EXEMPLES, FIGURES ET COMPARAISONS DE L'ECRITURE
[Moïse et Jean-Baptiste]. — Un grand évêque de Tolède, dans la Bibliothèque des Pères, appelle avec raison le désert l'Académie du Saint- Esprit, et Técole où ce maître de toute vérité fait ses leçons. Ce fut en effet dans la solitude que Dieu forma Moïse pour être l'interprète de ses volontés, et qu'il lui communiqua les lumières nécessaires pour expliquer la loi et pour enseigner son peuple. Ce fut dans ce lieu écarté qu'il traita familièrement avec Dieu, où il apprit ses secrets et lui. parla face à face. Ne fut-ce pas de l'horreur du désert que Dieu fit sortir S. Jean- Baptiste pour apprendre au peuple d'Israël le plus important mystère de la religion, c'est-à-dire la venue du Messie ? Dans la nouvelle loi, c'a
été dans le secret du cénacle que les Apôtres ont reçu le Saint-Esprit, et qu'ils se sont rendus par ses grâces les maîtres de tous les peuples et les docteurs de l'univers. S. Paul, dès le commencement de sa conversion, pour se disposer à l'apostolat, ne demeura-t-il pas dans le secret trois jours, sans boire ni manger; et dans cette retraite, par ce jeûne si rigoureux, il reçut ces admirables extases où il apprit les secrets les plus cachés et la plus éminente théologie. Ne fut-ce pas aussi par le jeûne et dans la retraite que S. Pierre, après son péché, fut choisi pour chef de l'Eglise et docteur infaillible des vérités du ciel ? C'est aussi dans la solitude que notre incomparable docteur S. Jérôme fut élu de Dieu pour éclairer l'Eglise de sa science toute céleste, et qu'il fut choisi, comme ces anciens, pour être le maître des fidèles et les conduire dans la droite voie du ciel.
[S. Paul tenté]. — Le saint docteur Jérôme avait trop de ressemblance avec S. Paul dans ses prédications, dans ses travaux, dans son éminente science et dans les contradictions qu'il recevait de la part du monde et du démon, pour n'être pas aussi tenté par sa propre chair, comme ce grand apôtre. Il se plaint, comme lui, d'en avoir été attaqué jusque dans le désert, nonobstant les jeûnes, les mortifications, les veilles et les rigueurs extraordinaires qu'il exerçait sur son corps. Les larmes, la prière et toutes sortes d'austérités étaient ses armes ordinaires contre ce furieux ennemi, et, couchant sur la terre nue, il couvrait ses membres d'une haire pour détourner ses terribles attaques. Le saint docteur en était tellement inquiété, qu'il s'en plaint amèrement dans quelques-unes de ses épîtres, et rapporte que ces fâcheuses tentations étaient excitées 'dans son imagination par les divers objets qull avait vus à Rome, et qui se présentaient à sa mémoire. « Hélas! mon Dieu, disait-il, combien de fois, lorsque j'étais dans cette affreuse solitude, toute brûlée par les ardeurs du soleil, croyais-je encore me trouver au milieu des délices e* des divertissements de Rome ! Je me trouvais saisi d'une tristesse et d'une amertume qui m'abattait entièrement; mes membres, tout languissants, faisaient horreur par le sac dont ils étaient couverts ; ma peau, toute brûlée, était aussinoireque celle des Ethiopiens ; je ne faisais que pleurer et gémir; je ne dormais point, et, si le sommeil m'accablait quelquefois et me fermait les yeux malgré moi et toutes mes résistances, je me jetais sur la terre, mais plutôt pour y briser mes os que pour les reposer. » Se sentant enfin, comme il le témoigne, destitué de tout secours nonobstant ses macérations et les rigueurs extraordinaires qu'il exerçait sur son corps, il allait, pour dernier remède, se jeter aux pieds du Crucifix, et, les baignant de ses larmes, il frappait sa poitrine avec un caillou, criant et soupirant le jour et la nuit après cet aimable Sauveur, qui le tirait quelquefois du fond de cet abîme, et relevait, comme
