L'AMI DU PEUPLE DE MARAT
Librairie F. Roy, rue Saint-Antoine, 185, et au Bureau, rue du Croissant.
« Puisqu'on supprime les journaux patriotes, etc., etc. Nous invoquons aujourd'hui l'ombre de Marat, Tami du peuple. »
Suivent sept grands extraits des écrits de Marat.
Gr. in-folio piano, impr. recto, verso. — De l'imprimerie de Vallée, 16, rue du Croissant.
L'EiNTHOUSIASTE DE MARAT. (Étude de collectionneurs publiée dans nUustratioriy journal universel, du samedi 29 avril 1871.)
Article de 9& lignes, en trois colonnes, signé Champfleury.
LES AMOURS DE MARAT, Par M. De Lescure. Publié dans le journal la PressCy du 31 août 1874.
MARAT, d'après Victor Hugo. Extrait du roman intitulé Quairevingt-ireize, publié dans le Petit Journal, du 20 février 1874.
MARAT. (Étude biographique et bibliographique.) Fascicule du Grand dictionnaire universel du
XIX* siècley par Pierre Larousse. Article de M. Louis
Combes, homme de lettres.
Gr. in-&. Dix colonnes petit texte, 187i.
BN DBEL DE MARAT, par Gabriel Guillemot.
Notice biographique de plus de 400 ligues, publiée dans le journal le Rappely des 10 et 11 septembre 187A.
MARAT, Tamico del popolo, et la Revoluzione, studio storico, per Giacomo Piazoli. — Milano, fratelli Recheidei éditori, 187i. — In-18 de 280 pages.
On compte-rendu a été publié par M. Louis Combes dans le journal la République^ du 19 novembre 187i.
LE DOCTEUR MARAT, par le docteur H. Mettais.
Librairie de la société des gens de lettres, 5, rue Geoffroy-Marie. — Paris, s. d., mais vers la fin de Tannée 187/1.
APPENDICE
Au dernier moment nous apprenons que M. Henri Delaporte fait mettre sous presse un volume intitulé : MA.RAT le révolutionnaire. .
Il manquerait une page intéressante à la monographie bibliographique de Marat, si nous n*y ajoutions celle qui, sans être moins passionnée que la politique, parle sans équivoque à toutes les intelligences et retrace, plus ou moins heureusement, les traits de l'ami du peuple, les scènes de sa vie orageuse, ou celles de sa fin tragique.
Aux œuvres des L. David, des Boze, des Simon Petit, des J. Boilly, qui ont consacré leur pinceau à la mémoire de l'ami du peuple, nous devrions ajouter celles qui sont dues au ciseau des Bonvalet, des Deseine, et d'autres encore; mais dans sa fureur aveugle le vandalisme contre-révolutionnaire a fait aussi son œuvre et détruit, jusqu'au dernier, ces témoignages de la reconnaissance publique.
Aujourd'hui, pour reconstituer celte parlie des
annales de notre histoire nationale, il ne nous reste que des monuments la plupart imparfaits, épaves précieuses, toutefois, qui seront un jour d'un si puissant intérêt historique que rien ne pourra y suppléer.
MARAT ASSASSINÉ. Peint par Louis David, terminé le 25'»« jour du 1" mois de l'an II de la République (16 octobre 1793), offert à la Convention nationale qui l'accepte, le 2A brumaire, Tan II de la République (14 novembre 1793) ; rendu à David par suite du décret du 20 pluviôse, an III de la République. Aujourd'hui propriété de M. L.-J. David, petit-lils du grand peintre.
(( Ce tableau serait beau partout, même dans la tribune du vieux palais de Florence. C'est la vérité dans toute sa rudesse, le réalisme dans toute sa brutalité; mais la mort est là, qui répand sur la tête de Marat, non pas seulement un sommeil oublieux, mais ce rayonnement d'une âme qui s'envole et éclaire en passant, d'un dernier adieu, le front, les yeux et la bouche. C'est là un chef-d'œuvre d'exécution. L'amitié a donné jusqu'au dernier coup la chaleur d'âme à ce pinceau presque toujours éteint qui a si souvent trahi l'inspiration...
