‹ La Bibliothèque nationale à Paris. Notices et extraits des manuscrits que concernent l'histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 121 sur 128 · Raccolta di Scritti, d'Argomenti ed Autori · texte numérisé non relu

Raccolta di Scritti, d'Argomenti ed Autori

diversi.

In-4"', pap., 300 pages, écriture du XVI* siècle.

Au fol. 82 sont deux lettres écrites de Rome, le 17 et le 18 avril 1536 (on ne voit pas à qui ni par qui, mais elles n'en sont pas moins intéressantes), sur le discours que, le d7, Charles-Quint prononça en présence du pape, du sacré collège, des ambassadeurs résidants à Rome, d'un grand nombre de prélats, de seigneurs et d'officiers de la cour pontificale, — discours qui eut tant de retentissement en Europe — et sur ce qui se passa, après ce discours, entre l'empereur et les ambassadeurs de France.

Suivant l'auteur des lettres, Charles-Quint parla pendant une heure et demie, et avec tant de gravité, de prudence, de mémoire et d'ordre que, de même qu'il remplit de stupéfaction tous ceux qui l'écoutaient, de même il était impossible de rendre un compte complet de ce qu'il avait dit '.

11 se contente donc de donner un sommaire du discours % et il continue ainsi :

« Sa Sainteté remercia l'empereur en peu de mots de ce qu'il avait si prudemment, librement et vaillamment exposé, l'exhorta à persévérer en son bon propos, et s'offrit à faire tout bon office pour la conclusion de la paix, comme il convenait à un bon pasteur et à un père commun : promettant d'être avec celui qui accepterait une paix raisonnable contre celui qui la refuserait injustement.

» Monsieur de Màcon\, ambassadeur de France à Rome, s'avança avec la permission du pape, et dit à l'empereur que, quant à la paix, il se trouverait que son roi y avait toujours été très-disposé; qu'à l'égard des autres

" La Cesarea Macstà ha fallo un bclllssiino parlainento che durô più d'uu' hora et luczza,

<on laiita gravit.n, prudciiza, memoria et ordine che, comcfecc rcstare slupiti tutti gli ascoltanti, cosi saria impossibilc di potcr lo compilamentc scrivcrc. ■>

On trouve ce discours dans le Journal des voyages de Charles-Quint, par Vandenesse, p. 1 18-131. * Charles Hémard de Dénonvillc, cvêquc de Màcon. Il fut fait cardinal cette même année.

choses qui louchaient sondit roi, ne comprenant pas bien la langue espagnole, il désirait les entendre mieux de Sa Majesté, pour pouvoir les rapporter à sa cour et pour la justifier.

» Sa Majesté lui répondit qu'il avait fait ce discours pour rendre compte de lui et de ses actions à Sa Sainteté et à tout le monde, de sorte qu'en tout temps on pût entre lui et son roi décider comme il convenait; qu'il n'y avait pas lieu par conséquent d'en faire rapport à celui-ci, mais que. s'il voulait cependant le connaître, il n'avait qu'à s'adresser à l'ambassadeur résidant près sa personne ', lequel comprenait bien l'espagnol, à ce qu'il lui avait dit plusieurs fois. Et, ayant fait appeler celui-ci, il adressa ces paroles à tous deux en très-bon italien : « Je dis en somme que les » différends qui sont entre votre roi et moi ne se peuvent terminer que par » un de ces trois moyens : ou par une très-sanglante guerre, laquelle » sera extrêmement pernicieuse à la république chrétienne, ou par un » duel entre sa personne et la mienne, en manteau, avec épée et poignard, » car la mort de l'un de nous deux serait un moindre mal que l'effusion » de tant de sang chrétien, ou par une bonne paix, qui ne fût pas comme » les précédentes, et ce dernier moyen tournerait à l'avantage du public. » De ce qu'il en doit être entre nous , ou guerre , ou paix , j'entends que la » résolution en soit prise dans les vingt jours *. »

' Claude Dodieu, seigneur de Vély.

- >' La Santità di N. S. brevemente la riiigratiô di quelle che haveva tanto prudentemente, liberaraente et animosamente esposto, Tessortô a persevcrare ncl suo buon proposito, et ofïerisi di fare ogni buon offitio per fare la pace , come a buon pastore et commune padre si coiiveniva : promettendo tenere con quello che si riduccssc a la pace honestamente contra quelle che ingiustamente la rieusasse.

