‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 26 sur 55 · XIII. — Sur les compagnies et les conversations en général · texte numérisé non relu

XIII. — Sur les compagnies et les conversations en général

1°. Il faut examiner et étudier l'humeur, le naturel et les inclinations de ceux avec lesquels on veut vivre en société et entrer ordinairement en conversation, parce que de - là dépendent les bonnes ou mauvaises mœurs;

2°. Il faut se défier des charmes et du plaisir que l'on trouve dans la conversation de ceux avec qui on est entré en commerce ;

3°. On doit modérer l'inclination et le désir qu'on a de voiries compagnies, par un désir contraire de s'en priver, quand on le pourra, et par un amour de la retraite qui est la marque d'un esprit aimant les choses de

XIV. — Pourquoi il est si dangereux à la jeunesse de fréquenter de mauvaises compagnies :

1°. A cause de la faiblesse de l'âge, susceptible de toutes les mauvaises impressions; écueil le plus dangereux qui se trouve dans la vie, et auquel les saints exhortent les pères et les mères et ceux qui sont commis à la conduite de cet âge, à faire grande attention;

2°. Parce qu'il n'est pas facile de les retirer de ce danger, quand ils ont formé leurs habitudes ;

3°. Parce que, naturellement, ils imitent plutôt le mal que le bien, et que les premières impressions qu'ils prennent dans les mauvaises compagnies leur demeurent toute leur vie.

XV. — Le Fils de Dieu, dans la vie qu'il a menée parmi les hommes, nous apprend particulièrement trois choses :

La première : la manière de converser utilement avec les hommes, en obligeant tout le monde, en instruisant les uns, montrant l'exemple aux autres, et faisant du bien à tous;

La seconde : supporter les défauts de ceux avec qui l'on est obligé de vivre, comme il supportait la grossièreté de ses disciples, etc.;

La troisième : la force avec laquelle il faut résister aux mauvais exemples et se déclarer pour la vertu.

Les Sources.

[Les SS. Pères]. — S. Ambroise, liv. i des Offices : conduite à tenir à l'égard des personnes bizarres et incommodes. — Chap. 4'ô du même livre : utilité qu'apportent la société et la liaison avec les gens de bien. — Sur S. Luc, liv. iv, et dans le sermon sur la Chaire de S. Fierre : danger qu'il y a de se trouver en la compagnie des méchants.

S. Augustin, liv. ii, ch. 9 de ses Confessions, rapporte avec douleur combien la mauvaise compagnie des libertins de son âge lui fut contagieuse. — Au liv. m, chap. 8 et 9, il confesse qu'il n'eût osé commettre les péchés dont il s'accuse, s'il eût été seul, et que les mauvaises compagnies les lui faisaient commettre.

S. Jérôme, Épître 4 ad Furiam, lui ordonne de fuir les compagnies des jeunes gens, et particulièrement des libertins. — Épître à S. Damase : sur ces paroles d'Isaïe, 6, In medio populi pollula labia habenlis habilo, il montre combien il est important d'éviter les mauvaises compagnies. — Il traite encore ce sujet dans l'Épître 47.

Origène, sur le livre de Job, loue ce saint homme particulièrement de ce que, vivant parmi les gentils, il demeura fidèle au vrai Dieu, et ne se laissa point corrompre ni infecter de leurs mœurs.

S. Basile, In Regidis fitsiùs disputatis } quœst. 6, montre par plusieurs passages de l'Ecriture, combien la compagnie et la conversation des méchants est pernicieuse aux gens de bien. — Môme sujet dans l'Homélie 9e.

S. Chrysostôme, Homélie 24e, De conversalione optimâ.

S. Grégoire, liv. i. sur Job, ch. 1, montre l'utilité que l'on peut retirer de la société avec les méchants qu'on ne peut fuir ni quitter. — Il traite encore fort au long le même sujet dans l'Homélie 9° sur Ézéchiel. — in Psalm. i pœnitentialem, expliquant ces paroles du prophète royal, Discedile <i met omnes qui operamini iniquilatem, il montre qu'il ne faut point contracter de société ;ivcc les méchants.

[Les li\rm spirilncls et nuiros]. — Trithemius, liv. lad Monach., i une homélie entière qui ;i pour titre De pravorum consortio fugiendo.

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Le P. Suffren, Année Chrétienne, a fait un ample et solide traite de la Conversation, où il a réuni presque font ce qui s'en peut dire.

Le P. Nepveu, Réflexions chrétiennes. — Dans sa Retraite, il a aussi une considération très-utile sur ce sujet.

Livre intitulé Instructions de la jeunesse en la piété chrétienne, par M. Gobinet.

Le P. Crasset, Le chrétien en solitude, G* Considération.

Matthias Faber, part. 3 Operis tripartili, in va?*iis concionibus.

Engelgrave, in Cœlo empireo, [est. Epiphan.

[Les prédicateurs]. — L'auteur des Sermons sur tons les sujets de la morale chrétienne en a un sur la fréquentation des méchants et des mauvaises compagnies; Dominicale, 5e Dimanche après l'Epiphanie.

Le même, Mystères de la Sainte Vierge, sermon sur la Visitation, parle des discours qu'on doit tenir dans les visites et dans les conversations, et de la manière dont on s'y doit comporter.

[Recueils]. — Louis de Grenade, dans ses Lieux communs, verb. Societas.

Buseeus, in Panario. verb. Socielas mal a.

Drexelius, in Niceta, I, 9.

Stapleton, in Promptuario morali, variis in locis, prœcipuè domin. 16

post Pentecosten, punct. i.

Berchorius, ) , c . ,

, , , t verbo Societas.

Labatha,

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

Recedite a tabernaculis hominum im- Retirez-vous des tentes de ces hommes

piorum, et notite tangere quœ ad eos impies, et ne touchez à ri«n qui leur ap-

pertinent, ne involvamini in peccatis partienne, de peur que vous ne soyez

eorum. Num. xvi, 26, enveloppés dans leurs péchés.

Beatns vir qui non abiit in concilio Heureux l'homme qui ne s'est point

impiorum, et in via peccatorum non laissé aller à fréquenter les impies, qui

stelit, et in cathedra pestilentiœ non se- ne s'est point arrêté dans la voie des pé-

dit. Ps. i. cheurs, qui ne s'est point assis dans la

chair pestilente des libertins.

Non sedi cum concilio vanitatis, et Je ne me suis point assis dans l'assem-

cum iniqua gerenlibus non inlroibo. Js. blée de la vanité et du mensoDge, et je

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