‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 1 sur 55 · OBLIGATIONS CONTRACTÉES · texte numérisé non relu

OBLIGATIONS CONTRACTÉES

Nom de chrétien; Devoirs qu'il impose.

AVERTISSEMENT

Il faut remarquer, sur cette matière du Baptême et des obligations qu'on y contracte , qu'il y a des choses dont les chrétiens doivent être instruits , mais qui sont plus propres à un catéchisme ou à un prône qu'à un sermon. Telles sont les cérémonies qui se pratiquent avant et après ce sacrement , les dispositions que les adultes qui le reçoivent y doivent apporter; qui en doit être le mini ire , et quelle en est la matière et la forme : toutes choses qui regardent plutôt les théologiens que les prédicateurs. Nous supposerons donc que les fidèles août instruits de tout cela, et nous n'en dirons que ce qui est nécessaire pour en Unir quelque vérité ou quelque instruction morale.

Nous ne nous étendrons pas même autant sur la nécessite de ce sacrement, que les Pères appellent l'entrée au christianisme, le fondement ou la base sur laquelle tout le reste est établi , ni sur son excellence, que sur les devoirs auxquels il nous engage, sur la qualité de chrétien qu'on y reçoit, et enfin sur l'obligation de soutenir ce glorieux nom et celte incomparable dignité par l'innocence et la sainteté de notre vie : et nous assemblerons tout ce que nous avons trouve de plus propre sur ce sujet.

Desseins et Plans.

I. — Des obligations attachées à la qualité de chrétien que nous recevons au Baptême. Les trois avantages que nous procure cette qualité nous imposent des devoirs qui doivent avoir du rapport avec ces avantages.

i°. La qualité à! enfants de Dieu , que nous recevons dans le Baptême , nous oblige à l'estimer beaucoup , à y répondre par notre conduite, à avoir une grandeur d'âme admirable, qui nous fasse regarder avec une sainte fierté tout ce qui est moins que Dieu; à nous estimer plus honorés de la qualité de chrétien, que de toute autre, quelque élevée qu'elle soit, à l'exemple de S. Louis , qui prenait le nom du lieu de son baptême, s'estimant plus relevé par la qualité de chrétien que par celle de roi. Elle nous oblige à ne la pas laisser avilir par des sentiments bas, par des actions honteuses et criminelles, qui nous rendent esclaves du démon. Enfin, nous faisant souvenir que Dieu est notre père, elle nous fait regarder le ciel comme notre patrie, après laquelle nous devons soupirer, et la terre comme un lieu d'exil où nous devons continuellement gémir.

2°. La qualité de membres de Jésus - Christ, que nous recevons dans le même Baptême, nous engage à conserver, à quelque prix que ce soit, l'union que nous acquérons avec lui par la foi et par la grâce, à être toujours animés du même esprit que lui , à avoir les mêmes sentiments que lui , à vivre de la même vie que lui , en sorte que nous puissions dire avec S. Paul : « C'est Jésus -Christ qui vit, qui veut, qui pense, qui agit en moi ; » à éviter tout ce qui peut ou rompre ou affaiblir cette union ; à vivre de la vie de la foi, puisque nous ne sommes fidèles que par-là; à ne pas déshonorer notre corps par des vices honteux, nous souvenant que nous sommes les membres de Jésus-Christ, et que l'impureté dans un chrétien devient une espèce de sacrilège.

3°. En devenant chrétiens par le Baptême, nous devenons les temples du Saint-Esprit. Nous devons donc nous regarder comme quelque chose de saint, comme quelque chose de consacré. Aussi S. Paul appelle-t-il les chrétiens du nom de saints. Si la profanation des temples et des vases sacrés est un si grand crime, si Dieu l'a puni d'une manière si terrible, avec quelle rigueur ne nous traitera-t-il pas si nous profanons par le péché nos âmes, qui sont les temples du Saint-Esprit? S'il est si jaloux de l'honneur des temples matériels, que sera-ce des temples spirituels. Si quelqu'un , dit S. Paul , profane le temple de Dieu , Dieu le perdra : car le temple de Dieu est saint, et vous êtes ce temple (II Cor. 3). Si le Saint-Esprit réside en nous , il est en quelque façon l'âme de notre âme : nous devons

donc suivre ses mouvements ; nous devons craindre de l'étouffer, ce que nous faisons quand nous résistons à ses grâces pour obéir à nos passions. (Ce dessein est tiré des Réflexions chrétiennes du P. Nepveu, t. II, second jour) .

IL — Comme Tenet principal du Baptême est de conférer la grâce , qui nous rend agréables aux yeux de Dieu, d'odieux que nous étions et enfants de colère, comme parle S. Paul, on peut prendre pour sujet d'un discours : — 1°. L'estime que nous devons faire de cette grâce , qu'on appelle sanc« tifiante ou justifiante, parce qu'elle nous rend saints et justes, de criminels que nous étions. Grâce qui , d'abord , nous élève à la dignité d'enfants de Dieu. (Expliquer comment se fait cette adoption divine.) En second lieu, elle nous délivre du péché originel , en nous appliquant la vertu du sang d'un Dieu. (S'étendre sur les dons et les vertus infuses qui suivent cette grâce.) Enfin, montrer le droit qu'elle nous donne à l'héritage du ciel.

2°. Le soin que nous devons prendre de conserver cette grâce : et les moyens nécessaires pour cela sont l'observation exacte des promesses que nous avons faites dans notre baptême.

III. — 1°. Comme le Baptême est un bain où nous avons été lavés de la tache du péché d'origine et de toutes les autres souillures si nous en avions contracté avant que de le recevoir, nous devons éviter avec soin les péchés actuels qui nous souillent ensuite et qui nous font perdre la grâce baptismale.

2°. Comme nous devenons une nouvelle créature par cette régénération, nous devons quitter les inclinations du vieil homme, et vivre d'une vie toute spirituelle et toute sainte.

IV. — Par la grâce du Baptême , nous devenons enfants de Dieu et tou t ensemble enfants de l'Église : et ces deux qualités peuvent faire le partage d'un discours.

