‹ La bibliothèque des prédicateursChapitre 48 sur 59 · TEMPLES · texte numérisé non relu

TEMPLES

Modestie et Respect qu'on y doit garder Dédicaces des Églises, etc.

La profanation des lieux saints , et le peu de respect que la plupart des chrétiens portent à la divine Majesté dans les églises, est un péché si ordinaire, et en même temps si énorme, que les prédicateurs ne sauraient marquer assez de zèle pour abolir une coutume si détestable . L'Ecriture, les SS. Pères et tous les livres spirituels, sont pleins d'invectives contre cette profanation, et d'exhortations pour garder la modestie, le respect et l'attention aux saints mystères qui se célèbrent dans les temples. C'est pourquoi nous ne serons pas en peine de trouver des matériaux siir ce sujet, et tout notre soin sera d'en faire le choix.

Premièrement : 77 faut remarquer que, comme on doit joindre dans le même discours le respect qui est dû ci des lieux si vénérables avec la profanation qu'on en fait et les crimes qui s'y commettent, nous avons taché de réunir tout ce que nous avons de plus fort, pour porter les chrétiens au culte et à la dévotion qu'ils y doivent faire paraître, et pour donner de l'horreur des abus qu'on y voit.

Secondement : Comme, dans les dédicaces qu'on fait des églises et dans les fêtes où l'on rappelle la mémoire de cette auguste cérémonie, on n'omet guère de parler du respect qu'on doit observer ensuite dans ces temples consacrés.

nous ne séparerons point ces deux sujets, qui renferment la même instruction.

Troisièmement : II y a une chose à quoi l'on doit bien //rendre garde : c'est que, dans les peintures qu'on fera des désordres qui se commettrai dans les églises, et dans le détail de ce qui s'// passe durant nos plus saints mystères, on ne doit désigner aucune personne par des caractères si bien marqués, qu'on

ne paisse les appliquer à d'autres, de crainte que en déclamant contre un scandale public, on ne scandalise quelqu'un en particulier.

Desseins et Plans.

I. — Cum vider it'ts abominationem désolai ionis slanlem in loco sanclo, ( Matth. xxiv. ) — On l'a vue, cette abomination désolante, dans la destruction et la profanation du temple auguste de Jérusalem, et on la voit encore tous les jours dans les abominations qui se commettent dans les Eglises, qui sont le lieu saint, où, entre les mystères qui s'y célèbrent, on offre tous les jours le sacrifice adorable du corps et du sang d'un Dieu : de manière que l'on ne peut en relever davantage la dignité que de dire que c'est le lieu saint, où Ton offre tous les jours un sacrifice au Dieu du ciel et de la terre.

Or, il y a dans la religion chrétienne trois sortes de sacrifices, qui ont du rapport à ceux que l'on offrait autrefois dans l'ancienne loi. — Le premier est un sacrifice de louange, par lequel on rend à Dieu l'honneur qui lui est dû. — Le second un sacrifice de propitiation, par lequel on obtenait la rémission de ses péchés, ce qu'on peut appeler aujourd'hui un sacrifice de pénitence. — Le troisième un sacrifice d'impetration, qu'on offrait pour obtenir de Dieu quelque faveur. Or, les Eglises sont le lieu où s'offrent aujourd'hui ces trois sacrifices, ou du moins celui qui les comprend tous, qui est le sacrifice adorable de l'autel. Mais ce qui est déplorable, c'est que la plupart des chrétiens en font l'abomination de la désolation par les profanations qu'ils y commettent. C'est ce que nous verrons dans les trois parties de ce discours.

1°. — L'Eglise est le lieu où l'on offre un sacrifice de louange au Seigneur, et où on l'honore par le plus parfait holocauste qui fut jamais. Il n'était pas permis, dans l'ancienne loi, d'offrir à Dieu des sacrifices en

542 ÉGLISES iMATÉRIELLES.

toutes sortes de lieu ; et, quoique tout ce grand monde soit comme le temple de Dieu, il avait cependant choisi un lieu particulier, qu'il regardait comme sa maison et son temple, où il donnait des signes pins visibles de sa présence. Or, le lieu qu'il choisit maintenant, ce sont nos temples. C'est où il est présent, non- seulement par son immensité, mais par la présence réelle de son corps. Mais voyez l'abomination qui s'y commet, puisque la plupart des chrétiens, au lieu d'y venir reconnaître la grandeur du Seigneur, y viennent pour faire reconnaître la leur propre. Voyez comme on y vient en carrosse, avec pompe, avec un cortège magnifique de laquais ; comme on porte des mai'ques de distinction par des livrées et des habits somptueux: comme on y affecte des rangs et des préséances. N'y vient-on pas souvent plutôt pour y recevoir des honneurs que pour en rendre à Dieu ? Voyez avec quel appareil les dames y viennent, et avec quels ornements, au lieu de s'humilier devant la majesté divine, parce que ce n'est que par nos abaissements que nous reconnaissons la grandeur de Dieu. Faut-il que je sois obligé de vous mettre ici devant les yeux l'exemple des païens, et des idolâtres, pour vous apprendre le respect que l'on doit à la divine majesté? Avec quel respect ces idolâtres se tenaient-ils dans les temples de leurs fausses divinités ? Ah! si quelqu'un de ces infidèles à qui on annonce la foi entrait dans nos Eglises, et qu'après avoir admiré la sainteté de la morale chrétienne, il vît comment nous traitons Celui qui en est l'auteur, et les indécences que nous commettons dans nos .temples, ne s'écrierait-il pas : « Ces chrétiens se moquent de nous ? ils ne croient rien de ce qu'ils disent : il ne faut que voir leurs actions et la manière dont ils honorent celui qu'ils nous prêchent. » Ah ! faisons réflexion aux honneurs que lui rendent les Anges, ei comme les séraphins se couvrent le visage de leurs ailes, etc.

2° C'est le lieu où l'on offre à Dieu un sacrifice de propitiation , qui n'est autre que celui de nos autels , et qui est le même que celui de la croix, dont il contient la vertu* et qui nous en applique le mérite. D'où vient que l'on y doit assister avec le même respect et pénétré des mêmes sentiments de douleur, puisque nous venons dans le temple pour lui demander pardon et pour lui offrir cette même victime de propitiation. Mais hélas! avec quelle immodestie y assistons-nous? On y vient pour voir, pour être vu, on y fait paraître des nudités scandaleuses! .L'oserai-je dire ! corruption et désordre de notre siècle, à quoi me réduisez-vous ! on y porte des yeux pleins d'adultère ; on jette des regards de tous côtés et sur tous les objets, et, en un mot, au lieu d'y venir expier nos péchés, nous en commettons de nouveaux et de plus grands.

3°. C'est là que l'on offre un sacrifice d'impétration, que l'on vient demander des grâces à Dieu; car l'église est un lieu de prière et d'oraison: Domus mea domus orationis. Or, dans ce lieu destiné à ce ministère, avec quelle attention et quel respect s'y tient-on? Combien d'évagations d'esprit! A quoi pense-t-on ? etc.

PARAG&AVHfl PREMIER. 543

II. — i°. C'est la piété qui nous doit faire venir à l'église pour y adorer le Soigneur, et pour y rendre nos devoirs au souverain du ciel et de la terre: il faut donc y venir avec une pure intention, etnon par coutume, par curiosité, pour y voir ou pour s'y montrer.

