‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 50 sur 55 · V. Castitas · texte numérisé non relu

V. Castitas

§ III

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

Pepigi fœdus cum oculis meis , ut ne cogitarem quidem de virgine. Jobi , xxxi, 1.

Scivi quoniam aliter non possem esse continens, nisi Deus det. Sapient. vin,

Incoinquinata, quœ nescivit thorum in delicto, habebit fructum in respectione animarum sanctarum. Sapient.

0 quam pulchra est casta generatio cum claritate ! immortalis est enim memoria illius , quoniam apud Deum nota est et apud homines. Sap. iv, 1.

Qui diligit cordis munditiam habebit amicum Regem. Proverb. xxn, il.

Incorruptio facit esse Deo proximum.

Sapient. vi, 20.

Virginem ne conspicias, ne forte scandalizerisin décore illius. Eccli. ix, 5.

Averte faciemtuam amuliere compta, et ne circumspicias speciem alienam.

Ibid. 8.

Propter speciem mulieris multi perierunt, et ex hoc concupiscentia quasi ignis exardescit. Ibid. ix, 8.

Ne respicias in mulieris speciem, et ne concupiscas mulierem in specie.

Eccli. xxv, 28.

Omnis ponderatio non est dignacontinentis animœ. Eccli. xxvi, 20.

Confortatum est cor luum, eb quod caslitatem amaveris, etpost virum tuum alterum nescieris : ideo eris benedicta in œtcrnum. Judith, xv, il.

Beati mvndo corde , quoniam ipsi Deum videbant. Alatth. v, 8.

J'ai fait un accord avec mes yeux, pour ne pas même penser à une vierge.

Je savais que je ne pouvais avoir la continence, si Dieu ne me la donnait.

Celle qui n'a rien qui la souille, qui a conservé sa couche pure et sans tache, recevra la récompense lorsque Dieu regardera favorablement les âmes saintes.

Oh ! combien est belle la race chaste, lorsqu'elle est jointe avec l'éclat de la vertu ! Sa mémoire est immortelle, et elle est en honneur devant Dieu et devant les hommes.

Celui qui aime la pureté du cœur aura le roi pour ami.

La parfaite pureté rapproche l'homme de Dieu.

N'arrêtez point vos regards sur une fille, de peur que sa beauté ne vous devienne un sujet de chute.

Détournez vos yeux de la femme parée, et ne regardez point curieusement une beauté étrangère.

JMusieurs se sont perdus par la beauté de la femme, la passion s'allume comme un feu en la regardant.

Ne considérez point la beauté d'une femme, et ne la désirez point parce qu'elle est agréable.

Tout le prix de l'or n'est rien au prix d'une âme vraiment chaste.

Vousavezagi avec courage, etvotre cœur s'est affermi, parce que vous avez aimé la clmstH/', et qu'après avoir perdu votre mari vous n'avez point voulu eu épouser d'autre: pour cela vous serez béoiâ éternellement.

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur.

parce qu'ils verront Dieu.

In resurrectione, neque nubent neque nubentur, sed erunt sicut angeli Dei in cœlo. Matth. xxn, 30.

Non omnes capiunt verbum istud, sed quibus datum est. Matth. xix, il.

Dico autem non nuptis et viduis , bonum est Mis, si sic permaneant, sicut et ego. I Corinth. vu, 8.

Mulier innupta et virgo cogitât quœ Domini sunt , quornodb placeat Deo.

Ibid.

Qui matrimonio jungit virginem suam benè facit, et qui non jungit meliùs facit. Ibid.

Beatior autem erit (vidua), si sic permanserit, secundùm meum consilium.

Ibid.

Habemus thesaurum istum in vasis fictilibus. II Corinth. iv, 7.

Fornicatio et omnis inwiunditia nec nominetur in vobis. Ephes. v, 3.

Hœc est voluntas Dei sanctificatio vestra : ut abstineatis vos à fornicatione, et sciât unusquisque vestrûm vas suum possidere in sanctifications et honore. I Thessal. iv, 3.

De virginibus prœceptum Domini non habeo, consilium autem do, tanquhm misericordiam consecutus à Domino ut sim fidelis. I Corinth. vu, 25.

Teipsum castum cusiodi. I Timoth.