S. Paul, jusqu'au ciel, où il se trouvait parmi les chœurs des anges et dans l'assemblée des saints.
[Jésus'pénitent]. — Je sais bien que la première résolution que S. Jérôme prit de faire pénitence fut conçue dans la ville de Rome, sur les cendres des saints martyrs, sur lesquels ne pouvant verser du sang, il versait des larmes; il est vrai qu'il a continué sa pénitence dans la ville de Jérusalem et à la vue du Calvaire ; mais le véritable endroit où il la consomma fut l'étable de Bethléem, où il alla finir ses jours dans ces pénibles exercices. N'est-ce pas un glorieux avantage à cet excellent docteur de faire pénitence de ses péchés là où le Fis de Dieu naissant commença de la faire pour ceux de tout le monde ? car ce fut en posture de pénitent que le Sauveur naquit dans cette étable, où ses larmes et le premier emploi de ses feux divins fut de pleurer, les premiers usages de son cœur de soupirer ; ne pouvant encore lui-même se faire d'autre violence, il expose son corps innocent aux injures des éléments, qui lui servent de haire, de fouets et d'autres sanglants instruments. Le même autel qui servit au sacrifice du Sauveur servit à celui de cet illustre pénitent. Il pressa de ses genoux la même terre que le Sauveur avait foulée en naissant ; il arrosa de ses larmes la crèche que le Sauveur avait mouillée de ses pleurs ; il arracha de ce rocher sacré le caillou dont il frappait sa poitrine ; et le même écho qui avait répondu aux plaintes de Jésus-Christ naissant répondit aux plaintes de notre incomparable pénitent. C'eût été, assurément, un grand honneur à ce saint s'il eût fait cette pénitence lorsque le Sauveur y naquit, et s'il eût pu mêler ses larmes avec celles de son Maître, mais ce qui ne pouvait arriver de cette manière sensible arriva d'une autre, et l'on peut dire qu'à raison de cet autel commun entre le maître et le serviteur, il se fait une alliance très-glorieuse, et comme un mélange sacré de la pénitence de Jérôme avec les larmes du Fils de Dieu naissant.
[Le jugement dernier |. — Jérôme n'est pas le seul entre les saints qui ait embrassé la pénitence dans la pensée des jugements de Dieu, et qu'ils devaient un jour comparaître devant le tribunal redoutable de ce juge souverain. Les Arsène, les Hilarion,les Pacôme, frémissaient à la pensée de ce dernier Jugement. Les amis mêmes de ce juge terrible ont tremblé de frayeur. David, cet homme selon le cœur de Dieu, s'écriait : Domine, ne intres in judicium cum servo tuo ; et S. Paul, ce vase d'élection, n'a-t-il pas châtié son corps, de crainte, dit-il, qu'il ne fût réprouvé après avoir travaillé à sauver les prédestinés ; nous avons vu l'effet qu'a produit cette crainte sur l'esprit de notre saint docteur. — Après cela, comment des chrétiens charges de crimes peuvent-ils vivre dans une in-
dolente sécurité ? Sommes-nous plus innocents que les saints ? Sommesnous plus assurés, de la rémission de nos péchés ? Non assurément ; et cependant S. Jérôme, et un grand nombre d'autres, dans la crainte de ce dernier jugement, quittent le monde, renoncent à tout, s'enfoncent dans les déserts, s'ensevelissent vivants dans des grottes : et nous ne faisons rien qui marque une véritable pénitence !
