‹ La Bibliothèque nationale à Paris. Notices et extraits des manuscrits que concernent l'histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 111 sur 128 · Coleccioii de Cartas · texte numérisé non relu

Coleccioii de Cartas

In-fol.. pap. , 257 feuillcls, écrilure des XVI» et XVII" siècles. (Le manuscrit est coté de 1 à 314, mais ii y a lacune du fol. i au fol. Si.)

Les lettres contenues dans ce Recueil sont pour la plupart originales. M. Ochoa en donne Ténumération '. Je signalerai ici celles qui m'ont paru les plus intéressantes au point de vue de l'histoire de Belgique.

I. — Lettre de don Francés de Alava, ambassadeur de Philippe II près la cour de France, écrite de Paris, le 8 août iS67, à Catherine de Médicis. Il lui donne avis que la duchesse de Parme fait armer huit navires pour aller au-devant du roi et de sa flode. {Orig.) — Fol. 99.

II. — Lettre du même à la même, écrite de Paris, le 20 août 1567. Il se plaint de ce qu'un courrier dépêché par le duc d'Albe au roi catholique, et qui passa par Paris il y a huit jours, a été détroussé à trois ou quatre

'postes plus loin que Poitiers, quoique le postillon ait sauvé les dépêches. {Orig.) — Fol. 100.

III. — Lettre du même à la même, écrite de Paris, le 22 septembre I56S. Le roi, par une lettre qu'il a reçue cette nuit, lui commande de dire au roi très-chrétien et à la reine mère qu'il s est beaucoup réjoui du bon succès de l'affaire de Saint-Valéry *, et que Leurs ."Majestés doivent tenir pour certain que, toutes les fois quelles ordonneront aux catholiques de combattre contre les hérétiques et les rebelles, ils rompront les tètes à ceux-ci, car ils ont Dieu et la raison pour eux. Le roi les prie affectueusement d'achever d'exécuter ce qui a été convenu : elles verront alors que bien vite elles auront tout le soulagement et le contentement du monde, tandis qu'elles ne l'au-

' Catdlogo ruzonado île lus manusciitos cspaholes, etc., p. 107.

• Le 18 juillet I0G8 le maréchal dcCossé, sur l'ordre de Charles IX, attaqua à Saint-Valéry un corps de huguenots commandé par le seigneur de Cocqucville , gentilhomme normand, et auquel s'étaient joints quanlilcde Belges réfugiés en Angleterre; il le mit en déroute cl fil un grand carnage des gens ilonl il était composé. Cocqucville et les chefs qu'il avait avec lui curent la tète tranchée. Les prisonniers belges, au nombre de vingt, furent délivrés au vicomte de Gand, qui les lil pendre.

ront pas en différant cette exécution. Enfin le roi a eu une satisfaction particulière de l'ordre qu'elles ont donné de faire délivrer au duc d'Albe les fugitifs des Pajs-Bas qui se sont trouvés à Saint-V^aléry, ayant correspondu par-là à l'amitié et aux sentiments fraternels qu'il a pour elles '. {Orig. ) — Fo\. M 6.

IV. — Lettre de Philippe II au duc d'Albe écrite de Madrid , le .. octobre 1368. Le roi très-chrétien l'a fait prier, par M. de Lignerolles, gentilhomme de sa chambre, d'ordonner au duc, au cas que le prince d'Orange, abandonnant l'entreprise des Pays-Bas, voulût envahir la France , qu'il l'en empêche, aAec les forces dont il dispose, là et au temps qu'il en sera requis par ledit roi, qui, de son côté, a ordonné au duc d'Aumale d'aider le duc avec celles qu'il a en Champagne et en Bourgogne, en tout ce qu'il lui demandera. « Comme — continue Philippe II — j'y ai consenti très-volontiers, pour le désir que j'ai du bon succès des affaires du roi très-chrétien au même degré que des miennes propres, principalement lorsqu'il s'agit d'une si juste et si raisonnable chose que de l'aider à conserver et à défendre son royaume et à châtier les vassaux qui avec tant d'irrévérence se sont révoltés et ont pris les armes contre lui , nous vous chargeons et ordonnons, le cas susdit arrivant et le roi mon frère vous en faisant la demande, de l'assister, avec les gens de guerre et les forces dont il sera besoin, pour empêcher ledit prince d'Orange d'entrer en France : faisant en cela au roi très-chrétien tout le plaisir et service qu'il sera possible, conformément à ce que vous connaissez de ma volonté, ainsi qu'à l'ordre que nous vous avons donné en général, et

' u Christianissima Real Magcsiad. csia noche rrecivi una caria del rcy, mi sefior, de primcro de agosto, que me envia de Anvéres un hombrc suyo que dcscmbareo alli à los 17 deste. Remilcse à très 6 quatre que me lieue cscriptas, de las quales no he rrecivido ninguoa. Ordéname que diga al rey christianissimo y â Vucstra Magcsiad que ha olgado mucho del buen succcsso de lo de Saiict Valeri, y que Vuestras Magesladcs tcngan por cicrlo que, todas las vezes que mandarcn à los calholicos que pelccn contra los hcrcges y rrebcldcs, les rromperàn las cavcças, por tener d Dios y â la razon de su parte, y que pide afcctuosamcnte â Vuestras MagcslaJes acaven de cxccular lo acordado, y que Vuestras Magesladcs verân quan presto quedan con todo cl alivio y contcnto del mundo; y le crean , que no le ternàn micntras lo anduviercn dilatando, y que Vuestras Magestades le an dado particular conlcntamienlo en mandar cnlrcgar al duque de Alva los foragidos de los Paises Baxos que se allaron en la dicha Sanct Valeri, porque ha sido dcmoslraeion de la correspondencia que se devc à la bucna hermandad y amistad que à Vuestras Magestades lienc •

1) que nous vous donnons maintenant en particulier par la présente '. » {Cop.) — Fol. i.

V. — Lettre de don Francés de Alava à Catherine de Médicis, écrite de Paris, le 10 novembre 1568. Il reçoit, en ce moment, dix heures du matin, une lettre du duc d'Albe datée du 6, à trois lieues de Liège, où le duc lui marque qu'il suit le prince d'Orange, lequel, voyant qu'il ne peut passer la Meuse, se dirige vers le Cambrésis. Ledit duc ajoute qu'il le suivra et pressera, autant qu'il le pourra , jusqu'à la Somme; que là, ou avant d'y arriver, il désirerait trouver 2,000 chevaux de Leurs Majestés Très-Chrétiennes, parce que, au moyen de ce renfort, aucun des hommes du prince d'Orange n'échapperait; que d'infanterie il en a plus qu'il ne lui en faut, les ennemis en ayant fort peu. Alava prie la reine mère de prendre les mesures nécessaires avec toute la promptitude que la chose exige \ (Orig.) — Fol. 117.

' « Duque primo, el cliristianissimo rey de Francia, nii hcrmano, me ha embiado â pedir, con Mos. de Ligneroles, su geiililhombre de la càmara, que os escrivicsse y erabiasse à niandar que , en caso que el principe de Oranges quisicsse dexar la empresa dessos Eslados y passar â invadir el reyno de Francia, juntdndosc 6 entendiéndose con el Condé, como se ha dicho que lo tratava, vos acudiessedes a cstorvàrsclo con las fuerças que ay teneis nuestras, por la parte y al liempo que por el rey fucredcs requerido, diziendo que él tambien ha mandado al duque d'Omala que os assista con las suyas que tiene en Champaiia y Borgona, en todo aquello que vos os quisiéredes valer dcl y délias. Y porque yo he venido en ello de niuy buena gana, por dessear cl buen succeso de las cosas del rey christianissimo en ygual grado que el de las mias proprias, mayormente en una tan jusia y razonablc como es ayudaric à conscrvar y dcfender su reyno y castigar los vassallos que lan dcsacatadamentc se le han rebelado y tomado las armas conlra él, os cncargamos y mandamos que, si vinicre el caso arriba dicho, y cl rey mi hcrmano os lo pidiore, le ayudcis y assistais con la gente de gucrra y fuerças que fueren menester para cstorvar al dicho principe de Oranges que no entre en Francia, hazicndo en esto al rey christianissimo toda la comodidad, plazer y servicio que fuere possible, conforme à lo que teneis entcndido de mi voluntad y d la drden que en gênerai os havemos dado y agora os dames en particular por la présente. Que yo seré dcllo muy scrvido.

" De Madrid, â .. de octubre 1BG8. »

• Christianissima Real Magestad, en este punto, que son las 10 horas de la maiiana, acavo de recivir una carta del duque de Alva de los 0, de très léguas de Lieja, yendo siguiendo al principe de Oranges, el quai con su excrcito, visto que no puedc pasar la Mosa, se encaminava d la buelta de Cambrcsys. Dize el dicho duque que le vendra siguiendo y apretando, quanto pudiere, hasfa la Soma; que en ella, o ântes délia, si Vuestras Magestades Christianissimas fuesen servidos, querria fopar hasta dos mill cavallos, porque con esta provission no escapdra hombre dellos, que infanlcria demasiada tiene el dicho duque y los enemigos muy poca. Vucstra Magestad vea con su grau prudcncia y provca en todo con la presteza que se requière »

VI. — Leltre de la duchesse d'Albe ' à Catherine de Médicis, écrite de Madrid, le 20 mars lo69. Elle lui dit de l'infante Isabelle : « Hier nous » demandâmes à Son Altesse ce qu'elle était ; elle répondit qu'elle était » espagnole et française. Elle apprend le français afin, dit-elle, d'écrire à » son aïeule *. »

VII. — Leltre de Philippe II au duc d'Albe, écrite de l'Escurial, le 4 juillet lo69 : « La reine très-chrétienne, ma dame et mère, m'a fait savoir, par » lettre de sa main, et plus particulièrement par l'ambassadeur 31. de » Fourquevaulx, que l'armée du duc des Deux-Ponts s'est déjà jointe à » celle de l'amiral ; que les forces du roi très-chrétien, mon frère, sont suf- » Osantes pour défaire celles des ennemis, car elles leur sont supérieures » en nombre et en qualité, mais que, s'il venait à ceux-ci des secours d'Alle- )> magne ou d'Angleterre, comme on le craignait, ledit roi ne leur pourrait » bonnement résister sans mon aide: cest pourquoi LL.M3I. vous ont envoyé » un gentilhomme, pour vous demander, en exécution de ce que je vous ai » écrit et ordonné plusieurs fois, daller les assister de votre personne et » des gens de guerre qu'il y a aux Pays-Bas. Quoiqu'elles soient persua- » dées que vous le ferez, elles me prient, vu l'importance qu'il y a pour n elles d'en être assurées, de renouveler l'ordre que je vous ai donné; en )> même temps elles me demandent d'envoyer, de ces royaumes vers » Bayonne, 4,000 hommes d'infanterie qui se dirigeront vers le camp du » sérénissime duc d'Anjou, pour renforcer et rafraîchir son armée.

