XCIV. — De l'ordoiinance sur les povres gens. Fol
XCV. — Commeni on doibt choisir gens pour gouverner les auniosnes. Fol. 430.
XCVI. - — Du remède contre les buvcries et wrongeries. Fol. 432.
XCMI. — Du remède contre les blasphémateurs. Fol. 434.
XCVIII. — De la feste de la Toyson qui fut faicte en Tournay. Fol. 433.
XCIX. — D'aulcunes choses qui advindrent en Valcnehiennes et ailleurs. Fol. 436.
C. — Commeni eeulx de Bruxelles et Gand se nieutinèrent. Fol. 437.
CI. — De l'entrée que fist madame -Marie, royne douagière de Hongrie, en Valcnehiennes. Fol. 439.
Cil. — De la grande eaue qui fut en \'alenehiennes pour le nuyt et jour de Noël. Fol. 440.
J'ai choisi, entre tous ces chapitres, les cinq suivants, pour donner une idée de la manière de l'auteur et du degré d'intérêt qu'offre la dernière partie de sa Chronique.
J}p la doléance qui fui es pays d'embas de la mort du roi/ de Caslille, selon Francquenye, hérault. (Liv. LXXM , chap. LXXXVl.)
De la mort du roy de Castille furent tous ses pays d'embas fort marris et desplaisans : quant elle fut sceue, chascun fut en desconfort, moult craindant et regretant tel personnaige avoir perdu, qui tout le durant de sa vie n'avoit aultre chose fait que tenir ses pays en paix et prospérité en bonnes meurs. Pour ycelluy fut commandé par toutes villes et vilages de faire prières et oraisons à Nostre-Seigneur à la fin qu'il eust pitié de l'àme du bon roy, comme ung chascun, selon sa faculté et puissance, en list debvoir pertinent très-solempnel en la ville de Valenchiemies, le xx' jour d'octobre an MV " VI. Et mcismes le roy de France, quant il fut adverty de la mort de ce bon roy de Castille, pour la grande amitié qu'ensamble avoient eus, il hiy fist faire les services en la ville d' Amboyse, tant grans et sy solempnelz que à paine on n'en sçaroit plus faire pour la pn)|)re personne du roy françois : qui fut fort à l'honneur de France. Tous les services acomplis ainsy, consaidx se mirent pluseurs fois cnsamble des pays pour sçavoir comment on se poroit gouverner en gardant les enfans, qui demeurés estoient comme orpheiiins, pourtant que la royne estoit demourée en Espaigne. Et ne sceul nul, ou bien peu de gens, que depuis la mort de son feu mary, qu'elle feist aulcune reeommandacion à i^es enfans de par declià. Le roy de France envoya lettres et messages en Flandres touchant le gouvernement des enfans, faisant commandement que les enfans fussent entretenus et bien gouvernez par main sceure.et qucc'estoit celluy à qui il desplaisoit moult
de la mort du père; aiissy que on ne baillast point au roy des Romains l'auctorité du gouvernement d'iceulx, et que il leur poroit empirer et amenrir le leur. Telles rescriptions furent envoyées en Gand et ailleurs par messages propres, qui de bouche leur recordèrent, en reprochant le roy des Romains comme indigne, prodigue et de mauvais gouvernement. Tous ces héraulx, messages et lettres qui vers les Gantois furent envoyés, yceulx Gantois, bien advisés, sans nulles responses baillier, les menèrent vers le conseil de Malines, lequel en besongna saigementet très-prudentement, en renvoyant les prédis vers le roy, et qu'ilz sçavoicnt bien qu'il estoit de faire touchant le gouvernement des enfans, se Dieu ou aultre ne les fortunoit.