APPLICATIONS DE QUELQUES PASSAGES DE L'ÉCRITURE
In medio Ecclesiœ aperuit os ejus, et implevit eum Dominus spiritu sapientiœ et intellectûs : Dieu lui a ouvert la bouche au milieu de l'Eglise, et Ta rempli de l'esprit de sagesse et d'intelligence (Eccl. xv). — Parle mot d'Eglise on n'entend point une assemblée particulière de fidèles, mais en général l'assemblée des fidèles de tous les temps, de toutes les nations et de tous les âges, qui ont suivi jusqu'à présent et qui suivront dans les temps futurs la doctrine des Apôtres et l'Evangile du Fils de Dieu tel qu'on le professe dans l'Eglise Romaine, parce que, autant de fois qu'on lit la sainte Ecriture, on y trouve les paroles que S.Jérôme dicta, ou que lui-même écrivit, lorsqu'il en fit la traduction. De sorte que c'est comme s'il ouvrait encore la bouche présentement pour les répéter, et que l'on peut dire encore à présent de lui ces paroles de l'Apôtre : Defunctus adhlic loquitur. Quant à l'esprit de sagesse et d'intelligence, il en fut rempli avec l'abondance qui paraît encore dans tous les ouvrages qu'il nous a laissés ; et non-seulement il reçut le don d'une sagesse surnaturelle, mais il eut encore celle qui s'acquiert par l'étude et par la lecture des auteurs profanes, qu'il posséda parfaitement, et dont il se servit fort à propos dans les ouvrages contre les ennemis de l'Eglise. Mais, laissant à part l'érudition séculière et la sagesse profane, je dis qu'il a joint en sa personne ce qu'il y a de plus remarquable et de plus louable, toutes les vertus d'un sage ecclésiastique et d'un parfait religieux, qui sont principalement le zèle pour le salut des âmes et l'amour de la religion, suivi de la haine des hérésies. La pauvreté, la continence, la mortification religieuse, furent ses vertus favorites et chéries : ce qui prouve que c'est avec justice que j'avance qu'il fut un parfait ecclésiastique aussi bien qu'un parfait religieux. .
Ductus est à Spiritu indesertum (Matth. iv). — Deux principaux motifs obligèrent Jérôme à se retirer dans le désert et dans une grotte. — La crainte des jugements de Dieu. Il lui semblait entendre sans cesse le bruit de cette effroyable trompette qui doit assembler un jour tous le$
hommes à la résurrection des morts : Sargite, mortui ; venite ad judiciumï Premier motif, qui, lui tenant lieu de la voix et de l'esprit de Dieu? le conduisit dans le désert : Ductus est à Spirituin desertum. « Il est bien juste, se disait-il à lui-môme, que tu te prives de la compagnie des hommes pour mériter un jour la compagnie des anges. Ne vaut-il pas mieux s'ensevelir tout vivant dans ce rocher que de t'exposer à être enseveli dans ces gouffres de feu que le souffle d'un Dieu en colère allume ? Ne vaut-il pas mieux vivre dans l'austérité des jeûnes les plus rigoureux que de souffrir la faim éternelle des damnés ? N'est-il pas raisonnable que ce corps, qui doit servir de pâture aux flammes éternelles, souffre les ardeurs cuisantes de l'été et les glaces de l'hiver ?» — Le second motif de la pénitence de ce grand saint fut la connaissance de la perfidie et de la malice de sa chair, qu'il appelait le plus dangereux de ses ennemis. Hic hostis nostcr inclusus est innobis /Nous portons, disait-il, cet ennemi au-dedans de nous-mêmes. L'avarice nous ébranle moins, l'orgueil cause moins d'enflure, l'ambition nous flatte moins que notre chair. C'est ce motif qui, comme une seconde voix de l'Esprit de Dieu, conduisit Jérôme dans la solitude : Ductus est à Spiritu in desertum.
Ducam earn in solitudinem, et loquar ad cor ejus (Osée xi). — Apprenons, par l'exemple de ce saint docteur, que c'est dans la solitude que Dieu parle au cœur de ceux qui l'écoutent. Apprenons de lui que le moyen d'être bien occupé c'est de ne l'être pas tant que nous le sommes. Apprenons de lui qu'il faut mourir à toutes les occupations de la vanité, si nous voulons être capables des emplois de l'éternité. N'est-ce pas une science que S. Jérôme nous enseigne, de prendre des heures de repos par la cessation des affaires temporelles, afin de vaquer à celles du ciel ? Imaginons-nous que Dieu crie à l'oreille de nos cœurs : Fuyez, cachezvous, gardez le silence : c'est dans la solitude et dans la retraite que mon serviteur Jérôme s'est sanctifié et qu'il a conservé l'innocence de son cœur : c'est par ce moyen que vous réparerez les brèches faites à la vôtre. Je ne me trouve point dans le trouble ni dans le tumulte : Non in commotione Dominus. C'est dans le secret que je parle avec ouverture de cœur à mes épouses : Ducam eam in solitudinem, et loquar ad cor ejus. — Joignons, aux instructions que nous donne S. Jérôme sur la retraite* celles que nous donne un philosophe païen, qui dit ce qu'il a si souvent éprouvé, et que vous ressentez souvent vous-mêmes si vous voulez le confesser de bonne foi : « Je n'ai presque jamais été parmi les hommes que je n'en sois retourné moins homme : Quotiès inter homines fui, minor homo rèdii. » Les plaies que l'on reçoit clans le monde sont si grandes et si profondes, qu'il n'y a qu'une solitude entière, jointe à une mortification de tous les sens, qui les puisse guérir. Combien de temps S. Jérôme n'a-t-il pas gémi sous ces images fâcheuses qui étaient entrées dans son esprit malgré lui 1 Comment est-ce qu'il les a effacées? pat? les larmes,
par les gémissements, par la solitude. Usez des mêmes remèdes si vous voulez parfaitement guérir.