» Comme je désire ardemment voir la restauration de la religion en

» France et le roi très-chrétien, mon frère, en repos et avec l'entière obéis-

» sance de ses sujets; considérant aussi qu'en cela se fait ce qui convient à

» la sûreté et à la tranquillité des Pays-Bas, j'ai consenti très-volontiers

» à l'une et à lautre chose. Déjà j'ai ordonné qu'on lève de suite en ces

» royaumes lesdits 4,000 gens de pied et que, sans perdre de temps, on

» les dirige vers la frontière, afin que de là ils se rendent au lieu où le roi

n Irès-chrétien ou le duc d'Anjou jugera qu'on a besoin d'eux. Vous, ce

» dont je vous charge- spécialement, c'est que, celle-ci vue, sans attendre

' Elle avait clé camurera mayor de la reine Isabelle, et elle clait gouvernante de ses filles. ' a ... Ayer preguntàbamos à Su Altcza que que cra, y diio que era espanola y francesajy aprendu à liablar la Icngua : dize que para escrivir à aguela... »

» autre ordre ou commandemenl de moi , chaque fois que la demande vous » en sera faite de la part du roi très-chrétien, vous alliez en personne, » avec toutes mes forces ou la partie de celles-ci qu'il faudra , vous opposer » au duc Casimir ou à quelques autres gens de guerre que ce soit qui » d'Allemagne descendront vers la France, afin de leur en empêcher l'en- » trée : protégeant et défendant ce royaume de la même manière et avec » le même soin , effet et diligence que vous avez protégé et défendu les » Pays-Bas. Car, comme je tiens et les biens et les maux du roi mon frère » métré communs, vous avez à faire état que ses choses sont les miennes » propres, et à y donner votre attention comme étant telles : ayant soin, » ainsi que vous l'avez eu jusqu'ici, de lui faire, en cette occasion et en » toutes autres, tout le service et le plaisir que vous pourriez faire à » moi-même si j'étais en la nécessité où il se trouve. Outre que c'est là » ma précise et expresse volonté, vous me donnerez lieu, en l'accomplis- » sant, détre très-satisfait de vous '. » {Cop.) — Fol. 2.

VIII. — Lettre de don Francés de Alava, écrite de Tours, le 20 décembre io69, à Catherine de Médicis, touchant « la cruelle et pernicieuse guerre » qui se fait en la mer aux sujets du roi son maître, laquelle guerre est n certainement la pire que jamais on ait ouïe, puisque la première chose » que font ceux qui capturent les navires est de jeter au fond de la mer

' Il Duquc ])rimo, la chrislianissima reyna, mi scfiora y madre, nie ha lieclio cnlcnder, por caria de su raano, y mas parlicularmeiilc por medio del cmbaxador Mos. de l-'orqurvaulx, como se liavia ya juntado cl exéreito del duque de Dos-Pucnlcs con el del almirantc. Y porque, aunque el del chrislianissiino rcy, mi hermano, cra superior en la bondad y numéro de la gente de à pic y de à cavallo, para deshazcr cl de sus enemigos (que ya esta dcntro de su rcynoj, mas que si les viniesscn nuevas fuerça'; por la parte de Aleniaiila, 6 por la reyna de Inglalerra, como se temian, no les podrian buciiamcnlc rcsislir sin mi ayuda y assistencia, y que por tanto os liavian embiado un gentilliombrc para os acordar y pcdir que, ])oiiiendo on execucion lo (juc yo os lengo escripto y mandado divcrsas vczcs, les acudiessedes con vuestra persona y con la genlc de gucrra que en essos Eslados se cntretiene, diziendo que aunque crcyan que vos los cumpliriais assi , lodavia me pcdian y rrogavan que, por lo muclio que les va en cstar cerlifieados desto, mandasse rcnovarla orJcn que ostengo dada., y que, junlamente con cslo, les mandasse cmbiar dcstos reynos, por la parle de Bayona, quatro mill ynfantes cncaminados al campo del screnissimo duque de Anjû, para rcsforçary refrcscar su cxércilo. Y eomo yo dessco lan de vcras ver restaurada la religion en aquel reyno, y al chrislianissimo rey mi hermano en rcposo y entera obedicncia de sus sùbdilos, y cnlendiendo que tambien en esto se haze lo que cumpic à la scguridad y quiolud île essos mis Kslados, lie veiiido en lo uno y en lo olro de niuy burna gana, y mandado que luogo se levanlcn aqui los diclios qualro mill ynfantes, y que se onca-

» toutes les personnes qui se trouvent à bord '. » C'était des pirates français que l'ambassadeur voulait parler. — Fol. 158.

IX. — Lettre de la duchesse d'Albe à Catherine de Médicis, écrite de Madrid, le 7 janvier 1570. Elle donne à la reine mère des nouvelles des deux infantes, ses petites-filles, Isabelle et Catherine : « Certes — lui dit-elle » — il y a lieu de s'étonner en voyant ce que savent Leurs Altesses, et par- » ticulièrement la dame infante donne Isabelle. Je suis persuadée que qui- )) conque la verra la croira beaucoup plus âgée, car c'est lenfant de son » âge' le plus avancé que j'aie vu, elle plus heureusement doué'.» —Fol. 86.

X. — Lettres de don Francés de Alava écrites, de Paris, le l" novembre 1571, au roi et à la reine mère de France, pour les féliciter à l'occasion de la victoire de Lépante. — Fol. 144 et 145.

XI. — Lettre autographe de Jean-Baptiste de Tassis, ambassadeur de Philippe il près la cour de France, écrite à Henri III, de Paris, le 3 juillet 1583, afin que ses sujets n'aident point les rebelles des Pays-Bas, et que lui-même il n'écoute pas les envoyés de ceux-ci. — Fol. 168.

Sire, si je voulois remémorer icy les longues et conliiuièles ofTeiices que nous font aux Pays-Bas les vassaulx de Vostre Majesté, de quelques atuiées en clià, contre nous

mincn, sin perdcr ticmpo, à la fronicra , para que de alli aeudan â la parle donde cl rey chrislianissimo ô cl duque de Anjû, su hcrmano, avisarcn que los havràn mcnésier. Y à vos os encargo muclio que, vista esta, sin cspcrar ofra ôrden ni mandamiento mio, siempre que por parte del rey cliristianissimo os fuerc pedido, acudais en pcrsona, con todas mis fuerças ô la parle que délias fueren menestcr, â opponcros al duque Casimiro 6 à qualquier otra gente de guerra que de .\lcmania ba.xari' à daûo de la Francia , procurando de estorvârselo y de impedirlcs la entrada , amparando y defendicndo aquel reyno de la niisnia manera y con cl misnio cuydado, affecte y diligencia que havcis ampaïado y defcndido cssos mis Eslados , porque^ como tengo por tan comunes los bienes y los maies del rey mi hermano, haveis de liazcr quenla que sus eosas son propias mias, y mirar por cllas como por talcs : tenicndo cl rcspccto y atencion que hasia aqui havcis tenido para le hazcr, en esta y otras qualcsquicr occasiones , cl scrvicio y plazcr posiblc, y el que à mi mesmo me hariades, si yo csluviessc en la nccesidad en que cl se lialla. Que demâs de scr esta mi prccissa y cxpressa volunlad, me terne de vos en cllo por muy sirvido. Del Escurial, à (|uatro dia-i del mes de jiilio, aîïo de I îiGO. <■

' " ... La cruda y perniciosa guerra que se hazc â sùbditos del rey my senor en la mar, que cierto c; la peor que liombrcs lian oydo, .... pues no toinan navio ([ue lo piimcro es liccliar loda la génie del à fonde... O

' Isabelle n'avait pas encore trois ans et demi, étant née le 12 août 15C0.

• " ... Cierlo espanta ver lo que (Sus .Vltezas) saben, y particularnienle la senora ynfanla doHa Isabel. No crco yo que la verâ nadie que no la juzguc por de muelia mas cdad. porque es la niayor criatura que hc vislo de lasuya, y de mas linda dispusicion.... •

irettés de paix, bien el repos publicq, ei en i'avuer de liérétiques el rebelles que tout le munde devroit avoir en liorreur, ce seroit attédier Vostre Majesté sans propos, veu qu'elles vous sont cogneues plainement. Ousy n'y asl-y en cecy riens plus de déplorable que de véoir que, nonobstant toute ceste justice et le mal qu'en advient au resfard de lu religion catbolique, que n'y peult estre redressée par tels empescheniens, tant s'en fault que l'on s'en vuillie désormais abstenir, que pluslost l'on s'est résolu d'y continuer et dresser en cestuy vostre royaulme nouvelle armée à cesteffect, s'y tenant en plusieurs endroits gran nombre de cavallerie et infanterie, avecques bruict que bienlost il y doibt avoir à nostre frontière ung camp des François pour nous courir sus, tout ainsy comme s'il feust licite à qui veult de runipre les sacrés liens de la paix , au lieu que Vostre Majesté en est seul gardien, obligé à n'en permettre infraction de personne des siens.

A cause de quoy, Sire, je n'ays sceu laisser de recourir vers Vostre Majesté sur ce faict, poiu- la supplier très-humblement de faire cesser lesdictes levées, donnant ordre que ses vassaulx se comportent d'icy en avant vers Icsdicts Pays-Bas sçuivant lesdicts trettés de paix, el se abstiègnent à nous y endommager. Et ne adjousteray à cecy plusieurs raisons que pourois pour remonstrer à Vostre Majesté de combien elle doibt au roy mon maisire ce que de sa part je vous demande présentement , car Vostre Majesté, par sa grande prudence, les sçaural très-bien considérer : tant seulement la prieray-je de se vouloir souvenir qu'il n'y sçauroit avoir chose plus propre et digne du roy trèschristien que postposcr toutes choses au bien et repos de la christianité.

D'autre part, le bruict court icy que quelques députés desdicts hérétiques et rebelles seroicnt venus vers Vostre Majesté à Masières, pour vous prier d'acepter leur protection et embrasser leur faict. Et combien que je ne faicts doubte que Vostre Majesté , cognoissant très-bien leurs Ans et se souvenant de ce que méritent gens samblables, les aurat faict retirer incontinent, plustost que de les accouster, si n'ay-je partant voulu ausy laisser de représenter à Vostre Majesté et luy réduire en mémoire que se seroit contrevenir directement à ladicte paix d'en user autrement, et qu'il n'est moings louable à ne gouster des mavais que de les chasiier. La suppliant très-humblement que, si ainsy fust qu'ilz n'en feusscnt encoi'cs partys, les vouloir rejetter, comme indignes de vostre présence, ce pendant qu'ilz se conliégnent à l'erreur. Oue maintenant ce serat. Sire, correspondre à la bonne et prompte \olunté qu'elle asi lousjours trouvée chiés le roy, mon mnistre, quant elle ast ou à faire de luy, et dont je luy rendray (idel tesmoigniage, alfin qu'il en demeure avecques l'obligation que de raison.

Et sur ce, baisant très-humblement les royalles mains de Vostre Majesté, je prie Dieu la maintenir et eonservei' en sauté longues années.

JOAN B.\TT' DE TaSSIS.

Harlay 228.

1 29. — Lettres des Archiducs. Gouveriiears, Seigneurs et Dames des Pays-Bas catholiques.

In-fol., pap., cartonné , l^-i fiuillcls.

Recueil de lettres adressées au roi et à la reine mère de France, à des ministres et à d'autres personnages. Toutes sont originales.

La première en date est de 1367, la dernière de 1051.

J'ai remarqué les suivantes :

L — Lettres du duc d'Albe à Charles L\ et à Catherine de Médicis. écrites de Bruxelles, le 19 septembre 1d67. Il leur envoie Oltavio de Gonzaga, à qui il les prie de donner foi et créance. (Esp.) — Fol. 1 et 4-.

II. — Lettre du duc d'Albe à la reine mère, écrite de Bruxelles, le 4 décembre d5()7. Il rend grâces à Dieu de ce que le roi très-chrétien et elle ont été satisfaits du secours qu'il leur a envoyé sous la conduite du comte d'Arenberg. Selon les intentions du roi son maitre, il ne manquera jamais de s'employer de tout son pouvoir au bien de leurs affaires; « et n me tiendray — ajoute t-il — au comble des honneurs et bonnes fortunes n que me pourriont advenir, si. devant ma mort, je povois recevoir ce bien 1) que d'avoir esté né pour servir à Vos Majestez en quelque chose. » — Fol 5.

