Congrégation des Rites, 5086 volume ou portefeuilles
14. Archives administratives, 7,301 registres, portefeuilles ou liasses.
15. Archives judiciaires, 5,892 liasses, portefeuilles on registres.
16. Inventaires et répertoires, 2,153 registres et cartons. Résumé des archives de Rome transportées à Paris. 102,435
registres, volumes et portefeuilles.
Un buste de Paul V indique, dans la grande salle, Centrée des Archives.
NOTES
Comme complément des Vertus, Allégories et Emblèmes que Sixte V fit peindre dans la grande salle de la bibliothèque Valicane, j’ajouterai ici les autres symboles dont le même pontife décora, en 1585, les murs de la salle, dite de Constantin, au second étage du palais apostolique.
L'artiste a constamment eu soin de traduire sa pensée par une inscription, pour aider à l’intelligence dés attributs qui caractérisent les personnages symboliques.
La Foi, fides, met la main sur sa poitrine et montrant le calice, semble dire : je crois à un mystère, d la présence réelle.
La Religion, reugio, est caractérisée par V Ancien et le Nouveau Testament, qui ont appris à l’homme à être religieux.
La Justice, jvstitia, outre la balance, est accompagnée d’une autruche. (1)
(1) Glorifier Dieu, c’est accomplir un acte de justice, selon ces paroles de la liturgie : « Vere dignum et justum est, æ quum et salutare , Te quidem , Domine , omni tcmpore, sed in
hoc potissimum gioriosius praklicare * (Préface du Temps
Pascal.) — Or, d’après le prophète Isaïe, c’est à l’autruche qu’il appartient de louer Dieu des bienfaits qu’il a accordés d son peuple : • Glorificab.it me bestia agri, dracones et struthiones : quia dedi in deserto aquas, flumina ïn invio , ut da rem potum populo meo, electo meo » (Isaiæ, c. xliii, t. 20).
Je ne puis pas trouver ailleurs que dans le rapprochement de ces deux textes l’explication du choix de l’autruche comme emblème de la Justice, à moins qu’il ne s'agisse ici d’un fait naturel qui m’échappe.
La Justice est encore ordinairement caractérisée par une couronne et un casque.
La Vertu qui donne des couronnes aux vainqueurs ne doitelle pas être couronnée elle même? « In reliquo reposita est mihi corona justitiœ quam reddet mihi Dominus in ilia die justus judex » (S. Paul, ad Timoth. n. c. iv, t. 8).
L’usage du casque, comme attribut de la Justice, me fait souvenir de ce trait rapporté par Mufatori, dans ses Antiquitates italicæ medii ævi, in-fol, Milan, 1740, t. iii, col , 307 :
« Luchino Visconti, seigneur de Milan (1339-1349), fut un homme très-juste; ni pour or ni pour argent, il n’aurait permis d’injustice Il avait un fils naturel nommé le seigneur
Bruzo. lin jour celui-ci se présenta devant son père et se mettant à genoux, il lui demanda la grâce d’un meurtrier de Lodi, parce que lui n’était qu’un pauvre chevalier et qu'il pouvait gagner quinze mille florins, s’il parvenait à sauver la vie de ce malfaiteur . Après l’avoir entendu, messire Luchino, son père, donna Tordre à l’un de ses gentilshommes de * lui aller chercher son casque dans sa chambre. Le casque, très-bien fourbi et reluisant, était surmonté d’un beau cimier garni de velours rouge , sur lequel étaient brodées des lettres d’or. Quand il fut apporté, Visconti dit à son fils : Bruzo, lis ces lettres-ci. Les lettres furent lues : elles formaient le
La Charité , chaiutas, semble regretter de n’avoir pas trois mamelles pour allaiter à la fois ses trois enfants , dont deux, boivent avec avidité à sa poitrine remplie.
La Prudence, prvdentia, joint au miroir et au serpent qui lui sont habituels, le casque dont elle protège sa tête.
La Paix, pax, couronnée, lient la branche d’olivier classique.
L 'Innocence, innocentia, a les s ’ins nus et caresse une colombe. C’est évidemment de l’innocence d'autrefois, du paradis terrestre, car une femme qui se montrerait en public ainsi décolletée ne passerait pas, de nos jours, pour innocente.
La Vérité , veritas, est nue — Les poêles l’ont dit, les peintres l’ont eru — et même elle cherche à se debarrasser du seul voile qui lui gaze le front. Un cœur pend à son cou, car c’est la que se réfugient ces pensées que la vérité ne sait taire et garder pourvue.
V Eglise? tient un livre et lance des foudres. Les foudres du Vatican sont en effet terribles et elle les puise dans sa discipline codifiée en canons, décrets, bulles, etc.
