Histoire de la grande cité de Belges
Pclil in-fol., papier, relié en niarni|uiii, écrit on l!)2t, coiniiie liiidique une note placée à la lin du
texte, 138 feuillets.
Les trois premiers feuillets contiennent la table. Au quatrième commence le texte, précédé de ce sommaire : « Cy commence l'histoire de la grant » cité de Belges que maintenant l'on nomme Bayvay en Hainault, extraicte » en briefs termes, pour avoir congnoissance et mémoyre de la fondation » et de la première domination d'icellc Belges. »
Le premier chapitre est intitulé : Ci/ dit coininetU et en quel temps lu cité de Trêves fut fondée par Trevera, qui fut fils du grant roij Ninus de Babylone.
Le dernier : Comment le tirant Maximien, roy de Bretaigne^ follit aux Romains la domination de France et de Germanie.
Saint-Germ. 660.
2^. — Chroniques de France depuis Pharamond jusqu'à Philippe le Hardy.
In-fol., véliii, rcl. en veau, 410 feuillets, dor. sur Ir., écriture de la fin du XIII» ou du commencement du XIV' siècle.
Sous le litre de Chroniques de France nous avons ici les fameuses (Chroniques attribuées à Baudouin, fils de Bouchard d'Avesnes et de la comtesse Marguerite de Flandre.
Ces Chroniques ont beaucoup occupé les érudits.
Aubert le Mire, André du Chesne, le P. Labbe, Valère André, Foppens , le P. Lelong, les ont tour à tour signalés aux historiens.
Luc Dacheri dans son Spicilegimn ', le baron Jacques Le Roy dans une publication spéciale % en ont donné des fragments, plus ou moins considérables, empruntés à la version latine.
De nos jours, M. Victor Le Clerc en a fait l'objet d'une dissertation aussi lumineuse que savante '.
Après lui M. Emile Cachet, chef du Bureau paléographique institué près la Commission royale d'histoire de Belgique, a traité le même sujet dans deux notices étendues et fort remarquables *.
A la même époque M. de Wailly donnait, dans le grand Recueil des historiens des Gaules et de la France ', des fragments du texte français des Chroniques se rattachant aux règnes de saint Louis et de Philippe le Hardi , en les faisant précéder d'intéressantes observations sur les divers manuscrits qui en existent à la Bibliothèque nationale.
' Tom. VII, pp. S84-G2i.
' Chronicon Balduini Avennensis , lopanhae liellimontis , sii'e Histuria ijenealogica comitum Haniioniac aliorumquf principum. Antverpiae, 1693. In-fol.
' Histoire UUérairc de la l'rance , t. XXI, 1847, pp. 753-764.
' La première, intitulée Baudouin d'Avesnes ri sa Cltroniqur , est au tome V, 2* série, des Bulletins lie la Commission royale d'histoire, pp. 255-280, et la deuxième, qui porte pour litre Les Chroniques de Baudouin d'.4i>csnes, dans le tome IX, pp. 265-319, de la même série.
' Tom. XXI, 1855, pp. 159-181.
DE BAUDOUIN D AVESNES. a7
Plusieurs questions ont été soulevées au sujet des Chroniques de Baudouin d'Avesnes.
Ces Chroniques sont-elles l'ouvrage de Baudouin lui-même? Ou ontelles été seulement composées et recueillies par ses ordres?
Ont-elles été écrites d'abord en français ou en latin?
A quelle date commencent-elles et quand prennent-elles 6n ?
M. Le Clerc, comme M. de Wailly, comme M. Cachet, n'admet pas que Baudouin soit l'auteur des Chroniques : qu'il les ait fait compiler, à la bonne heure.
Tous trois sont d'accord que le texte français aura précédé le texte latin . et c'était aussi l'opinion de feu le baron de Reiffenberg. Il n'y a guère que le baron Le Roy qui soit du sentiment contraire.
Quant aux époques précises où elles commencent et où elles s'arrêtent, il serait diiïlcile de les déterminer, à cause des différences que présentent à cet égard les manuscrits qui en existent.
M. Le Clerc voit, dans les Chronjques de Baudouin d'Avesnes, « le ré- » sumé d'un grand nombre de chroniques connues, y compris les plus » fabuleuses. On n'en a pas même, ajoute-t-il, exclu les contes des roman- » ciers. Les chansons de geste sont encore ici regardées comme des maté- » riaux de l'histoire '.... »
M. Emile Cachet leur attribue une grande valeur.
« Les Chroniques de Baudouin d'Avesnes, dit-il. sont pour nous un monument qui a une double importance.
» Sous le rapport historique, tout porte à croire que c'est là ce qui nous reste des grandes chroniques dont le comte Baudouin de Hainaut avait, dès le Xll« siècle, ordonné la rédaction. (]ela suffit pour en faire un monument national.
» Sous le rapport du langage, sans vouloir faire remonter notre texte jusqu'à ce même Xlb siècle, ni par conséquent le regarder comme antérieur à Viliehardouin, nous pensons qu'il n'en est pas moins un des restes les plus remarquables de la prose romane du XllI^" siècle dans les provinces belges, et qu'à ce titre il mérite d'être conservé \ »
' Histoire littéraire de ta France , t. XXI , p. 7fiO. ' Bulletins, 2» série, t. IX, p. 515.
S8 CHROiNIQlIES
Je suis entré dans ces détails parce que, selon le plan primitif des travaux de la Commission royale d'histoire, les Chroniques de Baudouin d'Avesnes devaient être comprises dans ses publications, et que, si elles ne Tont point été jusqu'ici, la Commission n'a pas renoncé à les y comprendre.
Pour en revenir au MS. Saint-Germain 660, j'ai à dire qu'il se divise en deux cent quarante-quatre chapitres.
Le premier est intitulé . De Pharemon, le premier roy de Franche, de CAode, de Meroveetis, de Cilderis^ rois des François, et de Clovis, ki fu li premiers rois de Franche batisiés , et de l'ampoiile ke li ange les raporta;
Le dernier : De Piéron de la Broche.
C'est à ce manuscrit que M. de Wailly a emprunté les treize chapitres dont il a inséré le texte dans le Recueil des historiens des Gaules.
Saint-Germ. 84.