1er Point. Nous sommes devenus , par le Baptême , enfants du Père céleste, qui nous a adoptés, et ensuite destinés à être les héritiers de son royaume et les cohéritiers de Jésus-Christ son propre Fils : sur quoi on peut faire voir la ressemblance qu'il y a entre la filiation divine du Sauveur et la nôtre; et ensuite la différence qui est entre l'adoption de ceux que Dieu choisit pour ses enfants, et celle des hommes dans les lieux où ces adoptions sont en usage. Car celle-ci ne nous rend pas plus parfaits, au lieu que l'adoption de Dieu nous rend saints, nous comble de ses dons, et fait de nous les plus considérables de toutes les créatures.

2° Point. Nous sommes en même temps enfants de l'Église, qui nous reçoit dans son sein et qui nous compte au nombre des fidèles et de ses enfants. Nous devons donc lui obéir comme à notre mère, suivre ses

sentiments, accomplir ses préceptes, et nous y laisser entièrement gouverner, comme des enfants obéissants et parfaitement soumis.

V. — Un chrétien qui ne mène pas une vie conforme à la profession qu'il a faite au Baptême,

1°. Est un monstre dans l'Église , ayant un chef si saint, et lui menant une vie si déréglée.

2°. Il est le scandale de tous les véritables fidèles , qu'il déshonore par sa conduite et par ses mœurs.

3°. Il expose sa foi et son culte à la risée des païens et des libertins.

VI. — Sur les mauvais chrétiens , qui ne vivent pas selon les maximes de la foi qn'ils ont reçue au Baptême.

1°. Ils montrent par leurs actions qu'ils n'ont pas plus de foi que les païens, qui s'obstinent à ne rien croire , malgré tant de preuves convaincantes de la vérité de la religion.

2°. Ils renoncent à leur foi et la désavouent après l'avoir reçue, comme les hérétiques qui ont malheureusement apostasie.

3°. Par leurs désordres et leurs dérèglements , ils persécutent leur foi plus cruellement que les tyrans les plus animés à sa ruine.

VIL — Sur le nom de Chrétien que nous avons pris au Baptême , il faut montrer :

1°. Que l'obligation qui est inséparablement attachée à cet illustre nom est la sainteté de la vie ; en sorte que celui qui ne s'efforce pas de devenir saint est un chrétien équivoque, qui ne mérite pas de le porter.

2°. En quoi consiste cette sainteté.

VIII. — 1°. Le Baptême étant la mort de tous les péchés, en le recevant nous devons mourir à tous les vices , à toutes nos passions déréglées, et à toutes les inclinations vicieuses dont nous portons encore le principe en nous-mêmes, la concupiscence , qui nous est restée après le Baptême.

2°. C'est une nouvelle vie, une nouvelle naissance, et, comme parle l'Ecriture, une régénération, qui nous engage à vivre par les mouvements de la grâce et selon les maximes de l'Évangile, contraires à celles du monde, auxquelles nous avons renoncé.

IX. — Un chrétien qui s'est enrôlé par le Baptême sous les étendards de Jésus-Ciiiust doit — 1°. Combattre et vaincre tous ses vices et ses passions déréglées, qui sont les restes du péché originel.

2°. Suivre et imiter son chef, qui est Jésus - Chiust, au service duquel il s'est entièrement consacré.

X. — Puisque par le Baptême nous avons fait une profession publique

de suivre et d'imiter le Fils de Dieu le plus parfaitement qu'il sera possible, nous devons le représenter :

1°. Dans sa naissance temporelle, par la "régénération spirituelle que nous avons reçue et dont le Baptême est une image, comme nous l'avons marqué. Nous devons donc mener une vie toute spirituelle, et conforme à l'état et à la dignité où nous sommes élevés par cette naissance.

■2°. Dans sa mort, dont le Baptême est une vive représentation, selon ces paroles de S. Paul ; Quicumquc baplizali sumus , in morte ipsius baptizali sumus (Rom. 6). Nous devons donc être morts au monde et crucifiés comme lui, c'est-à-dire insensibles à tous les plaisirs de la terre, porter notre croix, et enfin mener une vie semblable à la sienne par une parfaite mortification.

XL — Ce que nous devons à Dieu pour la grâce du Baptême, que nous avons reçue à l'exclusion de tant de peuples et de tant de milliers de personnes qui n'en étaient pa^s plus indignes que nous.

1°. Nous devons au Fils de Dieu une parfaite reconnaissance de la grandeur de ce bienfait , et de tous les autres que nous recevons dans ce sacrement.

2°. Nous lui devons une exacte et généreuse fidélité à exécuter le dessein pour lequel il nous a fait part de son esprit et de la lumière de la foi : savoir, afin de connaître sa doctrine et de suivre ses exemples. Dessein auquel nous nous sommes engagés par des serments solennels.

3°. — Nous lui devons une mort mystique , c'est-à-dire un renoncement parfait atout ce qui peut nous empêcher de recevoir les impressions de sa grâce. (Le P. Texier, Carême.)

XII. — Un chrétien, élevé par le Baptême à la dignité d'enfant de Dieu, doit faire trois réflexions importantes sur le bonheur qu'il possède.

1°. Il doit être persuadé que ce bonheur incomparable lui vient de la bonne volonté de Dieu; et, par conséquent, il doit faire un aveu sincère et fidèle qu'il entre dans l'adoption divine par la pure charité de Dieu, et concevoir de grands sentiments d'humilité et de reconnaissance.

2°. Haute estime des avantages qu'il rencontre dans cette adoption.

3°. Résolution généreuse de vivre conformément à l'excellence de cette adoption.

XIII. — Sur l'excellence de la grâce que l'on reçoit dans le Baptême, ou dans la seconde justification par la Pénitence.

S. Thomas dans l'un de ses Opuscules, assigne à la grâce sanctifiante que l'on reçoit trois effets que l'âme communique au corps qu'elle anime: la vie, le mouvement et le sentiment. De même, que la grâce donne à l'a me:

1°. La vie surnaturelle do la charité, dont il faut faire voir l'excellence.

2°. Le mouvement vers Dieu : l'âme d'elle-même ne pouvant l'aller chercher ni s'élever jusqu'à lui, il faut pour cela un principe surnaturel.

3°. Le goût et le sentiment des choses de Dieu. (Le P. Texier, Mystères de Notre-Seigneur).

