KA1M1K PREMIER
suam nunquam mutant abeo (Tob. il). L'Eglise catholique, la solennité de cette fête, nous ouvrant les cieux, nous propose, non seulement un saint mais tous les saints en général, afin qu'ils nous prêchent cette sainteté sans laquelle, dit S. Paul, nous ne verrons jamais DiF.r : Sequtmtmsanetwumkm^sineauâ nemo videbit Deum (Hebr.xn). — Pour ce sujet L'Eglise nous fait deux différent^ portraits de ses saints. Dans le premier, elle nous montre ce qu'ils ont été sur la terre, et dans ond ce qu'ils sont maintenant dans le ciel. La première peinture nous expose la générosité de leurs combats, la fidélité et la fermeté de leur cœur au service de Dieu : la seconde nous représente la gloire de leur triomphe, la grandeur et le bonheur de leur récompense. Après cela, l'Eglise élève la voix, et, s'adressant à tous les chrétiens qui composent, comme dit S. Pierre, ce peuple saint, gens sancta, elle leur dit : Filii semetorum sumus, vous êtes les enfants de ces saints qui ont fidèlement combattu ; vous portez dans vos veines le sang de ces martyrs dont vous lescendus ; vous êtes l'illustre lignée de tous ces saints que Dieu a couronnés dans le ciel. Or, je dis que ces saints, proposés par l'Eglise et considérés de la sorte, feront si nous n'y mettons point d'empêchement, trois puissantes impressions sur nos esprits et sur nos cœurs.
d qualité de prédicateurs, ils nous persuaderont que nous devons être des saints.
qualité de témoins, ils nous convaincront que nous pouvons être ints.
3° En qualité de censeurs et de juges, ils nous condamneront de ce que nous sommes si éloignés d'être saints, quoique nous le devions et le puissions être. (Te,/ ter).
IX. — Ninds bonori fi en ti vint omici tui Deus ; nimis confortotus est principatus eorum (Ps. 138). — 0 Dieu, que vos amis sont élevés en gloire, et que leur principauté est puissamment affermie ! la célébrité de ce jour doit nous inspirer une haute estime des saints.
1°. L'honneur que Dieu leur a fait de les prédestiner de toute éternité à la couronne de gloire, qui est tout ensemble une couronne de miséricorde et de justice à leur égard. — De justice, parce que Dieu ne la donne qu'à ceux qui la méritent par leurs services; de miséricorde, parce qu'il leur donne par sa pure bonté les moyens nécessaires pour la mériter. — Il veut qu'ils la méritent, et il fait voir par là le grand honneur qu'il leur fait en leur donnant occasion de gagner par leur courage et par leur vertu une gloire immortelle, qui surpasse infiniment toute la gloire des plus grands monarques. Il leur donne aussi les moyens de la mériter, sans lesquels ils n'y pourraient parvenir ; et par là témoigne le grand amour qu'il leur porte. Admirons son infinie bonté ; aimons et honorons ceux qu'il aime et honore lui-même.
2° L'honneur que Dieu a fait aux saints en exécutant l'admirable projet qu'il avait conçu de toute éternité en leur faveur. Il les a tirés du néant, et même souvent il a rendu leur naissance illustre par des signes et des présages surnaturels ; il les a appelés à la foi et les a fait naître dans son église, pour y être élevés comme ses enfants et les héritiers présomptifs de son royaume ; il les a prévenus de bénédictions et de faveurs incompréhensibles; il les a préservés d'une infinité de tentations et de dangers ; il les a attirés à la pénitence par des coups de grâce merveilleux ; il les a attendus avec une patience invincible. Il les a mis dans l'emploi et leur a procuré des occasions favorables pour pratiquer des vertus héroïques. Enfin, il a eu pour eux des soins d'une providence aimable, qui les a conduits sur le trône qu'il leur avait préparé avant tous les siècles.
3°. L'honneur que Dieu a fait aux saints dans le ciel, le rang qu'il leur donne dans son royaume. Autant il y a de saints dans le ciel, autant d'images éclatantes des diverses perfections de Dieu ; tous les saints sont participants de la béatitude et de la gloire qu'il possède. Il est aisé de juger parla et de l'honneur qu'il leur fait et du respect que nous leur devons. {Méditations du P. Nouet).
