‹ La Bibliothèque nationale à Paris. Notices et extraits des manuscrits que concernent l'histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 122 sur 128 · fnstruzioni politiche et diplomatiche · texte numérisé non relu

fnstruzioni politiche et diplomatiche

In i", pap., non cote (400 feuillets environ), écriture du XVII" siècle.

Parmi les documents dont des copies ont été rassemblées dans ce volume est, sous le n" IX, un cahier de 36 pages, d'une écriture large,

intitulé : InslruUione al cardinale Montepulciano , legato dipapa Paolo 111° ail' imperatore Carlo F" per le cose délia Germania, l'anno i 559.

Ce titre est fait pour induire en erreur sur le nom et la qualité du personnage que Paul III envoya à Charles-Quint : il s'appelait Giovanni Ricci: il n'était point cardinal alors; il ne fut élevé à cette dignité qu'au mois de novembre I5S1 par Jules III; on verra plus loin' que, dans une instruction du mois de juin de cette année, il est qualifié seulement de « tréson rier de Sa Sainteté ». En 1561 Pie IV, en sa faveur, érigea l'église de Montepulciano, lieu de sa naissance, en cathédrale, et l'appela à en occuper le siège ^

L'objet principal de la mission de Ricci était d'obtenir que l'empereur ne ratifiât pas les articles arrêtés en la diète de Francfort le 19 avril 1539, et qui y sont qualifiés de pestifera risolutione. L'instruction en déduit les motifs. Comme ils sont connus ', nous nous dispenserons de les reproduire ici.

Saint-Germain 196.

161. — Instruzioni e Lettere di Principi, di Ministri e d'altri Personnagj.

Grand in-4°, pap., 399 et 292 pages, écriture du XVII'' siècle.

Ce Recueil se divise en deux parties.

La première contient des instructions, et la seconde des lettres.

Parmi les instructions il en est plusieurs qui sont intéressantes pour l'histoire de Charles-Quint; nous allons les faire connaître.

I. — Instruttione al vescovo Poggi, mandato daW imperatore a N. S. per la pace col re Francesco primo, per la celebralione del concilio et altri negotii. — Fol. 1-12.

C'est un mémoire ou écrit du nonce Poggi, daté du 7 mars 1538, où il rend compte des dispositions de l'empereur et de ses ministres louchant la

■ Page 49S.

• Ughclli, Italia Sacra, t. I, p. 1003. — Moréri, passim.

' Voy. Vllistoire d'Allemagne du P. Barre, t. VIII, 2« partie, pp. 495-196.

paix avec la France et la célébration du concile: de son inclination à aller conférer avec le pape: de ses sentiments pour le saint-père: de ce qu'il a fait envers le roi d'Angleterre, etc.

II. — InslrulHone per Spayna alVandata di monsUjnor illiistrissimo Farnese a visitare Vimperatore per morte delVimperalrke. — Fol. d5-i8.

Nous n'avons ici qu'un sommaire de l'instruction ou de l'une des instructions de Farnèse. Il y est parlé de la paix entre l'empereur et le roi de France, de laquelle, selon le souverain pontife, dépend le salut ou la ruine de la chrétienté, car sans elle on ne peut ni résister au Turc ni extirper les hérésies; du roi d'Angleterre, auquel le pape demande que l'empereur et le roi de France envoient des ambassadeurs pour lui signifier que, s'il ne retourne à la foi catholique, ils devront obéira la bulle fulminée contre lui; du concile, dont la prolongation ne parait pour le moment au saint-père ni utile ni honorable: de la diète à tenir à Nuremberg: enfin de plusieurs points particuliers.

Rien touchant la mort de l'impératrice.

III. — Jtislrutiione al signor Hieronhno da Correggio cite si manda alla corte delt imperatore li 12 di Itiglio 1S46. — Fol. 31-37.

Cette instruction, sans signature, doit être d'Octave Farnèse: elle est datée, non du 12, mais du 17 juillet Id46, à Castel San Giovanni. Farnèse charge Correggio d'annoncer à l'empereur qu'il s'apprête à marcher, pour aller le joindre, avec le nombre et la qualité des gens de pied et de cheval qu'il lui fait savoir, et de le supplier d'exprimer sa volonté sur le chemin que lui et ses gens doivent tenir.

IV. — Instridtione a monsignor reverendissimo Sfondralo, mandato alV imperatore per la reduttione del regno d'Inghilterra et per la pace fra S. M. et il re christianissimo. — Fol. 27 v^-ôO.

Le cardinal Francesco Sfondrato, archevêque d'Amalfi, avait été nommé par Paul III son légat auprès de Charles-Quint. Cette instruction roule sur deux points.