« Ceux qui n'ont pas vu le tableau s'imaginent que c'est la représentation d'un odieux spectacle. En effet, il y a là, dans une pièce nue et grise, le couteau ensan-
glanté, Técritoire de plomb et la plume brisée, — cette plume terrible comme uq seing royal du moyen âge ; — par terre, le billet de Charlotte est ouvert : « // tuflit que je soin malheureuse pour avoir droit à votre bienveillance 'y i3 juillet il 93. »
L'auteur de Y Histoire de la peinture française sous Louis XVI, la Révolution et TEmpire, en donnant, plus loin, la description de certains accessoires de ce tableau, parle d'un billot de bois. Ce soi-disant billot n*est autre qu'une petite caisse, aux ais de sapin, relevée sur sa hauteur, servant à supporter Técritoire et quelques manuscrits de Tami du peuple.
Nous aurions assurément passé sous silence cette description inexacte si la malveillance qui veille sans cesse Tavait laissée inaperçue ; mais profitant de cette erreur, elle a fait de ce billot imaginaire un emblème traditionnel de la Terreur dont elle accompagne le nom de Marat, un instrument fatal et obligé sur lequel, selon ses perfides calomniateurs, Tami du peuple exécutait tous les ennemis de la République.
MARAT ASSASSINÉ, peint par Langlois.
Très-belle copie du tableau de Louis David.
« L'inventaire après décès de M. David atné, en date du 18 février 1854, porte : Un tableau, Mort de Maraty copie de celui de David, par M. Langlois, prisé 300 francs. »
C'est le tableau que possédait la galerie princière du Palais-Royal, et qui fut acquis à l'amiable par M. Durand-Ruel (mars 1868), chez qui il resta longtemps exposé.
MARAT ASSASSINÉ. Attribué à Serangeli.
Autre copie conforme du tableau de David, mais dont les tons sont moins vrais.
Ce tableau appartient à M"' la baronne Jeanin, de la famille de David.
Pour le tableau de David et les copies de Langlois et Serangeli, voir Notice sur le Marat de Louis David, par son petit-fils L.-J. David. Novembre 18tt7. — Et la Lettre du bibliographe de Marat, sur ce sujet.
LE TRIOMPHE DE MARAT. Peint par LouU Boilly.
Cette scène du 2i avril est unique dans le genre, et pour ainffl dire inconnue du public. Duplessi-Bertaux dans ses eaux-fortes. Prieur dans un petit dessin trèsmédiocre, n*ont produit que peu d'impression ; aussi leurs productions sont-elles noyées dans cinq ou six autres modernes où le grotesque et le monstrueux se disputent la palme. Louis Boilly, au contraire, est resté grave, pittoresque, vrai dans les types et les costumes* On admire dans son œuvre ce qu'on trouve avec tant de bonheur dans les productions de Debucourt, et cependant L. Boilly n'a pu dire comme David : « Je l'ai peint du cœur. » On sent en effet que l'artiste n*était point sympathique à son héros qu'il relègue au troisième plan ; aussi ce grand événement historique que les documents représentent comme si plein de l'enthousiasme révolutionnaire, manque-t-il sous son pinceau de cette animation, de cette effervescence patriotique inhérente au sujet.
Sans blesser la vérité historique, pouvait-il en être autrement lors du 2i avril 1793, à la sortie du Tribunal révolutionnaire, ouvrant sur la grande salle des Pasperdus, au Palais de Justice si envahi lui-même, qu'il
regorgeait d'une foule innombrable de citoyens massés dans les corridors, dans les salles, dans les cours, comme dans les rues, les places publiques, et jusque sur les toits des maisons depuis le Palais de Justice jusqu'à la Convention.
Dans la partie des dessins et estampes nous reviendrons sur un détail de cette composition.
L\ MORT DE MARAT. Peint par Hauer, exposé au Salon de 1793. Voir le livret du salon du Louvre, pour ladite année, n** 447.
Tableau de 0'",60 de hauteur sur 0'",48 de largeur. — Propriété de M. Ch. Vatel, avocat. — Reproduit par le procédé béliographique. Voir la section des dessins et estampes.
« Marat était dans son bain, vêtu d'un peignoir et occupé à écrire ce que lui disait Charlotte Corday... » (Dossiers criminels, par C. Vatel.)