2°. Quand nous y sommes entrés, nous devons nous y tenir avec respect, avec révérence et avec modestie, comme des courtisans qui viennent faire leur cour à leur roi ; avec crainte, comme des criminels qui sont venus demander miséricorde ; avec humilité , comme des gens qui demandent des grâces et des faveurs.

3°. Il en faut sortir avec une nouvelle ferveur de dévotion , qu'on ne peut manquer de puiser au pied des autels; avec de nouveaux sentiments de piété; avec l'instruction que nous y avons reçue par la parole de Dieu; avec une ferme résolution de vivre plus saintement: car c'est le fruit que nous devons remporter chez nous.

III. — 1°. L'indécence et l'immodestie dans les églises est un crime plus grand qu'on ne s*imagine. C'estmanquer de respect envers la Majesté divine ; c'est l'offenser dans sa propre maison ; c'est l'outrager dans le lieu même destiné pour l'honorer, etc.

2°. C'est un crime scandaleux, qui donne occasion aux hérétiques et aux infidèles de juger que nous ne sommes pas persuadés de la vérité des saints mystères que nous leur prêchons ; qui donne occasion aux libertins de se confirmer dans leur libertinage, et de railler nos plus saints mystère.? , auxquels ils voient que nous portons si peu de respect; qui donne mauvaise édification aux gens de bien, qui sont détournés de leurs dévotions et de l'attention qu'ils apporteraient à ce qui se passe dans un lieu si saint.

IV. — 1°. Nos églises sont saintes , parce qu'elles sont destinées au culte de Dieu. Elles sont saintes par le sacrifice qu'on y offre du corps adorable du Fils de Dieu, parla présence de ce même corps qu'on y conserve jour et nuit.

2°. C'est le lieu où les chrétiens doivent se sanctifier, parce que c'est là qu'ils reçoivent les sacrements, là qu'ils entendent la parole de Dieu, là qu'ils assistent au sacrifice de la Messe, là qu'ils reçoivent des grâces particulières du ciel.

V. — Trois raisons, particulièrement, rendent nos églises dignes d'une singulière vénération, que nous devons marquer par notre piété et notre dévotion.

1°. Elles sont la demeure du Père éternel , qui y habile par la présence de sa majesté, d'une manière encore plus particulière qu'elle ne parut dans le temple de Salomon.

2°. Elles sont le temple de Jésus-Christ, qui est tout ensemble prêtre cl victime, et qui y demeure par la présence réelle.

3°. Elles sont le sanctuaire du Saint-Esprit, qui y répand ses grâces et ses dons plus abondamment que partout ailleurs.

VI. — Dieu est dans nos églises d*une manière toute particulière : c'est une vérité dont nul chrétien ne peut douter : mais ce à quoi ils doivent bien faire réflexion, c'est qu'il y est:

1°. En qualité de Souverain, qui en fait sa maison, son palais et son trône: ce qui nous oblige à nous y tenir avec tout le respect possible, comme fontles courtisans dans les palais des princes, où les moindres indécences ne seraient pas impunies.

2°. En qualité de Juge, qui condamne ou qui absout, qui fait miséricorde ou qui punit, selon la manière dont nous nous comportons.

3°. En qualité de Père, qui nous y donne des marques de son amour et de ses tendresses, par les bienfaits qu'il nous accorde, mais où nous devons lui donner des preuves de notre respect, de notre amour et de nu.; devoirs.

VII. — Je trouve que les trois objets des plus tendres complaisances de Dieu sont les églises consacrées à son culte, les mystères qu'on y célèbre en son honneur, et les âmes qui viennent s'y sanctifier. Or, Dieu est jaloux de la sainteté de ses maisons, de la vénération due à ses mystères, et de la sanctification des âmes fidèles. Cependant, je veux vous faire voir que les irrévérences scandaleuses des libertins dans nos églises l'attaquent en ces trois objets qu'il chérit le plus.

1°. Elles déshonorent la sainteté des maisons qu'il a choisies pour son culte.

2°. Elles violent le respect dû à la grandeur des mystères qn'on y célèbre.

3°. Elles mettent obstacle à la sanctification des âmes.

VIII. — i°. Nos églises sont le lieu que Dieu a choisi pour y être honoré et glorifié par ses créatures : et c'est là qu'ordinairement il reçoit de plus grands mépris de la part des chrétiens , par les profanations qu'ils a- commettent.

2°. C'est le lieu où nous recevons le plus de grâces et de faveurs de co Dieu libéral et magnifique, qui a coutume d'en faire une profusion à ceux qui les lui demandent : et c'est là qu'ils lui témoignent plus d'ingratitude, par le refus ou par l'abus qu'ils en font.

.'}". C'est là ([uo Dieu nous donne des marques plus sensibles de son amour et de sa bonté, et c'est là qu'une infinité de chrétiens l'outragent plus cruellement et plus impunément par les crimes qu'ils y commettent.

IX. — Nous devons avoir du respect et de la révérence pour les églises et nous y comporter avec modestie et édification.

1°. — Parce que c'est la maison de Dieu : car, quoique tout ce grand monde soit comme son temple, et que tous les lieux lui appartiennent, il est néanmoins constant qu'il a choisi nos églises pour sa demeure plus particulière.

2°. Parce qu'elles sont des maisons de prière: Domus mea dora us orationis vocabitur. Il faut y assister .avec humilité et recueillement intérieur et extérieur, et quelle indignité que d'y paraître avec un esprit dissipé et en des postures indécentes.

o°. C'est le lieu où Dieu nous fait des grâces et des faveurs à proportion de la dévotion que nous y apportons.

X. — 1°. On vient à l'Eglise pour donner à Dieu: car c'est pour lui rendre nos hommages et notre culte. Avec quels sentiments de respect et de dévotion ne devons-nous donc point nous tenir en présence de ce Dieu de majesté.

2°. On y vient pour recevoir de lui des grâces, le pardon de nos péchés et les grâces que nous lui demandons. Quelles dispositions ne devonsnous donc point y apporter pour nous en rendre dignes?

XI. — Sujet d'un sermon pour la dédicace d'une église. (Pris de Fié' chier, Panégyriques.)

1°. La sainteté qu'acquiert une église par sa consécration extérieure, qui la rend la maison propre de Dieu , et uniquement destinée à son culte.

2°. La sainteté que nous y devons acquérir par une consécration intérieure de nos âmes.

XII. — Je trouve, dans i'Ecritare- Sainte, que Dieu a pris particulier t. m. 35

rement trois qualités qui ont porté les hommes à lui bâtir des temples , et qui ensuite exigent de nous tous les respects dont une créature est capable.

La première est celle de Monarque et de Souverain, qui fait de nos égli" ses comme son palais et le lieu qu'il remplit d'une^manière toute singulière.

La seconde est celle de Prêtre qu'a prise le Sauveur : et c'est en cette qualité qu'il a choisi nos églises, pour le lieu du sacrifice dont il est luimôme la victime.

La troisième est la qualité de Protecteur et de Défenseur de son peuple : ce qui l'a porté à établir ces temples comme autant d'asiles et de lieux de refuge contre sa propre justice, mais où il est bien juste qu'il soitaussi luimême à couvert de nos outrages.

XIII. — Pour la Dédicace d'une église, on peut prendre pour sujet ces paroles : Terribilis est locus istc : non est hic aliud nisi domusDFA et porta cœli. (Gen. xxviii.)