Hi sunt qui cum mulieribus non sunt coinquinati : virgines enim sunt. Hi sequuntur Âgnum qubcumquè ierit. Apocal. xiv, 4.

Après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris : mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.

Tous ne sont pas capables de cette résolution, mais ceux à qui mon Père a fait cette grâce.

Pour ceux qui ne sont point mariés et pour les veuves, je leur déclare qu'il est bon de demeurer en cet état, comme j'y demeure moi-même.

Une femme, qui n'est point mariée, une vierge, s'occupe du soin du Seigneur et des moyens de plaire à Dieu.

Celui qui marie sa fille fait bien ; mais celui qui ne la marie point fait encore mieux.

Celle qui est veuve sera encore plus heureuse, si elle demeure en cet état, comme je le lui conseille.

Nous portons ce trésor dans des vases de terre, dans des vases fragiles.

Qu'on n'entende pas seulement parler parmi vous ni de fornication ni de quelque impureté que ce soit.

La volonté de Dieu est que vous soyez saints et purs, que vous vous absteniez de la fornication, et que chacun de vous sache posséder le vase de son corps saintement et honnêtement.

Quant aux vierges, je n'ai point reçu de commandement du Seigneur, mais c'est le conseil que je donne, comme étant fidèle ministre du Seigneur, par la miséricorde qu'il m'a faite.

Conservez- vous pur et chaste.

Ceux-là ne se sont point souillés avec les femmes, parce qu'ils sont vierges : ceux-là suivent l'Agneau partout où il va.

EXEMPLES DE L'ANCIEN-TESTAMENT

[Joseph]. — Où trouvera-t-on un exemple plus illustre d'une chasteté à l'épreuve des plus pressantes sollicitations que celle de Joseph, dont les SS. Pères semblent avoir fait l'éloge à l'envi ? On sait par qui et de quelle manière il fut sollicité au crime , dans la fleur et dans la vigueur de son âge, dans une loi où le seul précepte de la nature était la règle de sa conduite. Il n'ignorait pas qu'il avait tout à craindre d'une femme qui ne manquerait pas de changer son amour en fureur, pour venger le refus d'un esclave sur la vie duquel elle avait tout pouvoir. D'ailleurs, il est à croire qu'elle n'oublia ni caresses, ni menaces, ni promesses pour l'obliger de

condescendre à sa honteuse passion. Mais les résistances de ce fidèle esclave ne firent que l'irriter davantage. Il eut beau lui représenter que la fidélité, qu'il devait à un maître qui lui avait confié et comme abandonne à ses soins tout ce qui était dans sa maison, ne lui permettait pas de lui faire un outrage si sensible : cette infidèle, au lieu de rentrer dans son devoir, boucha ses oreilles à de si sages remontrances et ferma les yeux à toutes les considérations, pour n'écouter que son aveugle passion ; de sorte que, le poursuivant avec la dernière effronterie, le saint jeune homme, pour s'échapper de ses mains, laissa son manteau, « de crainte, comme dit S. Grégoire de Nysse, que le venin contagieux que cette impudique pouvait avoir laissé sur ses habits en les touchant ne se répandit jusque sur son cœur. »

[Job]. — La continence du saint homme Job n'a pas été à la vérité exposée à de si dangereuses épreuves ; mais la fidèle vigilance qu'il apportait à la garde de ses yeux, de peur qu'ils ne séduisissent son cœur, marque assez le soin qu'il avait de la pureté, et l'estime qu'iJ en faisait : Pepigi fœdus cum oculis meis, ut ne cogitarem quidem de virgine. Il avait fait une convention secrète avec ses yeux, convention qu'il garda exactement, même dans l'état pitoyable où il se vit réduit, comme remarquent les interprètes. Sur quoi l'on peut faire cette réflexion, qu'il faut que la vue d'une femme soit bien contagieuse, puisqu'un homme qui a le corps presque tout pourri, l'esprit accablé de tristesse, et soutenu d'une protection particulière de Dieu , a cru qu'il ne pouvait se mettre en sûreté qu'en obligeant ses yeux, par un pacte exprès, à ne jetter jamais un regard sur aucune fille !