XIV. — La théologie, avec S. Thomas, reconnaît trois principaux effets du baptême, dont nous pouvons tirer de belles instructions morales, et faire le sujet et la division d'un discours.

Le premier est la rémission du péché originel dans les enfants, et de fous les autres péchés actuels dans les adultes, avec toutes les peines qu'ils méritaient. Quel bienfait ! combien ce remède est doux et efficace a la fois! Quelle reconnaissance à Dieu pour cet incomparable bienfait!

Le second, l'infusion de la grâce sanctifiante, avec les dons du Saint- Esprit et les vertus infuses qui l'accompagnent.

Le troisième, l'impression du noble caractère dont l'âme est marquée pour distinguer le fidèle d'avec l'infidèle.

XV. — Trois propositions qui peuvent fournir la matière d'un discours :

1°. La grâce du baptême est une grâce précieuse, qui ne peut être trop estimée et qui mérite une reconnaissance toute particulière ;

2°. Nous devons penser souvent aux engagements que nous avons contractés en recevant une si précieuse grâce dans le Baptême ;

3°. Ces engagements cependant ne doivent point nous effrayer, parce que le Fils de Dieu nous accorde ensuite de puissants secours pour nous en acquitter.

XVI. — On peut encore prendre pour dessein d'un discours, la qualité de chrétien que l'on reçoit dans le Baptême, et les devoirs auxquels on s'engage. Ce qu'on peut tourner en différentes manières : par exemple : — i°. La grâce du christianisme et la fidélité à y répondre; — 2°. Ce que Dieu a fait pour nous, et ce que nous devons faire pour Dieu ; — 3°. Ce que nous avons reçu au Baptême et ce que nous avons promis, etc.

XVII. Nous pouvons encore considérer dans un chrétien : 1°. La naissance par le Baptême;

2°. Les droits qu'il a dès-lors sur le royaume du ciel ; 3°. Ses devoirs et ses exercices.

PARAGRAPHE DEUXIÈME. il

Les Sources.

[Les SS. Pères]. — S. Augustin a fait un livre sur le Baptême des enfants.

— IV contre les Donatistes, 25, il parle encore des effets du baptême sur les mêmes enfants. — Il en parle encore contre les Pélagiens, serm. 14.

Le même a fait un Sermon pour ceux qui ne se faisaient baptiser que dans une griève maladie et dans un danger de mort: Serm. 164 de temp.

— I contre Julien, c. 2, il parle des dons que l'on reçoit dans le Baptême.

— Idepeccat. merit., de la nécessité du Baptême et de l'Eucharistie. — Dans Y Enchiridium , c. 119 et 120, de l'efficacité du Baptême. — Traité 5e. sur S. Jean, du Baptême de Jean-Baptiste et de celui de Je sus -Christ. — Le même, XIII de la Cité de Dieu, ch. 7, du Baptême de sang, qui supplée à celui de l'eau. — IV De Bapt., des autres espèces de Baptême, savoir celui du feu, qu'on appelle baplismus fluminis. — Dans YEnchiridium, il montre comment le Baptême représente la mort du Sauveur.

S. Jérôme, Epist. 831 ad Oceanum, prouve, par plusieurs raisons, qu'il était convenable à la nature et à la vertu du Baptême que l'eau fût choisie de Dieu pour en faire la matière de ce sacrement.

S, Ambroise, De iniliandis, exhorte ceux qui reçoivent le Baptême à s'acquitter fidèlement des promesses qu'ils y font. — Id.au 1. Ier des sacrements.

S. Cyprien, De duplici martyrio, ad Fortunatum, parle du crime de ceux qui, après avoir reçu le Baptême, renoncent à leur foi. — Il a un discours sur le Baptême de Jésus-Christ.

Le même, Epitres 67, 70, 73, 76.

S. Basile a un Sermon sur le saint Baptême.

S. Grégoire de Nazianze, Oral. 40, parle des effets du Baptême et des desseins de Dieu sur nous en nous y appelant.

S. Chrysostôme, a une exhortation aux nouveaux baptisés, où il les instruit de la vertu de ce sacrement.

Le même, exhort. 3°. sur le 3e chap. de S. Matthieu, fait voir qu'ensuite du Baptême un chrétien doit mépriser tous les biens de ce monde comme étant indignes de lui, et rendre sa vie conforme à sa foi.

Tertullien a fait un livre du Baptême, et en parle dans son Apologétique.

S. Cyrille de Jérusalem, dans la Bibliothèque des Anciens Tères, a plusieurs instructions sur ce sujet, sous le titre de Baplizatorum Calc~ cheses.

S. Bernard en parle, Serm. de tempore, in Cœna Domini.

S. Bernadin, Serm. 14.

[Les Livres spirituels et autres Auteurs]. — Pacianus Barchinonensis, Bibliolh. velcTum Patrum. t. 3.

Josephus Vicecomes a fait un excellent volume des anciennes cérémonies du Baptême, où il a ramassé tout ce qu'il y a de doctrine sur cette matière

Petrus Canisius, t. 3, ch. 2.

Joannes Vitalis, Spéculum morale.

Raynerius de Pisis en a fait un long traité, In Panlheol.

Le P. Cotton, dans son Inslilulion Catholique, traité des Sacrements, c. 26, parle de la nécessité du Baptême.

Jacobus Marchantius, hortus Paslorum, tract. I, lect. I. fait un discours sur l'excellence du nom de chrétien. — Il parle fort au long de tout ce qui regarde le sacrement du Baptême dans le Candelabrum myslicum, tract. 2.

Remarques sur divers sujets de religion et de morale, tome i.

De Sainte-Marthe, Avis sur le renouvellement des promesses du Baptême.

La Morale Chrétienne sur le Pater traite, en trois articles, l'excellence de notre régénération, la dignité où nous élève le Baptême, et la libéralité de Dieu à notre égard dans ce sacrement.

Le livre intitulé. Le pur et parfait christianisme, du P. Louis Caiïiaret, parle, dans le ch. 3, du péché originel et de ce qui nous reste du péché d'origine après le Baptême.

Le P. Bonal, dans le livre intitulé. Le chrétien du Temps, 1. 3,ch. 6, montre par quels degrés la force de l'esprit chrétien et du Baptême s'affaiblit dans le Christianisme.