Premièrement, le légat devait exhorter l'empereur, de la manière la plus pressante ', à user de son autorité et de son influence pour la réduction de l'Angleterre à l'unité de l'Eglise catholique, « Sa Sainteté étant con-

' Il ..., Con ogni cfficacia... »

n vaincue que rintervention de Sa Majesté est le moyen le plus efficace qui » se puisse employer pour cette réduction , tant parce que Sa Majesté a lau- » torité et les forces nécessaires pour persuader et pour contraindre, quen » raison du voisinage de ses Etats, et pour l'intérêt propre de sa cousine '. n outre l'obligation particulière quelle a envers le siège apostolique, etc. *. » On pourrait atteindre le but, soit par un accord, soit par la voie des armes. Au cas que l'empereur incline pour ce dernier moyen, le légat lui offrira toute l'aide qui sera au pouvoir du siège apostolique ^

Le second objet était l'établissement d'une véritable paix entre l'empereur et le roi de France, si nécessaire au salut de la chrétienté et aux desseins particuliers de Sa Majesté par rapport à l'Allemagne et à l'Italie. Le pape regardait comme un devoir de sa charge et de sa profession de père conuuun de renouveler ses démarches pour cet effet. Le légat devait exhorter lempereur à donner suite aux bonnes dispositions qu'il avait toujours montrées pour la paix , « d'autant plus qu'entre lui et le nouveau » roi de France ' il n était survenu jusqu'à ce moment aucune cause de » mésintelligence, et qu'on pouvait, en quelque sorte, considérer comme n éteinte, par la mort du dernier roi, l'inimitié qu'il y avait eu entre lui n et l'empereur. En somme — portait l'instruction — le légat prierait l'em- » pereur de donner cette consolation et cette joie à Sa Sainteté, dans les » dernières années qu'il lui restait à vivre, de voir le monde en paix \ »

Cette instruction est de l'année 1547. Nous avons rapporté, avec quelque détail, dans la Biographie nationale \ la réponse que Charles-Quint fit au cardinal Sfondrato à Bamberg, au mois de juillet de cette année.

' Marie, fille de Catlicriiic d'Aragon et de Henri VIII.

' .• .... Conosccndo Sua Sanlità che il più efficace mczzo clie possa usarsi per qucsta rcdutlionc c quello di SuaMacstà, cos'i per raulorltà e forze raaggiori cirdla lia da pcrsuadere et conslringcre, come per la vieinità dclli Stati et per l'interesso proprio dclla cugina, oltro alP obligo particolare che tiene con la sedt apostolica , etc. «

' 0 .... Tutio quello aiuto che gli polrà dare la scdc apostolica.... »

• Henri II.

' .. .... Tant» più quanU) Ira Ici et il nuovo re di Francia non è per ancora succcssa causa alcuna

d'allcratione, cl parc clic in un ccrio modo l'inimicilie siano estinlc con la morte del re passalo. Et In somma pregare Sua Macstà a dare qucsia consolatione et allegrezza a Sua Beatiludinc, in qucsti ultimi anni da vita clic li restano. di vederc il niondo in pacc. '^

' Tom. III, CO1.750-7S5.

V. — Instruttione al vescovo (sic) di Fano, di f^'erona et di Ferentino , destinati mnilii, cou facoltà di lerjali , in Germania, lo47. — Fol. 4S-i9.

La date donnée à cette instruction est inexacte; la mission dont Paul III chargea les évèques de Vérone et de Ferentino (l'^véque de Fano était son nonce auprès de Charles-Quint) fut postérieure à la diète d'Augsbourg, dont la clôture eut lieu le 50 juin lo48.

Le secrétaire d'Etat commence par dire aux trois évèques que Sa Sainteté ne doute pas qu'ils n'usent des facultés qui leur sont données « avec toute » modestie et circonspection, à l'édification et réunion de l'Eglise, ainsi » que l'exige le service do Dieu, et non en vue de destruction ou de scan- » dale '. » Il leur dit ensuite qu'il leur remet trois bulles : « la première » très-ample avec toutes les facultés que Sa Sainteté a pu honnêtement n concéder, et aussi conforme qu'il a été possible à la note envovée » d'Allemagne ■: la deuxième semblable en tout à la première, excepté » en ce qui concerne la faculté d'accorder dispense aux prêtres mariés, » laquelle faculté en a été retranchée 'i la troisième avec la faculté seule- » ment d'accorder cette dispense '. »