" Monsignor di Maçon , ambasciatore di Francia , qui résidente , con licenza del papa , si fuè avanti , et disse a S. M. che quanto alla pace, se trovaria sempre che il suo re ci saria inclinatissimo; che quaoto al resto che toccava al detto suore, non intendendo bene la lingua spagnuola, desideraria meglio intendcrio da Sua Maestà , per poter lo scriverc et giustificare.

" Sua Macslà risposc che haveva falto quel parlaiiiento, per dar conte di se et de suui giustificationi a Sua Santità et a lutlo il mondo, acciochè in ogni tempo potessero fare tra se et il suo rc quel recto giuditio che si coiivcnisse, et che perô non accadeva darne conto ad esso, ma che se voleva pur intendere, che lo intendcria facilmente dalP ambasciatore che apresso di se risiedeva, il quale bene intendcva la spagnuola, come più volte gli haveva detto. Et, falto chiamare detto ambasciatore, disse a el ambidoi in italiano buonissimo : u lo dico in somma che le diffcrenze che sono tra il voslro re et me non si • ponno terminare scnon per uno delli tre mezzi : overô per una grandissima guerra , la qualc saria > pernitiosissima alla republica cbristiana ; overô per un duello tra la sua persona et la mia in cappa

Charles-Quint déclara ensuite qu'il remettrait copie de son discours au saint-père, et qu'il consentait d'avance qu'on l'imprimât, pour qu'il vînt à la connaissance de tout le monde.

Cela fait, il se dirigea vers la chapelle et entendit la messe. Le pape désigna , pour l'accompagner, comme ses légats , par tout le territoire de l'Eglise, les cardinaux d'Ivrea et Caracciolo.

L'auteur, continuant, observe que, quoique certaines personnes , trèspeu affectionnées aux Français ' , aient interprété le discours de l'empereur comme étant fait pour braver tacitement le pape , l'attirer à son parti par la crainte, et aussi pour avoir la paix de peur de perdre à la guerre ', tous les gens sensés jugent généralement que S. M. désire plutôt la guerre, et qu'elle n'aurait pas. sur un tel théâtre, tenu un tel langage, sans un fondement certain de pouvoir maintenir ce qu'elle a dit et de triompher. Il ajoute : « Le pape et tous les cardinaux, prélats et seigneurs sont restés n en une admiration infinie de la grande bonté, prudence et courage qu'ils » ont vu en Sa Majesté ; le révérendissime cardinal Trivulzio l'a extréme- » ment loué et approuvé. Il y en a peu qui ne lui soient devenus dévoués » et affectionnés '. »

Tout ce qui précède est contenu dans la lettre du 17 avril.

Celle du 18 nous fournit les particularités suivantes.

Les ambassadeurs de France sont allés trouver l'empereur, et, en présence du pape, l'ont supplié de déclarer si, par son discours de la veille, il a entendu défier le roi leur maître. L'empereur leur a répondu qu'il n'avait eu si peu de respect pour Sa Sainteté que d'adresser devant elle un défi à leur roi; qu'il avait dit et qu'il répétait qu'un duel entre eux vaudrait mieux qu'une guerre, qui causerait tant de mal à la république chrétienne.

• con spa<ia et pugnalc ; chc saria manco maie che morisse un di noi che spargcre lanto sangue » cbristiano; overo con una buona pace la quale non fusse conic le passate,et queslo saria publiée

• bencfitio ; clie di quello che habbia da esser tra noi, o guerra o pace , intendo csser tra venli giorni ■> risoluto.... "

' » .... Pochissiino apassionate francesi... »

* « .... Pcr bravare tacitaincnto il papa et farlo per timoré vcnire nelle sue parti, et anrora pcr haverc la pace, tcniendo di pcrdern a la guerra... »

• « Il papa con tutti questi rcverendissinii cardinal!, prelati et signori sono rcstati infinilamcnte amirati délia gran bontà, prudcnza et aninio c'banno scorie in S. M., et iL R"" cardinale Trivulzio l'ha suprcmamente lodato et approvato; et pochi sono chc non se gli siano fatti dcvoti et affctionati. •

L'auteur ajoute que l'empereur s'est comporté divinement ' envers les deux ambassadeurs.