III. — Longue et importante lettre du duc d'Albe à Catherine de iMédicis, écrite de Bruxelles, le 10 décembre 1367. Il répond à une lettre de la reine du 4. Catherine lui avait fait demander d'envoyer 2,000 arquebusiers espagnols au duc d'Aumale. pour empêcher le passage aux reitres qui voulaient entrer en France : il lui dit que plusieurs fois, depuis le commencement des (roubles de France, il lui a fait savoir l'impossibilité où il était de diviser ses troupes espagnoles, sans compromettre la tranquillité des Pays-Bas et les services qu'elles pouvaient rendre à la couronne de France: il ajoute que, lorsque l'ordre de la reine lui est parvenu, les 2.000 arquebusiers n'auraient pu joindre à temps M. d'Aumale, et que d'ailleurs,

avec les 2.000 chevaux de ce seigneur, ils nauraient pas été assez forts pour sopposer au passage des reitres. La reine lui écrivait que, s'il n'envoyait pas ce secours, elle serait déchargée envers Dieu, envers le monde et envers les princes chrétiens, au cas quelle saccordàt avec ses rebelles : il répond que, si la conclusion ou la non-conclusion d'un pareil accord pouvait dépendre de ce que le secours serait ou ne serait pas envoyé, lui et les gens de guerre qu'elle réclame iraient se faire tuer pour que la chrétienté ne reçût pas une blessure aussi profonde. Et puisque la reine lui parle tant d'un accord, il croit devoir, avec le respect qu'il lui doit, s'exprimer franchement à cet égard.

« Votre Majesté, lui dit-il, se souviendra que, sachant ce qui s'était passé à Meaux, et la retraite de Vos Majestés à Paris, et la manière dont leurs rebelles les y tenaient enfermés, connaissant les intentions du roi, mon seigneur, je leur fis offrir un secours de o.OOO chevaux et 13,000 gens de pied espagnols et allemands que j'aurais commandés moi-même, avec lequel jespérais défaire ceux qui tenaient V^os Majestés opprimées, et s'ils m'attendaient, leur rompre les tètes: et cela il est notoire au monde que je le pouvais , vu le peu de forces qu'ils avaient alors. Si mon offre eût été acceptée, tous les embarras auraient cessé en France; la religion y eût été rétablie; le royaume eût été réduit à l'entière obéissance du roi très-chrétien. Cette bonne volonté que j'avais ne fut pas acceptée.

» Je fis en même temps offrir à Votre Majesté et au roi très-chrétien, au cas qu'ils Aoulussent presser moins cette affaire, de leur envoyer d'ici 1,500 chevaux, 3,000 Allemands, 2,000 Wallons , les avertissant que je tenais en ivartgelt en Allemagne 5.000 reitres que j'étais prêt à lever pour leur service, mais que, s'ils en avaient besoin, ils ne tardassent pas i» m en informer, parce que, leur engagenjent étant près de finir, j'aurais à le faire prolonger. Il me fut répondu qu'on acceptait les chevaux, et l'on me demanda d'envoyer des Espagnols avec eux : des reitres on ne m'en dit rien. J'envoyai la cavalerie que Votre Majesté a vu, dans le meilleur ordre et avec la meilleure volonté que je pus. Après beaucoup de temps écoulé, on me fit savoir que j'eusse à m'assurer des reitres que j'avais offerts, et cela

lorsque le waiigell de la plupart de ceux-ci était expiré Les choses

s'élant |)assées de cette manière, j'oserai en appeler au jugement de n'imj)orle qui. pour décider si le roi, mon seigneur, n'a pas fait tout ce qu'il

devait à Dieu, à Voire iMajeslé et à sa fraternité avec le roi Irès-clirëtien, et si ion pourrait, en aucun temps, prendre occasion de ce qui n'aurait pas été fait de sa part pour en venir à l'accord dont Votre Majesté parle en sa lettre, parce que je n'aurais pas fourni cette dernière aide qu'on nie demande, et qui aurait été si faible et si infructueuse que je l'ai démontré.

1. Les conséquences pour la religion de la conclusion d'un accord. Votre Majesté peut les prévoir en considérant l'accroissement que. depuis celui d'Orléans, a pris cette maudite opinion aussi bien en France que dans plusieurs autres pays. Nous, qui avons mis la main aux affaires des Pavs-Bas nous pouvons bien attester que ça été la principale cause des désordres qu'il } a eu dans ces provinces; et il est connu du monde entier que. la religion se perdant en Fiance, elle se perdrait ensuite dans toute la chrétienté, quoique le roi, mon seigneur, tant qu'il vivrait, en fut le défenseur dans ses Etats. C'est là une chose si claire, si évidente, que je ne fatio^uerai pas Votre Majesté en y insistant. De façon qu'il faudra maintenant en venir à voir ce qu'il sera nécessaire de faire en France pour que la religion s'y conserve; et cela — Votre Majesté et le roi très-chrétien, son lils. étant ceux qui gouvernent aujourd'hui ce royaume — se peut dire en un mot : c'est que V os ^Majestés aient une entière obéissance de leurs vassaux, parce que, si elles l'ont, il n'y a à douter eu rien. Or, pour avoir cette obéissance, elles ne sauraient suivre un chemin plus pernicieux ni plus contraire à leur but qu'un accord avec leurs rebelles, car on ne peut dire que le prince qui capitule avec ses vassaux soit entièrement obéi d'eux: et le fruit que les princes retirent de ces obéissances de convention, ce sont des troubles et des rébellions comme ceux qu il y a aujourd'hui dans le royaume, et elles ne peuvent produire d'autres fruits, de même que le poirier ne peut donner que des poires

» Les princes doivent, autant qu'ils le peuvent, éviter d'entrer en guerre avec leurs vassaux, et Votre Majesté sait très-bien que c'est l'avis que je lui ai donne lorsqu'elle m'a consulté là-dessus. 3Iais si, pour ne pas leur faire la guerre, il faut risquer de perdre la religion et l'Etat, et voir sa vie exposée aux dangers que Votre ^Majesté et ses eufants ont courus jusqu'ici, la guerre doit être tenue pour un inconvénient infiniment moindre, ces cas n'étant point de ceux qui sont compris dans la maxime qu'il ne convient pas avoir guerre avec les vassaux. Par un accord la religion et tout ce que

404 LETTRES, INSTRUCTIOIVS , ETC.

j'ai dit se perdent sans qu on ait la chance de gagner rien. Par la guerre, si l'on risque de perdre, on a aussi la chance de gagner, et c'est l'unique moyen d'y parvenir. S'il y en a un autre, Votre Majesté me ferait une trèsgrande faveur de m'envoyer quelqu'un de ses conseillers pour me le dire et me tirer de l'ignorance où je suis. Et Votre Aiajesté ne trouvera pas, comme peut-être elle l'aura pensé d'autres fois, que l'avis que je lui donnai làdessus fut à une autre fin que de dire ce qui me paraissait convenable au bien de l'alTaire, puisque, dans le même cas pour lequel Votre Majesté me le demanda, je le donnai au roi, mon seigneur, et Sa Majesté l'adopta. Quel en a été le résultat, la situation de ces provinces, qui permet de secourir les Etats de Vos Majestés Très-Chrétiennes le dit assez, sans que j'aie besoin de le dire moi-même. On ne saurait regarder comme terminées les affaires entre les princes et leurs sujets et vassaux, si elles ne se terminent avec une très-grande autorité du prince, et cette autorité, il ne peut lavoir en transigeant. S'il y avait un moyen de les terminer sans guerre et sans transaction, tout demeurant à la volonté de Vos Majestés, je le tiendrais pour très-bon. •> En conclusion, le roi trè.s-chrétien, par l'accord, ne peut laisser de concéder des choses spirituelles et temporelles. En concédant les premières, il entreprendrait sur les droits d'autrui. A 1 égard du temporel, l'autorité du roi ne peut demeurer si entière qu il n en donne (juelque part à ses rebelles, et Votre Majesté sait très-bien avec quelle dinicullé un royaume divisé se peut soutenir, d'autant plus que ceux-ci, voyant la puissance du roi très-chrétien brisée, auraient grande facilité de gagner sur lui chaque jour, en augmentant leur parti et leur mauvaise secte. Et il vaut infiniment mieux conserver, par la guerre, poTir Dieu et pour le roi, un royaume appauvri, même ruiné, que, sans la guerre, l'avoir entier pour le démon et les hérétiques, ses sectateurs. .~. '. » {Orixj.) — Fol. G.

' " Clirislianissinia Seilora, la c.nrla que Vucslra Magcsiad fué scrvida screvirmc â los i destc cou Kavola recivi à los 7. Y por scr una ilc las cessas ([uc Vuoslra .Magoslad nie manda que le rcsputida â lu propueslo pnriiculariiiciilc, lo liarc cri esta , Iciiicndo en ella el rcspcto que se dcve à la clirislianissinia persoiia de Vueslra Magcstad, y hablando cou la liberlad que en nialcria laii grave y tan Importante se devc liablar.

» En (|uanlo à los dos niill arcabuzeros spaîloles que Vueslra Magestad me manda einbic â Mos' de Aumala para inipedir el passo â los raitrcs, niuchas vczcs, dcspucs que estas alteracioncs se començaroii en Frauda, he écho savcr a Vueslra .Magcsiad la ynipossibilidad que sieniprc hc hallado para podello.s

PHILIPPE II. 40o

IV. — Leltre du duc d'Albe au roi de France, écrite d'Anvers, le 1 1 juillet •1371. Il le prie d'ajouter foi et créance à ce que lui dira de sa part le

(iividir siii poncr à oviilentc y nianificslo peligro cslos Eslados y cl scrvicii) que esa corona ilcllos ha rccivido y pucdc ircivir; y tanibicn me a llegado esta hordcn de Vueslra Jlagcsdad à lienipo que ya cllos, aunque particsen aora, no le podian tencr para allegar à liazer cl sorvicio àntcs que los railres Scan llcgados à parte dondo se lo pucdan cstorvar. Y si bien tubicran licmpo para llogar jiinlos con los dos niill cavallns que Mos'' de Aumala liene, no lieran basiantes para cslorvar que no pa^;isen los cincn mill raitrcs, ni heran parte para podellos forçarâ venir à conbatir, siendo el pais por dunde ban de venir tan ancho que la dispusicion dcl no los pucda forçar i pasar pur uno ni por dos ni très pasajes forçosos, sino que lienen lanlos quanlos se pucden tencr en pais tan llano y ancho.

o Dizcme Vucstra Magestad en su caria que, no dando esta geiilc, sera descargada con Dios, con cl niundo y con los principes chrislianos. si liizicre acordio con sus rebcldcs. Pluviora à Dios, Seîïora, que fucra de tanta sustancia el dar cstos soldados 6 no dallos , ([uc mercccria hazcr sobre ello fundamento y proteste para tan gran cessa como dépende dcl hazcrsc cl acordio, 6 dexarsc de hazcr, que ellos y yo fuéramos à perdcr las vidas sobre ello, para remcdiar no se hizicra una hcrida tan grande en ta christiandad coino se haria con cl acordio, y una pcrdida tan grande en esa corona, conio pcrder la vida de Vucstra .Magestad y dcl rcy christianissimoy de sus hernianos, que no pende nienos del hazcrse ô dexarse de hazerel dieho acordio. Y pues Vucstra .Magestad, con lo que me dicc en su caria, pone tan adelante esta matcria de hazcr acordio, son ya tantas vcras que, juntàndosc csto con cl mandato de Vueslra Magestad, no podré dc.xar de dcciric, con el acalaraicnlo que devo, lo que dél podria cargarse al rey mi scnor por no acudir de aqui con lo que se pide, ô à mi, por avcr fallado en algo à esta voluntad que tan savida lengo, y dcspués la iniporlancia que es el dicho acordio para la christiandad, y particularmente para las personas christianissimas de Vueslra Magestad , del rcy y sus hernianos.

» Vueslra Magestad ternâ mcnioria que, en saviendo lo que avia passado en .Meaulx y la rctirada de Vucstras Magestades en Paris , y de la raancra que sus rebeldes los tcnian alli cncerrados, Icniendo cnlendida la voluntad dcl rcy mi sciior, les cnibié â ofrcccr de socorrcrios con cinco niill cavallosy qnincc mill infantes spaPioles y alemancs debaxo de mi condula, con lo quai yo sperava en Dios deshazer los que tenian opressos à Vucsiras Magestades y, si me csperàran, romperles niuy bien las caveças ; y csto es notorio al mundo lo podia hazcr, cstando ellos con las pocas fucrças que entonccs se hallavan. Y si esta mi oferta se aceptàra, alli se acavavan todos los Iravajos desc reyno, y se restituya la religion en él, puniéndole â la entera obedicncia dcsc rey chrislianlssiino. Esta mi buena voluntad, para que del efeto dcUa se siguiese lo que lengo dicho, no fué aceptada.