Le roy des Romains rescripvoit souvent au conseil que on prensist bien garde aulx enfans, en les recommandant aulx nobles personnages des pays, comme à monseigneur le prince de Chymay, à monseigneur de Chièvres, à monseigneur de Berseil et d'aultres chevaliers du Toyson , et aulx seigneurs de parlement et conseil de Malignes, et que en brief, après ses bcsongnes achevées, il viendroit visiter ses petis enfans, en y baillant provision à leur conduite, comme il fist tantost après. Car sa fille, dame Margueritte, estant en Savoye, vesve du duc de Savoye, il envoya quérir pour solliciter le fait de ses nepveux et niepces , ainsy qu'elle fist. Au eommand de son père s'en vint de Savoye parmy les Alemaignes, où elle trouva son père, lequel luy cherga en garde ses enfans, et luy bailla puissance de venir par tous les pays d'iceulx prendre la possession d'iceulx pour et au nom de Charles, archiduc d'Austriche et prince de Castille, et le mandement signé de son placart. Toutes cesdittes choses furent acomplies , faites et sollicitées par laditte dame Margueritte sans opposition quelconque; et fit laditte dame en Valenchiennes son entrée à ceste cause, venant de Mous, l'an M. V" et VU, où on le rechut honnourablement à très-belle compaignie, en faisant les sermens à ce pertinens et acoustumés.
Dm gouvernement que misl l'empereur es pays d'embas de sou nepieu l'archiduc. (Liv. LXXVI,ehap. XCII.)
Après ce parlement achevé, l'empereur séjourna longtamps en ces pays, tant en Brabant que en Flandres, en achevant pluseurs grandes matières touchant les pays et affaires de nostrc naturel prince et seigneur monseigneur l'archiduc Charles. Et fit, ce tamps durant, assambler les estais des pays par pluseurs fois en la ville de Malines, de Bruxelles et en aultres, où se comparurent bien et diligentement yceulx députés des estais, ausquelz fut remonstré les grandes bcsongnes et matières de chascun p;iys dudit archiduc , et qu'il estoit grant mesticr et nécessité de le aydier à recouvrer le sien, en le remettant au devant et le resourdre, à cause que son père le roy de Castille luy avoit engaigiet grande partie de son domaine des pavs et vendut, tant pour faire son voyage
go CHRONIQUES
d'Espaigne que pour maintenir la guerre contre François et Gueldrois ; aussy pour la grande despense que souslenue avoit esté et portée touchant la matière devantditte, en traiclant l'accord et union de paix qui de longtamps avoit esté menée, bastie et advisée par quel boult on le menroità bonne fin, sans cspandre le sang humain, comme assez apparoit de sourvcnir, et des grans affaires , tant d'une part que d'aulires, se par bon moyen n'y eult esté advisé, comme il en fut fait au gré de Nostrc-Seigneur, auquel la grâce luy en doibt estre rendue. Dont, pour toute ceste labeur et solicitudes ainsy achevées, et les remonstrances faites de par l'empereur aulx estais des pays, qui bien avoient de tout la congnoissance, il fut demandé par ledit empereur que on feist, le plus brief que faire se peult, une aide bonne et grande à la ressource de nostre prince et naturel seigneur, telle que la requcsle fut de m" m. florins, assçavoir pour les délivrer à trois payements, dont l'ung se debvoit prendre et payer prestement, le second demy-an après, et le tiers au boult de l'an ensuyvant. A laquelle demande ne fut guaire de response donnée; et continuèrent les estais par pluseiirs fois assambler sans y besongnier, à la cause que Flamens et Gantois ne s'y vouloient aulcunemenl consentir ne accorder, elles aidtres pays