A la dix-neuvième heure Charles-Quint est monté à cheval , accompagné jusqu'à un demi-mille hors de la porte par tous les cardinaux : là il les a licenciés, les deux légats exceptés: puis il a continué sa route.

II a fait présent au pape dun diamant de 12.000 écus.

Il a laissé au cardinal Farnèse le choix entre deux églises, chacune valant plus de 12,000 ducats de revenu.

A Pierre-Louis Farnèse (fils du pape) il a donné Novarre avec ses appartenances et le titre de marquisat.

A Ottavio, fils de Pierre-Louis, il a promis un état de 10,000 ducats de revenu dans le royaume de ÎNaples.

« Tous ces présents — dit Fauteur — font tenir pour certain que le pape s'est secrètement allié avec S. M. *. »

Saint-Germain Harlay 210.

159. — Meslanges. Traités de paix entre la France et la maison d'Autriche.

Iii-fol., pap., rel. en veau, non coté.

Cet énorme volume (il a plus de 1000 pages) renferme une foule de documents intéressants sur les différends et les négociations qu'il y eut entre la couronne de France et la maison dAutriche dans la première moitié du .XVl" siècle.

Plusieurs de ces documents sont connus : ceux, entre autres, qui ont pour objet les négociations relatives à la captivité et à la délivrance de François I" (pièces VIII, IX, XI, XII), ainsi que les cartels envoyés par ce monarque et par Henri VIII à Charles-Quint (pièce XIV).

' « .... Si porlô divinissimamciile... «

* . Questi présent! fanno tenere per certo che il papa si sia con la Macsià Sua sogrctamente collegato. »

On connaît moins les négociations qui suivirent l'entrevue d'Aiguesmortes; les historiens français et espagnols en disent assez peu de chose. C'est ce qui nous détermine à donner ici une énumération détaillée des pièces qui s'y rapportent :

I. — Instruction première de monsieur l'évêqiie de Tarbes ' , ambassadeur du 7'oi vers l'empereur : 2t) août 1538. — Pièce XXX.

L'évéque était chargé de dire à l'empereur l'aise que le roi avait eue de sa venue à Aigucsmortes , le regret qu'il éprouvait de n'avoir pu lui faire faire meilleure chère, et l'espoir qu'il avait de lui donner plus de plaisir quand il passerait par la France pour aller aux Pays-Bas. H devait, après cela, l'entretenir de la disposition du roi à fortifier leur amitié par de nouvelles alliances de famille, et des affaires du duc de Savoie. Il lui était recommandé de s'appliquer à captiver la confiance des ministres de l'empereur.

II. — Réponse faite par l'empereur au sieur de Lordres, envoyé de la reine Éléonore : sans date. — Pièce X.

Au mois de septembre 1S38, la reine Éléonore envoya à l'empereur un des gentilshommes de sa maison, nommé la Mulatière, seigneur de Lordres, pour lui proposer le mariage de madame Marguerite, fille du roi son mari, avec le prince d'Espagne, et du duc d'Orléans, soit avec l'infante Marie, sœur de ce prince, soit avec l'infante de Portugal, fille d'Éléonore elle-même.

C'est à cette proposition que répond l'Empereur

III. — Mémoire et instruction pour l'évéque de Tarbes, ambassadeur du roi près l'empereur, et le seiqneur de Brissac : La Fère, 6 octobre 1538. — Pièces XVII et XXVIII.

Les sieurs de Boussu et de Peloux, envoyés au roi par l'empereur, l'ont prié de donner à leur maître son bon avis et conseil sur l'entreprise du Levant à laquelle il se dispose, et de la seconder pour le bien universel de la chrétienté.

Le roi n'a pu se dispenser, pour l'amitié qu'il porte à l'empereur, de leur dire les difficultés qui s'attacheront à une telle entreprise.

Ils ont répondu que l'empereur est contraint de la faire l'année pro-

' Afiloiiif de Caslelnaii.

chaîne, de crainte de perdre les Vénitiens, et aussi parce qu'il s'y est engagé envers le pape par le traité de la ligue conclue entre eux, et qu'il se propose d'y employer jusqu'à 60,000 hommes de pied et o.OOO chevaux. A quoi le roi a répliqué '< qu'à chose conclue et arrêtée il notait pas besoin » de donner conseil, » mais quil suppliait l'empereur de ne pas hasarder sa personne avec de si petites forces contre un si puissant ennemi.