L'artiste a saisi Tinstant oii l'assassin, après avoir frappé sa victime et sans la quitter du regard, s'apprête à fuir.
Dans nulle autre composition, Ch. Corday n'a atteint au degré d'expression, de mâle beauté que la sympath'e de l'artiste lui a prêté.
MARAT A LA TRIBUNE. Peint, selon nous, par Simon Petit. — Tableau d'environ 0",60 de hauteur sur 0"',45 de largeur.
La scène, autant que nos souvenu b peuvent être dèles, représente une séance de la Convention nationale; à gauche, sur le premier plan, la tribune des orateurs où Marat, vêtu de la houppelande, les vêtements entr'ouverts sur le sommet de la poitrine, la tête nue.
les cheveux rejetés en arrière en longues mèches ondulées, semble prononcer un discours; l'attitude et le geste de l'orateur concourent à exprimer Téoergie et la conviction.
Pour qui connaît la belle gravure du Marat à la tribuney gravée par Tourcaty, d'après le tableau de Simon Peiit, il est difficile de ne pas reconnaître l'allure du peintre.
Quelques détails insolites semblent indiquer que ce tableau a été retouché pour êlre soustrait au vandalisme contre-révolutionnaire, à moins qu'ils ne soient dfts à quelque monarchiste enragé. Le socle de la tribune occupée par Marat représente une fontaine d'où jaillit du sang qui retombe sur des lys fleuris; sur le dernier plan, à travers les vitraux qui éclairent le lieu des séances, on aperçoit l'horizon embrasé. Sang et carnage, tel est le sens de ces emblèmes disparates qui choquent la simplicité, le naturel et l'eflet de celte œuvre.
PORTRAIT DE MARAT. Peint d'après nature par J. Boze, en avril 1793, l'an I" de la République française.
Ce portrait, qui faisait partie de la collection Saint- Albin, doit être d'une très-belle exécution, si l'on en juge par la reproduction faite par le graveur E. Beisson, messidor, an II de la République.
MARAT. Portrait en pied. — Anonyme. — Hauteur ho centimètres, sur 35 de large.
Placé devant une table à droite, Marat s'eflace vers le spectateur et se découvre comme sous une impression subite. De la main droite, appuyée sur son cœur,
:m PEINTCRKS.
il tient entre ses doigts la plume qui burinait sa pensée ; de la gauche, il presse en relevant un bonnet de liberté qui semblerait avoir été sa coiffure. Cette conception est mauvaise, appliquée à un homme qui donnait tant d'importance aux principes, et si peu aux emblèmes. Près de Marat, la petite caisse représentée dans le tableau de David, supporte une liasse et des manuscrits épars. Enfin, à gauche, sous une draperie relevée, le buste de Lepelletier Saint-Fargeau, sur une colonne tronquée lui servant de socle.
Ce tableau n'est assurément pas de L. David, comme on Ta cru longtemps parmi quelques collectionneurs, mais il y a lieu de croire qu il a dû être mis au concours parmi ses élèves, car nous avons vu trois tableaux exactement les mêmes, sauf le mérite artistique qui en fait trois portraits différents.
Le premier qui s'est offert à nous, celui que nous possédons, nous a été cédé par Tintermédiaire de M. Boscher, marchand d'estampes, quai Voltaire, 23 ; il provenait, croyons-nous, d'un vieil amateur, habitant Plaisance. Ce tableau était peint sur un panneau devenu tellement vermoulu qu'il était menacé d'une rume imminente. En avril 1862, nous le confiâmes à M. Paul Kiewert, vrai artiste dans Tart de rentoiler les tableaux ; transposé sur toile, il fut retouché par un autre artiste, M. Deserre, pour en dissimuler les coutures et le revernir. Malgré toutes ces réparations, il porte encore les traces des ravages du temps ; elles serviront un jour à le distinguer des deux autres dont nous allons parler.
Un an plus tard, à peu près, dans une exposition publique de tableaux bien autrement importants, à l'hôtel des ventes, rue Drouot, nous vîmes une copie
de notre tableau, mais si inrérieure, avec des tons si diiïérents que le personnage en semblait tout autre. Il était également sur panneau, mais de parfaite conservation. Je me souviens que par suite d'une erreur typographique, il était désigné au catalogue sous le nom de Mural.