sans ceulx de Flandres ne le vouloient aussy faire, mais demoroient ensamble conclus de riens faire l'ung sans l'autre; et dcmoura longue espasse de tainps, environ trois moys. Les gens d'armes demandoient argent de ce qu'ilz avoient esté en Gueidres et gardé le pays de Brabant, etc. L'empereur leur assigna de aller au pays de Haynau, de Cambrésis, de Ostrevan, de Tournésis, de Brabant, pour aler logier de places en places par les abbayes et vilages tant que provision y seroit mise des pays et que argent venroit pour les payer ;mais guaires n'y eulrent esté qu'il les fist rappeller et tous retirer vers luy en Brabant, où il se disposa et prépara son affaire tellement que luy en personne, à grande compaignie de gens de tous les pays, alla en la ville de Gand; et à ce faire furent les nobles de Haynau et d'aulires appelles pour y comparoir en armes bien en point, comme ils firent. Sy alla l'empereur en la ville de Gand faire son entrée, cl y mena avec luy le josne archiduc Charles et madame Margueritte,sa fille et tante dudit archiduc, iesquelz furent des Gantois bien rechups et bienvégniés en telle honneur el révérence amiable et sy grandement qu'il n'est homme, quoyqu'il le véyst , qui reeorder en sceuist la quarte partie que ce fut lors, tant de alumeries, d'histoires, desbas el aultres choses que Gantois faisoienl à ce recueil , pour complaire aux nobles personnages dessusdils. Sy fut l'empereur trois jours en la ville de Gand , et ses gens eulrent conseil avec les Flamens. De quoy ce fut, ychy n'en est point faite mention. De là lyra vers Terremonde. Sy laissa le petit prince en la ville de Gant , cl lantost après y retourna , et puis relournèreni tous en Malincs , où il laissa son petit nepveu , ainsy qu'il y avoit esté longlamps, et en toute amistié se partit des Gantois et Flamens. Dont il fut, depuis ceste yssue de Gand faite, bien l'espasse de trois ou quatre mois ou pays de Brabant, el de là en Hollande el en Zellande, el en la fin s'en
DE HAIINALT. m
retourna es Allemaignts. Sy laissa sa fille d;ime el gouverneiesse des enfans et de tous les pays.
De la Irai/son rie Liège, selon Francquciiie. (Liv. LXXVII, ch. XCII.)
Voyant messire Robert de la ;yiarehe que il avoit failly à ses entreprises par pluseurs fois, il se advancha de faire signifier nostre sire l'empereur et madame Margueritte et tous leurs aliez de feu et de sang, comme fol et maladvisez. L'empereur, oyant les nouvelles de ceste signifiance, se print à rassambler pluseurs grans personnaiges d'Allemaigne, comme monseigneur de Nassau, le conte Francisque et le conte Félix et toute aultre noble compaignie de par declià et d'Espaigne, où lors se mirent sur les champs pour tyrer vers le chasteau de Langle, qui lors cstoit à messire Robert et plain de François. Laquelle place fut prinse par monseigneur de Nassau par force; et y avoit pluseurs François, lesquolz furent pendus bien en nombre de l ou lx hommes de guerre, et toute la place abolie jusques à la fondacion. Encores de là allèrent devant ung aultre chasteau peu loing de eestuy-cy, qui s'appelloit Messencourt, où tout ainsy on fist de cestuy que du premier. Puis partirent de Messencourt et allèrent devant le chasteau de Florenge, où estoit monseigneur de Jamais, fils dudit messire Robert, qui avoit amenez les François au pays de Liège, faindant assaillir ung chasteau qui est à monseigneur d'Aymeries : ce qu'il ne parvint, mais luy-meismes fut prins dedens Florenge, et fut ledit seigneur de Jamais menés devers l'empereur, à Bruxelles. Et de eeste place furent pluseurs que on pendit, et fut la place abatue. Encores de là se partirent et vindrcnt assiégier img fort chasteau qui estoit à messire Robert, lequel chasteau avoit à nom Buillon, qui tost fut prins et mis à ruyne. Dont en ce temps l'empereur arriva en Bruxelles, qui revenoit d'Alemaigne, où longtamps avoit séjourné; et fut le XII' jour du moys de juing an M. Y" XXL