1°. Ces temples, consacrés et dédiés à la majesté divine, sont pour les uns un tribunal terrible, où il condamne et punit, souvent même dès cette vie : l'insolence de ceux qui profanent ce saint lieu par leur immodestie et par les crimes qu'ils y commettent en sa présence.

2°. Ces mêmes églises sont des lieux aimables, puisqu'ils sont pour nous un asile de miséricorde, et nous donnent entrée dans le ciel, par les grùces que nous y recevons quand nous y venons avec de véritables sentiments de dévotion.

XIV. — Sur la même cérémonie d'une Dédicace. — Il faut élever nos esprits, et de cette consécration extérieure de nos églises les porter à la considération d'une autre plus sainte et plus parfaite , qui se fait de notre àme, laquelle, comme parle S. Paul, est le temple du Dieu vivant. Pour cela, je remarque que la sainteté propre de tout ce qui est destiné au culte de Dieu consiste en deux choses, qui feront le partage de ce discours.

La première est réloignement et la séparation de tout usage commun : ce que signifie le nom même de sainteté.

La seconde, une application et une destination à des usages entièrement saints.

XV. — Tous les lieux étant d'eux-mêmes indifférents, ils tirent leur dignité et leur excellence des usages auxquels ils sont destinés par le

choix et la volonté de ceux h, qui il appartient d'en faire L'application. Or, nos églises sont destinées à trois usages, qui les rendent saintes ei ve tables :

i". Pour rendre nos devoir.-; et nos hominagesà la divine Majesté qui s'y rend présonte.

2". Pour y traiter de l'affaire la plus importante que nous ayons au monde, qui est celle de notre salut.

3°. Pour y célébrer les plus saints mystères do notre religion.

XVI. — 1°. C'est dans les églises que les chrétiens doivent donner de plus grandes preuves de leur religion. Les raisons en sont claires et convaincantes.

2°. C'est cependant dans les églises que les détiens en donnent le moins, et où, au contraire, ils font le plus paraître d impiété.

XVII. — 1°. Il n'est rien de plus saint que nos églises, pour leur consécration et leur dédicace; pour les mystères qui s'y célèbrent et auxquels elles sont destinées, les sacrements, les sacrifices, les louanges de Dieu qu'on y chante, les grâces et les faveurs qu'on y reçoit, la parole de Dieu qu'on y entend, le pardon de nos péchés qu'on y obtient, etc.

2°. Il n'est rien de plus impunément ni de plus indignement profané, par les immodesties qu'on y voit, par les discours qu'on y tient, par les crimes même qu'on y commet.

XVIII. — Sur la Dédicace des églises, on peut faire voir que la dédicace des temples est l'image de la dédicace de nos âmes, qui sont le temple du Saint-Esprit : et cela par l'application de tout ce que l'on pratique dans cette cérémonie.

1°. La consécration nous avertit de quelle manière nous devons être consacrés à Dieu.

2°. Les mystères qui se célèbrent dans les églises consacrées sont des moyens de nous sanctifier , et de répondre à l'honneur que nous avons d'être consacrés à Dieu par le baptême et les autres sacrements.

Les Sources.

[les SS. Pères.] — S. Augustin, Serm. 257 de Tempore, montre qu'il faut prendre plus de soin d'orner le temple intérieur de notre âme que les temples extérieurs. — Tract. 10, in Joann. , il laisse à juger, par ce que le Sauveur a fait contre les profanateurs du temple de Salomon, de ce qu'il aurait fait contre ceux qui profanent si indignement nos églises. — Sermon 256 sur une^édicace : à quel usage les temples sont destinés. — Il a, en outre, fait plusieurs sermon? sur la dédicace des temples.

S. Jérôme , Epist. 4-8 {ad Sabinianum) , invective de toute la force de son éloquence contre cet impie sacrilège qui avait eu la hardiesse de commettre une action même dans la grotte de Bethléem , où le Fils d'une vierge avait pris naissance.

Salvien, ni de Gubernat. Dei. s'élève aussi fortement contre les profanations qui se commettent dans les temples.

S. Basile. Homil. 5, inps. 28, expliquant ces paroles, In Templo ejus omnes dicent gloricnn, montre que dans les églises on doit s'abstenir de tout vain discours.

S. Chrysostôme , Homil. 33 in Matth. : que la demeure dans les temples est préférable à toutes les autres demeures du monde. — Homél. 13 in Marcum, expliquant ces paroles, Dbmus mca dormis orationis rocabiiur : combien nous devrait être sensible la profanation de nos églises.

— Homil. 7 '4 in Matth. : impudence des libertins, qui dans les églises jettent les yeux sur toutes sortes d'objets. — Homil. 24 in Matth. : énormité du crime que l'on commet en profanant les églises par les indécences et les immodesties : ce qui mérite que Dieu en tire une sévère punition.

— Homil. 30 sur la lre aux Corinth., il montre par un long détail, que l'on fait dans les églises tout ce que l'on fait dans les maisons profanes.

— Homil. 9 in i Tirn. : il blâme la liberté que se donnent les femmes de parler et de s'entretenir dans les églises, — Serm. i ex variis : contre ceux qui manquent de respect pendant qu'on célèbre les saints mystères.

Le même, sermon sur l'Oraison : du silence et du respect qu'on doit garder dans les églises. — Homil. 33 in Matth. : avec quelle ferveur de dévotion on doit venir à l'église et y demeurer.

S. Bernard, libro cui titulus Doctrina Bcmardi, montre avec quelle attention et quels sentiments de piété on doit entrer dans l'église. — Serm. 6 de Dedicattvne Ecclesiœ , sur ces paroles de Jacob, Quàm ferribilis

est locusiste: combien ce Heu est terrible en effet, el digne qu'on s'y lionne avec tout le respect imaginable. —Méditations chap.0 el 8, il traite plus arapleraenl lo même sujet.

S. Bonaventure, sermon 4 sur la Dédicace, apporte plusieurs rai pourquoi l'Eglise est appelée maison d'oraison.

Hugo Cardin., in cap. 4 Jounnis, pend raison pourquoi les églises sonl plus propres à la prière que tout autre lieu.

[les Lirres Spirituels çt antres.] — Le P. Suffren , Année chrétienne.

Le P. Nepveu, Ht'- Ile. dons chrétiennes. Le P. Croiset, Réflexions chrétiennes.

Theophilus Renaudus, De attributis Chrisli, sect. 4, cap. 4. Cresolius, Mystagogus, part. 2, lib. 3, De prtecipuis templi functionibus.

[Les Prédicateurs.] — Le P. de Lingendes, Feria^Jlominieœ 4 in quadragesimâ.

Le P. Caussin, dans un Avent intitulé le Buisson ardent.

Le P. Lejeune, de l'Oratoire, 10e tome de ses Sermons.

Lanusa, in quadrag., homil, 28, §9.

Matthias Faber, Domin. i post Epiph.

Henricus Angelgrave, domin. 9 post Pont.

Le P. Texier, 4e lundi de Carême. — Dédicace.

Biroat, 4e lundi de Carême.

Joly, Dédicace.

Essais de Sermons, de Bretteville : trois discours de suiie sur le respect des Temples, 4e lundi de Carême.

Le P. Duneau, 4e lundi de Carême.

Discours chrétiens, 9e dimanche apy. la Pentec.