L 'Eternité, æternitas, écrit, sans doute, comme disent les pontifes romains en tête des actes de leur chancellerie, Ad perpetuam rei memoriam.. L'écritoire, le livre et le phénix sont ses autres symboles, le phénix que le moyen-âge plaça au ciel de ses mosaïques, perché sur un palmier, comme emblème d’immortalité et de durée sans fin.
La Modération, moderatio, pose le pied sur un vase dont elle pourrait boire le contenu ou s’approprier la valeur, et regarde le mors, qui dompte et refrène.
La Bénignité, benignitas, est douce comme le duvet du cygne, expansive comme V aiguière d’or qui verse un liquide abondant.
mof IVSTITIA. Visconti dit alors : Cette justice que nous portons pour enseigne, nous la mettrons de fait en pratique ; je. ne veux pas que quinze mille florins pèsent plus que mon casque, lequel est pour moi de plus grand poids que ma seigneurie. Va, retourne à Lodi et fais justice ; et si tu ne la fais pas, je la ferai de toi. »
La Clémence , clf.mentia, porte un rameau d’olivier, et a près d’elle ce lion d’Androclès dont l'histoire ancienne a proclamé hautement la magnanimité.
La Libéralité , uberàutas, verse des flots d’or et écrase impitoyablement l’auare qui gémit de sa prodigalité.
La Magnificence, magnjficentIa , contemple la pyramide qu’elle a élevée. 11 fut en effet magnifique dans ses œuvres ce pontife-artiste, Sixte V, qui embellit Rome des obélisques die S. Jean de Latran, de S. Pierre, de Sle. Marie du Peuple, et couronna si dignement les colonnes Trajane et Automne des statues de bronze de S. Pierre et de S. Paul. Mais peut-être la peintre a-t-il plus songé aux pyramides d’Egypte qu’aux travaux, gigantesques exécutés à Rome par le pape qui lui commandait en même temps une partie des fresques Valicanes.
La Sincérité, animi since* itas, avec un caducée surmonté d’une colombe, pour exprimer la probité dans ^transactions commerciales.
La Concorde, coxcordia, porte des pommes et des fruits dans une corne d’abondance. La pomme rappelle plutôt, ce me semble, la discorde.
La Vigilance, vigilantia, a les yeux ouverts et attentifs comme le coq au point du jour et le serpent qui guette proie.
La Sagesse, sapientia, va chercher sa règle de conduite dans les deux, où elle plonge par le regard, et, quand sa baguette a frappé, il sort, ô réminiscence païenne! une Minerve antique. (!)
Les armoiries de Sixte V se blasonnent: d’azur , au lion d’or, tenant dans la patte dextre une branche de figuier au naturel, brisé d’une bande de gueules, chargée d’une, mon-
(!) Varii emblemi hieroglifici usnti nelli abigliamenti delle pitture fatte in diversi luochi, nelle fabriche del S®° S. r iVostro Papa Sixto V, P. O. M. Roma, 1589, in-4°, avec !5 planches gravées sur cuivre.
tagne à trois côteaux d'argent, accompagnée en chef d'une étoile de même, qui est Peretti.
C’est aux divers meubles de cet écusson que foui allusion les autres allégories, peintes à fresque dans la grande salle :
Un lion tenant une branche de figuier : De forti egressa eut dulcedo. — Vincit leo de tribu Juda. — St rugict guis non timebit.
Un lion accroupi : Non dormit neque dormitabit.
Trois montagnes superposées et surmontées d’une étoile : Altitudines conspicit.
Trois montagnes couronnées qu’une étoile colore diversement ; Terna triplici colore. Scientiœ, bonitatis, disciplina;.
Mêmes montagnes : Mans in quo benpplacitus est Deo.
Chandelier dont les sept branches portent des livres au lieu de lampes : Luceant septies justo.
Chandelier dont les trois branches portent les livres de la science, de la bonté et de la discipline: Scientiœ, bonitatis, disciplines.
Les peintures à fresque de la grande salle sont l’œuvre collective de Henri le Flamand, Paris Nogari, Antoine d’Urbin, César Nebbia, Jacques Stella, Joseph Franco, Salimbeni, César Torchi, André Lilio, Prosper Orsi, Paul Guidotti et Antoine Salviati.
Les sujets ont été choisis et les inscriptions rédigées par le le cardinal Silvio Antoniano, Pierre Galesino, protonotaire apostolique, et Angelo Rocca, sacriste du Pape, qui a écrit un volume in-4° en latin sur la décoration de la bibliothèque.
Le tableau qui montre Sixte V ordonnant à Fontana la construction de la bibliothèque Vaticane, a été peint par Scipion Gaetani.
Le cardinal qui présente l'architecte au Pape est Antoine Caraffa, bibliothécaire de la Ste. Eglise.
Le Pontife est placé entre ses deux neveux, le cardinal de Montalto, à gauche, et, à droite, le marquis Michel Peretti, bardé de fer.