[Les Prédicateurs]. — Le P. Matthias Faber, Sermon sur la fête de la Trinité, traite des obligations du Baptême. — Item dans la seconde partie du Sermon 8e sur le 3e Dim. de l'Avent ; et dans le Serm. 6 du 4° dimanche. Le même parle des devoirs du chrétien qui a reçu le Baptême, Sermon 5e, pour S. André, et 7e Serm. sur la Circoncision.

Le P. Texier, Sermon pour le vendredi de la lre semaine de Carême, parle des obligations que nous contractons au Baptême. — Dans le Sermon pour le Dim. de la Pentecôte, traité de la seconde naissance du chrétien et de la dignité de son adoption divine.

Molinier, Sermon pour le 2e Vendredi de Carême, fait une comparaison de la piscine avec le Baptême et la Pénitence.

Lambert, Homél. 75e sur l'Évangile de la Trinité.

Sarazin, dans son Avent, discours 25e, de l'esprit de religion, etc., parle des vœux et des promesses du Baptême.

Sermons sur tous les sujets de la morale chrétienne. Sermon 13e de l'Avent, parle du nom de chrétien et des obligations qu'il nous impose.

Le P. le Jeûne, de l'Oratoire, a fait 4. Sermons : le premier, sur la nécessité du Baptême ; le second, sur les cérémonies qu'on y observe , le 3°. sur la matière et la forme de ce sacrement; le 4e sur l'adoption divine à laquelle il nous élève.

[Recueils]. — Louis de Grenade, Baptismus.

Berchorius.

Labatha, etc.

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

Euntes , docete omnes g entes , baptù zantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritûs- Sancti. Matth. xxvni. 19.

Effundam super vos aquam niundam, et mundabimini ab omnibus inquinamentis vestris, et dabo vobis cor novum, et spiritum novum ponam in niedio vestrî. Ezech. xxxvi, 25.

Qui crediderit et baptizatus fuerit salvus erit. Marci xvi, 16.

Fuit Joannes in deserto baptizans, et prœdicans baptismum pœnitentiœ in re~ missionem peccatorum. Id. i, 4.

Nisi quis renalus fuerit ex aquâ et Spirilu-Sancto , non potest introire in regnum Del Joan. m, 5.

Ego quidem baptizo vos in aquâ...., ipse vos (Christus) baptizabit Spiritu- Sancto. Matth. m, 11.

Videte qualem charilatem dédit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et simus. I Joan. m, 1.

Pœnitentiam agite, et bapiizetur unusquisquevestrûm in nomine Jesu-Christi, in remissionem peccatorum. Act. n ,

Numquid aquam quis prohibere potest ut non baptizenlur hi qui Spiiutum- Sanctum acceperunt sicut et nos. Ibid.x, W.

El nunc quid moraris? exurge et

Allez, instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés de toutes vos souillures; et je vous donnerai un cœur nouveau, et je placerai un esprit nouveau au milieu de vous.

Celui qui croira et qui aura été baptisé sera sauvé.

Jean était dans le désert, baptisant et prêchant le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés.

En vérité, je vous dis que, si un homme ne renaît de Peau et de l'Esprit- Saint, il ne peut entrer dans le royaume de DiEU.

Pour moi , je vous ai baptisés dans l'eau {dit S. Jean); mais, pour lui, il vous baptisera dans le Saint-Esprit.

Considérez quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir qne nous soyons appelés, et que nous soyons, en effet, enfants de Dieu.

Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jêsus-Ciiiust, pour obtenir la rémission de vos péchés.

Peut-on refuser l'eau du Baptême à ceux qui ont déjà reçu le Saint-Esprit comme nous ?

Qu'attendez-vous donc; levez-vous, ot

baptizare , et ablue peccata tua , invocato nomine ipsius (Christi). lbid. xxu, 1G.

An ignoratis quia , quicumque baptizati sumus in Christo Jesu, in morte ipsius baptizati sumus. Roman. VI, 3.

Consepulti sumus cum Mo per Baptismum, in mortem,ut, quomodb Christus surrexit à mortuis in gloriam Patris, ità et nos in novitate vitœ ambulemus. lbid. vi, 4.

Hoc scientes, quia vêtus homo noster simul crucifixus est , ut destruatur corpus peccati. lbid. vi.

Et hœc quidem fuistis; sed abluti estis, sed sanctificati estis, sed justificati estis in nomine Domini ncstri Jesu- ChristÏ, et Spiritu Dei nostri. I Cor. vi,

Ut illam (Ecclesiam) sanctificaret , mundans lavacro aquœ , in verbo vitœ, ut exhiberet ipse sibi gloriosam Ecclesiam., non habentem maculam aut rugamy aut aliquid hujusmodi, sed ut sit sancta et immaculala. Ephes. v, 26.

Quicumque enim in Christo baptizati estis Christum induistis. Galat. m, 27.

Non omnes qui ex Israël sunt, ii sunt Israëlitœ; neque qui semen sunt Abrahœ, omnes filii. Roman, ix, 4.

Eramus naturâ filii irœ , sicut et cœteri. Epnes. n, 3.

Omnes peccaverunt et egent gloriâ DÊi. Roman, in, 23.

Gratias agentes Deo Patri, qui dignos nos fecit in partem sortis sanctorum in lumine. Coloss. i, 12.

Non ex operibus justitiœ quœ fecimus nos, sed secundùm suam misericordiam, salvos nos fecit, per lavacrum regenerationis et renovationis Spiritus- Sancti. Tit. m, 5.

Unus Dominus, una fides , unum baptisma. Ephes. iv, 5.

Impossibile est eos qui semel sunt illuminali, etc., et prolapsi sunt, rursùs renovari ad pœnitentiam. Hebr. vi, 6,

Voluntariè peccantibus nobis post acceptam notitiam veritatis, jàm non relinquitur pro peccatis hostia. lbid. x, 2G.

recevez le Baptême, et lavez vos péchés, en invoquant le nom du Seigneur.

Ne savez-vou3 pas que nous tous, qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés en sa mort?

Nous avons été ensevelis avec lui par le Baptême , pour mourir au péché; afin que comme Jésus- Christ est ressuscité d'entre les morts , pour la gloire de son Père, nous marchions aussi dans une nouvelle vie.

