‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 29 sur 55 · III. — Uutililé que nous relirons de la Confession · texte numérisé non relu

III. — Uutililé que nous relirons de la Confession

Nous pouvons considérer l'homme dans deux états : — 1°. Dans l'état du péché, auquel nous avons besoin de remède; — 2°. Dans l'état de grâce, où nous avons besoin d'être affermis.

Pour le premier état; la Confession, le plus souverain et le plus efficace de tous les remèdes, fait en nous trois choses : — 1°. Elle nous humilie à la vue de nos péchés : ce qui est une grande disposition pour en obtenir le pardon : Cor contritum el humiliatum , Deus , non despicics; — 2°. Elle excite en nous un regret et une douleur sincère de nos péchés ; — 3°. Elle nous en fait faire pénitence.

Pour le second, qui est de nous empêcher de retomber : — 1°. Elle nous fait prendre une ferme résolution d'être plus fidèles à Dieu à l'avenir;

— 2°. Elle nous oblige à éviter les occasions qui nous ont fait tomber; — 3°. Elle nous soumet à des peines qui nous retiennent dans le devoir et dans la crainte d'offenser Dieu.

IV. — 1°. La Confession est une loi à laquelle tous les pécheurs sont obligés de se soumettre : loi divine , instituée par le Fils de Lieu même ; loi juste, loi sage.

2°. C'est une loi à laquelle tous les pécheurs ont intérêt à se soumettre : loi favorable autant que sévère, et dont la rigueur est accompagnée de tant de douceur et de miséricorde.

V. — Pour faire une bonne confession, trois principales conditions, dont on peut faire autant de points d'un discours :

lre condition : La recherche de nos péchés doit être exacte. Expliquer sur quoi et comment il faut examiner sa conscience.

2e. L'accusation et la déclaration que nous faisons de nos péchés doit être sincère , sans s'excuser, sans accuser le prochain , sans déguiser, ni rien imposer à celui que le Fils de Dieu a établi pour juge, dans ce tribunal.

3e. La résolution de quitter le péché et de changer de conduite doit être ferme et constante. Expliquer bien cela, de même.

VI. — Sur les deux principaux défauts qui rendent mauvaises ou défectueuses la plupart des confessions :

1°. Le défaut de sincérité rend la plupart de nos confessions mauvaises. On déguise ses péchés; on n'en dit pas les circonstances aggravantes; on en oublie une partie faute, d'examen; on se prépare légèrement, au lieu de dire avec le prophète : Recogitabo omnes annos meos in amariludine animœ meœ.

2ij. Le défaut de douleur fait que nous ne retirons aucun fruit de nos confessions. Il faut expliquer les qualités et les conditions de cette douleur, et surtout comme, avec le regret du passé, elle renferme la résolution de changer de -vie et de renoncer à tous les attachements criminels.

On peut partager cela autrement, en déchargeant le premier point de ce qui ne fait pas si directement partie de la sincérité, et le proposer dans les termes suivants :

VII. — Les raisons pour lesquelles la confession , qui est unremède s souverain, est le plus souvent inutile :

1°. Défaut de lumière dans l'examen des péchés; 2°. Défaut de sincérité dans l'accusation et la manifestation qu'on en l'ail au confesseur ;

3°. Défaut de repentir et de douleur.

VIII. — Un autre sujet , qui a beaucoup de rapport avec Je précédent, est de rechercher les causes pour lesquelles on tire souvent peu de fruit de la confession :

La première est qu'on n'approche pas de ce sacrement avec les dispositions nécessaires.

La seconde, parce qu'on ne s'accuse pas comme il faut de ses péchés.

La troisième, parce qu'on ne met pas en pratique les bonnes résolutions qu'on a faites et les salutaires avis que le confesseur nous a donnés.

