‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 2)Chapitre 5 sur 30 · V. — On peut considérer S. Denys · texte numérisé non relu

V. — On peut considérer S. Denys

1° — Comme un païen, mais savant, et qui, étant converti par S. Paul, fut fait dès lors participant des lumières de ce grand apôtre.

2°. — Comme un apôtre qui, éclairé des lumières de la grâce, montra son zèle en travaillant premièrement à la conversion de son pays, et ensuite de la France.

3°. — Comme un généreux martyr, qui, non content d'avoir annonce l'Evangile parmi les siens, résolut qu'il était de l'établir en France, en devint l'apôtre, et, après y avoir souffert tous les tourments des martyrs, y acquit enfin par sa mort une couronne immortelle, et fut reconnu pour le protecteur de ce grand royaume.

! il.

Les Sources,

Les Actes de S. Denys, écrits par Vislicus, témoin oculaire de son martyre, marquent expressément que Denys l' Aréopagite, converti par la prédication de S. Paul, fut envoyé dans les Gaules par S. Clément, fonda l'Eglise de Paris, et souffrit le martyre par l'ordre du président Fescenninus.

Hilduin. abbé de Saint-Denys, par l'ordre de Louis-le-Débonnaire, a rétabli et tiré de l'oubli ce.-^ actes, que la longueur du temps avait presque consumés: ce qui fait qu'il passe pour le premier auteur de la vie et de la mission do S. Denys en France. C'est à tort que les nouveaux critiques accusent ce célèbre abbé d'avoir inventé ces actes, et d'être le premier

qui, pour rendre son monastère plus célèbre, a avancé que l'Aréopagite était venu en France, envoyé par S. Clément, vu que de grands hommes contemporains de cet abbé en parlent comme d'un parfait religieux, modéré, régulier, sincère, savant dans l'antiquité, et par conséquent incapable d'imposer par une fausseté à toute l'Eglise et à l'empereur, qui lui avait donné commission d'examiner ce fait historique. — Il confirme la même vérité dans la réponse qu'il fait àLouis-le-Débonnaire, qui lui avait donné la charge d'éclaircir ce fait, que quelques envieux du bonheur de la France commençaient à contredire. Il assure la même chose dans une seconde lettre qu'il adresse à tous les chrétiens, où il dépeint le martyre de S. Denys avec toutes les circonstances que nous savons.

S. Méthodius, patriarche de Constantinople et martyr, dans la Vie de S. Denys, dit qu'il est venu d'Athènes à Rome, et de Rome a été envoyé par S. Clément, avec les SS. Lucien, Rustique et Eleuthère, en France, et nommément en la ville de Paris.

Simon Métaphraste rapporte ses principales actions, et suppose toujours que S. Denys, qui a été évêque d'Athènes, est le même qui a été le premier évèque de Paris.

Michael Syngelus, Lipomanum.

Surius, qui a écrit sa vie fort au long, a dit tout ce qui se pouvait dire sur ce sujet, supposant toujours que c'est le même S. Denys qui est venu d'Athènes. — Le même, après la Vie du saint, ajoute, sans nommer l'auteur, un assez ample récit de la mort et du martyre de S. Denys l'Araopagite près de Paris.

Fortunat, évêque de Poitiers, a fait une hymne à la louange de S. Denys évêque, envoyé de Rome en France par S. Clément et qui ne peut être autre que l'Aréopagite.

Hincmar, disciple d'Hilduin, et l'un des plus savants hommes de son siècle, souscrit à tout ce qu'en a écrit son maître, avec lequel il travailla par l'ordre de l'empereur à la vie de ce grand saint, et à vérifier sa mission et son martyre en France.

Paschase Radbert, abbé de Corbie, dans la Vie des SS. martyrs Ruffin et Valère, parle avec éloge du zèle que S. Denys a témoigné en se consacrant au salut des peuples de France, en quittant pour ce sujet la ville d'Athènes, et assure qu'il a tiré des anciens monuments tout ce qu'il rapporte.

Jean Etienne, dans l'écrit à Charles-le-Chauve, rend raison pourquoi ni Eusèbe ni S. Jérôme ni S. Grégoire de Tours n'ont parlé de la mission en France de S. Denys l'Aréopagite, et ajoute que les historiens plus modernes l'ont rapportée sur de fidèles mémoires, que ces anciens n'avaient pas vus.

Tout ce que ces grands hommes ont dit sur ce sujet, est ratifié dans la lettre que les Evêques de France écrivirent au pape Eugène II, après le concile de Paris, tenu dix ans avant qu'Hilduin eût fait paraître l'ouvrage

intitulé l'A réopagite. Cette lettre est rapportée par le cardinal Baronius, qui a le plus fortement défendu la vérité de ce fait.

