiilainphleaii . n* IX.M); — ,iiic. ralal.. n* ITn .

Volume conlenaiil « les vies de huil excelleiis et renornincz personnages grecs et rommains. mises au parangon l'une de l'aulre, escriples premièrement en langue grecque par le Ires véritable historien et grant philozophe Plularque de C.heronée, et despuis translatées en françoys par le commandement du Ires chrestien roy François premier de ce nom. •

Ce manuscrit parait avoir été relié pour Diane de Poitiers, avant l'avènement d'Henri 11 à la couronne. L'ouvrage a été imprimé h Lyon, chez Jean de Tournes, en lo4l. I.o traducteur, Georges de Selves, évoque de Lavaur, mourut dans la même année. (IHanuicrits français , t. V.j

18. Les Epislres d'Ovidr , traduites par Octavien de Saint-Gelais.

Volume in-rolio pano, veliii, dt' 13" l'euillets à lignes longues , minialures , initiales ; commencement du XVI' siérle. Itclic en maroquin citron, aux armes de France sur les plats el au chiffre de Louis XIV sur le dos. — >* "232 (Fontainebleau , n' 26" ; — anc. n* 357).

Ce volume contient vingt et un portraits en buste. Dans plusieurs des miniatures, on a tracé les armes de France-Angoulême parti de Savoie, qui attestent rancienne propriété de Louise de Savoie. Au folio 6, curieuse coilTure, couteau, plume, encrier, fenêtre dans laquelle le cliifTre de Louise est tracé.

La Bibliothèque Impériale possède encore sous les numéros 1-2M , 7-231 2 et 7:233, 'rlU, trois autres manuscrits de la traduction de Sainl-Gelais. (Manuscrits français, t. VII.}

. 19. La Cabale chrétienne, par Jean Thenaud. — Tableaux encyclopédiques, par Guillaume Postel. — Opérations cabalistiques.

Volume in-folio meJiocri, vélin, de 58 feuillets manuscrits, lignes longues, et de 10 feuillets imprimes , minialures; XVI' siècle. Relié autrefois sur bois en velours, coaleur de feu, aujouKl'hui en maroquin rouge, aux armes de France sur les plats , aux fleurs de lis de Louis XVI sur le dos. — >'° "236 (Fontainebleau , n" 526; — anc. n* 526).

On doit cet ouvrage au frère Jean Thénaud, gardien des frères Mineurs ou Cordeliers d'Angoulême , auteur du traité de la Lignée de Salttrne , composé pour Louis XII, au moment de la

coruiuêle du Milanais (ms. 7488); de La Marguerite de France; du Traite des Divinités poétiques , et du Voyage d'outre-mer.

Dans le prologue de la Cabale chrétienne. Jean Thénaud nous îipprend qu'il fut consacré prêtre en Angoumois.

de relligion

Kl ordres sainets j'ay eu susceplion En Angoulmois voslrc pays natif Qui m'a induit lousjours estre euletitif Des paravant vostre nativité Prier pour vous

Thénaud a dédié sa Cabale chrétienne h François le^ Grâce à la protection de Louise de Savoie, il a pu , ainsi qu'il nous l'apprend , étudier, composer des ouvrages et visiter des terres loiniaines; et le roi, après son sacre, lui avait ordonné

De s'occuper aux livres visitei' El à studieux exercice usiter.

.lean Thénaud suppose que l'esprit de Charles d'Angoulême, père du roi, apparaît à son fils; qu'il lui explique la façon d'exister dans l'autre monde , le système des hiérarchies célestes, et enfin la filière des rapports qui se sont établis entre les dominations angéliques et les hommes. Telle est la Cabale chrétienne.

La miniature du frontispice représente le lit royal dans lequel repose François !«■'. Jean Thénaud, en costume de cordelier, paraît recueillir les paroles qui sortent de la bouche d'une figure radiée , celle de Charles d'Angoulême. Les dix autres miniatures représentent des dessins cabalistiques. (Manuscrits français, I. VII.)

20. Traduction de limitation de Jésus-Christ et de l'Échelle de Paradis.

Volume in-quarto parvo, vélin, de 101 feuillets à lignes longues, deux miniatures, initiales; premières années du \VI' siècle. Relie en maroquin rouge aux armes de France sur les plats, à la fleur de lis du Régent sur le dos. — N* 7276 (Fontainebleau, n" 772.; — anc. calai., n° CO-2).

.Manuscrit dont l'exécution rappelle celle du livre des Échecs amoureux et qui fut écrit, soit pour François, duc d'Angoulême, soit pour sa sœur Marguerite, sous le règne de Louis XII. Dans la première vignette est l'écu des ducs d'Orléans. La miniature du frontispice représente Jésus portant sa croix, et derrière, un personnage en manteau et chaperon rouge fourré d'hermine, agenouillé. Le même personnage est encore agenouillé près de

Jésus-Christ dans la secuade miaiature placée au-devanl de l'Échelle de Paradis.

I. « Cy commence le livre très salutaire de la Ymitacion Jhesu- Crist et mesprisement de ce monde. Premièrement compose en latin par saint Bernard ou par autre dévote personne, aclribue à maistre Jehan Gerson, chancelier de Paris, et après translate en françoys en la cite de Tholouse. »

Cette traduction, faite à Toulouse, avait été imprimée dans celte ville, peu de temps avant l'exécution de notre manuscrit, c'est-à-dire en 1488; elle le fut encore en 1500, sous le même nom de saint Bernard (l).

II. F095. « Sensuyt un petit et singulier traiclié de sainct Augustin appelé l'Eschelle de Paradis , ou est contenu l'office de leçon , meditacion, oraison et conlemplacion. Cy après commence le prologue : — Ainsi que ung jour j'estoys occupe au labeur corporel. -> {Manuscrits français, l. Vil.)

21. Du zèle que les princes doivent avoir à la dispositiùn de l'état de V Eglise.

Volume in-quarto niagiio, veliii, de — feuillels, lignes longues , initiales; commencemenl du XVl* siècle. Demi-reliure au dos de maroquin bleu. — .\* 7288 (Fontainebleau, n" 807; — anc. catal., n' 791).

L'auteur a dédié son livre à la mère du roi François I", Louise de Savoie, qu'il supplie d'être auprès de son fils l'avocate du peuple. {Manuscrits français, t. VII.)

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