IX. — On peut proposer deux questions pour partage et pour sujet d'un discours: — 1°. Ce que c'est que la confession, et en quoi elle engage un chrétien qui va s'accuser de ses péchés ; — 2°. Quelles en sont les parties ou les conditions absolument nécessaires. En deux mots : quelle est la nature et l'essence de la confession sacramentelle, quelles en sont les règles et les conditions.

1°. — La confession consiste : — 1. A se déclarer pécheur aux pieds d'un prêtre ; — 2. A se déclarer non-seulement pécheur en général, mais en particulier, dans le nombre et dans l'espèce sur chaque article ; — 3. A expliquer encore les engagements, les liaisons et les occasions de ses péchés.

2°. — Trois vertus ou trois qualités sont nécessaires pour une bonne confession: — 1. Une sainte simplicité à s'accuser de ses péchés, sans déguisement et sans excuse ; — 2. Une profonde humilité pour s'anéantir devant Dieu ; — 3. Une douleur surnaturelle.

X. — Se proposer d'adoucir les peines et les difficultés qu'on trouve dans la confession , qui sont : — 1°. De renoncer à son secret, en découvrant à un confesseur ce qu'on a de plus caché ; — 2°. De renoncer à son honneur, en manifestant ses désordres ; — 3°. D'abandonner sa propre justification, en soi-même. Contre ces trois difficultés, il faut faire voir :

1°. — Qu'on assure son secret en le déclarant , puisque le secret de la confession est inviolable ;

2°. — Qu'on conserve son honneur et sa réputation, au lieu de se déshonorer dans l'esprit d'un confesseur qui admire notre humilité et notre courage lorsque nous lui découvrons nos faiblesses.

3°. — Qu'en s'accusant et en se déclarant criminel, on est justifié devant Dieu. Ainsi, l'on assure son secret pour la confidence qu'on en fait; on trouve son honneur en déclarant son infamie , et enfin sa justification dans l'accusation de ses crimes : ce qui ouvre un assez beau champ pour parler de la confession d'une manière non commune.

XI. — On peut prendre pour sujet et pour division les avantages que

nous retirons de la confession , et les conditions qu'on exige pour la rendre bonne et fructueuse:

1°. — Pour les avantages, on les peut prendre de ces paroles de S. Ambroise, dont l'explication fera le plan de la première partie : Confessio peccata remittit ; confessio mérita restituit; confessio vermis aciem obtundit : La confession remet les péchés ; elle nous rétablit dans nos droits et nous rend tous les mérites de nos bonnes actions, que le péché nous avait ravis ; elle émousse la pointe du ver de conscience.

2°. — Pour les conditions qu'il y faut apporter afin de la rendre bonne et parfaite : — 1. Elle doit être précédée d'un sérieux examen; — 2. Elle doit être une déclaration sincère et entière de tous nos péchés ; — 3. Elle doit être accompagnée d'une véritable douleur et d'un ferme propos de se corriger.

XII. — Pour faire une bonne confession, et afin qu'elle ait tout l'effet pour lequel elle a été instituée, trois choses sont nécessaires :

La première : Il faut nous reconnaître coupables au tribunal de notre conscience , afin d'éviter la condamnation , sans cela inévitable, du Juge souverain.

La seconde : Il faut concevoir une vive douleur de nos péchés , si nous voulons en obtenir le pardon.

La troisième : Il faut nous punir nous-mêmes, par une juste satisfaction et qui soit proportionnée à nos crimes, pour éviter la sévère punition que Dieu en fera un jour.

XIII. — Les défauts des confessions de la plupart des chrétiens : 1°. — On confesse ses péchés sans douleur de les avoir commis;

2°. — On les confesse sans résolution de les quitter et de s'en corriger à l'avenir.

3°. — Sans dessein de les expier par une digne satisfaction.

XIV. — On peut prendre pour division ces paroles du prophète royal : Cor contritum et humilialum, Deus, non despicies.

1°. — Approchons-nous de ce sacrement avec un cœur contrit , et nous passerons par-dessus toutes les difficultés qui ont coutume de rebuter tant de chrétiens, et qui les éloignent de ce sacrement.