Vers la fm de Tannée 1863, on nous fit savoir que M. Ponselet (de Sens), 1(5, rue Saint-Jean, àBatignolles, possédait deux tableaux attribués à L. David, l'un Marat, l'autre Charlotte Corday. Il y avait dans ce renseignement plus qu'il n'en fallait pour pressentir une supercherie. Quelle ne fut pas notre surprise en retrouvant chez M. Ponselet une nouvelle copie de notre tableau. Au rapport de notre obligeant amateur, ces deux tableaux qui sortaient de l'atelier de L. David, avaient été trouvés chez M. Guicbard, ancien député, habitant Sanci, près Sens (Yonne), qui les tenait des héritiers directs du grand peintre; ils avaient été donnés à M. Ponselet, en témoignage d'amitié.
Au point de vue de l'art, ce portrait de Marat, propriété de M. Ponselet, occupe le rang intermédiaire; nous ne saurions afTirmer s'il était sur toile ou sur panneau.
MARAT. Rédigeant son journal dans un souterrain. (Portrait en pied. — Anonyme. — Hauteur 27 centimètres, sur 19 de large. — Peinture ébauche).
Marat est représenté devant une table placée à droite ; le bras gauche appuyé sur la table, se relève pour soutenir la tête dans l'attitude de la méditation ; de la main droite, dont l'avant-bras s'avance sur la table, il tient une plume au repos ; sur le dossier d'une
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chaise grossière où est assis Marat; retombe jusqu'à (erre une longue écbarpe aux couleurs nationales. Sur une tablette dans la pénombre, on devine quelques livres et une tête anatomique. Un jour équivoque comme celui d'un soupirail, éclaire en passant une faible partie du sujet principal et fait ressortir l'obscurité du lieu sinistre qui sert d'asile à l'ami du peuple.
Cette composition rappelle la retraite forcée que le décret d'accusation, lancé par les Girondins contre Marat, le li avril 1703, lui fit prendre jusqu'à la veille de son jugement au tribunal révolutionnaire, le 2A avril de la même année.
ARRESTATION DE CHARLOTTE CORDAY. Peint par A. Scheffer. — Depuis longtemps propriété du Musée du Luxembourg.
Urïe copie très-fidèle a été exposée chez un marchand de tableaux à Paris.
Cette œuvre est assez connue par ses reproductions dans tous les genres, pour nous dispenser de toute description; nous (lirons seulement que l'héroïne, et les types accessoires appartiennent plutôt à 1830 qu'à 1793. En somme, c'est une œuvre dont on a surfait le mérite.
CHARLOTTE CORDAY. Peint par Paul Baudry, exposé au Salon de 1861.
Au bouleversement qui règne dans cette scène, entre l'assassin et la victime il y a certainement plus qu'un drame, plus qu'une tragédie, c'est un effet de tremblement de terre, un vrai cataclysme. Marat surpris au bain, un couteau profondément enfoncé dans la poitrine, va disparaîti*e dans sa baignoire avec la tablette et tout ce qu'elle supporte, ensevelis comme dans un
linceal par une sorte de drap blanc; l'eau du bala souille à larges flaques miroitantes le carrelage du cabinet; plume, journaux, chaise, éventail, chapeau, et U lettre de Charlotte Corday à Marat, tout est à. terre. Un tel bouleversement a sa raison d'être dans le tumulte populaire du tableau de A. SchefTer, dans celui-ci il n'est que ridicule.
Pour rendre sensible un autre défaut de cette œuvre, des critiques se sont demandé si Charlotte, acculée dans un coin, ne s'apprêtait pas à tirer l'épée. En cflet, on ne peut guères se soustraire à cette idée, q»/en lui supposant celle de se porter un coup de couteau dans le bas-ventre.
MARAT. Portrait d'après nature, peint par le citoyen Alexandre Wille, le fils, officier de la garde nationale (section des Cordelieis), et fils de Jean-Georges Wiile, peintre et graveur, au mois de juin 1793. — (Collection C. Vatel, avocat.)
Pour notre part, nous n'accordons aucune confiance h tous ces renseignements; on en trouvera les motifs dans la notice qui précède la section des dessins et estampes.
MARAT, l'ami du peuple^ dans les caves du citoyen Legendre.