Les évèques de Vérone et de Ferentino devaient envoyer la première bulle à l'évéque de Fano. avec copie des deux autres, pour qu'il les communiquât à l'empereur. Il leur était recommandé d'user avec circonspection de la faculté de dispenser les prêtres mariés et d'accorder la communion sous les deux espèces, mais surtout de ne recevoir d'argent de personne. Si l'empereur était en Allemagne, ils Tiraient trouver, pour lui faire la révérence. S'il était encore aux Pays-Bas, ils se fixeraient là où ils le jugeraient le mieux, sans dépasser Cologne, et ils en donneraient avis à l'évéque de Fano : « car, étant envoyés principalement pour recevoir ceux de 1) l'Allemagne qui voudraient revenir au giron de l'Eglise, il paraissait

' >' .... s. s. non dubila punlo chc non liabbiatc usare le facoltà clic vi si danno con ogni débita modestia et circonspcttione, a cdificatione et riunione délia ChieSa, comc piccrca il servitio di N. S. Iddio, et non a dislruttione et scandalo... «

' o .... L'una piena et ampla con tutte le facoltà clic si sono polulc conccderc honoslanicnlc da Sua Sanlità, più conforme chc si cpolulo alla nota mandata di Germania... ■•

' « .... L'allra similc in tuttoalla prima, eccctto che nclla facoltà di dispensare li prdi coniugati, qualc siè levala et posta da parle, corne vcdrcte... »

* La terza con questa facoltà sola di dispensare li preli coniugati senz" allro... >■

492 SUPPLEMEINT.

» convenable qu'ils se fixassent dans ce pays, d'autant plus que leur col- >i lègue se trouvait auprès de Tempereur '. »

Ce dernier point n'empêcha pas que les deux évéques ne vinssent à Bruxelles, où ils arrivèrent le 27 décembre 1d48. Charles-Quint leur donna audience, ainsi quau nonce, le o janvier '.

\l. — Instniltione per inonsiynor Ardincfhello , destinato ali imperafore , per il progresso del conclave et creatione di papa et consignatione di Parma al dtica Oitavio. — Fol. 19-24.

Cette instruction n'est point de la cour pontificale: elle doit être d'un membre du sacré collège (le cardinal Farnèse peut-être}. Elle a pour objet: 1° d'expliquer à l'empereur ce qui s'est passé au conclave; comment il s'est fait que ni le cardinal Pôle ni les autres candidats désignés par lui n'ont pu être élus, et comment, après soixante-douze jours de scrutins, le sacré collège s'est presque unanimement prononcé pour le cardinal del iWonte '; 2° de l'informer que le nouveau pape a libéralement donné la ville et la forteresse de Parme au duc Octave, en lui confirmant la charge de général de l'Eglise : choses qu'il a faites, mû par le désir de complaire à l'empereur. Ardinghello exprimera l'espoir que l'empereur restituera au duc. non-seulement le reste du territoire de Parme, mais encore la ville de Plaisance.

Suppl. franc. 4613.

162. — Ambassade de messire Jean de Saint-Mauris auprès de François I*^'', roy de France.

Iii-fol., pap., relié en maroq., 489 pages, écriture de la seconde moitié du XVIII' siècle.

On lit, à l'un des feuillets de garde : « Copie des lettres et autres pièces » concernant messire Jean de Saint-Mauris, ambassadeur de Charles V

■■ .... Pereliè esscndo voi niandati priiicipalinente per riceverc quelli che dolla provinlia di Germaiiia voranno lornare al gremio délia Chiesa, par' convenicnlc che vi habbiale a formar in essa, inassimc Irovandosi il vostro lerzo cdllega appresso la Maeslà Cesarca , etc. «

' Biographie iialiomile , t. III , col. 77C.

» r.c 8 février I8«0.

SLPPLÉMEM. 493

» auprès de François I". président du conseil d'Estat et des finances des » Pays-Bas. depuis Tannée loi4- jusqu'en loa4: recueillies dans le siècle » passé par M. Boisot, abbé de Saint-Vincent de Besançon, en un volume » in-folio faisant partie des manuscrits de cette abbaye. »

Le volume se termine par la déclaration suivante :

« Je, soussigné, membre des Académies impériale et royale de Bruxelles et de Besançon, cy-devanl bibliothécaire de la bibliothèque publique de labbaye de Saint-Vincent de Besançon, certifie que ce manuscrit, contenant les Mémoires concernant l'ambassade de AI. Jean de Sainl-Mauris auprès de François 1'='', roy de France, a été copié fidèlement sur l'original qui repose dans ladite bibliothèque. A Besançon, le 30 mars 1778.