Sachons bien que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit.

C'est ce que quelques-uns de vous ont été autrefois; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés aunomdeNotre-Seigneur Jésus- Christ, et par l'esprit de notre Dieu.

Afin de la sanctifier (l'Église), après l'avoir purifiée dans le Baptême de l'eau, par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n'ayant ni tache ni ride , ni rien de semblable, mais étant simple et irrépréhensible.

Vous tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez revêtu Jésus- Christ.

Tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas pour cela de vrais Israélites ; tous ceux qui sont de la race d'Abraham ne sont pas pour cela ses vrais enfants.

Nous étions tous, par la nature, enfants de colère, comme les autres.

Tous ont péché , et ont besoin de la gloire de Dieu {de sa miséricorde).

Rendons grâces à Dieu le Père, qui, en nous éclairant de sa lumière , nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints.

Jésus nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous avons faites, mais par sa miséricorde, par l'eau de sa renaissance, et par le renouvellement du Saint-Esprit.

Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême.

Il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés et baptisés , qui ont goûté le don du Ciel, etc., et qui après cela sont tombés, se renouvellent par la pénitence {c'est-à-dire par le Baptême).

Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus désormais d'hostie pour les péchés.

Joannes quidem haptizavit aquâ , vos autem baptizabimini Spiritd - Sancto, non post multos hos dies. Act. i, 5.

Voluntariè genuit nos verbo veritatis, ut simus initium aliquod créatures ejus. Jac. i, 18.

Quod et vos nunc similis formes salvos facit Baptisma; non carnis, depositio sordium, sed conscientiœ bonœ interrogatio in Deum , per resurrectionem Jesu-Christi. I Pétri ni, 2t.

Melius erat Mis non cognoscere lumen justitiœ, quam post agnitionem retrorsùm converti ab eo. II Pétri n,

Satagite ut per bona opéra certain vestram vocationem et electionem faciatis. Ibid. I, 10.

Per quem maxima pretiosa nobis promissa donavit,ut per hœc effleiamini divines consortes natures. Ibid.

Vos verb genus electum, regale sacerdotium, gens sancta , populus acquisitionis. I Petr. U, 9.

Très sunt qui testimonium dant in terra : spiritus et aqua ei sanguis. I, Joan. v, 8.

Jean a baptisé dans l'eau; mais, dans peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint-Esprit.

Par le mouvement de sa propre volonté, il nous a engendrés à la parole de vérité, afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures.

Ce qui était la figure à laquelle répond maintenant le Baptême, qui, ne consistant pas dans la purification des souillures de la chair , mais dans la promesse que l'on a faite à Dieu de garder une conscience pure , nous sauve par la résurrection de Jésus-Christ.

Il leur eût été meilleur de n'avoir point connu la lumière de la justice que de retourner en arrière après l'avoir connue.

Efforcez-vous d'affermir votre vocation à la foi et votre élection par les bonnes œuvres.

Par lequel Dieu nous a communiqué de grands et de précieux dons, pour vous rendre participants de la nature divine.

Vous êtes la race choisie, l'ordre du sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple conquis.

Il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, l'eau et le sang.

EXEMPLES DE L'ANCIEN-TESTAMENT

Le Baptême étant le premier sacrement de la nouvelle loi, il n'en est parlé dans l'ancienne que par des figures qui l'ont représenté ; dont voici les principales.

[La Circoncision]. — La première est la circoncision, que Dieu ordonna à Abraham et à toute sa postérité, pour marque de Falliance qu'il voulait contracter avec lui, et comme le caractère qui devait distinguer son peuple de toutes les autres nations. Le précepte que Dieu en fit était de même nécessité que Testa présent le Baptême, quoiqu'il ne justifiât pas celui qui était circoncis, mais bien la foi des parents à l'égard des enfants, et pour les adultes la foi actuelle qu'ils avaient au Messie attendu, qui devait naître de la race d'Abraham. Masculuscujus prœpulii caro circumcisa non fuerit, delebilur anima illa de populo meo, quia pactum meum irrilum fecit.

[Le déluge]. — S. Pierre nous assure que le déluge a été aussi une figure du Baptême : Quod et vos, dit-il, similis formœ salvos facit baptisma

(I Pot. 3). Ce déluge fut universel, il purgea la terre de toutes les ordures dont elle avait été fouillée, et fit comme un monde nouveau. Ce qui représente ce bien qui se passe dans le Baptême, que quelques SS. Tèrcs appellent diluviiun peccalorum.

[Le passage de la mer Rouge]. — S. Paul témoigne encore que le passage de la mer Rouge est une figure du Baptême, et l'on peut dire avec S. Augustin que, lorsque nous sommes présentés a l'église pour y recevor le Baptême, nous sommes semblables à ces anciens Israélites poursuivis par les Egyptiens. Dieu avait affermi les eaux comme des murailles, de part et d'autre, pour leur donner le passage; ils traversèrent cette mer à pied sec, et leurs ennemis y demeurèrent ensevelis. Les ennemis qui nous poursuivent sont le démon et nos péchés, et ils nous poursuivent jusqu'à la mer Rouge, c'est-à-dire, selon ce grand docteur, jusqu'aux eaux du Baptême, consacrés par le sang du Sauveur. Lorsque nous y sommes arrivés, nous passons en assurance, et nos péchés y demeurent ensevelis, comme ces Egyptiens dont il ne resta pas un seul : Unus ex eis non remansit.

[La guérison de Naaman]. — Si quelqu'un demande une figure marquant encore plus clairement les effets du Baptême, il n'a qu'à confidérer ce que l'Écriture, au IVe liv. des Rois, 5, rapporte de la guérison de Naaman de Syrie, lequel, s'étant lavé sept fois dans les eaux du Jourdain, fut si parfaitement guéri de sa lèpre, que sa chair ressemblait à celle d'un enfant. Ce qu'il y a de plus à remarquer sur ce sujet est la réflexion qu'un de la suite de ce seigneur lui fit faire, lorsqu'il négligeait d'éprouver un remède qui lui semblait ne valoir pas la peine de l'être venu chercher si loin : « Seigneur, lui dit-il, si le prophète vous avait ordonné une chose plus difficile, certes vous ne devriez pas seulement délibérer s'il est à propos de l'exécuter : Pourquoi donc douter si vous accomplirez une chose qui vous coûtera si peu, qui est de vous laver sept fois dans les eaux du Jourdain? » Sur quoi l'on doit admirer la miséricorde de Dieu, de nous avoir donné un moyen si facile et si efficace d'effacer nos péchés.