» Junlamentc con csto cmbic â ofrcccr â Vucstra .Magestad y al rey chrislianissiino que. ijuando quisicscn pasar mas à la larga este negocio, de aqui se emblarian en su servicio mill y quinicnlos cavallos, très mill Alemancs, dos mill Valones, y que ténia en varigell en AIcmania 3,000 raitrcs; que; avis.indome con tienipo si los havian mcncsler, portpie cl vnrlf/ell se acavava, se lo prorogaria y los levanlaria para scrvirlos con ellos. Respondiosenie aceplando los cavallos que ofrecia, y mandàndome que cmbiasc SpaTioles con ellos, y de los raitrcs no me dixeron palabra. Yo cnibié la cavalleria que Vueslra iMagcsIad ha visto con la mejor borden y voluntad que pudc. Dcspués de avcr pasado muchos «lias, se me rcspondio à lo de los railres que holgarian me ascgurase dcllos, à tiempo que ya el varir/ell avia espirado en los mas; y havicndo rcspondido à csto, se me dixo, por parle de Vucsiras

seigneur de Vaulx, gentilhomme de la chambre du roi et commandeur de Calatrava. — Fol. 30.

Magcsladcs, tlcnde à muclios dias, que Icvaiilasc la cavallcria, sin cmbiarmeâ decir plaça de muesira ni alojamicnto que aviaii de Icner dichos cavallos. Embié à prcguntar eslo. A cavo de otros inuchos, se me lorno â rcsponder que eerca de Metz podria bazer los venir à tierras del cardenai de Lorrcna. A lo quai yo respondi que dubdava podellos aver, aviendo pasado laïUos dias sin respuesta . pero que haria nii csfucrço por cllo. Ilizcle. La respuesta que liuve embié para que Vuestra Mageslad y el rcy chrislianissiiuo la vicsen; y creo que por elia vicron conio yo no faite de hazcr todo lo que pude. Agora ultimanuiite nie embian V. M. y cl rey ehrislianissimo â mandar cmbie estos dos mill areabuzeros. Y siendo de la manera, que tengo dicho, que lo de aqui quedaria, y la iniposibilidad de llegar à lierapo, y cl poco fructo y el iiingun scrvicio que, llegados alla, barian à lo que se prétende, digu que Mos' de Aumala, que es soldado, se que cnliende esto en la mesma manera que yo aqui lo digo; y si él dixerc que, juntando estos dos mill areabuzeros à los dos mill cavallos que él tiene, impedird el pasaje à los raitres, y quiere tomar sobre su honrra el bazerlo, digo que, no embargante todo lo que tengo dicbo, los tmbiaré. Y liaviendo pasado eslo desta manera, à quien quiera osaré yo poner por juez, auoquc no sea lan apasionado por cl como V. M., de baver cumplido el rey mi seûor cou Dios y cou V. M. V con la hcrmandad que liene al rcy cbristianissimo, y que no pueda en uingun tiempo lomarse por ocasion lo que de su parte se aya dcxado de bazer para venir en cl acordio de que Vuestra Mageslad on su carta se protesta, faltando yo d esta postrera ayuda que se me pide, tan infrutuosa y flaca para cl buen subccso como pur lo dicho se conoce

n De la ymportancia (jue es para lo de la religion cl bazcrse acordio, Vuestra Mageslad lo podrà bien ver por lo que dcspués del de Orliens acà a vislo crece esta maldita opinion, tanto en esc reyno como en olras niuchas parles fuera dél. Los que bcnios mclido la mano â los négocies destos Estados podcmos bien atesliguar que aquella fué la principal causa de la desvergûença que en ellos ha passade, y es bien notorio al inundo todo que, perdiéndose la religion en cse reyno, eon el tiempo a de venir a pcrderse en loda la christiandad, si bien por alguoa tcmporada el rey mi sefior, viviendo él, la defiende en sus Estados : que por ser cosa tan évidente y clara, no cansaré â Vuestra Mageslad con clla. De manera que sera mcnester aora venir d ver lo que serd necesario bazcrse en cse reyno para que la religion se conserve; y eslo, siendo Vuestra .Mageslad y el rey cbristianissimo su hijo los que le goviernan cl dia de oy, en una palabra se puede decir: que es lener entera obidiencia de sus vasallos, porquc, tcniéndola, no se puede dubdar en nada. Pues, para Icncrla, ningun camino ay en la tierra nias pcrnicioso ni que mas contrario sea d esta obidiencia ([ue el acordio con sus rebcldcs, porque el principe que esta devajo de capilulacioncs con sus vasallos, no se puede decir que tenga obidiencia entera, y el fruto que deslas ubidiencias mcdiadas d los principes se signe, son alteracioncs y rcbellioncs, como la que oy dia ay en esa corona, y no pueden produeir otro ningun fruto, asi como el pcral no puede dar otro que peras. Y esto se puede provar por tantas razones que yo cansaria d Vuestra Mageslad en decirsclas, saviendo quanlo mejor que yo las tiene enlendidas : pero viniendo d la experieneia, se puede muy bien lumar de lo que ha resultado del acordio de Orliens, desj)ués del quai en ese reyno nunca a ccsadu las pldlicas de la rébellion, basta que viiiierun d parirun monsiruo tan grande como lo que comctiéron contra las ebristianissimas personas de Vuestras .Magcsladcs.

' Traer guerras los (irincipes con sus vasallos es cosa que devcn en quanto pudieron escusarse, y

V. — Lettre du duc d'Albe au roi de France, écrite de Bruxelles, le 9 avril i572. Pour le désir qu'il a detre éclairci de plusieurs choses qui le tiennent en doute, et de donner meilleure satisfaction au roi sur certaines

V. M. savc niuy bien que, aviendo qucrido mi parcccr sobre cllo, le hc yo dado este mismo. Pero, si a de ser, por no teiicr gucrra con elles, venir à perder la religion en su rcyno y cl Eslado. y tracr la vida à tan gran peligro de perdella eomo hasia aqui Vucsira Magestad y sus hijos la han Iraido, por nienor ineonviniente mnclio se dcvc tencr la guerra, y no son estos de los cassos comprehendidos en cl decir que no convienc lener guerra con los vasallos. Con hazer acordio, la religion y quanto tengo diclio se pierdc, sin avcnturarsc à ganar nada. Con la guerra, si bien se aventura à perder, lambien se aventura à ganar, y es cl solo camino por donde se puede yr à la ganancia; y si ay otro alguno por donde se pucda yr à elle, rcciviria grandissinia mcrccd y favor de Vucsira Magestad mandase à algun conscjero suyo me lo dixesc y sacase dcsia ygnorancia en que yo me hallo. Y no le parecerà â V. M. lo que le avrâ quiça parecido otras vezcs, que cl parcccr que yo le di sobre esta materia fuese con alguno otro fin que deeirle lo que entendia para cl bien dcl ncgocio, pues en cl mismo casso en que Vueslra Magestad me le pidio, el mismo di al rey mi scnor, y Su Magestad le tomo ; y como le ha subeedido, el eslar estos Estados para poder desde ellos socorrer à los de Vuestras Magcstades Christiauissimas lo dizen ; no es menester que yo lo diga. Y acavar los principes los négocies con sus siibditos y vasallos no se pucdcn llamar acavados, si no se acavan con grandissinia autoridad dcl principe ; y esta no la puede avcr en capitiilando. Si ay modo para acavarlo sin guerra y sin capitulacion , sino quedando todo :i las volunlades de Vuestras Magcstades, yo por muy bueno lo tcrnia.

" Y en conclusion, por el acordio no puede cl rey christianissimo de.xar de concéder cessas spirituales y temporales; y en lo primero séria meter la mano en la mies agena, no lo pudiendo liazcr, yen lo temporal, no puede quedar la autoridad del rey tan entera que no dé â sus rcbcldes parle delà que tiene. Y Vucstra Magestad save muy bien quan mal se puede sustentar rcyno divise, lanto mas quedando cl poder dcl rey christianissimo quebrado y llagado, que estes con gran facilidad se le yrân cada dia acquistando, aumentàndose su parcialidad y mala seta; y mucho mas vale rcyno gastado, ya ruynado, mantcnido por guerra para Dios y para cl rey, que enlero sin ella para cl demonioy sus sequaces herejes.

» Vucsira Magestad me perdone si me he alargado; y creo que la avrc csearmcntado bien con mis prolixidadcs, para que no me dé otro dia osadia, con su licencia y mandate, para alargarmc tante, aunquc espère en Dios que V. M. governarà csso de mancra que no sea menester mandarmelo V. M. ni bazerlo yo. Y liusando de la misma licencia que V. M. me a dado, le quiero decir lo que olra-; muchas vezes le he dieho, quan ofcndidos cslàn los bucnos de toda la cliristiandad <iv ver estar en olEcio tan prehcniinente en ese rcyno al ehanciller y à Mos' de VaP cerca de la persona de V. M., à la authoridad de la quai si alguna cessa pudicse ilaTiar, V. M. sea cierta que scrian estas dos.

« Nuestro Sciior la christianissima persona de V. M. guarde.

n De Bruselas, a 10 de diciembre 1367.

<i Christianissima Sefiora ,

.' Las manos de Vucstra Magestad besa su servidor,

« El Duque de Alva. •>

réclamations que Sa Majesté lui a fait présenter par le sieur de Wondoucet '.' il lui envoie messire Adrien d Oignyes, chevalier, seigneur de Willerval, à qui il le prie de donner bénigne et prompte audience. — Fol. 3a.

VI. — Lettre du duc d'Albe à la reine mère, de la même date. Il a chargé le seigneur de Willerval, qu il envoie au roi très-chrétien, de présenter à la reine ses recommandations très-humbles à sa bonne grâce. » Je ne veulx » icy attédicr V. M. — ajoute-t-il — de long discours, pour !uy faire » acroire de quel zèle et affection je me suis tousjours employé à l'entretè- >) nement de ceste heureuse paix et amj tié fraternelle qu'est entre ces deux » royx. me confiant que les preuves que \. M. en a faites depuis que je » suis par deçà souflisent. Et toutesfois. doublant qu'il n'y a faulte de mal- » veuillans qui tâchent dimprimer ledict seigneur roy vostre filz du con- » traire, je supplie à \. M. ;lel cas advenant) luy réduire à mémoire le » temps passé, sans prester l'oreille à ceulx qui, pour le service que j'ay .) fait allors à S. M. T. C. contre eulx, n'ont grande matière de me porter » amityé. » — Fol. 54.

VIL — Lettre du duc d'.\lbe à Charles IX. écrite de Bruxelles le 26 avril Io72. Il le supplie de donner des ordres pour que les pirates des Pays-Bas ne soient aidés par ses sujets ni reçus dans les ports de son royaume. — Fol. 3G.

Sire, je ne iloiil)ie \'o.stre Majesté aura cslé advcriye comme les pj rates rebelles de par deçà se sont saisiz de quelques villes, se vantant d avoir correspondance en divers lieux, cl nolîimment en France, comme Vostre Majesté aura peu voir par la copie d'une lettre du jadis S"^ de Lumbrc à Sclioimewalle, pyrate, que le S' de ^^'illerval luy aura monstre. Et oires que je ne y faiz aucun fondement, cognoissant le marchant cl ce qu'il soait dire et faire pour vendre ses coquilles, si est-ce que, craindant que aucuns mal alTectionncz au bien el repos pubiicquc ne se joindcnl avec eulx, ou renforcent la (rouppc, je ne puis délaisser de su|)plicr irès-bumblemenl à Vostre Majesté, comme je faiz, qu'elle soit servye de faire donner ordre par son royauime que telle chose n'adviègne, dclfendanl bien expressément que nulz de ses subgetz les assistent, dircctenienl ou indirectement, soit de vivres, munitions, armes, batteaulx ou aultrement, mcsmes qu'ilz ne soient receuz en ses portz et havres. Ce que je m'asseure elle fera voliinliers, pour raiïcclion que juy tousjours cogneu elle a eu à rcntretènemcnl de la bonne el fraternelle amitié qui est entre Vostre Majesté cl le roy, mon maistre. Dont je la

' Miiiislro résident de Franco ii Uruxillis.

supplie ircs-liuniljk'iiH'iU, el ati Créaleiir qu'il lioiiU ;i V osire .Majesté, Siie, laceomplissemenl de ses verlueulx désirs.