[Suzanne]. — L'exemple de Suzanne est encore plus admirable : elle aima mieux s'exposer au danger d'une mort honteuse et cruelle que de ternir la gloire de sa chasteté par un crime secret et qui n'eût été connu que de Dieu. Mais ce fut cette pensée même, qu'il serait vu de Dieu, dont elle se servit pour se fortifier contre l'impudence des deux infâmes vieillards, qui avaient épié le temps et l'occasion de la surprendre seule et sans témoins. L'histoire en est connue; mais voici les réflexions que nous pouvons faire en la repassant. La première est sur l'aveuglement ou l'impureté conduisait ces hommes vénérables pour leur âge , et considérables pour le rang qu'ils tenaient parmi ceux de leur nation, dont ils étaient établis les juges. Des hommes donc de ce caractère, ayant conçu une honteuse passion pour cette chaste femme, n'eurent point de honte de s'entre découvrir le détestable dessein pour lequel ils étaient venus, de délibérer des moyens de l'exécuter ; et, comme remarque l'Écriture, ils détournèrent les yeux pour ne point voir le ciel, afin d'éloigner La pensée de tout ce qui pouvait leur donner de l'horreur du crime qu'ils méditaient : en sorte que, s'étant approchés du lieu où était Suzanne, qui rougit de l'état où elle se voyait et

de leur insolence, ils ne lui celèrent point leur dessein; et, pour l'y faire condescendre, ils la menacèrent que, si elle ne s'y rendait, ils étaient résolus de l'accuser et de témoigner publiquement qu'ils l'avaient surprise avec un jeune homme dans cet état. Voyez à quel excès les porta cette aveugle passion, que ni leur âge, ni leur rang, nila crainte d'un Dieu vengeur ne furent pas capables d'arrêter. Mais faites aussi réflexion sur la constance héroïque de la chaste Suzanne, qui ne délibéra pas un moment entre la perte de sa vie et celle de sa pureté, mais, ayant la crainte de Dieu fortement imprimée dans le cœur, jeta des cris qu'elle savait devoir lui coûter la vie, mais qui firent voir à ces vieillards effrontés qu'ils n'avaient rien à espérer, puisqu'elle était résolue de souffrir plutôt une mort et une confusion publique que de commettre un crime secret. Le reste de l'histoire ne sert qu'à faire voir la protection de Dieu sur les innocents, et particulièrement sur les personnes chastes.

[Judith]. — L'exemple de Judith sur cette matière est trop célèbre pour être omis; mais, comme il est plus admirable qu'imitable, la réflexion qu'on en peut tirer pour la morale de la chaire est celle que l'Écriture fait elle-même : Confortalum est cor luum, eô quod castilalem amaveris. . . ïdeo benedicta eris in œlernum : savoir, que Dieu se sert ordinairement des personnes chastes dans les plus grandes entreprises pour sa gloire : Confortalum est cor luum. La raison est que, étant plus détachées des soins de la terre et dégagées de la chair et du sang, et ensuite plus attachées à Dieu, elles sont plus propres aux grandes actions : et nous apprenons par les histoires de tous les siècles que Dieu s'en est d'ordinaire servi pour les emplois et pour les actions les plus considérables. Mais la vie pure et retirée, dont cette illustre héroïne fit profession durant tout le temps de son veuvage, quoiqu'elle eût toutes les qualités qui la pouvaient faire considérer et rechercher dans le monde, peut servir de modèle à toutes les veuves chrétiennes, dans leur conduite et dans la manière de vie qu'elles doivent tenir.

[Élie et les prophètes]. — Quoique la virginité n'ait pas été si fort en usage dans l'Ancien-Testament, et que même elle fût une espèce d'opprobre, parce qu'elle ôtait aux hommes l'espérance d'entrer dans l'alliance du Messie, qui devait naître de la race d'Abraham, on ne laisse pas cependant d'y trouver des exemples, puisqu'Elie, Jérémie, Daniel et quelques autres prophètes, l'ont constamment gardée : et c'est pour cela, comme remarque S. Ambroise, que Dieu s'est communiqué à eux si particulièrement, qu'il s'en est servi pour les plus importantes commissions, et qu'il leur a fait des grâces et des faveurs spéciales.