Quid exîstis in desertum vider e (Luc. vu). — Vous y trouverez celui qui a passé ses premières années dans les plus florissantes académies de l'univers ; qui a été reçu avec respect dans les conciles, qui a traité familièrement avec les souverains pontifes, confiné dans une solitude profonde, n'ayant d'autre compagnie que les serpents, les scorpions et les bêtes sauvages. Vous ne trouverez pas un homme mollement vêtu, mais un pénitent qui n'est vêtu que d'un sac, un pénitent qui a la peau toute hâlée et desséchée des ardeurs du soleil, comme celle d'un Ethiopien : Horrebant sacco membra deforrnia ; et squalida cutis situm JEthiopicœ carnis obduxerat. Sa nourriture était si modique, que l'on pouvait dire de lui, comme de S. Jean-Baptiste, qu'il ne buvait ni ne mangeait, puisqu'il eût cru commettre un excès s'il eût mangé quelque chose de cuit. Ne dit-il pas qu'il passait les semaines entières sans rien prendre ? Repugnantem carnem hebdomadariâ inediâ subjugabam. Aussi ce saint docteur paraissait-il moins un homme qu'un squelette animé. Son visage était exténué, ses yeux enfoncés par l'abondance de ses larmes ; son corps se soutenait à peine. Tout son extérieur nous prêche la pénitence, et nous dit que nous trouverons dans le désert notre condamnation ou notre modèle. — Donnez-nous, Seigneur, la grâce d'entendre jusqu'au fond du cœur cette voix puissante de S. Jérôme, qui, par ses exemples et par ses paroles, crie dans ce désert : Faites pénitence ! Ne permettez pas qu'un si grand exemple demeure sans effet ; mais faites-nous en recueillir les fruits par la fuite du monde et de tout ce qui ressent le monde.
Tentatus per omnia absque peccato (Hebr. iv). — Jérôme, cruellement tenté, regardait sa cellule comme un témoin de ses pensées. « J'avais horreur de ma cellule, dit-il, comme si elle eût connu mes tentations, et j'allais, tout irrité contre moi-même, m'enfoncer dans les déserts les plus sombres. Si je voyais quelque roche affreuse, quelque caverne obscure, quelque montagne escarpée, c'était le lieu que je choisissais pour y offrir à Dieu mes prières et pour y faire retentir mes gémissements. » Quel fut le succès de ce grand combat? Est-ce que Dieu ne proportionne pas ses consolations aux douleurs que ses serviteurs ont essuyées ? — « Enfin, dit-il, Dieu, qui écoutait mes prières et mes larmes, après avoir vu longtemps mes yeux attachés sur lui, me mettait dans une telle disposition, qu'il me semblait tout d'un coup que j'étais dans la compagnie des anges, et que, dans des transports de joie, je m'écriais : Je courrai après vous pour vous suivre, Seigneur, à U odeur de vos parfums. »
Adorabirnus in loco ubi steterunt pedes ejus : Nous adorerons au lieu où il a posé ses pieds (Ps. 131). — S. Jérôme, irrésolu s'il demeurerait à
Rome ou s'il habiterait les saints lieux que le Sauveur du monde a sanctifiés par ses démarches, se détermina à ces derniers. Il est vrai que la sainteté de la ville de Rome, les pieux restes des deux princes des apôtres, les victoires que tant de martyrs avaient remportées dans une terre arrosée de leur sang, l'attirait dans cette capitale qui est le centre de la foi. Mais comment, disait-il, mener une vie solitaire parmi un si grand concours de peuples ? Comment conserver la tranquillité dans le tumulte d'une ville où il semble que le démon veuille établir son règne par la corruption des mœurs pour s'opposera Jésus-Christ, qui y a établi son règne par la pureté de la foi ? Il conclut donc de choisir les saints lieux, qui avaient été honorés de la présence du Sauveur du monde. — Que l'on est heureux quand on sait choisir entre les sociétés celles sur qui Dieu verse plus abondamment ses grâces et ses bénédictions ! Que l'on est prudent quand on se retire dans ces lieux que Dieu favorise davantage de ses regards ! C'est pour ces personnes, Seigneur, que vous réservez des pluies salutaires, parce qu'elles cherchent à adorer les vestiges de vos pieds : Adorabimus in loco ubi steterunt pedes ejus.