Nous laissons de côté plusieurs autres points contenus dans l'instruction.

Au moment où celle-ci se rédigeait, le seigneur de Lordres arrivait de retour d'Espagne avec la réponse de l'empereur mentionnée plus haut. Le roi dit qu'il a vu cette réponse, et qu'il « treuve l'opinion dudict sieur » empereur sur le faict de mariage de monsieur le prince des Espaignes » avec madame Marguerite, sa fille, très-bonne, etc. »

Un des articles suivants de l'instruction porte : « Plus diront audict » sieur empereur que, pour autant qu'il semble audict sieur roy que » lamityé qu'ilz ont ensemble est trop bien commencée et trop grande » pour n'y avoir entre eulx que une trefve de dix ans, que, si ledict sieur » empereur treuve bon qu'il se traicte et face entre eulx une paix, soit » d'icy à ung an. à deux, à trois, ou de ceste heure, si l'on le treuve bon , >j le mariaige de monsieur le duc d'Orléans et de la fille du roy des Ro- » mains, avec la restitution effectuelle de l'Estat et duché de Milan, se >. pourra faire »

Le dernier article charge le seigneur de Brissac de dire à l'empereur que le roi se prépare à aller trouver la reine de Hongrie à Cambrai , pour l'amener à Compiègne.

IV. — Réponse de l'Empereur au seigneur de Brissac : 29 octobre lo38. — Pièce XXIII.

L'empereur remercie le roi de ses bons avis touchant l'entreprise contre le Turc. En ce qui concerne le mariage mis en avant, il promet, sur sa foi et sur son honneur, qu'il ne traitera aucune alliance quelconque, pour le prince son fils, autre qu'avec madame Marguerite; qu'il entendra au mariage du duc d'Orléans, soit avec l'infante d'Espagne, sa fille aînée, soit avec la deuxième fille du roi des Romains, selon que le roi et lui le trouveront mieux convenir; qu'en faveur et contemplation de ce mariage il disposera de I Etat de Milan de telle manière que le roi en devra être bien content : se confiant qu'alors les places conquises sur lui dans la dernière

guerre lui seront restituées, et que le roi voudra s'arranger amiablement avec le duc de Savoie.

V. — Pouvoir donné par le roi à l'évêque de Tarbes pour traiter avec l'empereur : 14 décembre 1S38 '. — Pièce XXVIII.

L'évêque est autorisé à promettre à l'empereur que le roi ne fera aucun traité avec le roi d'Angleterre que de leur consentement mutuel.

VI. — Double des mémoires emportés par l'élu d'Avranches ' , qxii partit le a janvier 1S58 (1539, n. st.). — Pièce XXV.

Vil. — Instruction de l'élu d'Avranches, 7 février 1538 (1539, n. st.). — Pièce XIX.

VIII. — Articles signés de la main du roi, 20 février 1538 (1539, n. st.). — Pièce XX.

Le roi « promet et jure à l'empereur, sur sa foi, honneur et parole de » roi, de lui être toute sa vie bon et loyal frère, de défendre et garder » son honneur tout ainsi qu'il voudroit faire le sien propre, etc. »

IX. — Ce que l'élu d'Avranches a à dire au roi et à MM. les cardinal de Lorraine et connétable , fait à Tolède par les ambassadeurs, le 2i mars 1S58 (1539, n. st.) — Pièce XXI.

Ce mémoire roule principalement sur l'affaire du comté de Saint-Pol, au sujet duquel il y avait des contestations entre la cour de France et le gouvernement des Pays-Bas, l'entreprise du Levant, la trêve avec le Turc à laquelle l'empereur désirait que le roi s'employât, le passage de l'empereur par la France, au cas qu'il se rendit aux Pays-Bas.

Il y est dit, entre autres : « M. de Granvelle a déclaré que l'empereur, » obstant la maladie de l'impératrice, ne peut sortir d'Espagne jusqu'au » mois de septembre, quelque poursuite que les Bas-Païs facent de le voir;

» qu'il veut voir le roy des Romains avant que rien conclure; qu'il

» semble que ces propos tendent à f;>ire sentir que l'empereur ne voudra, » en passant par France, estre pressé de rien déterminer jusques à ce » qu'il eust parlé avec Icdict roy des Romains. »

X. — Instruction du seigneur de Brissac, allant, de la part du roi, vers l'empereur: 28 mai 1539. — Pièces XXIV et XXVI.

' I.c manuscrit porte 18Ô7 : mais c'est une fautu de copiste. ' tlirislnplie Sizesnies , l'un des secrétaires du connétable.