EXEMPLES DU NOU VEAU-TESTAMENT-

[La Sainte Vierge]. — Le modèle de pureté le plus parfait et le plus achevé qui ait jamais paru dans une pure créature, c'est la glorieuse Mère de Dieu, la Vierge par excellence, qui a surpassé les anges mêmes. C'est elle qui a la première levé l'étendard de la virginité, par le vœu qu'elle en a fait toute la première, comme l'on peut juger par les paroles qu'elle dit à l'ange qui lui porta la nouvelle qu'elle concevrait le Verbe éternel dans son sein : Quomodô fiel istud, quoniam virum non cognosco ? De sorte que l'état de la pureté virginale a tiré de-là son origine, et a, pour ainsi dire, été conçu dans le même sein dans lequel le Fils de Dieu, qui est la pureté même, et l'éclat de la lumière éternelle, s'est incarné. Aussi est-ce le langage des SS. Pères que, si un Dieu avait à naître parmi les hommes, ce devait être d'une vierge; et, si une vierge devait enfanter, ce devait être un Homme-DiEU.

[Autres exemples]. — Pour ne pas rappeler ici tous les éloges éclatants que les SS. Pères ont donné à la bienheureuse Vierge, et dont les chaires évangéliques ont retenti tant de fois, parcourons seulement les autres exemples que la nouvelle loi nous fournit. Combien dot être chaste celui que Dieu destina pour époux à Marie, afin d'être le gardien et le défenseur de sa pureté ! quel parfait rapport ne devait point se trouver entre ces deux personnes, que Dieu avait choisies et destinées, l'une pour être sa mère, et l'autre pour mettre à couvert l'honneur de cette mère, par la qualité d'époux qu'il a portée, et pour servir d'ombre au Saint-Esprit dans la' conception du Verbe incarné!

Tous ceux qui ont eu un rapport plus particulier ù Jésus-Christ ont aussi particulièrement excellé en cette vertu, comme S. Jean-Baptiste, son glorieux précurseur, et S. Jean l'Évangéliste, son disciple bien-aimé, qu'il a ensuite choisi pour tenir lieu de fils à la bienheureuse Vierge. Que si les Apôtres, qui l'ont suivi et qui ont annoncé son Évangile, n'ont pas tous été vierges, dans un temps auquel cette vertu n'était pas encore en vogue et en crédit, ils ont tous été chastes dès que le Fils de Dieu les a appelés' à l'apostolat; et S. Paul, appelé l'Apôtre par excellence, non content de porter tout le monde à la chasteté propre à l'état de chacun, souhaitait encore que tous fussent comme lui et lui ressemblassent en ce point, en renonçant au mariage, quoiqu'il se soit contenté de conseiller cet état, comme avait fait le Fils de Dieu même : De virginibus prœceptum Domini non habco, consilium aulem do. — Mais, sans nous mettre en peine d'en chercher d'autres exemples, c'est assez de dire, avec S. Augustin et S. Ambroise, que l'Evangile n'a pas plus tôt été publié que le monde a été peuplé de viergos, et qu'une infinité de personnes ont donné leur vie pour la

défense de cette vertu, réservée au christianisme par préférence à l'ancienne loi.

APPLICATIONS DE L'ÉCRITURE

Venerunl duo angeli Sodomam vesperè (Gènes. 15). — Ceux qui s'enfuirent de Sodome eurent un ange pour guide, afin de montrer qu'il faut une vertu angélique pour fuir le plaisir sensuel, et que, plus on s'éloigne de ce plaisir, plus on approche de la condition des intelligences : car la chasteté, selon la parole de Jésus- Christ, est proprement la vertu des anges de Dieu : Neque nubent neque nubentur, sed erunt sicut angeli Dei. Or, qui peut s'éloigner davantage de cette sorte de volupté que celui qui, par un vœu perpétuel, s'en est volontairement retranché tout le pouvoir ?