<( La grandeur de la cause que je défends élève mon courage au-dessus de toute crainte; le sentiment du bien que je tâche de faire, des maux que je cherche à
prévenir, me console de mon infortune » — Journal
l'Ami du peuple^ 23 juillet 1790).
Description : Marat, un pistolet à la ceinture, est assis devant une table couverte de manuscrits et éclairée
par un quinquet; Tami du peuple est tiré de sa méditation par le bruit des sbires de Larayette, qui passent devant le soupirail.
Toile de l"",!! de haut., sur l",ld de large, signée E. M. (E. de Malval) ; exposée au Salon, probablement en 186A, sous le n"* 107S. — Propriété de l'artiste.
BUSTE DE MARAT. (Biscuit de Sèvres), — Propriété de M. Benjamin Fillon. — Exposé, en 1867, au Palais de riodustrie, Musée de Thistoire et du travail, xvu* et xvin* siècle.
Ce buste, placé sous vitrine, nous a paru mesurer 25 centimètres de hauteur; il offre un léger trois-quarts à gauche, la bouche entr'ouverte, comme dans le tableau de Boze, accuse un mouvement oratoire ; Tensemble de la physionomie manque totalement de l'énergie si heureusement exprimée par Boze. Les cheveux demi-court8, négligés, plaqués sur le crâne et les tempes ne rappellent nullement la coiffure de l'époque, scrupuleusement observée dans certains portraits du temps. Un vêtement à revers de fourrures et une chemise à jabot largement ouverte sur la poitrine complètent les détails de ce buste, peut-être unique aujourd'hui.
Les amateurs qui connaissent le portrait de Marat, gravé par Alix, d'après Garnerey, peuvent se faire une idée du buste que nous venons de décrire.
En 1863, il existait à la bibliothèque des Archives de la Préfecture de police, un buste grosseur naturelle.
en plâtre bronzé ; un des administrateurs croyant reconnaître un Marat, Tavait sauvé des décombres de la vieille Préfecture^ où il gisait en compagnie d'autres illustrations dans tous les genres.
Trop ami de la vérité pour dissimuler notre opinion, nous avons déclaré que rien dans ce buste ne nous révélait l'image de Marat, soit comme savant, soit comme politique. Il a péri avec les archives, dans l'incendie de
Le troisième buste connu, porte très-heureusement le nom de Marat, sans lequel il serait impossible de deviner l'original. — Il est signé Théodore Hébert, a été édité chez Ozias, mouleur, en 18A8. — Il mesure 10 centimètres de hauteur.
MARAT. (Statuette en plâtre, de 50 centimètres de hauteur. Signée Théodore Hébert, 1847. *** éditeur des Beaux- Arts).
En costume officiel, le corps ceint de l'écharpe de représentant du peuple, et par une tradition aussi fausse que ridicule la tète enveloppée du mouchoir, que chaque artiste, selon ses opinions, rend gracieux, ridicule ou ignoble; les bras fortement croisés, Marat tient de la main droite, élevée à la hauteur de la poitrine, sa plume, symbole de l'écrivain; et de la gauche, qui touche à la ceinture, un manuscrit à demi déroulé. L'habillement est complété par la culotte à petit pont, et les bottes à revers.
Autant que possible, on donne à cette statuette la console dite des Droits de V Homme de 1793, éditée chez Ozias, q^ui, en 186A, était encore en possession du moule.
CURlOSITfiS. 365
MARAT. (De profil à gauche. Portrait médaillon rond, mesurant 20 centimètres.)
Marat est représenté à Tinstant où il vient d'être frappé. La tête enveloppée retombe en arrière, et les lèvres semblent laisser échapper les derniers accents de son appel suprême : « A moiy à moi^ ma chère amie ! »
Ce médaillon, le plus parfait de tous ceux que nous connaissons, est un vrai bijou dans une collection ; la figure y est d'un modelé irréprochable, et le travail d'un fini qu*on ne rencontre dans aucun autre objet de ce genre.
Cette belle production de l'art révolutionnaire porte, comme d'autres, que nous signalerons, les traces du danger, qu'à une certaine époque, elle fit courir à son auteur dont le nom a été gratté. Il y a entre ce portrait et celui qui est dessiné par Gabriel, reproduit par Jules Perreau, pour le Salon de 18A6, une similitude qui ferait croire à une copie de notre médaillon, avec cette différence dans l'interprétation, que Gabriel et Jules Perreau, se méprenant sur l'inclinaison à donner, ont cru y voir un Marat à la tribune.
