MARAT, TEL QD'IL ÉTAIT AD MOMENT DE SA MORT
Ceci est une pièce unique; c'est le cuivre gravé par Copia, fameux graveur, d'après le dessin à la plume, fait par Louis David, pour son tableau Marat assassiné.
Hauteur 0'",377, sur 0'",312. Les vives-arêtes ont été adoucies après les premiers tirages; on reconnaîtra donc les anciennes épreuves aux différentes empreintes.
MâRAT. Peinture sur porcelaine. Hauteur 0'",110, sur 0",096. — C'est une reproduction du Marat peint par Boze, mais d'une exécution qui rappelle les enluminures de bonbonneries.
MARAT, LEPELTIÉ, CIIALIER, BARA, VIALA.
Figurines réunies dans un petit médaillon ovale de 0",33 de large, sur 0"*,i2 de hauteur. En cuivre repoussé. Les figurines de Harat, Lepelletier, Cbalier, semblent du même coin que celles des Bagues dites aux martyrs. Cette médaille a pour inscription circulaire : Morts victimes de la liberté en i793.
MARAT. Ivoire sculpté à jour, et au mUieu, un portrait en buste de Marat, de profil à gauche, et coiffé du mouchoir traditionnel.
Ce médaillon, de forme ronde, et d'un travail des plus délicats, mesure 0°',065 de diamètre, et n'a que l'épaisseur d'un fort papier carte.
MARAT, LEPELLETIER ET CHALLIER. Ivoire sculpté à jour, plus ouvragé que le précédent. Manque le médaillon de Chalier.
Dans un cercle d'ivoire, mesurant 0'",06i de diamètre, se trouvent trois petits médaillons ovales autour d'une pyramide sur laquelle on lit : Aux mânes de Maraty Lepelletier et Challiery martyrs de la liberté. (Même épaisseur que le précédent.)
De 1792 à 1795, ii a été fait quelques dessins relatifs à Marat, mais, à en juger par ce que nous avons vu, l'appât du lucre les a considérablement augmentés. En voici un exemple.
M. B..., peintre, dessinateur, restaurateur de tableaux, informé que deux actifs collectionneurs recherchaient les sujets relatifs à Marat et à Charlotte Corday, se mit si bien à l'œuvre, qu'en peu de temps il devint une sorte de manufacturier de ces productions historiques, dont quelques-unes, que nous avons vues sur le chevalet, ne sont pas sans mérite, mais qui, au point de vue de la vérité, sont loin d'avoir l'intérêt d'un sujet calqué sur les événements mêmes.
Ces peintures et ces dessins, auxquels on ne négligeait rien pour leur donner une apparence d'authentique vétusté, nous étaient invariablement présentés comme d'heureuses trouvailles par M. B... ou ses collègues.
On n'est pas toujours habile dans l'art de trom-
per; or, voici ce qui arriva. M. B..., chargé pour notre compte de différentes copies au Cabinet des Estampes, nous apporta, certain jour, un dessin représentant Marat assassiné. La baignoire était tellement exagérée de longueur, qu'il était évident que Tartiste n^avait pas compris ce détail de la composition du tableau de L. David. « L*excédant, lui dis-je, fournirait volontiers de quoi restituer à ce dessin la petite caisse ou billot traditionnel qui fait défaut dans ce sujet. — N'est-ce que cela, dît-il, une retouche y remédiera. »
Quelques jours après, en effet, le même dessin nous était représenté ; il y avait en plus un large billot sur lequel reposaient des fioles à l'usage du malade.
Y avait-il malveillance de la part de l'artiste? Assurément non. Mais quel trait de lumière au point de vue des ennemis de Marat, qui se sont efforcés de le peindre comme un perdu de débauches succombant aux suites d'une maladie honteuse.
Gomme ces témoignages, purement fantaisistes, servent quelquefois à étayer l'imposture et la calomnie, notre devoir est de les prévenir, comme c'en est un pour les collectionneurs de refréner leur aveugle confiance.