Fléchier, Panégyriques, sermon sur la Dédicace.

Maimbourg, 4e lundi de Carême.

La Volpillière, Sermons.

Monmorel, 9e dimanche apr. lafPentec.

La Font, 24e dimanche après la Pentec.

Le P. de la Colombière, Réflexions chrétiennes.

Le P. Hyacinthe Lefèvre , religieux récollet, 1er mardi de Carême.

Le P. de la Pesse, Sermons.

[Recueils.}— Labatha, )

Lohner, 1ltu]n Templum.

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

Verè Dominas est in loco isto, et ego nesciebàm. Gènes, xxviii, 16.

Terribilis est locus iste : non est hic ahud nisi domus Dei et porta coeh. Lbid.

Solve calccamentum d^^dibus tuis : locus enim in guo sias terra sWff' est. Exodim, 5.

Pave'e ad saneluarium meum. Levit.

xxvi, 2.

Non est alla natio tant grandis, quœ habeat deos appropinquantes sibi, sicut Deus noster adest. Douter, iv.

Si eœlum et co?',i crlorum te capere non possunt, quanta mag'is domus hœc quàm œdificavi! III Regum vin, 27.

Sanctificavi domum hane quant œdificûstt, ut portèrent nomen meum ibi in sempiternum; et erunt oculi met et cor meum ibi cunctis diebus. III Reg. ix, 3.

Oculi mei erunt aperti et aures erectœ ad orationem ejus qui in loco isto oraveHt.

II Paralip. vu, 15.

Ma j estas Domiui implevit totam domum.

Ibid.

Sint oculi aperti super domum hanc nocte ac die, super domum de quel dixisti : Erit nomen meum ibi, ut exaudias orationem quam oral in loco isto ad te servit» tuas.

III Reg. vin, 29.

Elegi et sanctificavi locum istum, ut permaneant oculi mei et cor meum ibi cunctis diebus. II Parai, vu, 16.

Cave ne o /feras holocausla tua in omni loco quem vidais, sed in eo quem elegerit Dominus. Deutcr. xn, 14.

Introibo in domum tuam , adorabo ad templum sanction tuum in timoré tuo. Ps. o.

Adorât» Dominum in atrio sancto ejus.

Ps. 28 et 95.

Unam petit à Domino, hanc requiram : ut inhabitem in domp Domini omnibus

Le Seigneur est vraiment en celicu-ci, el je ne le savais pas.

f Que ce lieu est terrible! c'est véritablement la maison de Dieu et la porte du ciel. / Olez les souliers de vos pieds, parce que le lieu où vous êtes est une terre sainte. * Tremblez devant mon sanctuaire.

I II n'y a point d'outre nation, si pui. qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle que notre Dieu est proche de nous.

Si les cieux et le ciel des cieux ne vous peuvent renfermer, combien auÂtii maison que je vous ai bâtie !

J'ai sanctifié cette maison que vous m'aviez bâtie pour y établir mon nom à jamais, et mes yeux et mon cœur y seront toujours attentifs.

Mes yeux seront ouverts et mes oreilles attentives à la prière de celui qui m'invoquera en ce lieu.

La majesté de Dieu remplit toute la maison.

I Que vos yeux soient ouverts jour et nuit sur celte maison , de laquelle vous avez dit : C'est là que sera mon nom, afin que vous exauciez la prière que votre serviteur vous offre en ce lieu.

\ J'ai choisi ce lieu et je l'ai sanctifié, afin que mon nom y soit à jamais, et que mes yeux et mon cœur y demeurent toujours attachés.

Prenez garde d'offrir vos holocaustes en tous les lieux que vous verrez, ; offrez-les dans celui que le Seigneur aura choisi.

J'entrerai dans votre maison, et, rempli de crainte, je vous adorerai dans votre saint temple.

Adorez le Seigneur à l'entrée de son tabernacle.

J'ai demandé au Seigneur une seule chose, et je la rechercherai uniquement • c'est d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de nn ■

Domine, dtiexi decorem domûa tua tl hcum habitalionis gloriœ tua. Pb« 2."..

Suscepimus, Domine, miqericordiam tuam in medio templi tui. Ps. 47.

Introibo in domum tuam in holocauslis ; reddam I bi vota mea quai distinxerunt laiiin mea. Ps. 65.

ttep/ebimitr in bonis domus Iviv : sanctum

est lemplum tuum. Ps. 64.

Q{ i'nn dilecta tabernacula tua, Domine virtutuml Concupiscit et déficit anima mea in atria Domini. Ps. 8;!.

Beati qui habitant in dofno tua, Domine. [bid.

Incenderunt igni sanctuarium tuum, polluerunt (abemaculum nominis tui, Ps. 73.

Quanta malignatus est inimicus meus in sanc'o! Ibid.

Nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum? Ps. 113.

Zelus domûs tuœ comedit me. P.s. 08.

Introibimus in tabernaculum ejus, adorabimusin loco ubi steterunt pedes ejus. Ps. 131.

Custodi pedem tuum ingrediens domum Dei. Ecclcs. iv, 17.

Domum tuum decet sanctitudo, in langiiudine dierum. Ps. 92.

In terra sanctorum iniqua gessit, et non videbit gloriam Domini. Isaiœ xxvi, 10.

Adducam eos in montera sanctum meum et lœtificabo eos in domo orationis meœ. ld. lvi, 7.

Holocausta eorum et victimœ eorum placebunt mihi super altari meo, quia domus mea domus orationis vocabitur cunctis po- ■pulis. Id. Ibid.

Quid est qubd dilectus meus in domo meù feeit seelera multa? Jerera. x\, 15.

Vide abominu.iiones pessimas quas isti faciunt hic. Ezech. vin, 9.

Hoc fecerunt mihi, polluerunt sanctuarium meum. Ezcch. xxm, 30.

Dominus in templo sanclo suo. Habacuc. ii, 20.

Domus mea déserta est, et vos festinàstis unusquisque in domum suant. Aggeei i, 9.

Impiebo domum islam gloriù. Aggôsi n, 8. Faciunt abominationès magnas, ut procul reeedam à sanctuarto meo. Ezcch. vni, C.

Domus mea domus orationis vocabitur :

et vos fecistis eam spétencum latronum Matth. xxi et Luc. xxi.

Seigneur, j'ai aimé uniquement la beauté de votre maison et Le lieu où habite vôtre gloire.

Non.; avoue reçu, Seigneur, votre miséricorde au milieu d(! votre temple.

J'entrerai dans votre maison, où je vous offrirai des holocaustes ; je m'acquitterai envers vous des vœux que mes lèvres ont proférés.

Nous serons remplis des biens de voire maison; votre temple est saint.

Seigneur, que vos tabernacles sont aimables! Mon âme se consume du désir d'habiter dans la maison du Seigneur.

Heureux ceux qui demeurent dans votre maison, Seigneur!

Ils ont mis le feu à votre sanctuaire et l'ont brûlé ; ils ont souillé sur la terre le tabernacle de votre saint nom.

Combien l'ennemi a-t-il commis de méchancetés dans le sanctuaire ?

De peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

Le zèle de la gloire de votre maison m'a dévoré.

Nous entrerons dans son tabernacle, nous l'adorerons dans le lieu où il a posé ses pieds.

Considérez où vous mettez le pied, lorsque vous entrez dans la maison du Seigneur.