De Bruxelles , le xxvi" d'apvril 1 57'2.

De ^'ost^e Majesié très-humble servilein-,

El. DiQUE d'Alva.

^'III. — Lettre du duc d'Albe au roi de France, écrite de Bruxelles, le il août 1372. Il lui envoie le seigneur de Goniicourt, gentilhomme de la maison du roi catholique, pour le supplier d'empêcher qu'une troupe de ses sujets à cheval el à pied^ étant à Tilly-sur-Meuse et aux environs, non loin de Verdun, sous les sieurs deVillelepau et de Gombervaulx, ne vienne contre les Pays-Bas. — Fol. 40.

L\. — Lettre autographe du comte Philippe d'Egmont à la reine de France, Louise de Vaudemont, écrite de Bruxelles, le 18 septembre 1.t7G. Il lui expose les raisons qui l'ont déterminé à se joindre aux états des Pays-Bas contre les Espagnols, et la prie de lui prêter son aide et faveur. - Fol. 71.

Madame, les biens et grâces que je recoy ordinairement de Voslre ^lajesté sont sy grands que je ne sçay par laquelle d'icelles je doibs commencer à vous en remercier, si ce n'est par la dernière, comme la plus fraische et résenle, à cause du voyage du S'' d'Alferan vers le conseil d'Rstatdece pays pour la restitution de mes biens, suivant la promesse que le roy d'Espaigne vous eu avoit faicl par icelluy, laquelle vous volez, ^ladame, estre, suyvant sa coustume, vaine el abusive, comme toutes les aultres qu'il m'a donnez, ensamble à toute ce pays-icy, qui, après avoir offert la paye et solde entière nux soldaz espaignolz qui sont par deçà, leur avoir faict et usé de toute courtoisie, en a resu et en resoit journellement en récompcncc tant de cruautés, extorsions et lirannies qu'enfin , rompant sa pasience, a esté plus que constrint, sous l'auiborité du roy calholicque, les déclairer rebelles et s'armer |)our sa juste delTence contre eulx : m'ayant a|)ellé par plusieurs fois, tant pour me remettre en mes biens injustement détenus, que pour leur ayder à les délivrer de cesle servitude si intollérable. \ quoy estant résolu et délibéré. Madame, comme m'insiten assé les injustisses très-grandes que moy et les miens, et vous, par conséquen, .Madame, qui estes l'oimeiu' de nostre maison, pour loicr de tant d'estimables servisses que Dieu et un chacun sèt qu'il ont reseu de nous, n'é eu autre recours qu'à Vostre Magesté, comme son très-humble vasçal, serviteur et parrent, et qui ce doibt rcsentir de mon tort : espérant qu'ant une si juste et si sainclc querelle il vous plaira me tendre les bras, aydcr et secourrir poiu-

t-n ce coup en avoir la raison. Et pour ce que crain d'ennuyer Vostre Magcslé par mes discours, j'ay donné cherge audict d'Alferan vous déclairer plus parliculièrcmenl mes justes ressons et le besoing que j'ay de voslre ayde et faveur. Auquel je vous supplieray, en ce qu'il vous dirai de ma part, donner autant de foy et créance que moymesmes, qui prieray Dieu, Madame, vous donner, entre parfaicte santé et prospérité, très-longue et très-heureuse vie.

DeBruseiles, ce win^de septembre 1576.

Voslre irès-humble et très-obéissant vascal, serviteur et cousin,

Phle d'Egmont.

X. — Lettre de la comtesse douairière d'Egmont à Henri III. écrite de Cambrai, le 2^ septembre lo76. Elle a appris que, malgré sa défense expresse, son fils s'est joint aux états des Pajs-Bas. Elle supplie le roi de continuer les instances qu'il a déjà faites au roi catholique pour la restitution des biens de son feu mari. — Fol. 7o.

Sire, je n'ay voulu laisser d'advertir Voslre Majesté la perplexité en quoy je me trouve réduicte, ayant entendu que mon fils le comte d'Egmont, contre ma voulante et la dcITencc expresse que luy avois faicl , estant requis et sollicité des estatz du pays, s'est joinct avecq iceux, tant pour délivrer la patrye des estrangicrs comme pour aullres justes raisons (comme il dict et que Vostre Majesté peult considérer) à ce le mouvants.

Et comme il a pieu à icclle de nous tant favoriser que de s'cstre daigné de solliciter vers le roy catholicque la libre restitution des biens de feu mon seigneur et mary (à qui Dieu face paix), j'ay prins la hardiesse derechief, avecq profondes larmes et trèshumbles prières, de la requérir et supplier voulloir continuer ladicte poursuicte et, de voslre bénignité accoustumée, vouloir en noz grandes exirémitez secourir, assister et ayder, du moings pour moy, mes aultres filz et filles, et que la jeunesse peu advisée de mondictfilz et poussée d'ung zèle trop inconsidéré, ne nous puisse en riens intéresser : remecianl le surplus à ce que le S' d'Alfeyran, porteur de cestes, vous pourra déduire. Quoy faisant, Voslre Majesté nous obligera de prier le Créateur, Sire, voulloir conserver icclle Vostre Majesté en très-longue et heureuse vie avecq augmentation de tout bonheur cl félicité.

DeCambray, ce xx»!" septembre 1d7G.

De Vostre Majesté Très-humble,

Sarynf, Pallatvne.

XI. — Lettre de Jean Richardot, chef et président du conseil privé des

Pa^s-Bas, à M. de Villeroi, secrétaire d'Elat de Henri IV, écrite de Bruxelles, le 26 janvier 1597. Elle contient d'intéressants détails sur des ouvertures de paix faites par le roi de France à l'archiduc Albert. — Fol. 97.

Monsieur, la lettre qu'il vous a pieu m'escripre du 4"'° de ce mois, en responce de la mienne du 18 de décembre, monstre la dilfidonee qu'avez de noz intentions, y usant de termes si obscurs et si généraulx qu'il semble vous n'avez voullu vous y csclaircir dadvantage, craingnant que ne vouliussions nous en prévaloir avccq vostre intérest et préjudice. Or, comme il en fauldroit beaucoup de semblables pour nous entendre et pour devenir bons amys, et que par telles obscuritez les affaires de noz maistres ne se peuvent pas advancer, je vous parleray à ce coup clairement et rondement afin que, de vostre costé, vous ayez occasion de faire le mesme, si vous en avez volonté.

La vérité est que, au premier voyage que La Volvcne' feit en France, que jecroy fut sur la fin de septembre ou le commencement d'octobre, il n'eust charge, grande ny petite, de la part de monseigneur le sérénissinie cardinal archiduc, mais bien à son retour nous rap|)orla-il qu'à la sollicitation du sieur Dupecbe (?), qui luy dict le roy vostre maistre l'avoir ainsi commandé, il alla à Rouen, et que l'ayant le sieur de Gèvre iniroduyt au palais, le roy, après ([uclques propoz d'une part et daullre, luy demanda si monsieur le cardinal voulloit ruyner le monde, et s'il n'avoil pas pitié et commisération du peuple; que ce seroit plus le repoz de la chreslienté de faire paix et convertir les armes contre le Turc, à quoy il s'employeroit irès-volonlicrs, mais qu'il n'entendoit se désunir de ses amys, ains trailter de paix générale pour tous; que, la nuict suyvante, iedict sieur de Gèvre luy ordonna se reireuver au mesme lieu, où le roy luy demanda si monsieur le cardinal vouldroit pas estre son amy et qu'ilz allassent contre le Turc, luy commandant luy dire, de sa part, que s'il veult entendre à une paix générale, il la procurera, et que ce pendant l'on fera une trefvc, pourveu qu'il promette de luy rendre ses villes, si l'on en tombe d'accord par le Iraitlé de paix; que, quant à luy, il est amy de repoz pour la pitié qu'il a du peuple et de la religion catholicque, et (|ue, si Iedict sieur cardinal y veult entendre, (|u'on le face sçavoir à Dupeche, ou (|ue luy, La Volvene, luy en apporte la responce ; que, le lendemain, le sieur de Gèvre luy confirma le mesme, et le requit d'y faire les olHccs pour en faire réuscir quel<iue chose de bon.

Son Altèze, oye particulière i-elalion de ce que dessus, renvoya en France Iedict La Volvene avccq la responce de bouche dont vous pouvez estre souvenant, de laquelle il semble vous ne demcurastes du tout satisfaict, encor qu'à mon advis, elle estoit suffisante sur ce qui s'cstoit proposé.

Ln somme, il dict qu'en deux communications qu'il eut avccq vous et Iedict sieur de Gèvre, vous l'asseurastes que vostre roy désire syncèrement la paix, mais qu'il en-

' Ou Volucne ou Voliievc.

tendoit qu'elle fnst générale et sans se désunir de ses amys el alliez; qu'encor qu'il se promccloil la niesnie syneérité dudict sieur cardinal , toulesfois il se doubloit que quelques-ungs de son conseil n'y procédoient de niesnie pied, ains laschoicni le nieclre en ombrage vers sesdiets alliez, et que pour cela luy, La Volvene, venoit avecq responce si doubteuse et de laquelle le roy ne pouvoit pas se conicnler, mais que, l'asseuranl que Son Alléze incline à paix générale, et que Ton y (raillera de la restitution des places, (qui sont poinels nécessaires pour tirer de soubçon ses amys el alliez ) il sera Irèscontcnl d'envoyer des dépuiez à Guyse; mesnies, si pour plus grand moyen de irailter. Son Altèze veull faire la Ircfve , il la consentira pour lel temps qu'elle le vouldra; qu'à vous il sembloit meilleur de commencer par une irefvc, pour ce que la paix n'est pas œuvre d'ung jour, ains fauldra aller, venir, envoyer et renvoyer en divers lieux; bref qu'enfin vous luy jurasies que vostre roy désire la paix de (oui son cœur, et principalement pour faire la guerre au Turc; que, le lendemain, le roy luy conferma le mesme, et luy dict que ce que vous et le sieur de Gèvre luy avoient dict esloit sa volonté, adjoustant qu'il se fioit audit sieur cardinal, el le tenoil pour homme de bien et véritable.

Cecy en somme esl la substance de ce que ledict La Volvene nous a rapporté de ses deux voyages de France : que, si vous jugez qu'il se soil advancé plus avant qu'il n'avoil décharge, vous pourrez, s'il vous plaist, m'en advenir. Mais si sa relation est véritable, comme je croy elle esl, je vous respons, avec la mesme vérité, que monseigneur le cardinal Aiict irès-grand estât, cl de la bonne opinion que vosire roy monslre avoir do luy, et du zèle qu'il dict porter au bien et repoz de la chrestienté; que de sa part il luy correspondra, pour y avoir tousjours esté incliné et n'avoir jamais rien plus désiré en ce monde; que son intention n'est cl ne fut oncques de vous tromper ny d'user en cecy d'artifice pour vous désunir de voz amys et alliez, mais bien de procurer le repoz et la lran(|uilliié publiccpie. Et afin que les effects le puissent tesmoingner, il est presl de députer commissaires, si le mesme se faict de vosire coslé, qui du commencemeni irailtcronl d'une Irefve, pour pins aprèz venir au principal, comme vous l'avez apunté'. Et sur le dernier poinct, que vous sçavez se debvoir remectre au temps de la négociation principale, je ne vous diray autre chose, sinon que l'intention de Son Altèze est de ponctuellement accomplir ce que par le traillé de la paix se trouvera conclud el arresié.