X. — Fihi sanctorum sumus (Tob. vin). — Comme nous pouvons regarder les saints en deux états, dans leurs travaux passés et dans leur gloire présente, l'Eglise, en ce jour, nous en présente deux différents tableaux et deux excellentes peintures. Elle nous montre, d'un côté, ce que les saints ont été sur la terre, et de l'autre ce qu'ils sont dans le ciel : pour nous apprendre leur courage et la constance avec laquelle ils ont combattu, aussi bien que la gloire de leur triomphe ; afin de tirer de la vue de leurs combats les motifs de notre sainteté, et de la considération de leur triomphe, l'espérance de notre gloire. — Filii sanctorum sumus : vous êtes les enfants de ces saints, qui ont combattu pour Dieu ; vous êtes les enfants de ces saints qui sont montés dans la gloire. De ces deux tableaux tirons pour notre instruction deux considérations différentes, mais qui tendent au même but :
1° L'une nous excitera à l'imitation des grands exemples de vertu qu'ils nous ont donnés, pour contribuer à leur gloire publique.
2° L'autre nous donnera la confiance d'arriver à la gloire dont ils sont en possession, si nous avons le courage de soutenir la qualité que nous portons d'enfants des saints. — L'imitation de leurs vertus et l'espérance de participer un jour à leur gloire seront les deux points de ce discours. (Biroat).
XL — L'exemple des saints fait trois différentes impressions sur notre
PARAGRAPHE PREMIER. L'éà
esprit, qui toutes nous invitent à les imiter. Ils nous convainquent, ils nous sollicitent, ils nous confondent.
1 \ Ils nous convainquent, évidemment, que nous pouvons et que nous devons être saints.
- nous sollicitent puissamment à l'imitation de leurs exemples.
3* Ils nous confondent si nous ne les suivons pas ; et par la crainte que nous devons avoir de cette confusion, ils nous persuadent de les imiter et de les suivre. {Diront).
XII. — Sancti estote, quia ego sanctus swn. (Levit. xi). — Quelque désir que les païens aient témoigné d'être vertueux, il leur a manqué trois choses, selon la remarque de S.Augustin, pour perfectionner leur vertu: le secours. L'exemple, la récompense. Le secours, parce que, n'ayant ni la de Jésus-Christ ni la lumière de son Evangile, ils ne pouvaient s'aider que des lumières de la raison. L'exemple, parce que c'étaient souvent des gens remplis d'imperfections ou abandonnés à mille secrets désordres qui faisaient profession de la sagesse, et qui prétendaient l'enseigner aux autres. La récompense, parce que les plus raisonnables d'entre ces sages de l'antiquité l'ont mise dans la gloire du monde et dans l'estime des hommes, ou tout au plus dans la vertu même. Il était rvé aux chrétiens d'être véritablement vertueux, parce que Dieu même est le principe de leur vertu par sa grâce, le modèle de leur vertu par ses opérations, la récompense de leur vertu par sa gloire. Mais, comme il était difficile aux chrétiens de pratiquer la vertu sans avoir devant eux des exemples qui fussent à leur portée, il nous a bien voulu fournir dans les saints des modèles que nous puissions suivre. Je veux donc aujourd'hui exciter :
1°. Votre reconnaissance pour les grâces que Dieu vous fait en ce jour.
2 Votre ferveur par les exemples qu'il vous propose.
3°. Votre confiance par les récompenses qu'il vous promet.
C'est là tout le plan de mon discours. {Fléchier).
XIII. — Gaudete et exuUate: ecceenim merces vestra copiosa est in cœlis. (Matth.v.)
Pour vous donner une juste idée de la magnificence de cette fête que l'Eglise consacre à la gloire de tous les saints, permettez que je m'arrête aux paroles de mon texte, dont l'exposition littérale va développer d'abord tout mon dessein. Concevez-en bien l'ordre et le partage. — Ecce a copiosa ett in iip.Us. Cette récompense que Dieu prépare à ses élus est une récompense sûre : Ecce, la voilà : c'est un Dieu qui vous la promet, et, si vous la voulez de bonne foi, elle est à vous : Ecce meives
vestra. C'est une récompense abondante, qui n'aura point d'autre mesure que la magnificence de Dieu, et qui mettra seule le comble à tous vos désirs. Ecce merces vestra copiosa. Enfin, c'est une récompense éternelle, que vous ne perdrez jamais, parce qu'elle vous est réservée dans le ciel, où il n'y aura plus de changement ni de révolutions : Ecce merces vestra copiosa est in cœlis. — Qualités bien propres à faire et sur vos esprits et sur vos coeurs les plus fortes impressions, surtout si vous en jugez par opposition aux récompenses du monde, c'est-à-dire par les trois essentielles différences que je vous prie de remarquer entre les récompenses du monde et cette récompense des élus de Dieu :
1°. La récompense des élus de Dieu est une récompense sûre : au lieu que les récompenses du monde sont douteuses et incertaines.