Ce voyant le roy françois que point de secours ne pooit baillier à messire Robert, ei ses gens d'armes ne faisoient que croupir en cendres, il se advisa de les envoyer en Navarre, et pour baillier empeschement aux Espaignars que pour vouloir conquere la cité de Navarre : ce qu'ilz conquirent non point par proesse, synon que par lâcheté de eeulx de là-dedens, estant au chasteau Saint-Jehan-Pied-de-Porcq. Ce voyant les Espaignars que les François avoient gaignié Saint-Jehaii-de-Picd-de-Porcq par telle manière, et qu'ilz faisoient fors de procéder plus avant que pour vouloir entrer en Navarre, les Espaignars , les laissant aller tousjours , faisant point de samblant de riens , vindrcnt rencontrer les François entre deux montaignes où il falloit qu'ilz passassent. Incontinent qu'ilz appcrchurent l'ung l'autre, commcnchèrent à ruer sus et de donner dedens; et estoient les François bien en nombre de piétons xxini" et bien en nombre di-
v" lanches. Et de tous ces François il y en eult peu qui en esehappa, que tout ne fut mis à mort. Et fut ceste desconfilure faite par le capitaine général d'Espaigne
En ce tamps dhom prévost d'Utrech, qui vcnoil vers le roy de France, lequel estoit envoyet par l'empereur, luy fut dit que tost parlist du pays, et qu'il voloit savoir que c'esioit que la guerre. Dont, en ceste mcisme sepniaine que la nouvelle fut ditte, on vendit le bled i.x sols, en disant que le roy françois faisoit préparations de marchieren Haynau et en Liège.
En ce tamps arriva le roy de Anneniarque ens ou pays de par dechà que en Flandres, à petite compaignie, et non soy vcullant monslrer, et vint en manière de marchant, tant qu'il vint près son beau-frère Cbarles, empereur, et venoit pour aulcun affaire qu'il y avoit à communiquer ensamble. Et fut en ce tamps envoyez pour capitaine général en Haynau monseigneur le marquis d'Ascot en la ville de Valenchiennes, et avecques luy pluseurs gentilzhommes de sa maison, que pour furnir aulx affaires des guerres, s'il y fusi advenus : dont fut envoyet, de par l'empereur, que l'on le tenist pour capitaine et gouverneur d'icelle ville. Et fut conmiandé, de par l'empereur, que l'on fortifias! la ville de Vaicncliiennes, comme lors on fisi à toute diligence: dont grant dommaige en print aulx manans de la ville, tant hors de la porte d'Anzaing et tout enlour de la ville, pour faire les murailles comme à présent elles sont. Et pour capitaine de piétons, auvecque les chevaidchciirs de monseigneur le marquis en Valenchiennes, estoit monseigneur de Mastain, qui avoit m. coureurs, lesquelz furent en ycelle ville l'espasse de deux moys.
En ce tempore l'empereur partist de Bruxelles que pour tyrer à Gand à ung parlement où là se debvoit parler se la paix on lenroit aulx François , et y estoit le roy d'Angleterre, le roy d'Annemarque et aultres pluseurs grans princes. Et alors se faisoit en Valenchiennes grosse préparation de guerre et en aultre lieu, comme monseigneur d'Aymeries, monseigneur de Ligne, le conte de Haustrale, le conte d'Espinoy et le séneschal de Haynau.
De la (este de la l'oijson qui fut faicte en Tournay. (Liv. LXXVHI, chap. XCVHl.)