La sainteté doit être l'ornement de votre maison dans toute la suite des siècles.

Il a fait des actions injustes dans la maison des saints ; il ne verra point la gloire du Seigneur.

Je les ferai venir sur ma montagne sainte ; je les remplirai de joie dans la maison consacrée à me prier.

Les holocaustes et les victimes qu'ils m'offrent sur mon autel me seront agréables, parce que ma maison sera appelée la maison de prière pour tous les peuples.

D'où vient que mon bien-aimé a commis tant de crimes dans ma maison ?

Voyez les grandes abominations que la maison d'Israël fait en ce lieu.

Ils m'ont fait cet outrage, ils ont violé en ce jour-là mon sanctuaire.

Le Seigneur est dans son saint temple.

Ma maison est déserte, pendant que chacun de vous ne s'empresse que pour la sienne.

Je remplirai de gloire cette maison.

Ils commettent toutes ces abominations pour m' obliger à me retirer de mon sanctuaire.

Ma maison sera appelée la mai on d prière : et vous eu avez -fait une caverne de

[( urs.

552 ÉGLTSES MATÉRIELLES.

Noiite facere domum Pains mei domum Ne fuites pas de la maison de mon père

negotiationis. Joan. n, 16. une maison de trafic.

Nescitis quia templum Dei estis vos, et Ne Bavez-vous pas que sous êtes le tem-

Spiritus'Dzi habitat in vobis? I Cor. m, 1C. pie de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite

en vous ?

Numquid domos non habetis ad manda- Est-ce que vous n'avez pas des maisons

candum vel bibendum, aut ecclesiarn Dei pour manger et pour boire, et méprisez -

eontemnitis? 1 Cor. xi, 22. vous l'église de Dieu?

Si guis templum Dei violaverit, disperdet % Si quelqu'un profane le temple de Dieu,

i/lum Deus. I Cor. ni, 17. Dieu le fera périr.

Mulieres in ecclesiis taceant, non eni/nper- Que les femmes se taisent dans l'église :

mittitw eis loqui. Ibid. xiv, 34. il ne leur est pas permis d'y parler.

Vos estis templum Dei vivi. II Cor. vi, 16. Vous êtes le temple du Dieu vivant.

Templum Dei sanction est. I Cor. m, 17. Le temple du Seigneur est saint.

EXEMPLES TIRES DE L'ANCIEN - TESTAMENT

[Vision mystérieuse de Jacob.] Jacob, ayant vu dans un songe mystérieux une échelle au haut de laquelle Dieu paraissait et sur laquelle des anges montaient et descendaient, fut saisi de crainte, et pénétré d'un sentiment de respect, il s'écria -.aQuàm terribilis est locus iste! Ah ! que ce lieu est saint et terrible! » Voilà une figure de nos églises, dont les fidèles se servent pour monter à Dieu. « Il n'y a point de temple, dit S. Grégoire, qui ne soit une échelle pour monter au ciel : par le moyen de cette échelle, nos prières montent à Dieu, et les miséricordes divines descendent sur les hommes: Ascendit precatio, descendit miseratio.» Ainsi, lorsque les chrétiens viennent dans les églises pour y demander des grâces à leur souverain, ils doivent avoir des sentiments d'une profonde humilité, d'une crainte respectueuse et d'une parfaite soumission à ses ordres. Ce qui fit plus d'impression sur l'esprit et sur le cœur tïe ce saint patriarche fut lorsqu'il vit Dieu appuyé sur le haut de cette échelle, qui lui dit: « Je suis le Seigneur d'Abraham ton père etd'Isaac; je te promets ma bénédiction, et je te donnerai la terre sur laquelle tu reposes. » Quelque consolantes que fussent ces paroles, elles ne laissèrent pas d'imprimer une sainte et respectueuse frayeur dans l'âme de Jacob. Oh ! que ce lieu est terrible ! c'est la maison du Seigneur et la porte du ciel.

[ Punition des enfants d'Aaron. ] — Entre les châtiments dont Dieu, dans l'ancienne loi, a puni la profanation des choses saintes, et particulièrement du lieu où il a voulu être reconnu et honoré, la punition des enfants d'Aaron est remarquable, puisque, sans avoir égard à la dignité dont il avait honoré leur père et de laquelle ils étaient eux-mêmes revêtus, ils furent consumés par un feu descendu du ciel-, pour s'éire servis d'un feu

profane pour consumer les victimes qu'ils voulaient offrira Dieu. Moïse prit occasion d'un châtiment si sévère pour Caire voira Aaron comment Dieu voulait, être honoré et, comme parle L'Ecriture, sanctifié par ceux qui approchent du sanctuaire, et que rien do profane ne doit avoir part au sacrifice qu'on vient faire en ce lieu. Sur quoi quelques auteurs l'ont cotte réilexion : que Dieu ne réserve pas de moindres châtiments à ceux et à celles qui, dans son temple, allument le feu profane d'un amour criminel, ou qui l'entretiennent par dos regards et des désir3 impurs, dans le lieu même où ils devraient être tout cmhrasés du feu divin de l'amour d'un Dieu qui s'immole lui-même pour leur amour.

[ autres châtiments. ] — Si vous désirez savoir quels châtiments Dieu, dans l'ancienne loi, a tirés des profanateurs des choses saintes, voyez comment Osa fut puni pour avoir voulu toucher l'arche afin delà soutenir lorsqu'elle était près de tomber. Il manqua seulement de respect dans cette occasion, où son secours paraissait nécessaire. Considérez comment Dieu frappe de mort plus de cinquante mille Bethsamites pour avoir regardé cette même arche trop curieusement. Demandez au prophète Daniel pourquoi Balthazar perdit le royaume et la vie. Voyez, dans le second livre desMachabées, pourquoi Héliodore fut cruellement fouetté par les anges, et pourquoi . Antiochusfut rongé des vers et consumé de pourriture : et ils vous répondront que ce fut à cause qu'ils avaient profané le temple de Dieu. Demandez à Jérémie pourquoi Dieu a affligé les Juifs avec tant de rigueur, pourquoi il les a dispersés par tout le monde, après la déplorable destruction de leur ville et de leur temple : et il vous répondra, dans un esprit prophétique, que c'est à cause que ce peuple, qu'il avait tant aimé et auquel il avait donné des témoignages si sensibles de sa protection, n'a pas laissé, après tant de faveurs, de souiller son temple par l'énormité de ses crimes : Dilectus meus in domo med fecit scelera multa. (Jerem.xi.)

[Exemples contraires.] — Le Tabernacle était comme le temple des Israélites, avant que le temple de Salomon fût bâti. Quand Moïse et Aaron se trouvèrent en péril d'être massacrés par la rébellion du peuple, ils entrèrent dans le Tabernacle pour y prier. Ezéchias, ayant ouï les menaces de Sennachérib roi d'Assyrie, s'en alla au Temple et se prosterna devantl'autel, où il fut favorablement écouté. Daniel, étant captif à Babylone, ouvrait trois fois chaque jour les fenêtres de sa chambre du côté où était le temple de Jérusalem, et, ne pouvant y être de corps, il s'y transportait en esprit. David n'avait point de désir plus ardent que d'être au pied des autels et près de l'arche :\)uàm dilecta tabcrnacula tua, Domine virtutum! conçu piscit et déficit anima mea in atria tua. Et quand la révolte de son fils Absalon le contraignit de sortir de Jérusalem, sa plus grande douleur fut de se voir séparé 'le l'arche,"- et il ne s'en pouvait consoler que par

554 ÉGLISES MATÉKIELLES.

l'espérance du retour. Jouas, étant dans le ventre de la baleine, se souvint du temple, et fit sa prière comme s'il y eût çté : Cura angustiarctvr anima mea, Domini recordatus mm, ni ventât ad te oratto mea adtemphtm sanctum tuum.