2°. La récompense des élus de Dieu est une récompense abondante : au lieu que les récompenses du monde sont vides et défectueuses.
3°. La récompense des élus de Dieu est une récompense éternelle : au lieu que les récompenses du monde sont caduques et périssables. (Bourdaloue).
XIV. — Mirabilis Dev s in sanctis suis . (Ps. 67). — Dieu est grand en luimême, mais S. Ambroise remarque qu'à notre égard il n'est pas admirable de la même manière : et la raison qu'il en rapporte est évidente, parce que pour admirer il faut connaître ; or, durant cette vie, nous ne pouvons pas connaître Dieu en lui-même, mais seulement dans les créatures, et par conséquent nous ne pouvons l'admirer que dans les créatures, et non pas dans lui-même. Si cela est vrai, j'ai droit de conclure, dèsl'entrée de ce discours, que les saints sont les véritables sujets dans lesquels nous devons admirer Dieu, parce qu'aprèsDiEU il n'est rien de plus grand que les saints, et parce que, les saints étant les chefs-d'œuvre de Dieu, ils ont une vertu particulière pour nous découvrir sa grandeur cachée. Or, la découverte de sa grandeur, selon la pensée du prophète, est ce qui fait l'admiration. En effet, Dieu, tout indépendant qu'il est de ses saints, ne laisse pas, pour ainsi dire, d'en tirer un tribut de gloire, dont il leur est comme obligé, puisque c'est dans eux qu'il est admirable : Mirabilis Deus in sanctis suis, Il est admirable dans leur vocation, admirable dans leur prédestination, admirable dans leur béatitude et dans leur gloire. Quand il n'y aurait que ce que l'Evangile nous apprend aujourd'hui, qu'y aurait-il de plus merveilleux que d'avoir conduit les saints à un royaume éternel par la pauvreté? que de leur avoir fait trouver de la joie dans les pleurs? que de les avoir rendus heureux par les persécutions? que de les avoir béatifiés par la misère? — Voilà l'abrégé de mon discours ; voilà ce que Dieu fait dans les saints. — Mais sans m' arrêter à tout cela, je m'attache à la pensée du grand S. Léon, que je vous prie de remarquer, parce qu'elle renferme tout ce que je puis dire sur ce sujet, et qu'elle est
très-propre pour nous inspirer de la dévotion envers les saints. Ce grand pape, expliquant les paroles de mon texte par rapport à l'excellence de eet étal de gloire auquel les bienheureux sont élevés, dit que deux choses doivent eue observées en eux. comme les deux principaux objets de notre admiration :
1°. Dieu nous a pourvus en eux de puissants protecteurs.
*2 . 11 nous propose en eux de rares modèles de sainteté: Mirabilis m tandis suis in quibus praesidium nobis constituit et exemplum.
XV. — Dans la première partie de mon discours, vous verrez combien nous avons sujet d'admirer Dieu de ce qu'il nous a donné le s saints pour intercesseurs et pour protecteurs. Dans la seconde, vous verrez combien il est admirable, de nous les avoir donnés pour exemples. La première vous apprendra ce (pie les saints font pour nous, et la seconde ce que nous devons faire nous-mêmes pour les saints. (Mascaron).
TVl.~Nmùhonorificatisuntamicitui,î>BV3 (Ps. 118).— Pour comprendre en peu de paroles tout ce que l'on peut dire sur le culte des saints par rapport à nous, je vous dirai qu'il se termine à trois choses principales :
1°. A célébrer leurs louanges.
V imiter leurs actions.
•"> . A les invoquer pour mériter leur assistance dans nos nécessités.
Ce sont les trois manières dont nous pouvons les honorer, et nous acquitter envers eux des bienfaits que nous en recevons durant le cours de cette vie. Et quoiqu'il semble que le dernier point, qui est l'invocation,nous engage plutôt dans de nouvelles obligations que de nous acquit. ter des précédentes, cependant ces bienheureux se réjouissent sans doute que nous leur fournissions de nouveaux sujets de nous faire du bien en implorant leur secours, et que, les reconnaissant pour nos intercesseurs envers Dieu, nous convenions en même temps qu'ils ont mérité ce titre de sa grâce par leurs louables actions, leur martyre, leurs travaux et leurs mortifications. {Ogier).
