REQUIEM >» SUR CETTE OMBRE GRISE QUI FUT AUTREFOIS UN HOMME
Au mois de novembre suivant, Pierston, dangereusement malade, était alité dans sa maison de Londres.
Les funérailles de la seconde Avice avaient eu lieu par une de ces humides journées d'automne, pendant lesquelles la pluie tombe aussi drue que les projectiles des anciens conquérants de l’île.
Jocelyn conduisait le deuil; on n'avait eu aucune nouvelle d’Avice, bien qu'on eût fait annoncer la mort dans les journaux tant locaux que londoniens, dans l'espoir d'attirer ainsi les regards de la jeune femme.
Mais lorsque la lugubre procession déboucha dans le cimetière, on vit accourir à bride abattue dans la montée une voiture de. louage conduite par un homme à la livrée des cochers de Budmouth.
Elle s'arrêta à la porte du cimetière : un jeune homme et une jeune femme en descendirent.
Ils s’avancèrent vivement et rejoignirent Pierston au moment où l’on mettait le cercueil dans la fosse.
Jocelyn n'avait pas tourné la tête, sachant qu'Avice et Henri Leverre se tenaient derrière lui.
Il eut le pressentiment qu’un remords assombris-
sait le front de la jeune femme. Évidemment elle ne s'attendait pas à le voir là. Par délicatesse, il s'éloigna de quelques pas, et, lorsque le service prit fin, il se recula encore davantage. Il devina que la jeune femme lui en était reconnaissante.
Ni Avice, ni son mari ne lui adressèrent la parole. Ils disparurent après la cérémonie, comme ils étaient venus. |
C'est en ce triste jour d’automne, dans le cimetière du Wessex, alors que les douleurs morales et physiques l’affaiblissaient, que Pierston avait dû prendre cette fièvre ardente qui, depuis son retour à Londres, le tenait entre la vie et la mort.
La crise passée, l’équilibre et le calme se rétablissaient en lui. Il perçut un bruit de conversation; des pas s’étouffaient sur le tapis.
La lumière faible ne lui permettait pas de distinguer les objets. Deux silhouettes se mouvaient silencieusement : la nurse et une femme élégante en tenue de ville.
Il fut rappelé à la réalité par une voix familière murmurant doucement : .
— La lumière ne vous fait-elle point mal aux yeux?
[1 reconnut Marcia, et tous les événements qui avaient précédé sa maladie lui revinrent en mémoire.
— Est-ce vous qui me soignez, Marcia?
— Oui. Je suis à Londres depuis que vous êtes souffrant, car aucune de vos belles amies ne semblait se soucier de votre vie ou de votre mort. J'habite tout près d'ici et suis bien contente de vous voir hors de danger. Nous avons été inquiets, savez-vous?
— Que vous êtes bonne! Et eux?..
— Ils sont mariés. Votre état les a fort attristés, ils sont venus prendre de vos nouvelles. Elle vous a même veillé une nuit, mais vous ne reconnaissiez personne.
« La mort de sa mère l’a accablée, elle ne l’aurait jamais soupçonnée si imminente. Ils sont repartis. J'ai pensé que cela valait mieux, maintenant que vous êtes hors de danger. Mais il ne faut ni bouger, ni parler Je reviendrai.
Elle revint chaque jour.
Pierston sentit en lui un changement : il venait de s'en rendre cempte tandis que Marcia parlait. Il n’était plus le même homme. La fièvre ou les chagrins, les deux peut-être, avaient détruit quelque chose en lui.
Pendant les jours qui suivirent, tandis que la conscience lui revenait, il put définir ce changement. Le sens artistique l'avait abandonné, et les images de beauté qui hantaient son passé, étaient désormais dépouillées du charme qui les avait parées jusqu’à ce jour. Son appréciation ne s’exerçait plus que sur des sujets utilitaires; ainsi l’image d’Avice n’évoquait plus en lui que ie souvenir de ses charmantes qualités et plus du tout celui de sa beauté.
Cette découverte au premier abord le terrifia ; était-ce la vieillesse? A la réflexion, il s’en estima heureux.