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L'objet principal de la mission de Brissac était de faire des compliments de condoléance à l'empereur sur la mort de l'impératrice '.

XI. — Instruction à l'élu d'Avranches, donnée à ChantUbj le S août /555. — Pièce XXII.

Elle est dans Ribier, t. I , p. 467.

XII. — Mémoires que l'élu d'Avranches emporta, le 2S août iS59 , revenant d'auprès de l'empereur , sur son passage par la France. — Pièce XXIX.

Ces Mémoires sont imprimés dans Ribier. t. I. pp. 468-4-71 . sous le titre de Relation de iéleu d'Avranches à son retour d'Espagne, en septembre 1S59.

XIII. — Réponse faite par l'empereur sur les articles et instructions baillés par le roi, à Aumale , le 4 avril , à l'évêciue de Lavaur, son ambassadeur : Gand, 16 avril 1540. — Pièce XXV II.

Cette réponse, l'empereur la fait après avoir conféré, sur l'instruction des ambassadeurs (l'évéque et le sieur Hellin), avec le roi des Romains et la reine de Hongrie.

1° Il a appris, avec un très-singulier plaisir, que le roi très-clirélien a bien pris ce qu'il prétend quant à l'établissement de paix entre eux. et qu'il y veut correspondre.

2° Son désir d'assurer toutes choses pour leurs enfants autant et plus que pour eux a été le motif qui l'a porté à proposer le mariage d'entre monsieur d'Orléans et la princesse des Espagnes, aux points et conditions contenus en l'instruction qu'emporta dernièrement le S"^ de Saint-Vincent : « qu'est party de soy (outre ce que demeure en la main de Dieu) tel, si n grand et advantaigeux pour le roi et les siens que chascun peut véoir... »

3° A la vérité l'empereur y a été mù aussi par lamour qu'il porte à sa fille et par « l'obligation et debvoir qu'il a aux pays d'embas et de Bour- » goingne, et que ilz reçoivent contentement et bénéfice du mariage de » ladicte princesse, et qu'ilz soient régiz et gouvernez par ledict sieur » d'Orléans et elle, puisque Sadicte Majesté n'y peult convenablement rési- » der. pour son acquit en l'endroit de ses autres royaumes. »

A" Quant aux instances du roi d'avoir, au lieu desdicts pays, le duché de

' Isabelle de Portugal était morte à Tolède le 1" mai.

Milan ^ « suivant l'escript baillé cy-devant aux feu évesque de Tarbes et » S"^ de Brissac, et les propoz que S. M. en a tousjours tenuz et faict » tenir, » il ne voudrait jamais aller au dehors de ce qu'il en a accordé et dit : mais il a mis cette nouvelle ouverture en avant, pour un plus grand bien sans comparaison, pour faire mieux paraître sa véritable amitié et afifection envers le roi très-chrétien et les siens, et pour le commun bien des royaumes et pays d'un côté et d'autre.

S° Si le roi veut bien considérer ledit écrit, il verra qu'il contient une alternative de laquelle l'empereur ne s'est jamais départi. Aussi l'empereur se confie-t-il que le roi considérera qu'il ne pourrait bien convenir aux pays de S. M. I. de mettre la princesse sa fille en l'Etat de Milan tant éloigné d'eux, ni serait la provision telle qu'il désire faire à sa fille.

6** C'est en toute équité et raison que devront être recherchés et déterminés les moyens et assurances requis à l'égard des Pays-Bas.

7" Le roi doit aussi considérer comment audit écrit il est fait mention de l'Etat de Milan, « qu'est d'en disposer par S. M. I., le tenant, en faveur de '■ l'ung ou de l'autre desdicts mariaiges^ avec les qualitez et conditions y » contenues. » Ce qu'il propose est pour mettre fin à toutes querelles d'un côté et d'autre, et transiger ainsi du duché de Bourgogne, qui est son propre , vrai et ancien héritage.

8° L'empereur répète que ce qu'il prétend est pour abolir et éteindre toutes occasions de nouveaux différends. Il tient que le roi fera, pour le même effet, le réciproque, « considérant que le respect qui l'oblige au » bien de son royaume abstrainct l'empereur à celuy des siens et des susn dicts pays et à leur asseurance. »

9» Motifs qui militent pour le mariage de madame Marguerite avec le fils du roi des Romains.