XVII. — I/œc est voluntas Dei sanctifîcatiu vestra(I Thess. iv). — Comme on ne délibère jamais de la dernière fin àlaquelle tous les hommes tendent par un instinct nécessaire et naturel, je ne vous demanderai point si vous voulez devenir saints, si vous voulez être éternellement heureux ; mais je vous dirai que le plus important sujet de vos délibérations doit être de choisir les moyens les plus propres pour vous sanctifier. A quoi j'a-
jouterai qu'il n'y a rien où l'on se forme plus de difficultés et à quoi on s'imagine même plus d'obstacles. — Les uns se plaignent qu'ils ne peuvent penser à Dieu et à leurs affaires tout à la fois ; les autres que leurs charges sont incompatibles avec la piété et la vertu ; les autres enfin que leur négoce demande toute leur attention, occupe tous leurs soins et leurs pensées. Et ce qui est le plus à craindre, c'est que la malice des hommes a rendu toutes les conditions dangereuses, et que le vice et la corruption des mœurs a mis des écueils partout. Je veux cependant vous montrer aujourd'hui que tout cela n'est qu'un vain prétexte, dont la plupart se flattent dans leurs désordres et dont ils prétendent autoriser leur libertinage, en rejetant sur leur état ou sur leur emploi les difficultés qui ne viennent que de la mauvaise disposition de leur esprit et de leur cœur. Mon dessein est donc de les détruire, tous ces faux prétextes, en vous faisant voir
1°. Qu'il n'y a point de condition où l'on ne puisse se sanctifier.
2°. Que jamais on ne satisfait mieux aux devoirs de son état et de sa condition que lorsque l'on tâche de s'y sanctifier.
Ces deux vérités feront tout le sujet et le partage de ce discours.
Première Partie. — 1°. Dans tous les états il y a des grâces particulières et des moyens pour se sanctifier. — 2°. Chaque condition a ses avantages propres et singuliers sur les autres, pour travailler chacun à s'y sanctifier. — 3°. Outre que chaque condition a ses moyens et ses avantages propres et particuliers, on peut dire que celle où Dieu nous a placés par sa divine providence est la plus sûre et la plus convenable à notre sanctification.
Seconde partie. — 1°. Jamais on ne satisfait mieux au devoir de sa charge et aux obligations de sa condition que lorsque l'on s'efforce de s'y sanctifier : ce qui est facile à voir en ce que quantité d'autres personnes se sont sanctifiées dans le même état. — 2e. Chaque condition fournit à ceux qui y sont appelés les moyens de se rendre saints, en usant bien des grâces qui y sont attachés et ménageant les grâces que Dieu nous y communique. — 3°. La sainteté de chaque personne consiste à acquérir la perfection propre de son état ; c'est un moyen trèspropre pour se sanctifier, et qui oblige tout le monde, chacun à sa manière. (Houdry, Carême).
XVIII. — Pour peu que nous fassions d'attention aux grands exemples que les saints nous ont donnés pendant leur vie, il n'y^a rien qui ne nous doive piquer d'honneur et nous presser de suivre leurs traces, si nous voulons avoir part à leurs couronnes. Pour ce dessein, on peut considérer dans ces généreux athlètes trois choses remarquables :
1° Ils ont généreusement combattu contre tous les ennemis, visibles et invisibles, qui voulaient mettre empêchement à leur sanctification.
ont heureusement surmonté tous les obstacles et foulé aux pieds toutes les puissances opposées à ce noble dessein.
3° Ils recueillent à présent les palmes dues à leur générosité, et triomphent glorieusement dans le séjour de l'immortalité.
XIX. — On peut prendre pour sujet d'un sermon sur tous les saints en général ce qui S. Bernard dit d'un saint en particulier : que nous devons avoir pour eux :
l'admiration pour leurs vertus, pour leur fidélité, pour leurs combats et leurs couronnes.
la confusion pour notre lâcheté à surmonter comme eux les obstacles qui s'opposent à notre sanctification.
3°. L'imitation, en suivant les grands exemples de vertu qu'ils nous ont donnés, en combattant généreusement comme eux tous les obstacles opposés à notre sanctification.