» DoM Anselme Berthod. Bénédictin. »

Ce Recueil est précédé de deux tables et d une copie de la notice de l'abbé Boisot sur Jean de Saint-Mauris.

La première table est celle « des lettres et autres pièces contenues dans » le Recueil. )>

La seconde est celle « des choses les plus importantes et des principaux » personnages dont il est parlé dans ce Recueil. »

Les lettres sont :

De Charles-Quint, vingt;

De Ferdinand, roi des Romains, quatre:

De Philippe II. prince d'Espagne, six ;

De la reine Marie, dix-huit;

De Nicolas Perrenot. seigneur de Granvelle, deux:

D'Antoine Perrenot, évcque d'Arras, deux;

Du grand commandeur Francisco de los Covos, quatre.

Et des personnages suivants : Louis de Bruges, seigneur de Praet, Gonzalo Perez, duc d'Albuquerque. mar(|uis del V'asto, l'amiral dAnnebaut, don Ferrante Gonzaga . Galeoto Pico. comte de la Mirandole, François Bonvalot, abbé de Luxeul. duc d'Arschot. Vlarillac.

U n'3' a aucune lettre de Saint-Mauris lui-même : par conséquent le titre qui a été donné au manuscrit est fait pour induire en erreur ceux qui l'ouvriront, s'attendant à y trouver des détails sur ce que cet ambassadeur aurait négocié à la cour de France et ce qu'il y aurait appris et remarqué.

494 SUPPLEAIENT

La première lettre est écrite par le prince Philippe le 4 décembre 1344.

La dernière en date est de la reine Marie, de Bruxelles, le 14 mars 1548 (lS49,n. st.).

Celle-ci est précédée (chronologiquement, mais non dans le registre) d'une lettre du seigneur de Pract du 2 juin 1548, où Ion lit :

Monsieur rambassadeur, vous ne m'avés fait peu de plaisir, dans vos leltres du dernier de may, nie faire sçavoir de vos nouvelles, mcsme de l'éleeluaire don[ use monsieur de Foriy, nonce de nostre sainl-père, contre la goutte. Et vu que ledicl sieur et vous aussi, depuis l'avoir usé, vous trouvés si bien avec ledict électuaire, je vous prie, monsieur, me mander la recelte et forme comme on le fait, et aussi la façon et quantité que l'on prend, et si c'est tous les jours, ou seulement quelquefois la semaine. Je vous prie aussi me faire entendre de quelle nation est le médecin que Barberousse a laissé en France faisant profession de guérir iadicle maladie, et s'il est fondé en l'art ou seulement empirique, et si on pourroit se servir de la recette dont il use.

» Je suis esté quelque temps assés bien de ladicte goutte. Si voudrois bien trouver le moyen pour obtenir avec elle plus longue trêve qu'elle m'a baillé les années passées »

Il y avait bien longtemps déjà que le seigneur de Praet était tourmenté de la goutte, et plusieurs fois il avait sollicité de l'empereur, comme une faveur, d'élre déchargé de ses emplois. Mais Charlcs-Quint ne voulut jamais se priver des services d'un ministre aussi habile et aussi expérimenté.

A la suite des lettres viennent quelques pièces concernant les affaires privées de la famille Saint-Mauris.

163". — Raccolta di Discorsi", Lettere, Capitoli, Sommarii ed altri Scrilti .sopra argomenti.

ln-4", pap., earl., ccrituro du XVI" siècle.

Nous avons emprunté au Catalogue du docteur Marsand le litre que nous venons de transcrire : le manuscrit contient simplement celui de Scritd diversi , qui est écrit au dos.

SUPPLEMEINT. 495

Plusieurs instructions de Jules III à des nonces envoyés par lui à Charlcs-Quinl sont contenues dans ce volume.

I. — Instruction donnée, le 31 mars 15ol, à monsignor d'Imola (Hieronynio Dandino, fait cardinal la même année). — Fol. 4-10.

L'objet de cette instruction, qui est remplie de plaintes contre les Farnèses et contre les Français, est de déclarer à l'empereur les sentiments du pape et de connaître les siens. « Notre intention — dit Jules III — est de n courir fortune avec S. M. et d'entrer avec elle dans le même navire, non » par haine, ni par amour, ni par crainte, ni enfin pour aucune considéran tion humaine, mais parce que nous voyons que notre cause est liée avec » la sienne dans toutes les affaires, et surtout dans celle de la religion; et )) ainsi nous nous promettons de S. M. une bonne correspondance '. »

Le point principal dont l'évcque d'Imola avait à traiter avec l'empereur était la fixation du jour où le concile serait repris, en examinant s'il convenait de le différer jusqu'au mois de septembre.