Les autres articles ont peu d'importance.

La réponse se termine ainsi :

« Sadicte Majesté ne pourra jamais perdre sa bonne espérance de conclure et accorder des choses proposées et de vuider tous différons; et, comme qu'il en soit, quant à la paix et trcfve, fera le semblable que certifTie de son costé ledict sieur roy très-chrestien , lequel n'a ny n'aura jamais meilleur, plus vray et parfaict amy que Sadicte Majesté Impérialle luy est et sera jusques au boult et aux siens; et sera tousjours, au plaisir

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de Dieu, une mesme chose d'entre eulx^ et tiendra messieurs les daulphin et duc d'Orléans comme ses propres enfans. »

XIV. — Instruction baillée par l'empereur au sieur de Peloux, à Anvers, le 15 mai 1 540 , le contenu de laquelle le sieur de Saint-Fincenl et lui ont exposé au roi à Limours, le 19 mai. — Pièce XXXIII.

Cette instruction est pour servir de réponse à ce que les sieurs de Lavaur et Hellin ont dit dernièrement à l'empereur de la part du roi.

\° L'empereur remercie le roi des cordiales lettres qu'il lui a écrites.

2" Pour procéder rondement et pleinement, comme il convient entre vrais amis, les ambassadeurs diront au roi qu'il ne voudrait, pour rien, manquer à ce qu'il a accordé et baillé par écrit aux feu évéque de Tarbes et S"" de Brissac, si le roi y persiste et s'y veut arrêter, mais qu'il lui paraît toujours que le moyen qu'il a proposé des Pays-Bas et du comté de Bourgogne est, sans comparaison, plus à propos pour perpétuer paix et amitié entre les deux maisons; « et continuellement se descouvrent et figurent » difficultez et inconvénients touchant l'Estat de Milan et la manière d'en » disposer. »

o" 11 prie donc le roi de vouloir encore considérer combien ce parti desdits pays « est, sans comparaison, plus convenable et grand. »

4" Quant à la forme et manière de disposer desdits pays en faveur du mariage, et quant aux assurances, « il nous semble que nous en avons » assez ouvertement déclairé nostre intention: et comme l'œuvre démons- » trera, venans à traicter, nous y entendrons avec sincérité et en toute » bonne foy, raison et honnesteté. »

5° Quant aux autres assurances en cas de mort avec enfants dudit mariage , ou autrement, on en pourra traiter réciproquement.

6" Quant à la restitution des Etats du duc de Savoie, qui n'a rien de commun avec l'affaire de Milan et le mariage, l'empereur est obligé d'y insister, pour son devoir envers le Saint-Empire et pour son aflînité et alliance avec ledit duc.

7° Il persiste à demander au roi la main de madame Marguerite pour le fils du roi des Romains, convaincu que ce mariage contribuera à l'établissement d'une paix perpétuelle entre leurs successeurs.

H termine en exprimant l'espoir que le roi aura « regard à ce qu'il veuf » faire pour lui et les siens, et qu'examinant les choses pleinement.

» rondement et briefvement, sans multiplication d'écritures superflues. » il y pourra prendre tôt une bonne et finale résolution. »

XV. — Jnslruction donnée par le roi à M. l'évêque de Lavaur et à A/« Antoine Hellin, ses ambassadeurs vers l'empereur, de ce qu'ils auront à répondre audit seigneur sur ce qui a été dit et exposé par les sieurs de Saint-f^incent et de Peloux , ses ambassadeurs: Limours, 20 mai 1340. — Pièce XXXI.