^oylà, nionsieiu-, ce que je vous puis dire sans fard cl sans obscurité, espéranl que Dieu bénira noz desseings, si vos volonlez y sont disposées comme les nostrcs.

Et avecq ce je vous baise bien liumblcmenl les mains, priant le Créateur vous avoir en sa sainclc garde.

De Bruxelles , ce 2G de janvier 1 597.

Vosire bien humble serviteur,

.Ieh\n Uiciivrdot.

' A/junIc, indiiiué, de l'espagnol apiintado.

XII. — Lettre de rarcliiduc Albert écrite de Bruxelles, le 15 mai 1610. à Henri I\ . qui lui avait demandé s il ne pourrait faire passer un détachement de ses troupes par quelques endroits des Pays-Bas. Le motif ou le prétexte de cet envoi de troupes était d'aider l'électeur de Brandebourg et le duc de Neubourg, qui prétendaient à la succession des pays de Clèves et de Juliers. contre lempereur et I archiduc Léopold. Dans une Notice sur la nonciature du cardinal Bentivoglio à Bruxelles, que nous avons présentée à l'Académie ', nous avons donné, sur cette querelle de Clèves. et de Juliers, des détails peu connus que les dépêches de Bentivoglio nous avaient fournis. — Fol. ii'2.

Monseigneur, il est tout certain que Vostre Majesté a lusnioignc au monde, en plusieurs manières, combien elle a aynié et procuré le repoz et paix publique, depuis la conclusion de celle de Vervin. Je vous doibs aussi une particulière obligation de ce qu'il vous a pieu vous employer si sérieusement pour la irelVe faicte d'entre nous et les estatz des Provinces-Unies. Î^Iais je croy aussi que V^ostre Majesté aura recogneu en moy une affection et volonté tant portée à la servir et complaire aux occasions qui s'en sont offertes, que raisonnablement elle en debvoit avoir tiré une asseurance d'en rencontrer encore à l'advenir les cffectz conformes. Ce présupposé, respondant à la demande que ma laid ^'oslre Majesté, par sa lettre du vnT' de ce mois et par le S' de Berny -, si, ayant à passer par quelques endroictz et villages de mon obéissance, elle le pourra faire, je luy diray qu'oy, avecq ferme croyance quelle y donnera si bon ordre que mes subjectz et suppostz n'en recepvront mauvais iraictement ny dommage; et pour l'éviter, j'ordonne à mon conseillier Pecquius ^ de traicler avecq \ostie Majesté des lieux par où ce passage se pourra faire le plus convenablement. Et baisant en cest endroici, daffeclion, les mains de Vostre Majesté, je prie Dieu de bienheurer icelle, Monseigneur, de santé et très-longue vie.

A Bruxelles, le xm"" may 1610.

De Aosire Majesté irés-affectiomic serviteur,

Albeut.

Xlll. — Lettre de l'archiduc Albert ;i la reine Marie de Médicis, écrite de iMarimont, le !25 novembre 1611. Il la prie d'ordonner à ses ainbassa-

' Elle est insérée dans le Bulletin de rAcadéinic, i' série, loiiie XXXVIli, jip. ISi-22C. " Ministre de Henri IV à Bruxelles.

° Ministre des arcbiducs à Paris.

deurs à Aix-la-Chapelle de concourir à lexécution du mandement impérial conlre les hérétiques de cette^ville. dont l'électeur de Cologne et lui sont chargés. — Fol. 63.

Madame, je ne puis faire double que V'ostre Majesté, comme royne très-ehreslieunc, portée d'un singulier zèle à la manutention de nosire saincte foy catholieque, comme les effectz en ont jà faict paroistre les preuves, n'ait à grand desplaisir le soubzlèvement populaire advenu puis iiaguères en la ville impériale d'Aix pour le faict de la religion, et de suite j'ay aussi prins toute asseurance que voz ambassadeurs n'ont esté envoyez celle part que pour ayder à faire cesser icelle altération, et remectre les affaires de ladicte ville en tel estât qu'elles estoient auparavant, mcsmes sur le pied de la sentence impériale rendue à plaine cognoissance de cause dèz l'an lo95, comme de faict vosdicts ambassadeurs, losi après leur venue en ladicte ville, ont franchement déclairé à mes dépuiez qu'ilz n'avoicnt aullre charge ny instruction que celle-là, selon que m'a dit aussi le S' de Préaux, résidant pour le service du roy lrès-chrcs(ien et le vostre en cesie court, bien (pie depuis, pour calmer aulcunement l'orage et aller au-devant de plus grands inconvéniens dont ilz se doubloicnt, ilz ayent trouvé à propos de tenir en aleine la négociation de certain reiglement provisionel , en attendant l'ordre de Sa -Majesté Impériale, à qui il louchoit d'y apporter le remède d'auclorilé souveraine, ainsi que, depuis environ cincq scpmaines en çà, j'ay faict entendre audict S' de Préaux que Sadicte Majesté Impériale y pourverroit de bref.

Et jaçoit que son mandement ne m'ait esté envoyé ny à l'électeur de Coidoigne si test que nous l'eussions bien désiré, si est-ce que, de bon rencontre, il est arrivé devant la conclusion d'aucun accord provisionel avecq lesdicts altérez, lesquelz, au cas de tel accord, se fussent par adventure endurciz davantage en leur mauvais desseing, et soy renduz moins capables d'amendement. Ledict électeur et moy, ayans par Sadicte .Majesté hnpériale esté dénommez exécuteurs dudict mandement, avons estimé estre de nostre dcbvoir d'en acccpler la commission, à l'acquict de noz obligations, mesmcment envers l'église de Dieu, et aussi pour l'intérest particulier de grande conséquence que nous y avons, au moyen de la voisinaneo de nos Estalz à ladicte ville, et pour autres res|)cclz.

Et, suivant ce, ayant ordonné que l'insinuation cl publication dudict mandement soit faictc de nosire part, je veulx espérer que Icsdicis altérez se recognoistront et rangeront à l'obéissance qu'ilz doibvcnt à Sadicte Majesié hnpériale et à ses décretz, sans qu'il soit bcsoing d'user contre eulx d'aulcunc procédure rigoureuse. C'est pourquoy je prie Voslre Majesté que son bon plaisir soit d'ordonner à vosdicls ambassadeurs que, de vostre part, ilz assistent tout ce qu'ilz pourront à l'exécution dudict mandement impérial, afin qu'il s'accomplisse avecq l'effei que convient, et que le

PHILIPPE II. 4lo

nionilc cogiioissc que Vostrc Majesté veiilt en loin el par tout favoriser les affaires de iiosire saincte religion catholicqiic, et qu'elle a pour agréable qu'à l'empereur et à ses ordres et niandemens soit déféré le décore et respect qu'y apperticnt. Et sur ce, je prie Dieu de conserver Vostre Majesté, Madame, en longues aimées, en parfaite santé. A Mariemoni, le xxnr" novembre 161 !.

De ^'oslre Majesté très-affectionné frère cl serviteur,

Albert.

\IV. - Lettre de l'archiduc Albert à la reine de France, écrite de Marimont, le "28 novembre 1611. Il la prie de nouveau de commander bien sérieusement à ses ambassadeurs que non-seulement ils n'empêchent pas la publication et exécution du mandement impérial rendu sur les affaires d"Aix-la-Chapelle, mais encore qu'ils y tiennent la main. — Fol. 67.

130. — Recueil des Lettres écrites par Philippe II à Jean de Vargas Mexia, ambassadeur en France, en 1577, etc.

In-fol., pap., -2'JQ feuillets.

iM. Ochoa a consacré un long article à ce manuscrit, qu'il déclare trèsintéressant (inleresantisimo) . « comme document historique et comme » collection dautographes, puisqu'il contient la signature du roi Phi- » lippe II au bas de toutes les lettres, ou plutôt ces paroles, consacrées » par l'usage : Moi le Roi , écrites de sa main , et au pied la signature com- » plète de différents ministres, et en particulier du fameux Antonio Perez. » outre plusieurs lettres inédites de ce célèbre ministre et d'autres '. » Je vais, à mon tour, en donner la description.

En 1577 Philippe II avait pour ambassadeur à Paris don Diego de Çûniga. La santé de ce diplomate s'étant fortement altérée, il obtint du roi

' Catàlogo ruzonado de los muniiscrilos cspa'noles dr la Biblioteca real , etc. , p. 220.

un congé, et partit pour l'Espagne au mois d'août, laissant à la cour de France, afin d'y soigner les affaires du roi catholique, le secrétaire Diego Maldonado '. Les événements qui se passaient en ce moment aux Pays-Bas donnaient beaucoup de soucis à Pliilippe II : il jugea que, dans ces conjonctures, il ne pouvait laisser la légation de Paris aux mains d'un simple secrétaire, et. en attendant que Çûniga fût en état d'aller reprendre son poste, il ordonna à Juan de V^argas Mexia d'aller en remplir les fonctions par intérim. Ce dernier, qui était son ambassadeur près le duc tle Savoie depuis plusieurs années, se trouvait temporairement à Madrid ^

Vargas arriva à Paris le 10 décembre lo77: il eut son audience solennelle de Henri III, de Catherine de Médicis, de la reine régnante et du duc d'Alençon le 10 du mois suivant ^ Sa mission, qui ne devait être qu'intérimaire, devint définitive, don Diego de Çûfiiga n'étant pas retourné en France: mais elle ne l'ut pas de longue durée : il mourut à Paris en Io80.

Dans une lettre que le secrétaire Diego de .Maldonado écrivit à Philippe II le 23 septembre de cette année ', on voit que les papiers de Vargas étaient restés au pouvoir des PP. du collège de la compagnie de Jésus : c'est (le là probablement que provient le Recueil qui est conservé à la Bibliothèque nationale.

Ce Recueil se compose d'environ cent vingt lettres originales, la plupart du roi : la première est du IG décembre lo77, les dernières du 16 mai 1580. Il n'y en a que quelques-unes qui ne soient pas en chiffres , et à toutes celles qui sont chiffrées (sauf une seule) le déchiffrement manque. Les Archives nationales possèdent dailleurs, dans la collection dite de Simancas, toute la correspondance de Vargas avec Philippe II.

Les lettros du roi à Vargas ({ui ne sont pas chiffrées ou ne le sont qu'en partie, sont les suivantes :

1. — Madrid, 8 janvier 1-378. Il a été charmé d'apprendre l'arrivée

' Lellrc de Çùniga au roi, ocrilc ilo Poitiers le 8 aoùl. (Arcli. iialioii., Papiers Je Siniaucas,

K \r,iô.)

' l.ellre de Philippe II à Çiiùiija du 7 octobre 1577; lettre du secrétaire Çayas à Diego .Maldotiailo, <le la niéinc date. (Ibiil.)

' Lettres de Vargas au roi des \i décembre et 10 janvier.

' Elle est aux .Vrchivos nationales, Papiers de Simaiicas, liasse li ^\ , w" '2<J7.

de Vargas à la cour de France. Il lui recommande toute la diligence possible « pour tâcher de savoir très-exactement ce qui se passera et ce qui se » fera aux Pays-Bas. ainsi que la tournure qu'y prendront les affaires, » afin de l'en informer fréquemment '. » — Fol. 9.