La conclusion était que le pape , comme il l'avait dit déjà , « courrait » joyeusement fortune avec Sa Majesté Impériale, et qu'il entendrait ce fait » comme S. iVI. l'entendrait elle-même, car elle avait une pleine intelligence » des choses d'Etat et de guerre; elle avait le savoir et le pouvoir, et le pape » était persuadé que, dans toute résolution qu'elle prendrait, elle aurait » pour recommandés son honneur et celui du saint-siége ^. »

II. — Instruction donnée à monsignor Montepulciano \ trésorier de Sa Sainteté, le 22 juin 1551. — Fol. 18.

Elle roule sur l'affaire de Parme.

III. — Instruction donnée à monsignor Pietro Camajani , camérier du pape, le 10 octobre 1551. — Fol. 46-58.

' « L'animo nostro ù Ji corrcr fortuna con la Macslà Sua et eiUrarc nella mcdcsima nave con quclla, non pcr odio o pcr amore o pcr liniore, ne finalmente pcr effello alcuno humano, ma perrliè vcilemo la causa nostra esscr congionla con S. M. Ces' in tutli gli affari , et massimamentc in quclla dclla rcliginne; et cos'i promcllianio dclla Macslà Sua buona corrispondcnza "

' i. La conclusione sia quclla clic è detla di sopra, chc noi correnio allegramentc fortuna con S. M., et entendcrcmo qucsto fatto sccoiido chc sarà inlcso da Ici , corne quella chc ha piena intelligenza délie cose de Slali cl di gucrra, et ha il sapcrc cl il potere , et credemo in qualunquc rcsolulione haverà pcr raccommandalo l'honor nostro et di questa santa scdc «

' Voy. ce que nous avons dit de ce personnage, p. 488.

Pietro Caniajani. évéque de Fiesole. était envoyé à Charles-Quint, pour résider à sa cour comme nonce du saint-siége: aussi son instruction, qui roule sur toutes les affaires publiques du temps, mais plus particulièrement sur celles d'Italie et la création de cardinaux, que l'empereur et le roi de France réclamaient chacun de son coté, est-elle fort étendue.

Nous n'en citerons que ce passage, pour faire juger de l'esprit dans lequel elle est conçue : « Nous pensons que désormais Sa Majesté Impériale est » bien convaincue de notre candeur, et qu'elle est assurée que si, au moyen » dun accord avec le roi, nous pouvions gagner dix royaumes de France, » et que si vice versa nous croyions perdre dix Etats comme le nôtre et la » vie avec eux, nous ne le ferions pas sans l'exprès consentement et la » bonne volonté de S. M., de laquelle nous avons dit et nous répétons que » nous n'entendons nous séparer jamais, pour quelque espoir de gain ni » pour quelque perte que ce soit, et avec laquelle nous sommes résolu de » courir joyeusement toute fortune ' ».

Parmi les nombreuses lettres en copie qui ont été rassemblées dans ce manuscrit, il en est une qui contient des particularités curieuses concernant Marguerite d Autriche, fille naturelle de Charles-Quint; elle est écrite au cardinal secrétaire d'Etat de la cour pontificale par le cardinal de Nicastro, le 9 août 1d40, de la Haye, où se trouvait en ce moment Charles-Quint *.

On sait que Marguerite fut mariée, en 1538, à Octave Farnèse. petit-fils de Paul III: c'était contre son gré que ce mariage avait été arrêté entre l'empereur et le pape, car Farnèse n'était encore qu'un enfant, étant âgé de quatorze ans à peine, et elle, qui avait été déjà mariée une première fois, allait bientôt accomplir sa dix-septième année. En attendant que son époux parvint à la puberté, Marguerite résida à Rome, sous les yeux du pape, ayant

' j Credemo clie Iiorniai Sua Maeslà Ccsarea sia chiara dclla sincerità et caiididezza dell'animo nostro, cl sia ccrta chc si polcssimo fare accorde col re et guadagnar dicci rcaiiii di Francia , et versa vice credessimo di perdere dieci Stali corne il nostro et la vita iiisienic, non lo faremmo scnza espresso conscnso et buona voluiità di S. M., dalla quale liavcnio detto et replichiamo clie non intciidiamo di separarci in etcrno pcr qualsivoglia spcranza di guadagno, ne per qualsivoglia paura di pcrdila , et con la qualc sianio risoluli di correrc allegramenle ogni furluna »

• Le docteur Marsand a ctraiigenicnt dénature le caractère de cette lettre; voici eoninient il l'analyse : " Alcuiic lettcre contenenti cose segrctissimc intoniu al matrimunio di Madania col signer pre- • fetto, il quale uiatriinonio, e per poteslà del papa, c per volontà deU'iniperatore Carlo V, fi'i annul- " lato. » (/ Maiioscritti ilaliani dellti Regiu liiblioleca Parigina, etc., l. I, p. 347.)

auprès d'elle, pour gouverner sa maison, l'accompagner et la servir, un gentilhomme espagnol, don Lope Hurtado, que l'empereur avait choisi à cet effet '.

