Luis Cabrera de Cordova, Vida ciel rey don Felipe
In-fol.. pap., cart. avec dos en veau , 631 feiiillels, écriture du XV1I« siècle.
.1 Je n'ai rien à dire de ce manuscrit, vu quil n'est pas l'original, que » l'ouvrage est imprimé et qu'il est si connu, de même que l'auteur. » Ainsi s'exprime Ochoa '.
Il est vrai que ce manuscrit n'est qu'une copie: que bien des mots et même des passages y sont laissés en blanc; quil s'y trouve aussi des lacunes considérables '.
Mais est-il imprimé, comme le dit Ochoa ?
On sait que l'Histoire de Philippe H de Cabreha. qui parut à Madrid en 1619, ne va que jusqu'à la fin de mars 1383. lorsque Philippe quitta le Portugal pour retourner en Espagne. L'historien l'avait cependant continué jusqu'à la mort du roi; mais ce complément de son ouvrage n'a pas, que nous sachions, jusqu'ici vu le jour.
Or c'est cette seconde partie de l'Histoire de Philippe II que contient le manuscrit 10239. Ochoa ne l'aura probablement point parcouru, et se sera laissé tromper par le titre placé en tête du premier feuillet, où l'on lit. à quelques mots près comme dans le frontispice de l'édition de 1619 :
scrvlllo d"iina ainbasciala, vcngono a casa per il paraguautcs : onde a celui clic pensa venirc a questa coric è neccssario chc porta una buona borsa... » (Fol. 69 s".)
' Catàlogo razonado de los manuscriloi cspaholcs, etc., p. 1 37.
' \u fol. 3 V» on lit, entre deux alinéas : A<iui fallan hnjui , porqiic de paj. i salta ri 91. Dans le livre VIII le chapitre II manque tout entier.
Phelipe JJ°, reij ileEspana. A donPhelipe FI", su nieto esdarecido , nuestro senor^ Ltiis Cabrera de Cordova. su criado, historiador destos reynos, grefier de la reyna nuestra seiiora y continua de la casa real de Castilla.
Cette seconde partie de l'Histoire de Philippe II est divisée en huit livres subdivisés en un nombre plus ou moins grand de chapitres.
Le livre premier, qui a quatorze chapitres et va jusqu'au fol. 70. traite de l'état où le roi laissa les affaires de Portugal . de celui où étaient les affaires des Pays-Bas, du recouvrement de l'ile de la Tercère, de la conquête de plusieurs villes dans les Pays-Bas, de la guerre contre l'archevêque de Cologne apostat, du mémorable siège d'Anvers '. 11 commence ainsi :
Ténia la corona <le Castilla gran contento de la prcscnza del rey don Phclipc, despiiés (juevitio dcPorliigal, glorioso de liaveile luiiiido à ella por légitima hcrcneia, fiierça de valor y prudeiieia y armas \ictoriosas contra don Antonio, prior de Oerato, tirano ^.
Le chapitre VU traite de l'assassinat du prince d'Orange Guillaume le Taciturne, mais en peu de mots et sans donner de détails qu'on ne connaisse.
Le deuxième livre commence au fol. 71 et finit au fol. 181 ; il a seize chapitres.
Le troisième livre, en onze chapitres, remplit les fol. 181 v° à 254.
Le quatrième livre va du fol. 234- v" au fol. 366: il se compose de quatorze chapitres.
Le cinquième livre (fol. 366 v - 434) a treize chapitres.
Le sixième livre (fol. 435-515 v°) en a dix-huit.
Le septième livre (fol. 516-620) en compte vingt et un.
Le huitième et dernier livre (fol. 621-643) n'en a que neuf.
Le chapitre IX du huitième livre se termine ainsi :
Passo dosta vida à mexor el doclor Bcnito Arias xMontano, insigne en religion y leiras,
' " Libro I. Contiene el cstado en que dcxo don Plielipc los de Portugal, el que (enian losdc Klindcs, la recupcracioti de la isia Terecra, la de muchas villas en los Paises Baxos, la guerra contra cl arzobispo de Colonia apostata , el mémorable sitio contra .\nibcrcs. «
' Tradiiclion : La couronne de Castille avait un grand contentement de la présence du roi don Philippe, depuis qu'il était venu de Portugal avec la gloire de lui avoir annexe ce royaume par succession légitime, par la valeur, par la prudence et par les victoires qu'il avait remportées sur le tyran don Antonio, prieur de Crato.
cuyos cscrilos illusiran la clirisliandad , nolable por ellos y la lemplanza en la comida y veslido, y en no procurar niexorar su fortuna : mas era la mexor la siiya , contenio con su mediocridad para vacar â Dios y à tanla diversidad de letras que le adornaron y posseyô como si cada una fuera solamente de su insliluto. Que la muerte no perdona sabios ni icyes, eondicion del ser nmiialcs '.
La fin de l'ouvrage, où l'auteur devait raconter la mort de Philippe II. manque.
A la suite de Ihistoire viennent :
Fol. 646-6o0. Summurio de quatro escrituras sobre el negocio del marqiiesado del Final, presentados por el agente dél.
Fol. 6o0 v"-6ol. Sententin en favor de las hijos de Antonio Ferez.
67. — Compendio délia vita di Filippo segondo, re di Spagiia, al gran-duca di Toscana Ferdinaiido I; descrltta per esercitatione da Horazio della Rena, Tanno 1600 (Abrégé de la vie de Philippe II, roi d'Espagne, adressé au grand-duc de Toscane Ferdinand I, et écrit pour se distraire par Or.4zio della Rena en 1600}.