Le xxvi' jour de novembre an M. Y" XXXI parlist l'empereur de Bruxelles pour aller à Tournay faire son Toyson, où il arriva et fisl sou entrée le mardy , xxviii" dudit moys, environ iiii heures après disncr; et luy furent au devant ceulx de la ville acoustrés de blanc; et y eult aussy grant nombre de torses. En brief ce fut ung trés-grant iruiinplie à véoir. Et le landemain, qui fut le nuyt Saint-Andrieu, y arriva la royne de Hongrie, sa sœur, régente de ses pays d'embas, à laquelle en fut autant fait que <à luy, 'ors qu'il n'y avoit point sy grosse alumerie. Et le jour Saint-Andrieu tint l'empereur sa feste, et dit monseigneur de Cainbray la messe, à laquelle il fut à l'offrande ; et y donna^ comme le bruyl en court, autant de pièchcs d'or comme il avoit d'eage,ct a de coustume
DE HAINAUÏ. o5
de le faire ainsy. El le sainedy, ii'' jour de décembre, se firent les premières vespres de la Toyson , ausquelles tous les chevaliers de l'ordre furent acoustrés de rouge, et le dimence à la messe aussy;et à Taprès-disner ilz furent à vigilles des mors, aconslrés de noir, et le lendemain au service aussy ; et après disner furent à l'église acoustrés de blanc, et le lendemain à la messe aussi. Et est à noter que, quant ilz sont en chapitre, ilz ont leurs cbappcronset grans manleaulx ainsy comme quant ilz sont à l'église. Et furent dénommés de avoir la Toison le frère du marquis de ÎMantua, monseigneur de Boiissu, grant escuyer de l'empereur, monseigneur de V^ienne , monseigneur de Lalain, monseigneur de \\'alhain, monseigneur de Prasire ', monseigneur de iMoulembay et monseigneur le gouverneur de Frise.
En après, le jour Nostre-Dame, fut fait une procession généralle, là où fut porté le saint sacrement, à cause de la dcft'aicte des bourres"^. Et à l'après-disner se firent les jousies, qui fut ung très-grant tryumphe à véoir. Et le mardy ensuyvant,xii'' jour dudit moys de décembre , se partist l'empereur pour raller à Bruxelles. Et se partist l'empereur de ces pays de embas, |)our aller en Allemaigne tenir une journée impériallc, le wm" de janvier audit an M. \' XXXI. Et morut en ce tamps monseigneur de Sainct- Bcrtin. Et le samedy ensuyvant morut monseigneur de Berghues, son frère.
En cestuy an , le xx" jour febvrier, ung nommé Anihoine ^lanfroy , natif de Frasnesur-lEscault, et de son stil parmentier, bien approuvé contre luy d'avoir tenus pluseuis propos leuthériennes, fut, de par messeigneurs les commis, c'est assavoir sire Nicolas Rasier et maistre Pierre le Lièvre, condampné de estre flatry au front et bannis à tousjours de la ville et banlieue de Valenchiennes et des pays d'embas de l'empereur, sur le feu, et falloir widier laditte ville ledit jour en dedens le soir, et lesdits pays en dedens trois jours.
Sur la fin de janvier audit an arriva l'empereur en la ville de Rainsbourg, où se debvoit tenir la journée impériallc en la fin diidit moys.
Comment reiilx de Bruxelles et Gand se meiitinrrent. (Liv. LXXVIII, ehap. C.)
Audit an 31. V" XXXII, le V jour d'aoust, ceulx de Bruxelles se meutinèrcnt grandement pour la chierté des bledz, et y allèrent fort desriglémeni, combien que madame la régente fust en laditte ville : car, après que ilz eulrent pilliés pluscurs maisons, vindreni en la chambre de maditte dame parler à sa personne, le veuillant constraindre de leur ottroyer aulcunes requestes. Dont il en y a eu pluseurs prisonniers, et meismes, le ix'
' De Praet (Louis de Bruges).
• Des paysans, du flamand boer. L'auteur veut parler de la défaite des paysans d'.Mlcmagnc qui s'étaient soulevés contre leurs princes.
cl X' jour diidil nio}s, en y eiill m cm un exécutés. Encores le xx' dudit inoys, en y eult deux ausqnels on coppa les testes, et ung pendu au gibet sur le Marchié, et ung aullrc, qui estoit jugé, fist l'enragié, par quoy fut remis en prison. Encores l'on y en met journellement des nouveaidx.