Farnèse, ayant atteint sa seizième année, voulut user de ses droits de mari; Marguerite y résista. Le marquis d'Aguilar, ambassadeur de l'empepereur, et le cardinal de Santiago, lui représentèrent que la volonté de son père était qu'elle « ne délayast ny fist refus de laisser coucher avec elle le » seigneur Octavio »: elle leur i-épondit « qu'il estoit au pouvoir de l'em- » pereur de faire d'elle ce qu'il lui plairoit. mais, pour cest effet, qu'elle n'y » consentiroit jamais, et qu'il n'y avoit nulle consommation de mariage'». Elle écrivit à l'empereur pour expliquer et justifier sa conduite. Charles- Quint était en ce moment-là à Gand: il n'admit pas les excuses de sa fille, et il lui envoya un des gentilshommes de sa maison, le seigneur d'Andelot, pour lui faire entendre raison '.

D'Andelot, en arrivant à Rome, trouva que les dissentiments existants entre Marguerite et son époux étaient plus graves encore que l'empereur ne l'avait pensé *. Marguerite ne voulait absolument pas se considérer comme étant la femme d'Octave; cependant elle finit par dire à d'Andelot quelle se soumettrait à ce que déciderait l'empereur, après qu'il aurait entendu les raisons » qui la mouvoient à se tenir pour libre du mariage » avec le seigneur Octavio '". »

Le pape et les Farnèses étaient très-irrités contre elle. Ce fut dans ces circonstances que Paul ill chargea le cardinal de Nicastro d'agir auprès de Charles-Quint.

Dans la lettre du 9 août le cardinal annonce que messer Giovanni ° et

' Correspondance de Marf/uenlc d'Aitlriclu' aver Philippe II, t. Il, p. v et siiiv.

' Lettre de l'évèque de Linioges au connétable de Montmorency écrite de Rome. le 28 mars lî)4-0. dans Ribier, t. I, p. b08.

• Correspondance de Marr/uerite d'Autrielie avec Philippe II, t. Il, p. vj.

' Le cardinal de Lenoncourt écrivait, de Rome , le C juillet, au connétable de Montmonmcy : .. Je •> vous puis dire que c'est un piteux mariage que celuy du seigneur Octavio et de sa femme, car ils 0 s'accordent comme chiens et chats, et n'en est guères content nostre saint-père ny tous ceux de sa » maison. C'est une matière qui donne bien h parler en cette ville. « (Ribier, I. I , p. S35.)

' Correspondance de Marguerite d' Autriche arec Philippe II, t. Il, p. vu.

' Probablement le gentilhomme que, selon la lettre du cardinal de Lenoncourt du G juillet, le pape avait envoyé exprès à l'empereur pour cette affaire.

498 SLPPLEMEIVT.

lui ont eu enliii audience de l'empereur. La somme de ce qui a élë dit et répliqué dans cette audience est c que Sa .Majesté renvoie d'Andelot » a\ec ample commission (selon la promesse quelle a faite, et comme le » montre linslruction dont d'Andelol sera porteur) de résoudre les choses » de Madame, d'une manière ou de l'autre, sans ultérieur délai . afin que » Sa Sainteté ni Sa Majesté n'en aient plus d'ennui '. »

Le cardinal continue :

« Quant à 1 esprit de cette Madame, l'empereur a parlé du secret qu'il disait savoir comme père, et c'est qu'elle ne se tient point pour femme du seigneur préfet", n'ayant pas proféré le oui, quand il lui donna l'anneau, ni depuis consommé le mariage.