[Du lemple de Jérusalem.] — Quand il fut question de bâtir un temple au Seigneur, David et Salomon avertirent leurs sujets, plusieurs années auparavant du dessein qu'ils avaient pris ; ils en firent dépendre le bonheur et l'éclat de leur royaume ; ils employèrent leur crédit auprès de leurs voisins et de leurs alliés afin que rien ne manquât à la magnificence : ils amassèrent des richesses immenses ; ce n'étaient à chaque moment que promesses de mettre au plus tôt la main à l'œuvre. Que prétendaient ces princes par cette conduite ? C'était de faire naître dans le cœur du peuple Juif des pensées sublimes et dignes du Dieu d'Israël, et de réveiller parmi cette nation l'esprit de religion, presque éteint par les rechutes fréquentes dans l'idolâtrie. Le temple fut-il enfin achevé : on ne vit jamais tant de victimes immolées; le nombre des prêtres se trouva trop petit, le ciel fut osbcurci de la fumée de l'encens qu'on y brûla ; l'air retentit des cris et des vœux que poussaient des milliers d'hommes prosternés. Toute la Judée accourut à ce spectacle, et elle se sentit une nouvelle ardeur d'observer plus religieusement ce que la loi lui prescrirait pour honorer son Créateur. Mais ce qui fut plus remarquable , c'est que l'on vit la majesté de Dieu remplir sensiblement ce lemple. Ce fut un signe non-seulement de sa présence dans ce temple matériel, comme devant particulièrement résider sur ses autels, mais comme le consacrant lui-même à sa gloire.

[ Profanations. ] — C'est dans nos églises que s'accomplit la vision du prophète Ezcchiel. Le Seigneur, dit-il, m'ayant mené à la porte du temple, je vis des femmes assises en ce lieu qui pleuraient Adonis ; et, étant entré dans le parvis intérieur, je vis, entre le vestibule et l'autel, environ vingt-cinq hommes qui tournaient le dos au temple du Seigneur, et dont le visage adorait l'Orient, et ils adoraient le soleil levant ! Coupables que nous sommes de la même profanation, puisque l'abomination que le prophète vit alors est une image de ce qui se passe tous les jours dans nos églises. Craignons que la menace que Dieu fit par la bouche de son prophète ne tombe sur nous. « Je les traiterai ainsi dans ma fureur : mon œil les verra sans être fléchi; je ne serai point touché de compas^ sion, et lorsqu'ils crieront vers moi à haute voix, je ne les exaucerai pas. » {Sophon. i.)

[ Aujourd'hui plusieurs temples, j — Les Juifs n'avaient qu'un seul temple où il fût permis de sacrifier, qui (''lait le temple de Jérusalem : et le Seigneur l'avait ordonné ainsi par un effet de sa sagesse, parce que, connaissant le

l'AHAlilîAI'HK TROISIÈME. 555

penchant des Juifs à l'idolâtrie, il aurait été dangereux de leur permetiiv d'ériger des autels en plusieurs lioux. Mais, aujourd'hui que les églises et les autels sont multipliés à l'infini, la dévotion et la vénération que l'on doit avoir pourees suints lieux es! diminuée, et il semble que l'abondsnee en ait donné du mépris. •

[Exemple de ?énération.] — Les Juifs avaient tant de vénération pour le lieu où Dieu faisait seulement paraître sa majesté par une nuée, qu'il n'eut pas plus lot commandé à Moïse de lui faire un tabernacle, qu'on vit toutes les femmes, à l'envi les unes des autres, apporter ce qu'elles avaient de plus riche, et de plus précieux ; et elles occupaient tellement les ouvriers à recevoir leurs présents, qu'ils n'avaient pas le loisir de travailler, si bien que Moïse fut contraint de leur défendre de rien apporter de plus. Quelle honte à des chrétiens, qui, ayant des logements magnifiques, des appartements superbement meublés, de la vaisselle d'argent, et tant de riches meubles, souffrent que de pauvres églises manquent de tout ou n'aient que des ornements déchirés. Et n'est-il pas surprenant que ces personnes aient si peu de sentiment de piété et de religion, que de ne pas daigner retrancher la moindre chose de leur luxe pour orner des églises où leur Dieu est si indécemment logé ?

[ Les dédicaces. ] — Nous apprenons de l'Ecriture-Sainte que le temple de Jérusalem a été dédié par trois fois. La première dédicace s'en fit par Salomon: vous savez ce qui en est dit dans le 3" livre des Rois, les magnifiques, saintes et majestueuses cérémonies qu'on y observa. La seconde se fit par Zorobabel, après le retour des Israélites de leur captivité, où ils demeurèrent si longtemps, et c'est d'elle qu'Esdras parle dans son 1er livre. La troisième se fit par le vaillant Judas Machabée, et ce fut de cette dédicace qu'on voulut célébrer tous les ans la fêté : ce qui a donné lieu à S. G-régoire-le-Grand d'ordonner quelque chose de semblable.

EXEMPLES DU NOUVEAU-TESTAMENT

[Les vendeurs chassés.] — Quand nous n'aurions point d'autre considération, pour nous garder des irrévérences qui. se commettent dans les églises, que celle qui nous est marquée dans l'Evangile, ce serait assez pour nous faire voir que, de tous les péchés, il n'en est point que Dieu châtie plus rigoureusement. Car c'est chose digne d'étonnement que le Sauveur commença la première année de sa prédication et finit la dernière par

deux actions pareilles, et qui semblent bien éloignées de cette douceur propbétisée par Isaïe. Car S. Jean a remarqué que, quelque temps après son baptême, la fête de Pàque s'approchant, et étant allé à Jérusalem pour y paraître la première fois, il entra dans le temple, et, y trouvant des vendeurs de bœufs, de moutons et de pigeons destinés aux sacrifices, il les chassa honteusement à coups de fouet, commençant sa prédication par un effet du zèle brûlant de la gloire de son Père. Trois ans après, étant retourné à Jérusalem pour y célébrer la dernière Pàque et rencontrant le même désordre, il les châtia de même, ainsi que raconte S. Matthieu. Que si on a de la peine à comprendre comment un seul homme, inconnu, sans autorité ni commandement dans le temple, et qui ne s'était encore signalé par aucun miracle, pût ainsi chasser ces vendeurs et acheteurs qui profanaient le saint lieu, sans que personne lui ait fait la moindre résistance, S. Jérôme nous apprend qu'il sortait de ses yeux un feu brillant et terrible, et que l'éclat de la majesté divine rejaillissait sur son visage : ce qui saisit tout le peuple de crainte et do frayeur.

