HISTORIQUE — INCENDIE — RICHESSES
ANS les dernières convulsions de sa terrible agonie, la Commune a fait bien des ruines. Elle a incendié le vieux palais municipal de Paris, berceau et symbole de ses libertés civiques, l'hôtel du peuple, le monument qu'elle aurait dû en cette considération épargner, si les autres lui paraissaient les « repaires du despotisme » . Elle a détruit les Tuile-
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ries, la Légion d'honneur, le ministère des Finances, la colonne Vendôme, la Cour des Comptes, le Grenier d'abondance, le Palais-Royal et une partie du Palais de justice. Dans ces épouvantables sinistres ont disparu mille souvenirs précieux qui se rattachaient intimement à tous les événements historiques de la vie sociale et politique de la France. Chaque pierre de l'Hôtel de Ville n'était-elle point, pour ainsi dire, le testimonial éclatant d'une conquête de l'esprit humain sur la matière, de la liberté sur le despotisme ? Ces glorieuses figures qui formaient autour du monument comme une ceinture de protection et d'honneur représentaient ces génies populaires dont notre pays est si justement £er, ces hommes qui, dans l'industrie, dans les sciences, dans les arts, dans la politique, ont été des créateurs féconds, des flambeaux éclatants, qui guident Thumanité vers le progrès ; presque tous hommes du peuple, partis d'en bas pour arriverai! plus haut sommet de la gloire par le travail et l'honneur : Voltaire, d'Alembert, Montyon, Monge, Ambroise Paré, Papin, saint Vincent de Paule, Jean Goujon, Sully, Mathieu Mole, Turgot, Molière, Colbert, Condorcet, Lavoisier, etc.
Des merveilles de tous genres, des chefs-d'œuvre d'art, Y Apothéose de Napole'on 1" , d'Ingres, \q, plafond de la Paix, de Delacroix, etc., ont péri, engloutis dans ces gouffres de feu, torchères gigantesques que la Commune avait allumées pour ses funérailles.