» A l'égard de l'esprit de Sa Majesté, elle n'a pas dit, comme l'autre fois, que sa fille doit être femme du seigneur préfet ou entrer dans un couvent : elle a dit que, jusqu'à ce moment, elle a fait en cette matière ce quun père doit faire avec sa fille, et que maintenant elle fera de nouveau tout office pour qu elle se contente de ce mariage, comme la raison le veut, mais quelle ne peut pourtant ni ne veut la forcer, si toutefois les clioses. sont entières, et qu'alors il faudra que la justice ait son cours : mais ce dernier point de la justice, elle n'en parla pas d'abord; elle l'énonça après que j eus sur cet article répondu un peu vivement. •

» Il sera nécessaire, d'après ce que nous entendons du seigneur*d'Andelot, que l'expédition de Camerino précède toute chose. Si vous y consentez, la perfection ou, comme ils disent, la consommation du mariage, suivra. Alors Sa Sainteté réformera la maison de Madame: elle pourra y mettre telles dames qu'elle jugera à propos. Les revenus et les dépenses de Madame seront à fixer en même temps \ »

Le cardinal annonce au secrétaire d'Etat que l'empereur envoie à sa

' ' La soiiiiiia è qucsta : che Sua Macsl.i rinianda Andalot con ampla conimissionc, sccoiido clic ba pronicsso cl anco faUo mostraro ncIT inslrultioiic, di risolvcrc le cosc di Madaiiia, o dciitro o fuori, seiiza più lungliczza di tempo, o clic se ne liahbia a dar piû fasiidio a Sua Santitii o a Sua Macstà. «

' Octave Fanicsc avait clé nonimé par le pape son graiid-pcro préfet do Rome.

' >' Dell' aniino di cssa ^ladama, Sua Maestà lia parlalo (jucl scercto ehc diccva sapcre cnnie padrc; el è clic ella non si lieiic cssrr nioglic dcl siguor prefcllo, non havendo profcrilo il fi iinarulo dicdc l'aiinello, ne poi eonsunialo il inalrimonio.

■ l'eiranimo di Sua Macsià, non ha dolto, conic lallrc voile, clic sua ligliiiola lia da csscr nioglic

Bile un présent de chevaux, de chiens et de toiles: il dit qu'on voudrait que le pape lui fit un don d'une égale valeur, et qu'on dégageât il ne sait quels joyau\ qui dernièrement ont été mis au cassmo, pour qu'il ne subsistât aucune cause de mécontentement '.

" Enfin — dit-il — les choses allant bien, on désire ici un oubli de tout le passé, et que Madame soit visitée, honorée et caressée comme elle l'avait été auparavant et comme il convient, de sorte qu'elle soit contente pour l'avenir, mais surtout qu'on ôte d'auprès d'elle les mauvaises langues -. »

Charles-Quint, en renvoyant à sa (ille le seigneur d'Andelot, lui écrivit, de sa main, le IS août, une lettre " où il lui marquait qu'il trouvait « nulles » et sans foiulement » les causes qu'elle alléguait pour se croire libre; que, si l'affaire était déférée à la justice, comme on ne pourrait l'éviter au cas qu'elle persistât dans son opinion, les tribunaux décideraient immanquablement qu'elle était « femme du seigneur Octavio », et lui ordonneraient de « faire vye niaryable avec lu\ . » Il l'exhortait donc à se conduire comme elle le devait pour l'acquit de son honneur et de sa conscience. II l'assurait du reste, dans les termes les plus paternels, que, s'il eût pu prévoir ce qui arrivait, il n'aurait pas donné sa main à Octave Farnèse : « car jamais — o disait-il — je ne vous eusse voulu marier contre voslre gré et volonté. »

del signor prefelto o enlrarc in un raonastero, ma chc Sua Maeslh , fin ad'hora, ha falto in questa matcria quel che un padre deve con una figliuola, et liora farà de nuovo ogni oITicio perché ella si contenti di questo matrimonio, come è ragione, ma ne anchè la puô ne vuole sforzarc, se pero le cusc siano inlicrc, si conic, quando non possoro, bisognerà chc la giuslilia habbia il suo luogo. Ma qucsia ultima clausula di giustilia la disse non d:i principio, ma in la ropliea. poichè io cbbi risposto a questo capo un poco gagliardamentc

» La ispcditionedi Camarino, per quanto inlendiamo da Andalot, bisognerà che précéda ad ogni cosa, et se in essa vi aeconiodarete, scguera la perfcltione dol matrimonio, o, come dicono loro, la consumalionc; et in tal caso la casa di Madama si reformera a Sua Sanlilà, et potrà mcttcre quelle donne che le pareranno a proposito, et si havrà da ordinare l'entrataet spesa sua. «

' « .... Dcsidcrano ancho che, come Sua Maesti) le manda hora un bel présente de eavalli , cani et lele, cosi Sua Beatudinc le doni lanto; che non s6 che gioic state messe alli di passali ncl cassino si riscatino, perché non resti causa alciina di mala satisfattione. »

' « Andando lecosc bene. si dcsidera qui una oblivionc di tutto il passalo et che .Madama sia visitata, compiacciula de gratia honesia et accarrezzala come era gih et come convicne, acclochè per ravvcnirc stia contenta , et sopra tutto chc se levino da mezzo le maie lingue. «

° Nous l'avons donnée dans la préface du tome II de la Correspondance de Marijuerite avec Philippe II, p. VII.

bOO SUPPLEMENT.