II. — Madrid. 14 janvier 1578. Le 7 il a donné audience à M. de Saint-Goard, ambassadeur du roi très-chrétien, et à Jules Gassot, secrétaire des finances dudit roi. Il adresse à Vargas une relation de ce que ces envoyés lui ont exposé et de la réponse quil leur a faite. Vargas demandera audience, d'abord au roi. ensuite à la reine, et leur parlera en conformité de cette réponse, leur déclarant qu'en toutes les choses qu'ils lui ont fait dire par leur ambassadeur, il est très-satisfait de leurs dispositions , qu'il a fort apprécié celte démarche de leur part, et les assurant qu'ils trouveront toujours pour leurs affaires une bonne correspondance en lui'. « Mais, avec tout cela. — ajoute-t-il — vous aurez grand soin défaire » en sorte que de ce royaume il ne soit donné aucun genre d'assistance n publique ni secrète à mes rebelles (des Pays-Bas), et qu'on ne leur per- » mette ni de se présenter à la cour de France, ni d'y avoir des relations , » puisque cela se doit et à la bonne amitié et à la raison et obligation » qu'entraîne avec soi la matière d'Etat. Qu'on sache là-bas et partout que n ce qui se demande à mes sujets des Pays-Bas n'est point une chose nou- » velie. que ce n'est que ce qu'ils ont offert eux-mêmes, et ce qui se fai- » sait du temps de l'empereur, mon seigneur '\ » — Fol. 7.

III. — Madrid, ;24 janvier 1378. Il l'approuve de l'avoir informé de ce qu'il a traité avec le seigneur de Vaulx * sur les affaires des Pays- Bas. « L'ordre qui, touchant ces affaires, a été donné à mon frère est que, n d'une part, il use de la voie de la force, et de l'autre il déclare à tous » que ma fin et intention n'est ni leur châtiment ni leur ruine, mais qu'ils

' 0 Para procurar de saber muy de fundaniciilo lodo lo que passare y se fuere hazitiido en mis

Paises Bajos, y el camino que loman las cosas de alli, para me dar aviso délias muy â mcnudo. »

' » Dàndolcs à entender que en lodas aquellas cosas que me cmbiaron à dezir, esloy muy

satisfeclio de su volunlad, y que lie estimado en mucho el officio y cumpliraiento que cerca délias han hectio coiimigo, agradesciéndosclo y assegurândoles que en mi para las suyas hallarén siemprc buena correspondencia. "

° Le texte de ce passage est dans le Càtalogo d"Ochoa , p. 222.

* Slaximilien de Longueval, seigneur de Vaulx, que don Juan d'Autriche avait envoyé à Parii.

» se réduisent à l'obéissance de Dieu et à la mienne, et, ces deux points » accomplis , comme ils s'y sont engagés, que les armes cessent, et que les » choses soient remises en l'état où elles étaient au temps de l'empereur, n monseigneur, qui est dans le ciel, avec oubli de tout le passé; enfin » quil soit fait aux villes qui se rendront un si bon traitement qu'elles » reconnaissent qu'on tient ce qui leur est promis de ma part, afin que cet » exemple excite les autres à se rendre aussi '. » — Fol. H.

IV. — Saint-Laurent, 31 janvier iS78. Envoyant en Angleterre don Bernardino de Mendoza, son capitaine de chevau-légers, il charge Vargas de le présenter au roi très-chrétien et aux deux reines, ainsi qu'au duc d'Alençon et à madame Marguerite, sa sœur. — Fol. 14.

V. — Madrid, 15 avril 1578. Il approuve la bonne amitié et intelligence que Vargas entretient avec l'ambassadeur d'Ecosse. « En ce qui touche » le particulier de la sérénissime reine sa maitresse, vous lui pourrez dire n que sa liberté est pour moi l'objet de tant de sollicitude et de désir » que, sans qu'on me l'ait demandé, j'ai ordonné à don Bernardino de » Mendoza de faire pour elle tout ce qui se pourra bonnement °. » Le dimanche 13, entre deux et trois heures après minuit, la reine a mis au monde un fils. Vargas en informera le roi très-chrétien et sa mère. — Fol. 38.

VI. — Madrid, 13 octobre 1578. « La mauvaise nouvelle qui m'est » venue de l'illustrissime don Juan d'Autriche, mon frère % m'a causé une ') peine extrême, tant pour l'amour que je lui portais qu'à cause que cet » événement est arrivé en de telles conjonctures. Ayant résolu de nom- » mer à sa place, en attendant que j'ordonne autre chose, l'illustrissime

' « La ordcn que en cllas se ha dado â mi hermano es que por una parte los vaya apretaudo

con las armas, y por otra dcclarando à todos que mi fin ni intcncion no es su castigo ni ruyna, sino que se reduzgan â la obcdiencia de Dios y mia , y que cumpHcndo ellos con estes dos puntos, como lo han promctido, ccsscn las armas, y buelvaii las cosas en el estado en que eslavan en el tiempo del empcrador, mi sefior, que esta en cl cielo, con olvido de lodo lo passade, y que â las lierras que se fueren rcduziendo les haga tan bucn trataniicnto, que conozcan por la obra que consigucn lo que se les promclc de mi parte, y para que cou el excmplo dcsto se vayan rcduziendo las dcmàs. »

' " ... En lo que toca al particular de la scrcnissima rcyna su ama, le podréis dezir que tcngo y tanto cuydado y tanto dessco de su liberlad , que sin que se me pidicsse, mandé â don Bernardino de Mendoza que hizicsse por ella quanto buonamenlc se pudiessc. »

'■ Don Juan, comme on l'a vu pag. 130, était mort, au camp de Bouges, près de Namur, le 1" octobre.

» prince de Parme, mon neveu, j'ai fait expédier ce courrier avec les » dépêches nécessaires. à cet effet '. » - Fol. 99.

VII. — Madrid, 30 novembre 1578. Ayant résolu de faire venir à Madrid le corps de son frère don Juan d'Autriche, avec différents objets de sa maison et de sa garde-robe, et que les personnes qui les accompagneront traversent la France, pour aller s'embarquer à Nantes, il charge Vargas de demander au roi très-chrétien les dépèches dont il est besoin pour cela. — Fol. 152.

VIII. — Au Pardo, 22 janvier 1d79. Le roi, dans cette lettre, fait connaître à Vargas ses intentions relativement au comte de Lalaing et à M. de la Motte: « Il est très-bien, lui dit-il, d'employer les moyens de » réduire le comte de Lalaing et les autres personnes de son parti. On » a écrit en ce sens au prince de Parme, mon neveu, et que, pour ce qui » concerne le comte, il serait fort à propos de gagner sa femme par l'en- » fremise de madame d'Arenberg. sa mère; la femme étant gagnée, la » réduction du mari serait chose facile, car on sait que c'est elle qui le gou- » verne ^ » Quant à M. de la Motte, le roi veut quon lui montre qu'on a grande conQance en lui et qu'on l'ait en effet puisque, par ce qui s'est vu et se voit jusqu'à présent, il procède avec le désir de lui faire service '. Vargas s'était plaint au roi de la diversité des opinions qu'il y avait dans le conseil du prince de Parme, et des Flamands qui en faisaient partie. Philippe lui répond qu'on ne peut faire en cela autrement que l'on fait, et qu'il faut montrer de la confiance aux conseillers qui sont du pays, car une des choses qui ont causé tant de mal aux Pays-Bas a été que les naturels

' « La mala nueva que me ha vcnido del illustrissimo don Juan de Austria, mi hermano, lie sentido en gran mancra, assi por lo que le queria y amava como por ser en tal coyuiitura y ocasion. Y havicndomc resuclto de nombrar en su lugar, cntretanto que se ordena otra cosa, al illustrissimo principe de Parma, mi sobrino, he mandado despachar este correo con los despachos necesarios para esto 1

' u .... Es muy bien yr haziendo diligencias para reduzir al condo de Lalaing y las demàs personas de su parcialidad, y assi se ha advcrtido dello al principe de Parma, mi sobrino, y que para lo que toca al conde , séria muy à proposito ganar a la condcsa su muger, por medio de madama de .\rambergue, que es su madré, porquc, ganada la muger, lo dcl marido séria fâcil, porque se cnticnde que ella le govierna .... »

• " Conviene mostraric que se haze mucha confianza dél, y hazcrla en cffeto, pues por lo que

hasta agora se ha visto y vee, va procediendo con dessco de acertar en mi servicio ... »

se soient imaginé qu'on se défiait deux. Il convient donc, ajoute-t-il, montrer qu'en tout on a en eux une grande confiance '. » — Fol. 169.

Le Recueil contient trois lettres d'Antonio Ferez à Vargas. La première (fol. 66) concerne des dépêches qu'il s'agissait de faire parvenir à don Juan d'Autriche par la voie la plus sûre et la plus prompte. Dans la deuxième, datée du 15 septembre 1378, à Madrid (fol. 87), Perez annonce à Vargas que sa femme est accouchée d une fille : « J aurais désiré, lui dit-il, qu'elle » me donnât un héritier: peut-être réussirons-nous mieux une autre fois '. » La troisième, datée de Madrid, le iU avril 1579 (fol. 198), commence ainsi : « Comme je ne doute pas que le bruit et les mensonges qui ont couru ici ces n jours derniers à mon sujet ne se soient propagés jusque là-bas, je vous » dirai brièvement, dans cette lettre, pour votre satisfaction , la vérité de ce » qui se passe '. » Le reste de la lettre, qui a trois pages, est en chiffres, à l'exception de sept ou huit lignes : c'est infiniment regrettable, car Antonio Perez y entrait sans doute dans de curieux détails sur la situation où il se trouvait en ce moment, étant en butte à l'inimitié du secrétaire de la chambre de Philippe II, Mateo Vazquez, ainsi que de la famille Escovedo. qui l'accusait d'avoir fait assassiner son chef, et ne se tiant pas aux assurances, que lui donnait le roi, de l'appui quil trouverait toujours en lui *. Dans un des passages non chiffrés on lit : << Etant de ma nature si philosophe que vous le » savez, j'ai très-sérieusement désiré de me retirer et de passer le reste de » mes jours tranquillement et chrétiennement ^ » La lettre se termine ainsi : « Je ne sais à quoi aboutira l'affaire: mais je vous informerai de ce qu'il en » sera. Dona Juana (sa femme) et nos enfants se portent bien '. »

' • .... Aunque es de considcracion lo que apuulays de la varicdad de los paresceres que ay en el conscjo que ticne el principe de Parraa, y de los Flamencos que ay en él, no se puede dexar de hacer en cslo lo que se haze, y nioslrar confianoa de los naturales que eslân alli , pues una de las cosas que ha causado tanto dafio en aqucUos Estados es havcr cntendido cllos que se tcnia rccalo dellos. Y assi convicneen esta parle niostrar que se haze en todo niucha confiança dellos. ... «

* « ... Yo cslava con dcsseo de recobrar à hcrcdero. Quiça acertarémos olra vcz ... «

' « Porquc no dudo sino que avrâ llepado por alla la grila y mentiras que han corrido por aqui estes dias de cosas mias, dire aqui brevementc a vm. la verdad de lo que passa, por su salisfacion ... • ' Voy. /intonio Perez et Philippe II, par 31. Jlignct, 'i'' édition, pp. I 19 et suiv.