[Les premiers ehrétiens.] — Il est rapporté au 2e chap. des Actes, que les premiers chrétiens qui se convertirent par la prédication de S. Pierre passaient la plus grande partie du jour dans le temple : Erant quotidiè perdurantes unanimiter in templo. Il n'y a pas une de ces paroles qui ne mérite d'être pesée avec attention. Erant quotidiè: ce n'était pas une fois ou deux la semaine, mais tous les jours sans y manquer: ce que devraient faire tous les fidèles, en assistant chaque jour au sacrifice adorable qui se célèbre dans nos églises. Perdurantes: ils n'y entraient pas pour en sortir aussitôt, mais ils y demeuraient longtemps. Unanimiter : c'était de concert et tous ensemble, afin que leurs prières eussent plus de force pour obtenir les grâces du ciel. In templo: ils ne s'assemblaient pas dans des salles ou en d'autres lieux profanes, mais dans le temple, comme dans un lieu consacré au service du vrai Dieu.

[ De la consécralion de nos temples. ] — Il est certain que, dans la dédicace des temples et dans la consécration des autels, la principale vue des chrétiens doit être qu'ils soient eux-mêmes les temples et les autels du Dieu vivant, et que ce qui se fait extérieurement en ceux-là, par les purifications de la loi de Jésus-Christ, s'accomplisse intérieurement dans ceux-ci par les opérations de la grâce : car, encore que ces édifices soient saints et agréables à Dieu, nos corps néanmoins et nos cœurs lui sont infiniment plus précieux, parce que les premiers sont les ouvrages des hommes, et que les seconds sont l'ouvrage du Créateur.

[AttAGttAPHE TROISIÈME. 557

APPLICATIONS DE L'ECRITURE

Acei vus lapidum testimonii. ( Gènes, xxxn. ) — Disons que nos temples doivenl être comparés à ces pierres de Jacob dont il dit qu'il los assembla, cl qu'il eu fit un monceau de témoignage : acervas testimonii. Cette église où nous sommes et où vous venez souvent n'est qu'un monceau de pierres unies ensemble; c'est l'ouvrage d'un artisan, mais, à l'intérieur, ce sont des cœurs unis ensemble, qui portent témoignage à Dieu de leur fidélité et de leur amour. Et comme, dans cette Eglise matérielle, il y a des pierres qui, par leur beauté et leur éclat, relèvent et cachent la bassesse des autres, ainsi, dans l'union de tous les cœurs des chrétiens qui prient dans l'église, il y en a qui, par leur sainteté et leur vertu, couvrent l'indignité des autres, et leur obtiennent par leur ch;irité les grâces nécessaires pour devenir plus parfaits.

Verè Deus eut inloco isto, ei ego nesciebam. (Gènes, xxvni.) — Vraiment le Seigneur est en ce lieu-ci, et je ne le savais pas, disait Jacob après avoir vu cette échelle mystérieuse qui touchait par ses extrémités le ciel et la terre : je veux y dresser un autel, pour mémoire de la bonté que Dieu a eue de se communiquer à moi. — Que dites-vous, grand patriarche? Ne saviez-vous pas que Dieu est partout? — Je sais qu'il est partout, mais je le sens ici ; je le goûte ici ; je le possède ici. Je crois partout sa présence; mais je reçois ici sa bénédiction. Je sais qu'il est en tous lieux; mais je ne savais pas qu'il fût ici si efficacement. C'est pourquoi la pierre que j'ai dressée pour marque de mon bonheur sera éternellement appelée la maison de Dieu.

Eril cor meum ibï (III Reg. ix), dit Dieu à Salomon. — Je serai en ce lieu pour écouter tes prières ; j'y aurai des yeux favorables pour voir tes nécessités, et un cœur sensible pour me laisser fléchir à tes demandes : Erit cor meum ibï. Il est vrai que nous avons cet avantage dans notre religion, que nous pouvons prier partout, et que Dieu nous a assuré qu'il écouterait nos prières, en quelque endroit que ce soit de la terre, aussi bien à la campagne que dans les villes, clans les déserts comme dans les maisons ; mais il est toujours vrai de dire qu'il écoute plus volontiers les prières qui sont faites dans l'église, parce que, maître de ses grâces, il a pu poser telle condition qu'il a voulu pour les donner, et tel lieu qu"il lui plaît, comme il marqua à Salomon le lieu où il voulait qu'on bâtit le temple pour l'adorer. Ainsi, il veut que les églises soient los lieux destinés pour lui rendre le culte de la religion.

S. Augustin remarque que, « comme il y avait deux autels dans le temple de Salomon, l'autel du dehors où on égorgeait les victimes, et l'autel du dedans où l'on offrait des parfums, » il y a de même deux autels en nous, notre corps et notre cœur ; que nous devons offrir sur l'un, par la mortification et la pénitence, toutes sortes de bonnes oeuvres ; que nous devons envoyer, de l'autre, vers le ciel les parfums odoriférants de toutes sortes de saintes pensées, et que c'est alors que nous assisterons dignement à l'église, quand nos corps et nos cœurs seront purs devant la Majesté divine, quand le feu de l'autel, qui est le Saint-Esprit, aura consumé tout ce que la chair et le sang peut produire en nous d'opposé à la pureté qu'il nous demande, et à la sainteté de ce temple vivant et spirituel qu'il nous a promis de former au fond de nos cœurs. (Fléchier.)

Et ipsi , tanquàm lapides vivi, superœdificamini , domus spiritualis (I Pétri ii). — Vous êtes des pierres vivantes et une maison spirituelle, dit l'apôtre S. Pierre, pour nous apprendre que nous avons comme un corps de religion au-dedans de nous, que nous sommes tout ensemble le temple, les adorateurs, les prêtres et les victimes ; qu'il y a en nous une demeure et une habitation secrète de Dieu, un culte d'esprit et de vérité, et une immolation des sentiments de notre cœur et des puissances de notre âme, lorsque nous sommes unis à Jésus-Christ, auteur de la véritable adoration et de la véritable justice. ( Le même.)

Non habebis deos aliénas (Exode xx). — Le Seigneur veut être adoré seul dans son temple; il ne veut pas qu'on y adore des dieux étrangers. Cependant, combien de chrétiens ne viennent dans nos églises que pour y adorer des idoles ! Chacun y apporte son idole, en y apportant sa passion déréglée. Cette dame mondaine, avec tous ses ornements si peu modestes^ où je vois régner le luxe et la vanité, ne témoigne-t-elle pas qu'elle est idolâtre de sa vaine beauté, qu'elle adore elle-même et qu'elle vient faire adorer? Elle est idolâtre, et elle vient faire des idolâtres de tous ceux qui la regardent.

Rccedam de sanctuario meo (Ezech. vin). — -Le prophète Ezéchiel, surpris de voir que Dieu abandonne son temple, ne peut s'empêcher de luj dire : « Quoi! Seigneur, ne vous souvenez-vous plus de vos promesses? Est-ce ainsi que vous quittez le lieu que vous avez choisi pour votre demeure ? — Je suis trop outragé, lui dit Dieu; je sortirai de mon sanctuaire : Recedam de sanctuario meo ; et pour te faire voir le juste sujet de mon indignation, perce cette muraille, et regarde ce qui s'y passe. » Le prophète obéit et il voit les plus anciens du peuple prosternés contre terre, adorer de fausses divinités. Il avance, et il voit des femmes échevelées qui pleurent la mort de l'infâme Adonis. Ce n'est pas assez : il

trouve des vieillards tournant le dos à. l'autel et adorant le soleil levant. o Eh bien, prophète, puis-je demeurer avec ces détestables divinités, et recevoir de l'encens de ces mains sacrilégea qui en donnent aux idoles? Non : je sortirai do mon sanctuaire. »

Quanta malignatus est inimicus in sancto (Ps. 73). — Par combien de sortes de péchés va-t-on déshonorer Dieu et Jésus-Christ dans le lieu qu'ils ont choisi pour y être honorés? Que d'irrévérences, que d'évagations d'esprit; que de pensées basses et terrestres, que d'imaginations folles et extravagantes 1 Quanta malignatus est ! Que de discours impertinents ! que de regards curieux et criminels ! Quanta malignatus est! Quo do désirs honteux, que de rendez-vous infâmes, que d'impiétés, que de profanations ! que de péchés énormes que Dieu sait ! Quanta malignatus est in sancto ? Oui , dans la maison de Dieu , dans son sanctuaire : in sancto .