Les conseils de l'empereur et le langage que d'Andelol. conformément à ses instructions, tint à Marguerite, produisirent cette fois leur effet : la veuve d'Alexandre de Médicis comprit que sa répugnance devait céder à son devoir, et la concorde ne tarda pas à s'établir entre les jeunes époux '. »

164. — Libro de Cartas, Paresceres y otras Escriptnras en cil versas materias niuy importantes.

Iii-fol., pap., rcl. en veau, 178 feuillets, ccrilure du XVI' siècle.

Ce Registre provient du fameux duc d'Albe, don Fernando Alvarez de Tolède, qui y avait fait copier un certain nombre de ses lettres et de ses avis auxquels il attachait le plus d'importance.

Quelques-unes de ces pièces concernent les affaires des Pays-Bas. mais elles sont déjà connues: telles sont :

La lettre que le duc écrivit, de Huesca, le 22 décembre 1563, à Philippe II (fol. 34 v°\ sur la ligue des seigneurs contre le cardinal de Granvelle ';

L'instruction qu'il donna, le 9 octobre 1368, à Hernando Delgadilio (fol. 121 \, en l'envoyant à Rome pour l'affaire des nouveaux évèchés ":

La lettre qu'il écrivit au roi, de Cateau-Cambrésis, le 25 novembre Id68 (fol. 76), pour lui rendre compte de la fin et des résultats de son expédition contre le prince d Orange '.

Ln certain nombre de lettres ont rapport aux affaires de France. Les principales sont celles que Ferdinand de Tolède adressa à Philippe II (fol. 41 et suiv.), du IS juin au 4 juillet lo6o, sur l'entrevue de Rayonne, où il avait accompagné la reine Elisabeth, et celle qu'il écrivit à Catherine de Médicis, de Bruxelles, le 10 décembre 1567 \^fol. 71 V). Nous avons plus

' Correspondance lie Marguerite , cto., t. Il, p. viii.

' Voy. Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas , I. I, p. 278.

» Ibid., t. Il, p. iO.

* Ibid., p. i'J.

haut ' fait connaître celte dernière d'après l'original même qui se trouve dans un autre manuscrit.

Nous ne dirons rien des avis et des lettres qui ont trait aux affaires d'Italie, d'Angleterre^ d'Ecosse et d'Allemagne.

i65. — Collezione cli Scritti di diversi Autori, la più parte conceriienti la lega contra il Turco.

Iii-i«, pap., cartonné, coté jusqu'au feuillet 246 , écriture du XVII'' siècle.

Parmi les pièces dont se compose ce Recueil on trouve :

I. Discorso di don Scipio di Castro sopra Vandata del principe Matthias in Fiandra l'anno 1 S77 ■ (Cahier de 8 feuillets.) - Pièce XVII.

II. — Discorso e parère del signor don Scipio di Castro sopra Vandata del ditca d'Alansone in Fiandra. (Cahier de 7 feuillets.) — Pièce XVI.

Le premier Discours est daté du 3 novembre 1 577, à Rome. Il est adressé (t alV illustrissimo signor Giacomo Buoncoinpaqno. » Il contient des considérations sur l'issue probable qu'aura l'entreprise de l'archiduc Mathias.

L'auteur ne parait pas être un personnage politique, non plus que son correspondant.

On ne voit pas à qui s'adresse le second Discours; mais on peut supposer que c'est aussi à Buoncompagno.

Castro répond à trois questions qui lui ont été posées : i° s'il croit que le roi très-chrétien concoure au mouvement d'armes que fait, à ce qu'on dit, le duc d'Alençon, pour secourir les Flamands; 2° s'il pense que ce secours ait été demandé par tous les états des Pays-Bas, ou seulement par quelques-uns d'entre eux; 3° ce qu'il conjecture des résultats qu'aura l'entreprise du duc.

Sur le premier point il conclut qu'il nest pas vraisemblable que le roi de France favorise son frère.

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mi SUPPLEMENT.

Sur le deuxième il pense que le duc d'AIençon n'est appelé que dune partie des états des Pays-Bas.

Sur le troisième il est d'avis, ou que le duc ne donnera pas suite à son entreprise, ou. s'il le fait, que ce sera une fougue de peu de durée '.

Espag. 316. (Acquisit. nouv.)

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