X. — Sur les trois offices ou effets de la conscience
1er Point. — C'est un témoin qui nous accuse, et qu'on ne peut récuser ; un témoin oculaire, incapable de dissimuler ou de déguiser le fait ou le droit, et même un témoin qu'on ne peut fuir ni éviter.
2e point. — C'est un juge qu'on ne peut corrompre ni surprendre, éclairé et intègre comme il est.
3e point. — C'est un bourreau qui punit, et qui fait souffrir le plusjuste et le plus cruel de tous les supplices.
XI. — On peut considérer la conscience, c'est-à-dire les remords et les alarmes qu'elle cause : — 1°. dans les justes ; — 2°. dans les pécheurs qui n'ont pas encore vieilli dans l'iniquité; — 3°. dans les pécheurs endurcis dans le crime.
Dans les premiers, elle est une épreuve dont Dieu se sert pour leur sanctification.
Dans les seconds, elle est un maître sévère, que Dieu fait parler pour leur conversion.
Dans les troisièmes, elle est l'instrument invisible que Dieu emploie pour consommer le mystère de leur réprobation.
XII. — Sur la Fausse paix et la tranquillité d'une mauvaise conscience, au milieu des désordres où vit un pécheur. — On peut combattre ce fatal repos par deux importantes considérations, en mettant, d'un coté, d'où vient cette fausse paix, dans les plus grands crimes, et de l'autre ce qui est
capable de troubler ce repos, et par ce moyen de nous désabuser : c'està-dire qu'on peut fairo voir :
1°. Quels sont les principes d'une si fatale sécurité;
2°. Quels en sont les remèdes.
XIII. — H y a des consciences trop larges, qui se permettent bien des choses qu'elles se persuadent faussement n'être pas contre la loi de Dieu ; et il y a des consciences trop étroites, timides et scrupuleuses : — c'est pourquoi
i°. Il faut inspirer de la crainte à ces consciences trop larges, et montrer que, dans la vie des mondains, il y a une infinité de péchés qu'ils ne connaissent presque point et qu'ils commettent sans scrupule;
2°. Il faut consoler et tranquilliser, avec prudence, les consciences trop scrupuleuses.
XIV. — Sur la Fausse conscience, on peut faire voir ce que nous avons déjà dit, mais par un autre tour :
1°. Que les causes et les principes en sont dangereux. : ce sont l'ignorance affectée, la coutume et la passion;
2°. Que les suites, qui en sont criminelles, nous engagent dans d'affreuses conséquences;
3°. Que l'issue et la fin en sont funestes.