‹ La Bibliothèque du Palais de NiniveChapitre 10 sur 10 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'analyse rapide à laquelle nous venons de nous livrer a permis de donner un aperçu général des trésors que cette curieuse Bibliothèque renfermait. Nous avons parcouru les différents sujets qu'elle nous présente; nous sommes loin d'avoir tout indiqué. Quelque succinct q:ue notre exposé puisse être, nous espérons néanmoins qu'il a fait connaître tout un côté des études modernes qui s'accomplissent sur le vieil Orient. Ainsi que nous l'avons dit dans la préface de notre Manuel de la langue assyrienne^ ces études doivent être considérées au double point de vue de la philologie et de l'histoire; ces deux sciences ne peuvent aller l'une sans l'autre, et il serait tout aussi téméraire à l'historien de négliger le

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côté philologique qu'il serait oiseux au philologue de n'avoir pas pour but de fournir des renseignements à l'historien. Il incombe cependant à l'un et à l'autre une grande réserve, ainsi que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de le faire remarquer. Les renseignements que nous tenons d'une source aussi certaine que celle à laquelle nous venons de puiser ne peuvent être indifférents.

Résumons-nous ici : nous savons que cette vieille civilisation assyro-chaldéenne était précédée d'une civilisation puissante qui lui a légué ses croyances, ses lois, ses mœurs. On arrive ainsi à la période sumérienne dont on ne soupçonnait même pas l'existence au début des recherches; s'arrêtera-t-on à cette nouvelle étape et sera-t-il possible de remonter plus haut encore ? C'est ce qu'il s'agit présentement de rechercher et c'est la grande préoccupation des ass3rriologues. Or, dans cette question éminemment complexe, ce n'est pas jusqu'à présent par des raisonnements ingénieux que l'on a dégagé ces données; c'est grâce aux progrès patients et

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sûrs du déchiftement pur et simple qu'on s'en est rendu maître. Qui eût pu prévoir que nous aurions réuni tant de monuments et conquis une semblable certitude ? Les hypothèses s'évanouissent pour faire place à des réalités. Aussi, lorsque nous voulons sortir du cadre d'une monographie et faire entrer cette histoire au nombre des éléments d'une synthèse générale, nous devons nous imposer une grande réserve.

La lecture des textes assyriens a appelé particulièrement l'attention de quelques esprits désireux de connaître les rapports qui ont pu exister entre le peuple juif et les grands empires de Ninive et de Babylone. Nous avons vu que certains documents assyro-chaldéens nous transmettent des traditions sur l'origine du monde semblables à celles dont notre société moderne s'inspire encore; on ne saurait écarter les conséquences qui surgissent des rapprochements auxquels on peut se livrer. Cet intérêt, dont nous ne voulons pas diminuer l'importance, ne peut pourtant occuper qu'un rang secondaire dans les préoccupations de

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l'historien. Quant à nous, nous ne saurions adopter un système qui tendrait à subordonner l'histoire générale de la Haute-Asie à l'existence d'un peuple qui n'est après tout qu'un des éléments d'un groupe, et à le considérer comme le pivot autour duquel les autres nations ont dû graviter.

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