MARAT. (Un faux.) Médaillon ovale en hauteur, de 165 millièmes, sur 115. Propriété de M. Chéron de Villiers.
Ce médaillon, dont le cadre porte pour légende : a cor Jesu ! cor Marat I » a été vendu à M. Chéron de Villiers pour un marbre exécuté après le 13 juillet 1793, et représentant un Marat mort, attribué, je crois, à Bonvalet.
Nous savons qu'à la date du 26 juillet 1793, le citoyen Bonvalet, chargé par un précédent arrêté de la Commune de Paris d'exécuter le buste de Marat, pré-
sentÀ ce buste dont la ressemblance frappante mérita à l'artiste les plus vifs applaudissements. Mais en présence du Murai mort^ de M. Chéron de Villiers, nous nous croyons obligé de protester contre ce faux Marat, dans lequel on trouvera sans peine un antique de quelque Taleur, mais un Marat, jamais. Cette tête est couronnée d'une draperie en torsade ceignant une chevelure soigneusement arrangée, et partagée sur le milieu de la tête avec un soin et une précision qui cadrent mal avec un Marat mort.
Quant à l'allure générale de la physionomie, au lieu d'un mort qu'y a trouvé M. Cbéron de Villiers, nous y voyons l'expression d'une m&le énergie qui rappelle celle de la Victoire, un des plus beaux motifs de l'Arc de triomphe de l'Étoile.
En résumé, nous précisons. Ce n'est ni un mort ni un Marat. Les artistes et les hommes compétents prononceront*
Dans l'erreur de M. Chéron de Villiers nous entrevoyons une de ces supercheries auxquelles les collectionneurs sont si souvent exposés, et qui nous rappelle un certain buste en marbre quatre ou cinq fois centenaire qui nous fut présenté pour un Marat. Il faut espérer que ces observations et d'autres encore serviront à dessiller les yeux des collectionneurs.
MARAT. {Médaillon rond, en plâtre, de O-.IO.) Périrait en buste, de profil à gauche; chevelure négligée, demi longue et retombant sur le col ; chemise et vêtement ouverts sur la poitrine, revers à fourrures.
Ce type rappelle à la fois le buste de la manufacture
de Sèvres, et le portrait de Marat, gravé par Alix d'après Garnerey.
Il n'existe que quelques rares surmoulés en plâtre de ce joli petit médaillon, dont le bronze, qu'on dit avoir appartenu à Albertine Marat, était la propriété de M. Gabriel Cbaravay*
MARAT. (Médaillon rond, de 0'",125. Signé : David (d'Angers) 1830).
Portrait en buste, de profil à gauche. A gauche, le nom de Marat, à droite, quelques feuillets du journal VAmi du peuple^ traversés par le couteau, instrument du crime.
Dans ce portrait, l'artiste a observé la coiiïure de l'époque.
MARAT, (Le même en galvanoplastie, tiré à six épreuves pour quelques amis, par Haulard, en 1869.)
MARAT. (Masque moulé sur nature morte. Hauteur 30 centimètres. Anonyme.)
Ce moulage est attribué à Bonvalet, qui put ainsi reproduire avec une ressemblance parfaite les traits de l'ami du peuple dans les bustes de Marat, que l'artiste offrit à la Convention nationale le 25, et au Conseil général de la Commune de Paris, le 26 juillet 1703.
Ce masque, aujourd'hui fort rare en parfaite conservation, a été, nous a-t-on dit, très-répandu après 1830. Nous croyons que le moule existe encore dans quelque Musée du Louvre.
Vérité, graveur, a reproduit ce masque dans une gravure in-8.
MARAT. (Portrait en buste, peint par Boze. Médaillon
rond de 0'",05Ô. Cette miniature est la propriété de la famille de feu M. Goupil-Louvigny.)
Dût-on nous accuser de scepticisme, nous dirons ce que nous pensons, et cela sans la moindre intention de froisser qui que ce soit.