Après tous ces témoignages, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de rapporter ce qu'en disent les plus anciens martyrologes, puisque celui de l'Eglise Romaine, approuvé du Saint-Siège, doit suffire pour faire taire les critiques. Si quelqu'un souhaite un plus grand nombre de preuves, il peut lire le P. Noël Alexandre, dominicain, au tome II de Y Histoire ecclésiastique ; il a très-solidement répondu à toutes les difficultés et à toutes les objections qu'on a faites sur ce sujet.

Les savants et pieux écrits qui portent le nom de S. Denys FAréopagite, et qui n'ont paru que vers le ve siècle, ne sont pas un moindre sujet de contestation entre les critiques. Les premiers qui les ont attribués à un autre auteur inconnu, contre le sentiment des conciles, des souverainspontifes et des SS. Pères, sont Erasme, Laurent Voilé, Joseph Scaliger, Scultetus, Rivet, Baillé, et quelques autres, partie hérétiques, et partie dont la foi et l'orthodoxie est fort suspecte, mais dont l'érudition et l'autorité qu'ils se sont acquise en matière de critique a entraîné plusieurs savants catholiques dans leur opinion. Le P. Morin, Launoy, Tillemont, et quelques autres, préoccupés contre la mission de S. Denys en France, ont nié conséquemment que les écrits qui portent son nom, quoique d'ailleurs ils les approuvent et les estiment, soient de lui.

Après tout, l'autorité de ces grands hommes- n'est pas d'un si grand poids, qu'elle doive prévaloir à celle de tant d'autres qui ont vécu dans chaque siècle, depuis que ces écrits ont paru, comme lésa cités par ordre le P. Noël Alexandre, lequel a joint son suffrage au leur ; et nous pouvons joindre au sien celui de Baronius,àe Lessius,de Lansselius, de Bellarmin, et de plusieurs autres, dont on trouvera les témoignages dans une dissertation insérée au!,rtome de la Bibliothèque des anciens Pères. C'est pourquoi l'on peut dire hardiment que S. Denys FAréopagite, disciple de S. Paul, a immédiatement appris de son divin Maître les grandes vérités exprimées si éloquemment dans les livres en question.

Voir encore : Godeau, dans les Eloges des évêques qui ont fleuri en doctrine et en sainteté dans tous les siècles.

Le P. Nouet, Vie de Jésus dans ses saints, a une méditation, pour le 9 Octobre, sur le martyre de S. Denys FAréopagite.

Groiset, Exercices de piété, môme jour, a fait un abrégé de sa vie et de son martyre.

Denys le Chartreux a trois sermons sur ce sujet.

Guillaume de Paris en a un pour le jour de la fête du Saint.

S. Thomas d'Aquin a pris pour texte ces paroles d'Isaïe : Vocan ab Oriente avem, et déterra longinquâ virum voluntatis suœ.

Jacobus à Voragine a fait plusieurs sermons sur le

. IVnvs.

Biroat. Panégyriques.

Senault. Panégyriques.

Texier, Panégyriques.

Duneau. Panégyriques des saints.

Essais de Panégyriques des saints : trois desseins de suite.

Eloges historiques : un sermon entier.

I ni.

Passages, Exemples, Figures et Applications de l'Écriture.

Stans Paulus in medio Areopagi , ait :

Viri Athenienses, per omnia quasi superstitiosiores vos video. Act. xvn, 22.

Prceteriens et videns simulacra vestra, inveni et aram in quâ scriptum erat : Ignoto Deo. Ibid.

Quod ergo ignorantes colitis, hoc annuntio vobis. Ibid.

Tempora quidèm hujus ignorantiœ despiciens Deus, nunc annuntiat hominibus ut omnes ubiquè poenitentiam agant. Ibid.

Cùrn audissenl resurrectionem mortv,orum, quidam quidem irridebant, quidam vero dixerunt : Audiemus te de hoc ilerùm. Ibid.

Quidam viri, adhœrentes ei, crediderunt in quibuset Dionysius Areopagita, et mulier nomine Damaris, et aliicum eis. Ibid. 94,

Incitabaiur spiritus ejus in ipso (Paulo) videns idololatriœ deditam civitatem. Ibid.

Athenienses omnes, et hospites advenœ, ad nihil atiud vacabant nisi aut dicere aut audire aliquid novi. Ibid.

Possurnus scire quce est hœc nova quœ à te dicitur doctrina? Ibid.