XX. — Mirabilis Deus in sanctis suis (Ps. 23). — Dieu est admirable dans la conduite de' ses saints pour les élever au plus haut degré de gloire dans le ciel. Ce qui peut se remarquer en trois points différents :
1°. Il les choisit sans aucun égard à leurs mérites : et cependant il ne les glorifie pas sans qu'ils y coopèrent de leur part, et qu'ils ne s'en rendent dignes.
2°. U les appelle par une grâce efficace, en telle sorte cependant qu'elle ne fait aucune violence à leur volonté, ni n'intéresse en aucune manière leur liberté.
3°. Il les appelle si certainement à la gloire, que cependant ils ne sont point sans crainte de la perdre.
XXI. — Snncti estote quia ego sanctus sum (Levit. xi). Si, d'un côté, la sainteté est la voie unique, sûre et infaillible, pour arriver au séjour des bienheureux et jouir de la gloire des saints, il faut aussi avouer de bonne foi qu'elle est rude et difficile à tenir, et qu'il serait inutile de nous animer à la suivre si l'on ne nous découvrait la route qu'il faut prendre, les écueils qu'il y faut éviter, les obstacles qu'il faut vaincre pour arriver enfin à ce terme si heureux. Pour cela, il faut remarquer :
1° Que, comme cette voie est étroite, difficile et peu fréquentée, le Sauveur nous la représente telle lui-même, il fallait nous l'aplanir, et nous montrer par où il faut marcher en marchant devant nous.
2° Que, comme dans cette route il y a des pièges qu'on nous tend, des
embûches qu'on nous dresse partout, il fallait des guides sûrs qui nous apprissent à les éviter.
3° Enfin, comme il y a des ennemis terribles et redoutables qui s'opposent à nos desseins, et qui nous arrêtent presque à chaque pas, nous avions besoin de chefs expérimentés, qui nous montrassent comment il les faut combattre, puisque, sans cela, comme nous ne pourrions marcher dans cette voie qui conduit au ciel, nous n'arriverions jamais à la gloire dont les saints sont en possession.
Il est aisé de montrer qu'en tout cela nous sommes facilement conduits par l'exemple des saints ; et ils nous montrent par conséquent que nous pouvons acquérir la même gloire qu'ils ont méritée. (Houdry, Panégyriques). L'Auteur des sermons sur tous les sujets, tome troisième des Panégyriques.
Les Sourc
[les SS. Pères | - — S. Augustin a fait un sermon sur tous les saints dans lequel il invite tous les fidèles à prendre part à la joie de l'Eglise de voir les travaux et les mérites de ses enfants couronnés dans le ciel. (Serm.31) :
Le même, Serm. 14 (de ceux que les Chartreux de Paris ont donnés au public). C'est une homélie sur ces paroles, Beati pauperes spiritu, où il exhorte ceux qui aspirent à la gloire des saints à prendre les moyens qui y conduisent. — Dans l'exposition du ps. 32, il parle du désir que tout le monde a d'être heureux.
S. Jérôme, Lettre 22 ad Eustochium, et 1 ad Demetriadem, les exhorte à penser souvent au bonheur des saints et à s'efforcer de les imi" ter. — Il parle encore de ce désir dans l'exposition du ps. 41, en expliquant ces paroles : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum.
S. Grégoire, sur le 4e ps. pénitentiel, montre que la gloire qui fait le bonheur des saints est tout à la fois une récompense de leurs travaux et un effet de la miséricorde de Dieu. — Sur le 3e ps. pénitentiel, il fait voir de quelle manière nous devons aspirer au bonheur des saints. — Au 1er sermon sur tous les saints, il propose diverses questions sur ce sujet, et les résout. — Au 2e sermon sur la même fête, il prend pour texte
lAU.U.K.VrHE SECOND. 129
ce? paroles : Benti qui htgent, quoniam ipsi consolabuntur. — Dans un troisième, il explique sept degrés de béatitude dans le ciel, par rapport aux sept béatitudes évangéliques. — Dans le 4e sermon, il traite à peu près le même sujet.
S. Grégoire de Nysse, 1er discours sur les béatitudes, montre de quelle manière la béatitude convient aux hommes, et les deux différences de biens qu'ils possèdent. — Dans les sept discours qui suivent, il parle du bonheur promis à chaque béatitude en particulier.
S. Basile. Homil. 9, de Gordio martyre, montre combien l'exemple
■ uns est d'un puissant secours pour pratiquer la vertu, et comme il
faut les imiter. — Epitre à S. Grégoire le Théologien: les Vies des saints
qui sont mises par écrit sont des images vivantes et animées de la vie
que nous devons mener.