Eh bien, ce médaillon dont nous devons la communication à l'obligeance toute particulière de M. Goupil- Louvigny, ce médaillon ne nous parait pas être de Boze, à moins que le bon peintre n'ait été médiocre miniaturiste.
Cependant H. Goupil-Louvigny nous a dit ne s*étre jamais dessaisi de ce médaillon qu'il tenait directement d'Albertine Marat, dont il était le confident et l'ami. Voilà pour un fait.
D'autre part, il existait dans une collection restée anonyme, un autre portrait miniature de Marat, par Boze, signalé sous le n^ 176 du catalogue de la vente des livres^ autographes et brochures^ la plupart sur lu Rivolulioriy composant la bibliothèque de feu M. Cas...^ homme de lettres. 1843.
Y a-t-il réellement deux miniatures semblables, et si elles existent, laquelle est authentique?
Nous laissons aux personnes compétentes, et à la perspicacité des amateurs le soin de résoudre ces questiens.
ALBERTINE MARAT. Miniature sur ivoire d'un fini exquis, mesurant 0"',056 de diamètre. Sous verre convexe, et dans une modeste petite botte, ronde et plate, façonnée au tour, mesurant 0<',067 de diamètre, sur 0™,009 d'épaisseur, y compris le couvercle.
Portrait de femme d'une trentaine d'années envi-
ron; de trois quarts adroite : cheveux châtains; yeux gris jaune, vifs et perçants; nez aquilin au-dessous proéminent; bouche close, lèvres épaisses; visage ovale, aux pommettes légèrement accusées. Fichu de gaze blanche, ouvert sur la poitrine; corsage violet; pelisse jaunâtre.
Après les événements politiques de 18A9, un de nos amis, se promenant sur le boulevard de la Bastille, avise ce portrait chez un marchand de curiosités. Il le prend, l'examine, et, dans le couvercle dissimulé sous la boîte, y voit ce nom : Albertine^ écrit à la plume. Acquisition faite, notre ami demande de qui est le portrait, et d'où il vient. — De qui? je ne sais, répond le marchand, mais ma femme l'a acheté, il y a plusieurs mois, à une dame, réduite à aller à la Salpétrière, et qui possédait différents objets de valeur. — Sans perdre de temps, notre ami se rend à l'établissement indiqué. On constate en effet l'entrée d'une personne répondant exactement au signalement fourni par le marchand, mais cette dame était décédée depuis plusieurs semaines.
Pour ceux qui, comme nous, connaissent les détails intimes de la vie de Simonne Evrard et d'Albertine Marat, il n'y a point d'équivoque sur l'authenticité de ce portrait ; mais ce qui aurait été utile et intéressant à connaître, c'est la Gliëre par laquelle ce portrait se trouvait entre les mains de cette dame.
Nous avons heureusement fait reproduire ce portrait par la photographie; nous disons heureusement, car depuis, il lui est arrivé un petit accident.
MARAT. a Portrait au pastel, par Couturier Wille,
le fils, oflicier du poste des Cordeliers pendant la maladie de Marat, en juin 1793. » (Col. G. Vatel.)
Telle est l'inscription jointe au revers de ce tableau, et qui seule suffit à déceler la supercherie.
MARAT. Matrice gravée sur buis, pour un almanach de 1848. — (Hauteur 0«,082 sur 0",064.)
MARAT. Petit buste en argent massif, pour breloques. (Hauteur 0-,017.)
MARAT ET LEPELLETIER. Bague en argent, dite aux deux martyre.
Sur une virole unie, garnie haut et bas d*ua cordon très-fin de petits points en saillie, se détachent les figurines estampillées sur une petite feuille d'argent doré, entourée d'un cordon semblable à celui de la bague. (Hauteur de la bague, 0",012.)
MARAT, CHALIER, LEPELLETIER. Bague en argent, dite aux trois martyrs.
Virole estampée, bordée haut et bas d'une couronne circulaire de feuillage. Pour inscription : 1^ Maraî martir de la liberté. — 2" Lepelletier martir de la liberté. — S"" Au-dessous du portrait, le nom de C/ialier.
Les figurines sur une seule feuille i*epoussée, comme pour la précédente. (Hauteur de la bague, 0*,012.)
