PRÉFACE
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Les études philologiqties sont asseï répandues aujourd'hui pour quon ne puisse plus douter des résultats obtenus dans ce genre de recherches. Il est bien établi que les savants sont arrivés par les travaux les plus consciencieux et les plus persévérants à lire des textes écrits avec des caractères dont la signification était perdue et qu'ils sont parvenus ensuite à reconstituer des langues depuis longtemps oubliées.
Le nombre des érudits qui s' occupent de ces recherches est déjà asseï considérable pour constituer, en réunissant les différentes branches auxquelles ils appliquent leurs efforts, un public étendu qui comprend et apprécie chaque nouvelle conquête de la science. Aujourd'hui, nous avons à cœur de sortir de ce cercle savant pour faire connaître des
VI LA BIBLIOTHÈQ.UE DE NINIVB
résultats qui intéresseront à coup sûr certaines intelligences curieuses de s'instruire, mais qui reculent devant les difficultés que réclame une étude spéciale et approfondie de les matières. En effet, ce qui préoccupe ce grand public, d est moins l'effort intellectuel qui a présidé à la reconstruction de ces langues, que l'importance des faits dont on a acquis la possession.
Cette exigence est très-légitime et le philologue doit chercher à y répondre dans une certaine limite. Cest à lui de montrer que ses travaux sont appelés à modifier les idées que nous nous étions habitués à formuler sur l'histoire ancienne; dest à lui de faire comprendre que ce n'est pas pour satisfaire une curiosité stérile que l'on est parvenu à lire toutes ces inscriptions qui nous ont fait connaître l'histoire de TAsie occidentale. On ne peut plus désormais reléguer l'existence des grands empires de V Orient dans ces époqnes indécises où on ne saisissait que des mythes à travers les récits qui nous étaient transmis sous la foi de légendes incomprises ou dénaturées.
Les conditions ont donc changé : à la place des légendes, nous avons l'histoire ; à la place des
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mythes, nous avons des réalités ; mais ces vérités si laborieusement acquises pénètrent difficilement dans le grand public; elles ont besoin pour y arriver de se dépouiller de la forme scientifique et aride qui convient aux traités spéciaux où on en discute la valeur»
Les inscriptions de V Assyrie et de la Chaldée semblent avoir attendu, pour se faire comprendre, le moment précis où les renseignements qu'elles pouvaient fournir à l'histoire générale étaient opportuns et où les méthodes philologiques y devenant plus sûreSy permettaient de les mieux comprendre.
La lecture et V interprétation des textes en caractères cunéiformes ne laisse aucun doute, et le résumé des efforts collectifs qui ont été faits pour arriver à ce résultat n'offre plus, pour ainsi dire, qu'un intérêt historique. Toutes les difficultés ont disparu : on lit cette écriture étrange ; on comprend les textes nombreux qui se sont successivement produits, Cest pour essayer de faire connaître ^importance et l'étendue des résultats acquis que j'ai cru devoir publier ces pages.
J'ai choisi à dessein une des sources les plus
VîII BÎBLlOTHÈQjdÉ DÉ NINIVÊ
curieuses OÙ Vérudit peut puiser maintenant. Ce ne sont plus les renseignements défigurés ou incomplets des historiens de l'antiquité que l'on compulse et d'après lesquels on édifie des vues d'ensemble ; le déchiffrement des textes a ouvert une autre voie et a donné à l'histoire un point d'appui solide. Désormais ce sont les monuments contemporains eux-mêmes qui viennent témoigner devant nous et nous livrer les secrets des civilisations qui les ont élevés. Aussi, en pénétrant avec le lecteur dans un des grands dépôts de la science assyro-chaldéenne au VIP siècle avant notre ère, nous pourrons passer avec lui une revue sérieuse de l'état des connaissances assyriennes à cette époque.
J. Menant.
90 Mars 1880,
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