Deus, qui dixit de tenebris tucem splendescre, ipse illuxit in cordibus nostris, ad il-

Paul , étant au milieu de l'Aréopage, parla de la sorte : — Athéniens, vous me paraissez, en tout, religieux jusqu'à la superstition.

Comme je passais et que je regardais les simulacres de vos dieux, j'ai trouvé un autel où était écrit : Au Dieu inconnu.

Ce que vous adorez donc sans le connaître, je viens vous l'annoncer.

Dieu ayant égard au temps d'une semblable ignorance, annonce maintenent aux hommes qu'ils aient à faire pénitence en tous lieux.

Quand ils entendirent parler de résurrection, quelques-uns se moquèrent ; mais d'autres dirent : Nous vous entendrons là-dessus une autre fois.

Cependant quelques-uns s'attachèrent à lui, et crurent; entre lesquels fut Denys l' Areopagi te, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.

Paul se sentit embrasé de toute la ferveur de son zèle à la vue de cette ville abandonnée à toutes les superstitions.

Les Athéniens et les étrangers qui demeuraient à Athènes, ne passaient leur temps qu'à dire et à entendre quelque chose de nouveau.

Pouvons-nous savoir de vous quelle est cette nouvelle doctrine que vous publiez ?

Le même Dieu qui a commandé que la lumière sortît des ténèbres, est celui-

luminalionem Cor. iv, 6.

'lientice claritatis De'i. II

Tanquàni aurum in fornace probavil illos. Sapient. m, 6.

Noli timere : cùm ambulaveris in igné, non combureris, et flamma non ardebit in te. Isaiae xliii, 2.

lnduxit eos in montem sanctificationis suœ, montem quem acquisivit dextera ejus. Ps. 77.

Mons in quo beneplacitum est Deo habitare in eo. Ps. 67.

Deus hujus sœculi excœcavit mentes infidelium ut non fulgeat Mis illuminatio Evanrjelii gloriœ Chvisti. II Cor. iv, 4.

Populus qui sedebat in tenebris vidit lucem magnam, et sedentibus in regione umbrœ mortis lux ortu est eis. Matth. iv, 16.

6Y decem millia pedagogorum Christo, sed non multos patres : nàm in Christo Jesu ego vos genui. I Cor. iv, 15.

Nonne opus meum vos estis in Domino ?

et si aliis non sum Apostolus, sed tamen vobis sum ; nàm signaculum apostolatûs mei vos estis in Domino. I Cor. ix, 2.

Idola projecerunt, et servierunt Domino Deo, qui doluit super miseriis eorum. Judic. v, 16.

Collegit (tyrannus) furorem suum in me et comminans mihi, infremuit contra ftig dentibus suis; hoslis meus terribilibus ocu* tis me intuitus est. Job. xvi, 10.

Aperuerunl super me ora sua, et exprobantes percusserunt ; satiati sunt pœnis meis. Ibid.

là qui a l'ait luire sa clarté dans nos cœurs, alin que nous puisions éclairer les autres par la connaissance de la gloire de Dieu.

Dieu les a éprouvés comme on éprouve l'or dans la fournaise.

Ne craignez point : lorsque vous marcherez dans le feu, je serai avec vous, et vous n'en serez point brûlé, et la tlamme ne vous nuira point.

Dieu les amena sur une montagne qu'il s'était consacrée, sur la montagne que sa droite a acquise.

C'est la montagne où il a plu à Dieu d'habiter.

Le dieu de ce siècle a aveuglé les esprits des infidèles, aliu qu'ils ne soient point éclairés des lumières de l'Evangile du Seigneur.

Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière est venue éclairer ceux qui étaient assis dans la région des ombres de la mort.

Vous pouvez avoir plusieurs autres docteurs que moi en Jésus-Christ ; mais je suis le seul qui vous ai engendrés en Notre-Seigneur, par la vertu de l'Evangile.

N'êtes-vous pas mon ouvrage en Notre- Seigneur? Quand je ne serais pas apôtre à l'égard des autres nations, vous devez me reconnaître pour le vôtre, et votre conversion est le sceau glorieux de mon apostolat.

Ils jetèrent hors de leurs terres toutes les idoles, et ils adorèrent le Seigneur Dieu, qui se laissa toucher de leurs misères.

Le tyran s'est armé contre moi de toute sa fureur ; il a grincé les dents en me menaçant ; mon ennemi m'a envisagé avec un regard terrible.

Mes ennemis ont ouvert la bouche contre moi, et en me couvrant d'opprobres, ils se sont rassasiés de mes peines.

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