A l'époque des cérémonies en l'honneur de Marat, Lepelletier et Chalier, les citoyennes portaient aussi comme ornement de circonstance un petit médaillon soit rond, soit ovale, en argent, le plus souvent en cuivre doré, présentant d'un côté l'effigie de la République, de l'autj'e les images réunies, quelquefois sépa-
CUIUOSITÉS. 374
rées de Marat, Lepelletier ou Chalier, selon que les hommages étaient adressés à Tun ou à l'autre, ou à tous les trois ensemble.
MARAT. Portrait en buste, de profil à gauche, coiffé du mouchoir.
Sur feuille de cuivre, au repoussé, d'un joli travail. Sous la saillie du bras gauche, les initiales J. P. M. (Jean-Paul Marat.) — Le diamètre de cette sorte de médaille est de 0",077.
Ce portrait a été reproduit en plâtre et en bronze ; parmi ces derniers, nous en possédons un qui a pour légende : Marat tué en i793.
MARAT. Portrait en buste, de profil à droite, coiffé du n)ouchoir, chemise à jabot largement ouverte sur la poitrine; type peu commun parmi les portraits.
Médaillon ovale, de 0'»,028 de hauteur, sur 0™,022, coulé en cristal ou blanc, ou jaune de manière à présenter des reliefs dans IVpaisseur même du cristaU (Signé Simon.)
Ce petit objet semble avoir été exécuté pour être monté en bijou commémoratif.
Depuis 18A8, il en a été fait des reproductions au moyen d'un moulage coulé dans le revers, qui est creux, ces reproductions se présentent alors en relief; nous en avons une formant médaille : d'un côté Marat, de l'autre Charlotte Corday.
MARAT. Portrait en buste, de profil à gauche. Socle sur lequel se détache en relief le nom de Marat.
C'est un surmoulé en cuivre, auquel on donne pour pendant celui de Chalier. — Diamètre de cette médaille, 0"',047.
MARAT. Portrait en buste, de profil à droite, coiffé mouchoir. — Pour légende : Marat martir de la liberté. Sur le revers, la République tenant une lance surmontée du bonnet de liberté, et s' appuyant de la main droite sur un faisceau, emblème de Tunion. — Pour légende : La liberté ou la mort.
Surmoulé en cuivre du diamètre de 0",0S4, fait depuis 18A8 sur une médaille de 1793.
MARAT. Portrait en buste, sur socle; de profila gauche. Hauteur totale 0",013. — Pour légende : Marat ^ l'ami du peuple il 93. — Au revers : Liberté y République françaize^ avec un joli type de la figure de la République.
Surmoulé en cuivre, médaille de0"'.022 de diamètre.
LEPELLETIER, GHALIER, MARAT. MédaiUe en bronze, du diamètre de 0'",055, représentant trois petits médaillons ovales renfermant chacun le portrait d*un des martyrs de la liberté. Le fond de la médaille est un semis de branches feuillées. — Le revers représente deux génies, plaçant un bonnet de liberté sur un faisceau, au-dessus duquel est cette inscription : A la mémoire du glorieux combat du peuple français contre la tyrannie aux Tuilleries. La Commune de Paris.
GHALIER (tète de). Surmoulé en bronze. Médaille de 0"»,038 de diamètre. — Sur une face, L. P. H. Chalier mouru {sic) pour la patrie à Lyon ; sur l'autre, figure de la République s'appuyant de la main gauche sur un médaillon oix Ton devine une figure de Marat; de la droite, la République tient une lance surmontée » du bonnet delà liberté.
- LEPELLETIER ET MARAT. Deux portraits en bustes, séparés par une lance surmontée du bonnet de la liberté. Pour légende : Aux grands hommes la patrie reconnaissante.
Médaille en cuivre, à double face. Surmoulage de 1848. Diamètre 0",035.
MARAT. Portrait en buste, couronné de feuilles de chêne. — Pour légende : Marat des nations défenseur intrépide. — Au revers, Ghalier, portrait en buste, avec cette légende : L. P. H. Ghalier mourut pour la patrie à Lyon. 1793.
Médaille en métal de cloche, du diamètre de 0'',039 et d'une exécution des plus mauvaises.
En général, ces médailles, si elles n'avaient un intérêt historique, ne mériteraient pas une description.
MARAT. (Essai d'un coin, de 0°*,009, frappé sur un liard.)