Origène, Homil. 5, in Num.} montre qu'il y a de différents degrés de sainteté, que les saints sont plus parfaits et ont plus de mérites les uns que les autres en cette vie, comme ils 'sont en l'autre plus élevés en gloire.
Le V. Bède a deux homélies sur la fête de tous les saints. — Dans lajpremière, il fait d'excellentes remarques sur les béatitudes de l'Evangile, et exhorte les justes à la patience dans les afflictions, pour mériter la récompense des saints. — Dans la seconde, il rapporte l'institution de cette fête et pour quelle raison elle a été instituée.
S. Pierre Damien, dans le sermon qu'il a fait sur cette fête, après avoir rapporté les biens dont on jouit dans le ciel, s'étend sur ce qu'il faut faire pour en jouir un jour comme les saints.
S. Bernard a fait cinq sermons sur ce même sujet. — Dans le premier, il examine chaque parole de l'Evangile de cette fête, et explique avec de beaux commentaires toutes les béatitudes qui y sont contenues. — Dans le second : l'utilité que nous recevons de la solennité de cette fête. — Dans le troisième, il rapporte les trois différents états des âmes saintes: savoir, lorsqu'elles sont dans leurs corps sujets à la corruption, lorsqu'elles sont séparées de ce corps, et lorsqu'elles jouissent d'une béatitude consommée. — Dans le quatrième, il expose et explique cette parole de S. Jean dans l'Apocalypse, qu'il a entendu la voix des âmes saintes. — Dans le cinquième, il montre que cette fête regarde également les saints qui sont dans le ciel et ceux qui vivent encore sur la terre.
S. Ephrem a deux discours sur les saints.
S. Bernardin de Sienne a un sermon sur la solennité de cette fête.
S. Bonaventure, deux sermons. Dans le second, il fait voir par quels degrés les saints sont montés au ciel, et les vertus qu'ils ont pratiquées selon leur état.
Denys-le-Chartreux, trois sermons sur la fête de tous les saints.
Albert-le-Grand, sur ces paroles de l'Evangile, Beati pauperes spiritu, considère les sept premières béatitudes comme les causes de la gloire et du bonheur des saints de tous les ordres. — Dans un second sermon, il considère la multitude des saints dans l'appareil que leur donne l'Apocalypse, avec des palmes à la main, etc.
Gerson a cinq sermons sur cette solennité, dans lesquels il ramasse ce que les SS. Pères ont dit sur ce sujet.
Guillaume de Paris, un sermon sur la fête de ce jour.
Hugues de Saint- Victor a quatre sermons et quatre textes différents.
Innocent III a fait deux sermons. Dans le second, il fait voir qu'il y a deux béatitudes: l'une propre à la voie, qui est cette vie, et l'autre propre au terme où nous aspirons, qui est l'autre vie.
S. Laurent Justinien, un sermon, où il montre combien les suffrages des saints sont utiles.
S. Léon, une homélie sur l'évangile de ce jour, où il montre par quels degrés nous pouvons nous élever à la gloire des saints.
S. Thomas d'Aquin, un sermon sur la fête de tous les saints.
Thaulère, deux sermons : on n'honore jamais plus les saints qu'en les imitant.
| Prédicateurs]. — Outre ceux qui ont traité du bonheur dont jouissent les saints dans le ciel, et dont nous avons parlé au titre de la Béatitude, voici ceux qui ont plus expressément traité les sujets que nous avons exposés dans fe§l".
Fléchier, premier de ses Panégyriques. — Préface des mêmes Panégyriques.
Bourdaloue a deux sermons sur tous les saints : l'un sur leur récompense dans le ciel, l'autre sur l'exemple qu'ils nous ont laissé et que nous devons suivre.
Molinier, sermon pour le 2e jeudi du Carême, parle du culte et de l'invocation des saints.
Houdry, Panégyriques, discours préliminaire.
Le P. Texier, Panégyriques.
Biroat a deux sermons sur cette fête.
Ogier, Actions publiques.
Verjus, Panégyrique pour la fête de tous les saints.
Le P. Duneau, quatre sermons sur ce sujet.
Essais de Panégyriques, il y a trois desseins ou abrégés des sermons.
Grenade, dans les sermons pour la fête de ce jour.
Le P. Matthias Faber.