In-4», pap., rcl. en veau, fil., ôfiO feuillets, écriture du XVI^ siècle.
Celte Histoire abrégée de la vie de Philippe H est divisée en huit parties, qui sont toutes précédées d'un sommaire. Mais les sommaires ont été. par
' Traduction : De cette vie passa à une meilleure le docteur Benito Aiias Moiitajio, homme distingué dans la religion et dans les lettres et dont les écrits illustrent la chrétienté ; nolable par ceux-ci non moins que par sa tempérance, sa modestie dans la manière de se vêtir, son indifférence pour l'amélioration de sa fortune. La sienne était d'ailleurs préférable : il était satisfait de sa médiocrité, qui lui donnait le moyen de s'occuper de Dieu et de tant de branches des belles-lettres qu'il possédait comniisi chacune d'elles élail la seule qu'il eût eu à étudier. Mais la mort n'épargne ni les savants ni les rois, car ils sont mortels comme les autres hommes.
le copiste, confondus pour ainsi dire avec le texte, et le texte niénie est suivi sans qu'il s'y trouve un seul alinéa. C'est ce qui a fait croire au docteur Marsand (à la suite, sans doute, d'un examen superficiel) que le sommaire de la première partie s'appliquait à tout l'ouvrage '.
Cette première partie (fol. 1-43) commence à la naissance de Philippe et finit à l'abdication de Charles-Quint.
La deuxième (fol. 45 v-TT) s'étend de l'avènement de Philippe à la paix de Cateau-Cambrésis.
La troisième (fol. 78-144) va jusqu'à la guerre de Grenade contre les Mores.
L'auteur commence la quatrième (fol. 144 v''-204) en parlant du secours que Philippe envoya au roi de France, en 1569. sous les ordres du comte de Mansfelt, et la finit en racontant la mort du roi Henri de Portugal, arrivée en 1580.
La cinquième (fol. 205-243) comprend les événements arrivés jusqu'au mariage de dofia Catalina, fille du roi, avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel, qui fut célébré à Saragosse en 1585.
La sixième (fol. 243 v''-269) va depuis les cortès tenues par Philippe à Monzon en 1585. et la reddition d'Anvers au prince de Parme, jusqu'après la défaite de l'invincible armada et les expéditions envoyées par la reine d'Angleterre contre l'Espagne et le Portugal.
La septième (fol. 270-324) commence à la mort de HeTiri III, roi de France ; elle finit à l'abjuration de Henri IV et à la trêve conclue par lui avec le duc de Savoie.
La huitième et dernière partie (fol. 324 vo-369) va jusqu'à la mort de Philippe.
L'ouvrage, qui n'a ni préambule, ni préface, ni dédicace, quoique le titre porte qu'il a été dédié à Ferdinand I", grand duc de Toscane (lequel régna de 1587 à 1608). se termine par un ample et pompeux panégyrique de Philippe II (fol. 36l-369j, où il est comparé, pour la prudence, à Salomon, pour son zèle à poursuivre les ennemis de Dieu, à David, pour sa valeur (!), à Auguste, pour sa justice, à Trajan, pour ses sentiments religieux, à Constantin, pour son obéissance à l'Eglise, au grand Théodose.
' / Afaimcrilli ilnliuni ticlla Regia llMioleca Parirjiiui, I. I, 1835, p. 4S3.
II ne parait pas que l'auteur ait puisé dans les sources ; il ne cite aucun historien ni aucun document.
Le manuscrit est une copie qui n'est pas toujours correcte.
Suppl. franc. 2302.
68. — Brève Compendio y Elogio de la vida de el rey Phelipe segundo de Espaîïa. escrita por Antonio Ferez, su secretarlo, afio de 1 630 (Abrégé de la vie du roi Philippe II d'Espagne écrite par Antonio Ferez, son secrétaire , en 1630).
Cet Abrégé remplit les S6 premiers feuillets d'un volume in-i" en papier qui en a 217, et qui est relié en veau. On lit au dos : Ferez, Fida de Phelipe segundo.
Au revers de la couverture on trouve la note suivante :
Gel Abrégé de la vie de Philipiic 11 est assez curieux; mais je doule fort qu'il ait été écrit par Antonio Peiez. Il l'ait i)ariie, sans aucun doule, d'un ouvrage sur l'histoire générale, soit de Tl^spagne, soit de TEuropc. L'auteur, s'il n'est pas français, est du moins bien passionné pour la France. Il écrivait prohabicnicnt au commencement du régne de Philippe III d'Espagne el avant la mort d'Antonio Perez. Probablement il a connu ce dernier personnage, quoiqu'il n'en parle que irès-légércmcnl. Son opinion sur lion Carlos et sur don Juan d'Autriche est, à mon avis, la seule vraie: mais il est fâcheux qu'il ne dise pas de qui il tient les précieux détails qu'il donne sur ces deux princes. Je crois aussi très-exacte son opinion sur le roi, el de bien peu de valeur le reste de l'ouvrage.
La copie fourmille de fautes ; il y en a de toutes les espèces : mais, avec un peu d'attention, il serait très-facile de les corriger presque toutes.
Paris, le 7 février 1848.
{Sifjné) I.VCINTO DE S.VLAS Y QuiROGA.
Il no faudrait pas admettre sans appel le jugement qu'on lit dans la note qui précède sur cet .\brégé de la vie de Philippe II. Ce que dit l'auteur, par