[Autres ligures]. — Enfin, l'on ne peut douter que l'eau salutaire du Baptême n'ait été figurée par ces eaux auxquelles le Prophète Isaïe invite avec tant de zèle tous ceux qui ont soif de venir boire ; — par celle qu'Ezéchiel vit eu esprit couler du Temple, — et par cette fontaine qui, selon Zachaie, était préparée pour tous ceux de la famille de David.

FIGURES ET EXEMPLES DU NOUVEAU-TESTAMENT

[La Piscine de Bethsaïde]. — Quelques Pères de l'Église, et entr'autres S. Ambroise, S. Augustin et S. Ghrysostôme, disent que la piscine, dont il est parlé dans L'Évangile de S. Jean, ch. i>, était uno figure des fonds

sacrés du Baptême. En effet, cette multitude de malades qui étaient sur le bord de cette piscine nous représentent tous les hommes malades par le péché d'origine, lesquels doivent recevoir la guérison par les eaux salutaires du Baptême ; l'ange qui donnait la vertu à l'eau est Jésus-Christ lui-même. Mais il y a pourtant cette différence, que cette piscine ne guérissait que le premier qui descendait dedans après le mouvement de l'eau, — tandis que l'eau du Baptême, plus efficace mille fois, coule pour tout le monde: Omnessilientes,venite ad aquas. (Is. 55). Et, ce qui est sans doute à remarquer, c'est que cette piscine, au rapport de Tertullien, a cessé d'être une source de miracles après la mort du Sauveur : étant raisonnable que l'eau qui ne guérissait que les corps tarît lorsque celle qui guérit les âmes a commencé à répandre ses bénédictions. C'est ainsi qu'en parle Tertullien contre les Juifs : Piscina Bethsaïda, usquè ad advenlum Christi curando invaletudines , desiit à beneficiis.

[Le baptême du Fils de DieuJ. — Depuis que le Sauveur eut reçu lui-même le Baptême dans le Jourdain, par le ministère de son précurseur le grand S. Jean-Baptiste, l'eau, par l'attouchement de son corps très-pur et trèssaint, fut consacrée à l'usage du Baptême. Le Fils de Dieu, qui était la sainteté même, n'avait pas besoin du baptême pour être lavé des souillures du péché, puisqu'il était incapable d'en contracter aucune: il se soumit cependant à cette cérémonie, parce qu'il avait pris l'apparence d'un pécheur. Il faut d'ailleurs savoir que le baptême de S. Jean n'avait de soi-même aucune vertu pour remettre ou effacer les péchés, qu'il était seulement une disposition à recevoir celui que le Messie devait instituer, comme S. Jean lui-même en avertit les Juifs : Ego quidem baptizo vos aqiuî, Me vero baptizabit vos in Spiritu-Sancto el igné. (Marci. I.J.

[L'eunuque de la Reine Candace]. — Il est parlé, dans les Actes des Apôtres, particulièrement de trois personnes dont le Baptême a été accompagné do quelques circonstances considérables, par lesquelles la miséricorde infinie de Dieu a davantage éclaté. Le premier fut l'ennuque de la reine Candace, baptisé par le diacre S. Philippe, de la manière qu'il est rapporté au ch. 8. La lecture d'un passage du prophète Isaïc que cet eunuque n'entendait pas donna occasion au disciple du Sauveur de l'instruire des mystères de la religion chrétienne, Le Saint-Esprit opéra intérieurement dans le cœur du catéchumène. Un ruisseau se trouva à propos dans leur chemin pour le baptiser, et lui accorder la grâce qu'il souhaitait ; et le disciple disparut après s'être acquitté de sa fonction. Que de réllexions il y aurait ire sur cette rencontre, qui paraît fortuite, mais que la Providence avait ménagée pour le salut de cet homme, qui ne pensait à rien moins!

[Corneille le centurion]. — Le baptême de Corneille lo centurion n'est pas moins admirable, par FavertisBemenI qu'un ange lui donne de faire appe-

18 r, apte mi: .

1er l'apôtre S. Pierre afin de se faire instruire de ce qui était nécessaire pour être sauvé, et, par la vision mystérieuse qu'eut S. Pierre de ne point rebuter les gentils, que Dieu voulait appeler à la connaissance de l'Évangile. Cette vocalion à la foi, et ce baptême sont une de ces grâces et de ces faveurs singulières que Dieu fait à quelques âmes choisies et prédestinées, auxquelles il ménage les moyens et les secours nécessaires pour leur salut.

[Le baptême de S. Paul]. — Mais rien n'est plus admirable sur ce sujet que la vocation et ensuite le baptême de S. Paul. Ce furieux persécuteur de la religion, dont il a été ensuite le plus ferme appui et l'Apôtre par excellence, fut appelé par le Fils de Dieu lui-même, sur le chemin de Damas, lorsqu'il était le plus animé contre les chrétiens, et ne respirait que le sang et le carnage. Il fut renversé par terre, et aveuglé pour un temps; mais ce fut pour être ensuite éclairé des vives lumières de la foi. Il recouvra la vue par le Baptême, et une humeur épaisse lui tomba des yeux comme des écailles, pour marque de l'aveuglement profond dont il était sorti, afin d'éclairer lui-même une infinité de nations: aussi a-t-il été celui qui a le plus fait valoir la vertu du Baptême et qui en a parlé le plus noblement.

APPLICATIONS DE QUELQUES PASSAGES

Spiritus Dei ferebatur super aquas. (Gen. i, 2). — Le texte sacré assure qu'à la naissance du monde, I'Esprit-Saint était porté sur les eaux, qu'il rendait fécondes pour la reproduction d'une infinité de créatures qui naissent dans cet élément. Tertullien dit que c'est parce qu'il prévoyait que le monde devait être lavé de ses souillures par les eaux du Baptême. Il y a bien de l'apparence que ce divin Esprit donna alors à cet élément la puissance de produire tant de créatures, pour disposer les hommes à croire qu'il pouvait les changer eux-mêmes en de nouvelles créatures dans le Baptême, en produisant la grâce dans leurs âmes, et par une régénération toute céleste et toute spirituelle.