Tout en remerciant l'empereur « de la peine et du travail qu'il prend » pour tousjours croistre et augmenter l'indissoluble amitié et alliance » qui est entre eulxdeux, » le roi lui l'ail observer « que chascun sent de » son costé ce qu'il luy touche. » Il estime « qu'il bailleroit indubitable- » ment plus que ce qui lui est offert, en quictant la querelle de Milan et » baillant les pays que justement il tient de monsieur de Savoye, avecques » les autres choses que l'on veut qu'il face, d'aultant que les choses qu'il )> quitteroit et bailleroit sc^it desjk acquises à luy et aux siens, et celles >> qu'il recevroit seroient bailliées en mariaige seullement à madame la » princesse des Espaignes et soubz condition de retour, et que, pour faire » les choses seures, longues et perdurables, il les fault faire égalles, et « encores que l'amour de ses deux fils luy soit une mesme chose, pour » estre tous deux ses enfants, toutesfois en ce qui touche le fait de sa » couronne, il doibt par raison préférer l'amour qu'il porte à monsigneur » le daulphiii, son Glz laisné, et luy conserver les droitz de sadicte cou- » ronne. » Néanmoins il connaît très -bien le parti du mariage de la princesse d'Espagne pour monsieur d'Orléans, son fils, « estre si grand » qu'il n'y en a point, le jour d'huy, en toute la chrestienté, et n'y en eust

» longtemps, de tel 5 et par ainsy doncques, accompaignée ladicte

» dame princesse du païs de Flandres, par plus forte raison ledict party

» se debvroit moins refuser » Aussi, en vue de ce parti ayant renoncé

à l'Etat de Milan, il est prêt à y entendre, et il trouvera bon, « ayant ledict » sieur d'Orléans , son fils, la possession et joyssance desdicts pays » d'embas, que ledict sieur empereur y retienne superintendence hon- » neste et raisonnable. » — A l'égard de la restitution des pays de monsieur de Savoie, le roi est prêt à justifier des droits qu'il y a. 11 offre d'ailleurs « de bailler récompense » au duc, et, (|uand celui-ci lui aura fait la raison des choses qui lui appartiennent, à lui restituer ce qui touche l'Eujpire et,

en attendant, à en faire à l'Empire telle reconnaissance et obéissance qu'il appartiendra. — « Et. pour ce que Icdict sieur roy a dict souventesfois » âudict sieur empereur qu'il n'estoit besoing de plus grande amitié entre » leurs deux Majestez pour leur temps et pour leurs vyes que celle qui y » est, et que ledict sieur empereur luy a respondu qu'il la convenoit esta- » blir pour leur postérité, néantmoings ledict sieur roy ne véoit point que » par toutes les ouvertures dudict sieur empereur se face aucune chose pour n leurdicte postéiité et succession, ne pour leur couronne, mais plustost » choses qui les pourroient attirer à guerres et divisions que autrement, » pour les causes qui ont jà esté par cy-devant déclairées. » — Le roi s'excuse d'accepter, pour sa fille madame Marguerite, le fils du roi des Romains, au lieu du prince des Espagnes, étant résolu «de ne la marier pour le » présent. » — En conclusion, il prie l'empereur de prendre de bonne part ses déclarations « de ne vouloir rendre les pays de monsieur de Savoie, » de ne recevoir le duché de Milan avec les conditions que les ambassa- » deurs de l'empereur lui ont déclarées, et pareillement de ne marier pour

» le présent madame .Marguerite, sa fille, et néantmoings vouloir fer-

» mement et sincèrement croire et entendre que, pour le regard du roy, » l'amitié de leursdictes deux Majestez sera tousjours ferme et stable. »

En regard de cette instruction il faut mettre la lettre que le connétable écrivit à l'évéque de Lavaur et au sieur Hellin ' : on s'explique ainsi comment s'en allèrent en fumée les négociations qui, après l'entrevue d'Aiguesmortes, avaient été entamées avec tant de chaleur.

Nous signalerons encore l'instruction donnée par François !•=■" à l'amiral d'Anebault, au chancelier Olivier et au sieur Bayard le 31 octobre laiS, lorsqu'il les envoya à l'empereur après la paix de Crespy (pièce XXXV ).

Le manuscrit contient plusieurs mémoires contre les traités de .Madrid, de Cambrai, de Crespy, et pour montrer que les princes de la maison d'Autriche n'observaient point ce qui avait été convenu avec eux pièces I, 11, III, IV). Il ne serait pas difficile de faire voir que les Français étaient des observateurs bien moins e.xacis encore des conventions qu'ils avaient signées.

Des relations des conférences de Calais en 1321 , de Marc près d'Ardres

' Elle est dans Kibier , 1. 1 , p. 522.

et de \'aucelles en loao, et du voyage de Gaspard de Coligny, amiral de France, envoyé à Bruxelles en 15S6 pour la ratification de la trêve, font aussi partie de ce volumineux Recueil (pièces VII, XXXVII, XLII). La Relation du voyage de Coligny est imprimée dans Ribier '. Nous retrouverons les négociations de Calais , de Marc et d'Ardres dans d'autres manuscrits dont la description figurera à la section V de ces Notices.