Despondi vos uni viro, virginem castam exhibere Chrislo (II Corint. i). — À la vérité, la virginité du corps n'est pas de précepte; mais la chasteté nécessaire à tous les chrétiens est une espèce de virginité, qui rend leurs âmes dignes d'être les épouses de Jésus-Christ. Tous les fidèles ont contracté un mariage spirituel avec le Sauveur, selon ces paroles de S. Paul : Despondi vos uni viro, virginem castam exhibere Chrislo. Toutes les âmes justes forment l'Église, cette épouse vierge de Jésus-Christ : ainsi, il y a une virginité spirituelle attachée à l'état du chrétien. C'est pour cela que la parabole des Vierges folles et des Vierges prudentes les réduit au nombre de cinq, dans lequel l'universalité des fidèles est mystérieusement renfermée, dit S. Augustin, « parce que les cinq sens du corps humain doivent être vierges. » De-là cet autre mot, que l'âme qui se sépare de lui pour s'attacher au monde est une âme adultère, qui viole la foi jurée à son époux légitime.

Tota pulchra es, arnica mea (Cant. 4). — L'époux céleste, dans les Cantiques, nomme son épouse deux fois belle, pour nous marquer qu'elle doit avoir une double beauté, et qu'il faut qu'elle n'ait pas moins de pureté dans son âme, que de chasteté dans son corps : Quàm pulchra es, arnica mea, quàm pulchra es! Il n'y a guère d'apparence que Jésus- Christ n'exigeât de ceux à qui il s'unit étroitement que la seule chasteté du corps, ou celle de l'âme par rapport [aux dérèglements extérieurs, et non pas une chasteté parfaite, c'est-à-dire une intégrité bannissant tout ce qui est contraire à cette vertu.

Eripe me de luto.(Ps» 68). — Que peut-on dire de plus grand, et de plus illustre à la gloire de cette vertu que de lui attribuer le pouvoir de nous faire sortir de la boue, qui est l'origine de notre nature, afin de nous élever jusqu'à la condition des anges et à la ressemblance avec Dieu même ! Car c'est cette vertu qui spiritualise en quelque manière le corps, qui nous

dégage des soins de la terre, qui nous rend propres à contempler les vérités célestes, et qui nous retire en effet comme de la boue, en nous éloignant des plaisirs des sens et des voluptés grossières, qui abrutissent l'esprit et qui rendent l'homme semblable aux bêtes. -

Suivi quoniam aliter non possem esse continens, nisl DEUst/e£..., adii Dominum et deprecalus surn illum... Da mihi sedium tuarum assistricem sapientiam (Sap. 8 et 9). — N'est-ce pas une chose surprenante que, Salomon, voulant obtenir de Dieu la chasteté, qu'il avoue être un don et un présent du Ciel, lui demande cependant la sagesse, comme nous voyons dans la prière qu'il adresse à Dieu pour obtenir cette insigne faveur? N'est-ce point que vivre dans la continence, avoir fait un si heureux choix, c'est une marque et un effet d'une grande sagesse? ou plutôt, que pour conserver cette vertu, on a besoin d'une sagesse extraordinaire, parce qu'il faut une grande circonspection dans toutes ses démarches, une vigilance exacte et continuelle sur tous ses sens, sur toutes ses paroles, sur tous les mouvements de son Cœur, pour prévoir les occasions et les dangers de la perdre, et savoir comment on doit résister à tant d'ennemis, qui attaquent une vertu d'ailleurs si délicate et si fragile.

Je tremble quand je pense à l'avis que S. Paul donne à son disciple Timothée : Teipsum castitm custodi (I ïim. 5). C'était un homme d'une vie très-austère, un homme consumé de travaux et de mortifications. S'étant condamné à un jeune perpétuel et l'observant, il avait besoin d'user d'un peu de vin pour se remettre de l'extrême faiblesse où l'avaient réduit ses austérités et ses fatigues. S. Paul le lui permit; mais du reste, il l'avertit de travailler avec plus de soin que jamais à se conserver dans une pureté parfaite de l'âme et du corps, comme s'il y eût eu pour lui du péril à prendre un si faible soulagement. Te ipsum caslum custodi ! Voilà, dis-je, ce qui me fait trembler, quand je suis d'ailleurs témoin do cet amour de vous-même, de cette mollesse qui vous fait tant rechercher vos aises et vos commodités, tant flatter votre corps et satisfaire vos appétits.

§ iv.

Passages des SS. Pères.

i''i<! u ia est honor corporum , orna- La pudicité fait l'honneur de nos corps, meutusu morum, DincuUmpudori8,fom la gloire et l'ornement des bonnet) mœurs,

Page 1