Omnis populus per arenlcm alveum transibat. (Josué, 3). — A la vérité, S. Augustin et quelques autres Pères nous assurent que le passage du Jourdain a été une figure du Baptême; mais ce qui donne plus de sujet d'en faire une juste application, c'est que, comme Jcsué conduisait les Israélites à travers ce fleuve, qu'il les obligea de passer pour entrer dans la terre promise, de même le Fils de Dieu conduit au ciel, par les eaux du Baptême, ceux à qui il a destiné cet heureux héritage. C'est une réllcxion que fait Cornélius à lapide sur cet endroit.

El ecce apcrli sunt ei cœli. (Matth. 3). — S. Augustin demande pourquoi les cieux s'ouvrirent au baptême du Sauveur sur les bords du Jour-

dain : et il répond que ce qui se fit visiblement au baptême du Fils de Dieu, qu'il voulut bien recevoir de la main de son précurseur, se fait spirituellement et invisiblemcnt au baptême de ebaque chrétien: car c'est alors que le ciel est ouvert pour lai, qu'il a droit d'y prétendre en vertu du sang et de la mort du Sauveur, qui lui sont appliqués : d'où vient que ce sacrement est appelé par plusieurs SS. Pères la porte du ciel, la voie qui y conduit et qui nous y donne entrée. Le môme S. Augustin remarque que, de son temps, les chrétiens nouvellement baptisés prenaient garde avec une grande précaution de toucher la terre en aucune manière, non pas même des pieds en marchant, et cela durant huit jours entiers, pour marquer par-là que toutes leurs pensées et leurs affections se tournaient vers le ciel.

Populum istum formavimihi. flsaiae, 43,21). — C'est-à-dire, j'ai choisi ce peuple pour être particulièrement dévoué à mon service et à tous mes intérêts. C'est ce que Dieu peut dire maintenant du peuple chrétien, qu'il a appelé à son service par le Baptême, qu'il a consacré, et qui est comme son héritage, sa conquête, lui appartenant par un titre tout particulier : ce que S. Pierre exprime par ces paroles : Vos av.ie.rn genus eleclum, regaie sacerdolium, gens sancla, populus acquisitionis. (Pétri, 2).

Non fecil laitier omni nationi. (Ps. 147). — Paroles que tous les chrétiens devraient souvent avoir sur les lèvres, par un sentiment de reconnaissance. Le Baptême est une grâce et une faveur qu'il n'a pas faite aune infinité de nations qu'il n'a pas éclairées des lumières de la foi, qu'il n'a pas reçues dans le sein de son Eglise, en un mot, qu'il n'a pas appelées à la connaissance de la vérité. D'où il suit que, lui ayant des obligations toutes particulières, nous sommes obligés à une plus grande reconnaissance, à /une fidélité plus exacte, à des vertus plus élevées, et enfin à une vie plus sainte et plus digne d'enfants adoptifs du Très-Haut.

Quicumquc inChristo baplizali cslis, Chr istum induisiis. (Galat. 3, 27). — Vous qui avez reçu le. Baptême, vous avez tous été revêtus de JÉsus- Chuist. Ces paroles ne s'adressent pas seulement aux religieux, mais à tous ceux qui ont reçu le Baptême, à tous les chrétiens sans exception. Tous donc, sans aucune réserve, doivent être revêtus de Jésus-Christ. Or, on ne voit pas ce qui est revêtu dans notre corps, mais seulement l'habit qui le couvre : c'est donc Jésus-Christ seul qui doit être vu dans les chrétiens : ainsi, il ne faut pas tant les regarder en eux-mêmes qu'en Notre- Seigncur.

In Chrislo nova crealura.... facta sunt omnia nova. (II. Corr. 5, 17). — Nous avons deux sortes de naissance : l'une dans la corruption du péché, l'autre dans la sainteté de la grâce. Nr -is lirons la première d'Adam, nous

recevons la seconde de Jésus-Christ. De-là vient que, dans l'Apocalypse, il est appelé le commencement de la créature de Dieu. Le christianisme est une nouvelle naissance : quiconque est baptisé, esl une nouvelle créature en Jésus-Christ; c'est pourquoi il naît de nouveau; c'est-à-dire, comme le remarque un savant interprète, qu'il faut être refondu comme un vase infecté et pénétré partout de venin, qu'il faut avoir un nouvel être, une nouvelle vie, mourir à tout ce que l'on est pour vivro en Jésus- Christ.

§ iv

Passages et pensées des SS. Pères.

Baptizandi potestatem sibi tenuit , servis ministerium dédit. August. v in Joannem.

Baptismatis munus contra originale peccatum donaturn est, ut quod generalione altractum est , regeneratione detrahalur. ld. Enchir. 64.

Générât filium pater moriturus successurum : générât Deus de Ecclesiâ filios non successuros , sed secum mansuros. ld, xu, in Joan.

Optimè putant christiani baptismum nihil aliud quam salutem esse. Aug. i De peccat. merit.

Baptismus , id est salutis aqua, non est salutis nisi Christi nomine consecrata , qui pro nobis sanguinem suum in cruce fudit : ideb cruce ipsius aqua signatur. Id., vel incertus auctor. De util, pœnit.

Sicul nativitas ex utero non potest repeti, itanec nativitas ex Baptismo. ld. xu in Joan.

QuamvU multi ministri baptizent , sive jus li sive injusl.i , non Iribuitur tamai sanctitas Baptisrni nisi Chrislo. ld. vi in Joan.

Non est Baptismus impar propter i/iinistros , sed par est et œqualis prop-

Le Fil3 de Dieu s'est réservé le pouvoir de donuer la grâce du Baptême; niais il en a commis l'office et le ministère à ses serviteurs.

Le Baptême nous a été donné pour remède au péché originel , afin que , nous l'étant attiré par notre naissance, il nous soit remis par cette régénération.