Quid est quod dilectus meus in donio meâ fecii scelera mulla ? (Jerem. xi.) — L'un des plus grands outrages qu'on puisse faire à un homme d'honneur, et dont il se tient le plus offensé, c'est quand on vient l'attaquer dans son propre logis. Parmi toutes les nations, le domicile de chacun est un lieu de sûreté, et l'on se retire chez soi pour y être en assurance. Que si on y est forcé et violenté, ce ne peut être qu'en violant toutes les lois et par un crime capital. Est-il possible que les hommes ne se contentent pas d'offenser la divinité dans les villes, dans les places publiques, et qu'ils arrivent jusqu'à ce point d'insolence de l'offenser dans sa maison propre ? C'est de quoi il se plaint. Quid est quod dilectus meus in domo meâ fecii scelera multa ?

1 iv.

Pensées et Passages des SS. Pères,

Omnes ad orandum in idem locieonvenite; Que tous s'assemblent dans un niômé lieu

sit una communis precatio, una spes in cha- pour prier ; que la prière soit commune et

ritate et spe inculpatâ in Ckristum Jesum ; tende à obtenir de Dieu la môme faveur.

omnes, velut unus quispiam , ad tcmplum Ayez une même espérance fondée sur !a

Dei eonvenite, velut ad unum altare, ad charité en Jésus-Christ. Que tous se ran-

unum Jescm-Christum sacerdotem. Ignat. gent et viennent ensemble à l'église com-

Epist. ad Magnes. me an même autel et au même prêtre, qui

est Jésus-Christ.

Ecclggiam non secùs ac cœlum fréquenta, nihilque in eu aut loquere aut âge quod terram sapiat. S. Nilus.

Hoc faciunl qui tna/è vivant : quant ion in eis est, domum Dei speluneam latronum facere volant. Angust. in ps. 130.

Movet me do/or magnus adversùs fi'atres nosb'os chrisfianos, qai sic volant intrare ecclesiatn, ut hic corpus habeant, et alibi cor. August. (j do Verbis Domini.

Cum paroo peccato ad ecclesiam reniant, et cum peccatis multis de ecclesià recédant. Ambros. Serra. 33.

Religionem nostram paganam facere volant. Hicronym. Epist. 4.

Coimui in cœfum et congregationem, ut ad Deum, quasi manu factà , precaiionibus ambiamus orantes. Tcrtull. Apolog. 39.

Tanquàm portas in mari, sic ecclesias in urbibus fi.rit Deus. Joanncs Damascenus.

Sub titulo religionis Deum ludimus , qui in rébus religionis peccamus. Salvianus ni de Gubernat.

Non in hoc solàm Domini timoris officium e<t, ad domum Dei corporaliler convenire et visibiiiief genuflectere, sed animam, supplicationis affecta, impeirationis fructu, dignam facere, et ad exorandum ftde et operibus prœparare. Eucherius in verba : Oportet semper orare.

Nolens Christ us, in domo sud, terrenœ negotiationii opus ne ejus quidem qaœ honesta putaretur exhiberi, dispulil negotiatores : quid ergô putamus faceret Dominus si rixis dissidentes, si fabulis vacantes, si risu dissolutos reperiret, qui hostias qaœ tibi immolarentur ententes in tcmplo videt, et eliminare festinavit? Bedo in n Joannnis.

Terribilis plané locus et dignus omni revereniià, quem fidèles viri inhabitant, quem sancti angeli fréquentant, quem sud quoque prœsentià Dominas ipse dignatur.

Ecclesià non est officina forensis, sed locus angetorum , regia cœli, cœlum Ipsum.

Chrysost. in i Cor.

Ecclesià cœlum est in angustum rédaction. Ici .

Sou uiiraui esse si fuliuen dimitteretur :

Venez souvent à l'église comme si vous alliez au ciel môme : et là ne parlez de rien qui sente la terre.

Voilà ce que font les gens de mauvaise vie : autant qu'il est en leur pouvoir, ils l'ont de la maison de Dieu une retraite de voleurs.

Je me sens outré de douleur contre ces chrétiens, qui sont cependant mes frères, qui entrent et se tiennent de telle sorte dans l'église, qu'ils y sont de corps seulement, leur cœur étant bien loin.

Plusieurs viennent à l'église avec quelque péché assez léger, et en sortent chargés de plusieurs péchés plus griefs.

Ces gens qui manquent de respect clans les églises veulent rendre notre religion toute païenne.

Nous nous assemblons en grand nombre clans le même lieu, comme pour contraindre Dieu de vive force d'accorder à nos prières ce que nous désirons obtenir.

Dieu a établi clans toutes les villes chrétiennes des églises, qui sont comme autant de ports sûrs à ceux qui sont surpris de la tempête.

Nous nous moquons de Dieu , sous prétexte de religion, quand nous l'offensons clans les choses mêmes qui regardent la religion.

Ce n'est pas par crainte de Dieu et par le respect qu'on lui doit, qu'on vient seulement de corps à l'église et qu'on fléchit visiblement le genou, mais par une sainte affection pour se rendre digne d'obtenir ce qu'on demande, et se préparer par la foi et par les bonnes œuvres à être exaucé.

Le Fils de Dieu, ne pouvant souffrir qu'on fit de sa maison aucun trafic, non pas même celui qui paraissait honnête et permis, en chassa les vendeurs et les acheteurs : que pensons-nous qu'il ferait s'il y trouvait des gens qui se querellassent, qui s'y entretinssent de contes, qui éclatassent en ris immodestes, lui qui, voyant des personnes acheter ce qu'on lui devait offrir pour victimes, se hâta de les chasser hors du temple ?

Ce lieu est véritablement terrible, et on ne doit en approcher qu'avec une crainte respectueuse, puisque c'est là que demeurent les fidèles, là que les anges habitent, un lieu que le Seigneur même veut honorer de sa présence.

L'église n'est pas un lieu de foire et de marché, mais un lieu où les anges se trouvent, un palais tout céleste, et le ciel même.

L'église est un ciel réduit en petit.

Il ne faudrait pas s'étonner si Dieu lan-

rARAGRArHE QUAI :

■ eni/'i fulmine

■:f. Id. Ilomil. .:': iu Acla.

0 ,i Ici imui? Chrysoat. [1

nquid thcati'ica sunt ha c ou !

rttntur. Id. Ibid.

/A"' • .■', merificium quodperfici-

tur, Patrum orat ones habes, Spiriïi s-Sam.ti

■' , martyrum memorias , sanctorum

congi , multaque alia q

te à peccatis ad justifiant re . IIo-

Page 1