Initium sapientiœ timor Domini. . . Intellectus bonus omnibus facientibus eum (Ps. 118). — S. Jérôme a excellé en ce point. Il avait toujours devant les yeux le jugement dernier, et le son de cette redoutable trompette qui doit réveiller les morts retentissait sans cesse à ses oreilles. Il assure lui-même qu'il s'était enfermé dans sa solitude comme dans sa prison, par la crainte qu'il avait de l'enfer : Tali me carcere damnaveram ob gehennœ metum (Epist. ad Eustoch.). Il ne s'en faut pas étonner : il avait été appelé au jugement de Dieu, et sévèrement puni, pour s'être trop attaché aux sciences profanes ; il en portait même les marques imprimées sur son corps, mais elles étaient encore mieux gravées sur son cœur. — Si les pécheurs pensaient sérieusement avec quelle rigueur le monde doit être jugé, ils ne se dissiperaient pas, comme ils font, dans la recherche des vanités du siècle : Si mente cernèrent hommes peccatores quale judicium imminet mundo, sensus humanus non dispergeretur vanitate seculari (Ambros. ad Virg. laps.) Car rien ne nous préserve si bien du péché que la crainte du supplice. Pensez souvent aux dernières fins de l'homme; les méditer et les appréhender avec une vive foi, c'est renoncer à tous les plaisirs déréglés de la chair et du monde, et faire un éternel divorce avec le vice. Notre malheur est, dit S. Cyprien, que personne n'y fait attention ; personne ne considère les tourments éternels préparés aux méchants. Si nous étions bien persuadés, nous ferions tous les efforts possibles, par une sainte vie et par nos bonnes mœurs, pour les éviter.
Dédit illi scientiam sanctorum (Sapient. x). — La science des saints consiste dans l'intelligence des saintes Ecritures, parce qu'elles con-
tiennent tout ce qui est nécessaire pour le salut. S. Jérôme a été incomparable en ce point. Il a éclaté comme un soleil depuis l'Orient jusqu'à l'occident, dit S. Augustin, et cette grande connaissance qu'il avait des saintes lettres lui a acquis la haine de tous les hérétiques de son temps, l'amour de tous les fidèles, l'admiration de tous les savants ; mais elle ne lui a pas donné un seul mouvement de vanité. Il ne recherchait point les louanges des hommes, il ne craignait point leurs mépris. Il ne cherchait que Jésus- Christ ; et, comme il n'y a pas une parole dans l'Ecriture sous laquelle il ne soit caché, il la méditait jour et nuit pour le trouver, et faisait gloire d'apprendre toujours quelque chose de nouveau, jusqu'à son extrême vieillesse, sur un si excellent sujet. — Tâchons de l'imiter dans cet emploi. Lisons souvent les Ecritures, ou plutôt ayons toujours les livres sacrés dans nos mains; ne les quittons jamais : c'est là le moyen d'acquérir la science des saints : Dédit Mi scientiam sanctorum,
§ IV
Passages et pensées des SS. Pères.