2 . — Approchons-en avec humilité, et nous en éviterons tous les défauts, Oti tant de chrétiens ne laissent pas de tomber, par le mauvais usage qu'ils font de ce sacrement. C'est en ce sens que Tertullien appelle la Pénitence Proslernendi atque humilificandi hominis disciplina.

X». — La r.onfpssion doit être considérée cnmmo an remède à nos péchéa : or, on connaît la bonté d'un remède à ces trois marques : i°. 'il

agit sûrement ; 2e. s'il agit promptement ; 3°. s'il agit doucement. — Pour un pécheur donc et pour une âme criminelle et malade :

1°. — Le sacrement de Pénitence est un remède sûr. C'est le Fils de Dieu même qui Ta institué , et par conséquent il est aussi infaillible que l'est la parole divine ;

2°. — C'est un remède prompt. Il nous guérit sur l'heure. Nous sommes justifiés, sitôt que nous avons confessé nos péchés et que nous en avons reçu l'absolution ;

3°. — C'est un remède aussi doux qu'il est efficace, quelque rigueur que quelques-uns y trouvent et quelque peine qu'ils aient à s'y soumettre.

XVI. — Ce même sacrement de Pénitence peut être aussi considéré comme un jugement, tel qu'il l'est en effet, dans lequel on doit remarquer trois choses qui lui sont essentielles :

La première est le Pénitent qui s'accuse. Quelle est la manière dont il le doit faire pour obtenir miséricorde et la rémission de ses péchés ?

La seconde , le Juge qui prononce : quels sont ses devoirs , son pouvoir et ses obligations t

La troisième est la sentence : en combien de sens nous est- elle favorable ?

XVII. — Sur ces paroles du Sauveur : Quorum remiseritis peccala , rcmittiuitar eis} et quorum retinueritis retenta sunt. Il me semble qu'on y trouve trois choses clairement exprimées, et dont on peut faire le partage d'un discours :

La première: — Qu'il y a un sacrement de Pénitence institué par le Fils de Dieu même, puisque c'est des paroles de l'institution qu'on infère qu'il y en a un, et par conséquent que la confession entière de tous nos péchés est de droit divin.

La seconde est l'efficacité de ce sacrement, de remettre tous les péchés, de quelque nature qu'ils soient, et pour énormes qu'ils puissent être.

La troisième, sa nécessité, et l'obligation de nous y soumettre, mais nécessité qui nous est infiniment avantageuse.

XVIII. — La confession nous fournit tout l'avantage possible pour faire une véritable pénitence de nos péchés :

1°. — Elle humilie le pécheur, qui est l'état où Dieu le veut et la première réparation que la justice divine exige de lui : parce que, par le péché, il s'est élevé contre Dieu : Prostcrnendi atque humilificandi hominis disciplina, comme nous avons dit que l'appelle Tertullien ;

2°. — Elle lui inspire de la douleur de ses péchés et un esprit de componction ;

3°. — Elle lui donne le moyen d'expier ses pochés par une satisfaction qui, jointe avec le sacrement, est infiniment efficace.

XIX. — On peut encore considérer le sacrement par rapport à trois sortes de personnes qui y contribuent et qui y interviennent, savoir :

lo^ — par rapport au Fils de Dieu, qui en est l'auteur, et qui a institué la Confession pour satisfaire en même temps sa miséricorde et sa justice;

2°. — Par rapport au prêtre , qui en est le ministre , qui fait en même temps l'office de juge pour connaître des péchés et les remettre ; de médecin pour guérir les plaieâ de notre âme et y appliquer le remède; d'ami pour donner des avis salutaires;

3°. — Par rapport au pécheur, qui doit apporter à ce sacrement les dispositions et les conditions nécessaires.

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