Item, encores audit an, le xxii" jour d'aoust, vindrent nouvelles en Valenchiennes de la mort du josne prince de Dinnemarque, lequel estoit avoccques ses oncles, l'empereur et le roy des Romains, au pays de Hongrie, lequel morut l'onzicsme jour dndii moys de ung flux de ventre et forte ficbvrc, laquelle ne la point laissié jusques à la mort ; et n'a esté que ix jours malade.
.\uditan, le jour de la Décollation de Saint-Jehan, vindrent nouvelles en Valenchiennes que cculx de Gand s'avoient voulu meutiner, et estoieiit bien xvn ou xvni. lesquels avoiont proposé de aller tuer aulcuns marchans de bledz en leurs maisons, et en avoient esmcu encoics pluscurs aultrcs en laditle ville. Mais l'ung d'iceulx , considérant le grant mal qui en pooit venir, l'anoncha à justice, et en y cuit rni des principaidx prins, ausqnclz l'on co|)|)a incontinent la teste, dont l'ung d'iceulx estoit fournier, et voult donner ni"^ livres de gros pour sauver sa vie : toutesvoyes il fut exécuté comme les aultrcs. Depuis che, se sont encores meutinés , et avoient proposé de tuer la justice: laquelle chose est venue à la congnoissance de ceux de la justice, et en y eult nii, le IX' jour de septembre, après disner, qui furent prins, ausquels on coppa incontineni la teste: laquelle chose ne avoit point esté veue d'homme vivant, car l'on coppc tousjours les testes du malin.
En ccsiuy an, le vi" jour d'octobre, eult en la ville de Binchc bien vi" maisons ou plus brusiécs de feu de mescbief. lleni , sur la fin du moys de septembre , s'apparut une comettc au chiel, laquelle je véiz par pluscurs fois, cl se levoit entre lu ou iiii heures du matin, et avoit le corps ung peu plus grande que une aultre estoille, et la keue avoil bien xii ou xnn piedz de long; laquelle s'apparut depuis le susdit moys jusques à la fin du moys de noviwnbre.
Audit an, le xv' jour d'octobre , morut Robert, archevesque de Rains , et fut enterré en la grant église de Nostre-Damc de Rains en la chapelle de nostre (*/<); lequel areheves(|ue fut fort plaint, car il estoii fort homme de bien et grant aumosnier, et avoil le bruyt de donner tous les jours ung muy de bled aulx povres, au nom de tous les saintz.
En cesl an eult sy grosse inundation d'eaue en Zellande ei en Flandre, que les dicques se rompirent , el furent les eaues sy grandes qu'il y eult plus de x" personnes noyées, et bien lx vilaiges tons perdus. Et disoit-on que monseigneur de Bèvres, admirai, a bien perdu x'" florins de rente.
Dans la Biugrapliie Micliuud et dans la Biographie Didot, iauleur do> Grandes Hi.stoircs de Hainaiit dont nous venons de donner la description ,
DE HAINAUT. m
Jean Lefebvre^ est confondu avec l'évéque de Chartres du même nom qui naquit et mourut au XIV" siècle. Ceux qui ont écrit ces articles n'auraient pas commis une telle méprise, s'ils avaient connu le manuscrit : ils y auraient vu que Lefebvre écrivait encore en 1552 et qu'il était alors âgé de cinquante-six ans.
Mais où avait-il reçu le jour? Où se passa sa vie? Où et quand celleci prit-elle tin? Sur ces différents points les renseignements manquent absolument.
J'ai fait, pour les éclaircir. beaucoup de recherches, et M. Léopold Devillers, conservateur des archives de l'Etat, à Mons. en a fait aussi de son coté : elles sont demeurées infructueuses.
M. Devillers conjecture que Jean Lefebvre était liennu}er: je suis de son avis. Certains passages des grandes Histoires me portent même à croire (jue lauteur résidait à Valenciennes.