Un père qui doit mourir met au monde un fils pour lui succéder : le Fils de Dieu donne à l'Église des enfants , non pour être ses successeurs, mais pour demeurer éternellement avec lui.

Les chrétiens croient avec juste raison que le Baptême n'est autre chose qu'un moyen nécessaire au salut.

Le Baptême , c'est-à-dire l'eau qui opère le salut , n'est point une eau de salut, si elle n'est consacrée par le nom de Jéscs-Christ, qui a versé son sang pour nous sur la croix : c'est pourquoi on se sert de cette eau en faisant sur elle le signe de la croix.

Comme personne ne peut naître deux fois du ventre de sa mère, on ne peut de même renaître deux fois spirituellement par le Baptême.

Quoique plusieurs ministres, justes ou pécheur.-, coulèrent le sacrement de Baptême, toutefois l'effet et la sainteté n'en sont due et ne se peuvent attrihuer qu'à JÉSUS-CflRIST seul.

Le Baptême n'est point différent par la différence des ministres de ce sacrement;

ter Christum. de quo dictum est : Hic est qui baptizat. August. ibid.

JSemo fit membrum Christi, nisi aut Bxplismate in Christoaut morte pro Christo. Id. De anima et ejus origine ,

Baptismus extra Ecclesiam quidem esse potest : nisi in Ecclesiâ prodesse non potest. Id., vel incert. auct. De fide ad Petrum.

Mater Ecclesiâ tibi aliorum pedes accommodavit ut venires, aliorum cor ut credas , aliorum linguam ut fatearis; et, quoniam alio peccante prœgravalus eras, alio pro te confitente salvaveris. August. x De verb. Apost.

Qui veraciter meminit se esse chrislianum, eo animo accessit ad fidem, ut huic seculo non solùm verbis renuntiaret. Id. Epi st. 89.

Non facit generatio sed regeneratio christianos. Id. m, De peccat. merit.

Accedit verbum ad elementum , et fit sacramentum. Undè isla tanta virtus aquœ, ut corpus tangat et cor abluat, nisi fa dente verbo , non quia dicitur, sed quia creditur? Id. in quâd. liomil.

Christiani nomen ille frustra sorlitur qui Christum minime imilatur : quid enim tibi prodest vocari quod non es, et nomen usurpare alienum? Sed si chrislianum te esse détectât, quœ christianitatis sunl gère, et merilo tibi nomen christiani assume. Id. De vit.

Christ.

Sicut perprimumhominem inpeccato et morte nascimur, ità per Christum in justitiâ et vitâ œternâ , in Baptismo , renascimur. August. De Baptismo.

Sancto Baptismo consona sit vila ehrUtiana , nec cuiquam hornini , si utrumlibet defuerit , vila promiilitur œterna. Id. De fide et oper.

l'iiint, non nascuntur christiani. Hier.

Epist. ad Let. Tertul. in Apolog.

Detegcris et deprehenderis, ô chrisliano, quandb aliud agis, aliud profitera; fidelie in nomme, aliud demonstrans

mais il est toujours le même et produit le même effet, à raison de Jésus-Christ, dont il est dit : C'est lui qui baptise.

Personne ne devient membre de Jésus- Christ, s'il n'est à lui ou par le Baptême en son nom ou en souffrant la mort pour lui.

Il peut y avoir un baptême hors de l'Église ; mais le Baptême ne peut être utile au salut que dans l'Église.

Vous êtes entré dans l'Église par le moyen de ceux qui vous y ont porté pour recevoir le Baptême; l'Église, cette bonne mère, vous a prêté le cœur et la langue d'autrui pour croire et pour confesser la foi, afin que, comme vous étiez coupable d'un péché commis par un autre , vous fussiez sauvé par la confession d'autrui.

Celui qui se souvient qu'il est véritablement chrétien a embrassé la foi à dessein de renoncer aux vanités du siècle, non pas seulement en paroles.

Ce n'est pas la naissance qui nous fait chrétiens, mais la régénération.

On joint la parole à l'élément de l'eau, et le sacrement se fait. Qui est ce qui donne une telle vertu à cette eau, qu'en touchant le corps, elle lave et nettoie le cœur, si ce n'est cette parole puissante, non parce qu'elle est proférée, mais parce qu'elle est crue ?

En vain celui-là porte le nom de chrétien qui n'imite pas Jésus-Christ; car de quoi peut servir d'être appelé tel, ne l'étant pas véritablement, et de se glorifier d'un nom qu'on a usurpé? Mais si vous voulez être chrétien, remplissez les devoirs du christianisme , et alors portez le nom de chrétien : vous le méritez.

Comme par le premier homme nous naissons dans le péché et la mort , nous renaissons, au Baptême, par les mérites de Jésus-Christ, dans la justice et avec le droit à la vie éternelle.

H faut qu'une vie toute chrétienne réponde à la profession du saint Baptême : car on ne promet à personne la vie éternelle , si l'un ou l'autre vient ù manquer.

On ne naît pas chrétien, on le devient.

Vous qui portes le nom de chrétien, vous voua faites connaître, en agissanl de toute autre manière que ne marque votre

in opère; renunliâsti diabolo et openbus ejus. Non hominibus sed Di:o et an g élis conscribentibus, tcnctvrin cœlo chirographum tu uni : renuntialo non solùm vocibus, sed eliam moribus; non solùm sono linguœ, sed et actu vitœ.

August. De Symb.

Nemo christianus verè dicitur nisi qui Christo moribus, prout valet, coœquatur. Cyprian. xn, De abusib.

Baptismus mors criminum , vita virtutum. Id. Epist. ad Donat.

Confessus es bonam confessionem in Baptismo, renuntiando sœculo et pompis ejus, coràm multis testibus , coràm sacerdotibus vel ministris, virtutibusque cœlestibus. Hieron. in i, Timoth.

Si christianus es , Christum Deum imitare : noli vucuum ferre nomen atque inane, sed plénum. Tanti mensuram nominis impie; impie, inquam, operibus.

nomine dignis. Greg. Nyss. De noinin. et profess. christ.

In Baptismo', sic omnia et originalia delicta et perperam commissa mundantur, ut illi nos restituât puritaii in quâ Adam dicitur esse procreatus. Cass. in

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