* » Y scr yo de niio tan filosopho cunio vm. sabc, he tiesseado con niuclias veras lecogermc y

vivir una vida sossogada y chri^tiana.... ■>

' • No se en que pararà el negocio : p'TO de lo que fucrc avisaré .i vm. DoTia Juana y nucslios hijns ticncn salud. »

Deux lettres de Hernando de Escobar, lun des clercs d Antonio Perez, la première, du 30 mai lo78 (fol. 48\ la seconde, du 18 juin suivant (fol. 68^, concernent des horloges et des instruments de mathématiques que Vargas avait été prié d'acheter à Paris pour le marquis de los Vêlez. Dans la dernière, écrite de Parraces, Escobar ajoute : « Leurs Majestés se • trouvent ici à Parraces. et aujourdhui. 18 juin, elles vont voir la revue » des hommes d'armes réunis en une prairie près de Martimunoz de las » Posadas. Elles reviendront coucher ici. Demain elles logeront à TEspinar, » et le jour suivant à Saint-Laurent le Royal (l'Escurial) : ce qui sera la » fin de cette petite excursion '. »

Catherine de Médicis (fol. 70) écrit à Vargas de Chantilly, le 9 juin 1S78 : « Le roy. monsieur mon filz. se contente grandement de vostre façon de » procéder, en vous asseurant qu'il n'a rien qui luy soit plus cher que » l'entretènement de la bonne paix et amitié qui est entre le rov catho- » licque, monsieur mon beau-filz. et luy : à quoy je continueray tousjours » à m'emploier et tenir la main en tout ce qu'il me sera possible »

Une lettre de rarchevéque de Nazareth à Philippe IL datée du !2o septembre iD78, à Paris, se trouve dans ce Recueil (fol. 97\

Ce prélat avait été envoyé à la cour de France par Grégoire XIII, au mois de juin, pour détourner le duc d'Alençon de se mêler des affaires des Pays-Bas. A son arrivée à Paris, il apprit que François de \ alois était dans son duché dAlençon^ il s'y rendit, mais il ne l'y trouva plus : le duc était parti pour le Hainaut, où l'appelaient les états et plus particulièrement le comte de Lalaing, gouverneur de cette province. Après avoir eu audience de Henri III et de Catherine de Médicis, et conforniémenl à leur avis, l'archevêque alla trouver le duc à .Mons. Toutes les remontrances qu'il lui fit pour rengager à retourner en France et à abandonner le parti des états furent infructueuses '; les ambassadeurs que la Seigneurie de Venise et le duc de Savoie lui avaient envoyés dans le même but et que François

' » ... Hdllansc Sus Magesladcs aqui en Parraces, y lioy, quesoiiios â los xviii° de juiiio, va» à ver junlos â los hombres de armas que hazeii alarde en una deliesa junto a iMartimunoz de las Posadas. Bolverân â dormir aqui esta noche. Mafiana dormiràii en el Lspinar, y eslotro dia en San Lorcnzo el Real : con que se avré acabado este caminillo. "

' Une lellrc qu'il écrivit, le 23 août, au nonce il Madrid, et qui est aux .Archives nationales, pupiors de Siinaucas, K 1.^47, n» 130, contient des détails intéressants à ce sujet.

de Valois reçut également à Mons, n'y réussirent pas mieux '. L'archevêque s'employa aussi auprès des principaux membres des états, du clergé et de la noblesse, afin de les engager à se réconcilier avec leur souverain.

Étant retourné à Paris, il y reçut du pape l'ordre de prendre congé du

roi, puisque, ayant échoué dans sa mission, il ne pouvait demeurer plus

lon"^temps à la cour de France sans que la dignité du saint-siége en souf- .

frit. Après avoir eu son audience de congé de Henri III ^ il se disposait à

se mettre en chemin pour l'Italie, lorsque l'ambassadeur Vargas le pria ,

de la part du roi, de suspendre son départ, afin d'entamer une négociation

avec le comte de Lalaing; il s'en excusa ^ « Je supplie Votre Majesté —

» écrit-il à Philippe II — de vouloir considérer que je ne m'appartiens

» pas ici, mais que j'appartiens à d'autres; que, ne partant point, je dés-

» obéirais aux ordres du maitrc, qui me commande de partir; que jai pris

» congé du roi et des seigneurs de la cour; que je ne pourrais y séjourner

» davantage sans donner ici beaucoup d'ombrage et faire soupçonner

» quelque intrigue à ces gens , d'autant plus qu'ils sont défiants de leur

» nature, et que peut-être il ne manquerait pas à Rome (il s'en trouve

» partout) de personnes qui, par malice, insinueraient que, si je prolonge

» mon séjour ici, c'est pour mes desseins et mes intérêts particuliers, sur-

» tout après que monseigneur l'archevêque de Rossano a été désigné pour

» ^ enir à cette cour. Je crois donc devoir partir, tant pour obéir aux com-

)) mandements du prince, que pour prévenir les soupçons qu'on pourrait

» concevoir ici, et même les calomnies auxquelles je pourrais être en butte

» à Rome, comme j'en ferai rapport à Sa Sainteté seule, et de bouche. Et

» je pars vraiment avec un grand déplaisir de n'avoir pu avancer, comme

» je lespérais, le service de V otre Majesté et le bien public. Peut-être Dieu

» permoftra-t-il qu'on puisse faire mieu.x par une autre voie. Où que je

» sois, Votre .Majesté peut être assurée qu'elle y aura toujours un très-

» humble et très-dévoué vassal et serviteur, etc. *. »

' Voir la lettre du 28 août citée à la noie 2 de la pa;;e prccédenlc.

' Le 23 septembre, a Fontainebleau. (Lettre de Juan de Vargas à Philippe II, du 27 septembre 1578, aux Archives nationales. A' lb47.)

' Lettre de Var};as, du 27 septembre 1578, citée à la note précédente.

' " Sacra Calolica Regia Macstà, venni dcl mcsc di giugno in Francia, mandato da Nostro Signore, corne V. M. havrii potuto intenderc, per far oflîcio, in nome di Sua Santità, eon Mons. di Alanzone, di

Enfin je citerai une lettre d'Eléonore de Montmorency, veuve d'Antoine de Lalaing, comte de Hooghslraeten , à Philippe II (fol. 185), et la réponse quy fait le roi (fol. 191).

rilirarlo da mali consegli che l'han spinlo con l'arme in Fiandra. Et devc credere V. M. ch'in questo caso non ho mancato di tutti quclli officii et diligenze ch'è stato dcbito mio di fare, corne fiel ministre nei comandamenli di Sua Sanlit.i et corne cbristiano ncl servitio di Dio et beneficio publico : il che ho faite anchè volentieri, vedendo vi congiunto il servitio délia M. V., come ho falto anchè altre voltc che son stato in questi servitii, con havcr conferito sempre co i rainistri di V. M. et di présente col senor Vargas, il quale potrà farli fede di tulto quel che si è falto, cosi per rilirar detlo Monsignor, con riinoslrarli, insicme col disordine suo, le di£Gcullà che vi harebbe trovato, et la poca riputationc che n'harebbe riportato, come anchè per fermar questo re che non si lasciasse lirarc al medcsimo disordine.

.' Et potrà esso scûor Vargas dare anchè assai particolar conto a V. M. di quel che si è fatlo in Henaut, col mezo di ecclesiastici et altre persone che coufidentemenle han trattato con me, cosi per stabilir quclla provincia in la obedienza di Dio et divotione délia M. V., come per polcr guadagnare qualche principal pcrsona di là, con havcrli digià rimostrato il malo stato in che si Irovava di Iravagli pcrpetui et di infamia el condemnalione di se, di figli et soccession sua per sempre, et insieme metlendo li in consideratione il rimedio ch'era anchè in tempo di polervi fare. Che tulto fcci per firraarla, in quel precipitio ch'io la trovai da giltarsi in prcda di altri, et baver tempo di potcr poi appresso far degli allri officii, con qualcbc autorité che non bavevo iu quel ponto, et in tanto andar disponendo le cose et li mezi oportuni : che fi'i lutto quel ch'io polei fare in quel tempo, non havendo ordinc ne aulorità di poter fare altro. Di che, oltre di baver conferito qui col senor Vargas, diedi aviso anchè a iSostro Signore, acciô polesse Sua Sanlità et i ministri di V. M. in Roma più prudcntcmenle considerare la nalura et stato del negocio, come voglio credere che cosi si sia falto, havendo destinato in quoi Slati la persona di monsignor arcivescovo di Rossano.

» Et scndo parso a Nostro Signore che non facendosi qui profitto alcuno con monsignor di Alanzone, non polesse io con dignità délia Sanlilà Sua farvi più lunga dimora, mi ha commesso a dcvcr pigliar licenza di questa Maestà cl ritornarmene in Italia, come digià bu preso iicenza, et sono in punio di parlirc fra due giorni.

.1 In questo punto, pur oggi, il seîior Vargas sudclto rai ha conferito l'ordine venuto li ulliniamcnte dalla M. V. su ([uosto negocio, facendomi inslanza a soprasedcre la partcnza. In che l'bo pregato, come anchè supplice la M. V., a voler considerare ch'io son qui di altri et non mio; che non partendo, farci contra l'ordine del padrone, il quai mi comanda a parlire; che mi trovo digià esscr licentiato dal re et allri délia corte, et non potrei arreslarmi senza dar qui molla ombra et sospcllo di altri mancggi a qucsle genli, massimc che sono di sua nalura sospettosc, cl forsc che non mancheriano in Rojna dellc persone maligne, che per tulto se ne trevano, di far parère anche là che la mia ditenula qui fusse per mici discgni et particolari inleressi, massimc scndosi deslinata a detti negezii la persona di monsignor arcivescovo sudclto.

» Si che, et per obedire alli comandamenli del principe, cl per obviare alli sospclti cbe si potrcbbcno causarc in questa cerlc di Francia, et anchè aile calumnie cbe si potrebbcno dar a me in quclla di Roma, ho elelto di dover partirc, come di tulto daro conto a Nostro Signore sole in voce ; et

La comtesse écrit, le 8 février iS79, que, vojant continuer tant de f»ucrres « dans sa désolée patrie » . elle s'en était tellement désespérée qu'elle avait résolu de venir vivre à Paris. 3Iais l'ambassadeur Vargas l'a persuadée de retourner dans les Pays-Bas, afin de travailler à la réconciliation de ces provinces avec leur légitime souverain. Elle y retourne donc, prouvant ainsi au roi son désir de le servir.

Philippe lui répond de ^ladrid, le 18 mars. Après l'avoir beaucoup remerciée de la peine qu'elle veut bien prendre pour le service de Dieu et le sien, ainsi que pour l'avantage de ses sujets des Pays-Bas, il l'assure que. moyennant l'observation de la religion catholique romaine et de l'obéissance qu'ils lui doivent, son intention est que toutes choses soient rétablies en l'état où elles étaient avant les troubles . avec pardon et oubli du passé: que sesdits sujets conservent leurs privilèges et libertés, et que tout ce que le prince de Parme leur promettra en son nom soit tenu. « Je » vous prie, ajoute-t-il, de le donner à entendre à tout le monde et que » cela s'accomplira au pied de la lettre, sans aucune faute '. »

vcramcnlc nii parto cou molto dispiacer mio di non havor potulo tirarc innanzi il servilio di V. M. col beneficin piiblico, che a nie pareva fusse por potersi fare : forsc che Dio benedetto lo niostrarà di polersi far mcgiio per allra via. Et dovunquc io saro, puo csscr sicura V. M. che vi sarà sempre un suo huniili.ssimo et divotissimo vassallo et scrvilore, obligato et pronto a scrvirla in ogui uccasione. Con che humilissiinaniente li bascio la mano, et prego il signer Dio a conservare et esaltare la sua regal persoiia felicemcnt sempre.

» Di Parigi, li 2S di sctlenibre 1578.

» Di Vostra Sacra Catolica Rcgia Maestà

« Humilissirao et diyotissirao vassallo et servilore,

" L'Arcivescovo di Nazareth. «

' » Condcsa paricnte, Juan de Vargas Mexia me envio vuestra carta de 8 de hebrcro ; y por ella y por lo que cl nie ha scriplo, he cnicndido todo lo que entre los dos ha passado sobre las cosas de les Payses Baxos, y la buena volunlad con que os aviadcs dispuesto de volver à ellos à procurar, por vuestra parle, lo que tanlo les convicnc. Por lo quai os doy niuchas gracias y certifico que eslltno en lo que es razon el travajn ([uc lomais por el scrvicio de Dios y mio y beneficio de los misnios Estados y de los naturalcs dcllos, de quienes yo no prelendo ni nunca lie prctcndido olra casa, sino que observândose en ellos la religion catholica romana y mi obediencia, todo lo demis se reduzga y buelva al ser y eslado que ànlcs lenia, con perdon y olvido de todas las cosas pasadas, y que se les guarden y coiiscrven sus privilci^ios y liberlades y lodo lo que el illuslrissirao principe de Parnia, mi sobrino, les promeliero y asentarc con ellos en mi nombre; y os ruego mucho que vos lo deis à entcnder à todos.

Saint-Germain Harlay 228.

Page 1