Enfin, sous les n»' LU et LUI, on lit :

Adris charUahle de la France gémissante aux peuples voisins du Pays- Bas : de France, 26 avril 1667 ;•

Réponse des fidèles sujets de Sa Majesté Catholique aux Pays-Pas au charitable Advis de la France gémissante : de Liège, le 20 mai 1667.

Nous savons que le premier de ces deux factums a été imprimé '; mais nous n'avons pas la même certitude quant au second. C'est pourquoi nous donnons ici un extrait de la Réponse des fidèles Sî(jels de Sa Majesté Catholique :

Nous ne faisons jamais — disent-ils — comparaison de voslre sort avec le

noslre sans nous sentir furlifiés dans l'amour de nos souverains et dans la haine de la domination soubs laquelle vostre liberté gémit. Nous sçavons par expérience que ceste chère liberté est le plus grand de tous les biens en ce monde, et que, ne pouvant estre payé par aucun prix , il doibt estre conservé par tout ce que nous avons de plus prélieux. De sorte qu'envisageant vostre condition présente comme l'extrême de tous les maux, il n'y a point de tourments si cruels, ny de pertes sy sensibles, qui ne nous paroissent légères, si elles nous peuvent garantir de celles que vous souffrez. Soyez donc bien persuadez que nous n'avons ny trésors ny fortunes ny gouttes de sang dans nos veines, que nous n'immolions de grand cœur à la conservation d'un bien sans lequel tous les autres nous seroient odieux. Nous devons ce sacrifice à nous-mesmes, à moins que de ternir nostre gloire passée et perdre nostre félicité présente; nous le devons à la bonté de nos souverains, qui n'ont jamais exigé de nous que pour nous maintenir dans l'heureux état oii nous sommes. Lorsque l'on vous espuise pour de vaines conquestes qui ne servent qu'à vous assujectir, nostre roy nous ouvre ses coffres pour nous soulager; nos contributions sont tousjours accompagnées de ses libéraiitez et tousjours employées à noslre usage. 11 nous allaite pendant que l'on vous saigne, et nous caresse

' Toni. II, pp. 633-637.

• Catalogiis van de traclalcn, pavi/lellen, en:., over de geschiedeiiis van Kederland , par Van dcr NVulp; Amsterdam, 1867, in-l", p. ICI.

en niesme lenips que l'on vous escorchc. i\os biens, nos charges cl nos fortunes sont à nous. La crainte des prisons et des bannissements ne trouble jamais nostre sommeil et nostre repos ne dépend point d'un songe ni d'un caprice d'un favori. Nous n'appréliendons aucun censeur qui tienne registre de nos dépenses, qui compte nos pas, observe nos actions , interprèle nos paroles et soupçonne niesme jusques à nos pensées. Nos prisons sont presque tousjours vuides , et ne sont jamais remplies que de malfaicteurs.

Avant que de deschoir d'un estât si doux et nous laisser réduire dans un si

misérable que le vostre, nous épreuverons tout ce que peut la force, la constance ei la valeur ; nous employerons tout ce que Dieu nous a donné de moyens ; nous implorerons tout ce que le voisinage et l'intérest commun nous peuvent faire espérer de secours; et si, par des secrets inconnus de la Providence, la fortune abandonne la justice de nostre cause, nous embraserons nous-mesmcs nos maisons et nos héritaiges pour en oster la jouissance à nos ennemis , et irons chercher jusque dans les dernières extrémités du monde un asile qui nous mette à couvert d'une domination que vous nous dépeignez plus effroyable que tous les monstres de l'Afrique et tous les déserts de l'Arabie

Suivent des exhortations aux Français pour qu'ils remettent l'autorité royale dans de justes limites, le peuple dans sa liberté, les cours souveraines dans leur juridiction et la noblesse dans ses prérogatives.

On lit au bas :

Nous ne signons pas cet escrit, parce que c'est généralement une voix commune, sans exception de personne : mais nous en allons signer la vérité de nostre sang et de celuy de nos ennemis.

Il semble qu'on ne risque guère de se tromper en attribuant l'un et l'autre factum à quelque ministre du roi d'Espagne aux Pays-Bas.

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