Marcia qui, avec un peu de son ancien despo-
tisme, venait continuellement s'informer de ce qui
se passait, donner des ordres aux domestiques, s'aperçut elle-même pendant sa convalescence de la disparition, chez lui, du sens artistique.
Un jour, elle fit la remarque qu'Avice embellissait
- d'une façon extraordinaire et dit qu’elle comprenait
que son beau-fils en fût éperdument amoureux. Remarque imprudente, qu’elle regretta aussitôt. Si elle allait troubler Jocelyn?
Mais il répondit simplement :
— Oui, je crois qu'elle est belle, mais elle est mieux que cela : c’est une fille intelligente qui appren- Gra vite à être une bonne maîtresse de maison.
e Je regrette que vous soyez si belle, Marcia.
— Pourquoi? fit-elle étonnée.
— Je ne sais, la beauté me paraît inutile : je ne vois pas à quoi elle sert.
— On! Je ne puis penser comme vous!
— Non? Alors j'ai perdu le sens de la beauté, je ne sais comment; maïs je ne le regrette pas. Robinson Crusoë perdit un jour dans sa maladie : j'ai perdu un sens qui m'importe moins.
Une tristesse se dégageait de ces paroles. Marcia soupira : 6
— Peut-être vous reviendra-t-il lorsque vous serez plus fort.
Pierston hocha la tête. Il se souvint alors que jamais depuis que Marcia était rentrée dans sa vie il ne l'avait vue en pleine lumière, sans chapeau ni
” violette, et qu'il l'imaginait semblable à la Marcia
de sa jeunesse, illusion que la voix, toujours semblable, confirmait.
Il se demanda ce qui pouvait bien rester de la Marcia de jadis.
— Pourquoi ne vous laissez-vous pas voir ?
demanda-t-il.
— Sans mon chapeau, vous voulez dire? Je ne sais. Vous ne me l’avez jamais demandé, et je suis forcée de m’envelopper d’un voile à cause des nuits froides d'hiver, qui me donnent des névralgies. Et puis, je ne suis plus aussi belle que jadis.
Plus aussi belle que jadis. des névralgies. voilà qui donnait à réfléchir. Ah! la vie est dévastatrice!
— Mais je ne demande pas mieux que de satisfaire votre curiosité, reprit-elle avec bonne grâce. L'intérêt que vous témoignez à ma personne est le plus flatteur de tous les compliments.
Elle quitta l’ombre, car la nuit était tombée, et s’approcha du cercle lumineux de la lampe. Vivement elle se débarrassa de son chapeau et de sox voile.
Elle était encore très belle, étant donné le considérable intervalle de temps qui s'était écoulé depuis leur toute première rencontre.
— Je suis furieux, fit Jocelyn détournant la tête avec impatience. Vous paraissez trente-cinq ans, pas un jour de plus. Vous êtes très belle encore, Marcia; et moi qui espérais que votre vieillesse serait mon châtiment!
— Ah! mais je puis être vieille, hélas ! Dire que vous ne connaissez pas encore les femmes, depuis le temps!.….
— Comment cela?
— Vous vous laissez duper comme un enfant.
Songez que vous me voyez à la lueur de la lampe, que vos yeux sont faibles et que. Je n’ai pas besoin de vous cacher la vérité maintenant. Sachez-la donc. Mon mari était plus jeune que moi, et il avait
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la faiblesse de vouloir faire croire à ses amis que sa femme était une toute jeune fille. Pour lui plaire, je m'ingéniai à paraître telle. Nous habitâmes Paris à plusieurs reprises, là j’appris les artifices qu'emploient les femmes pour rester jeunes et bientôt mon habileté dépassa celle des plus coquettes mondaines du faubourg Saint-Germain. Depuis la mort de mon mari, j'ai continué à « m’arranger », d’abord parce que ce vice est presque inguérissable et ensuite parce que j'ai remarqué qu’une femme jeune et jolie, peu fortunée et avec un enfant à élever, se débrouille mieux dans la vie qu’une femme laide et vieille. Pour l'instant, je suis terriblement « arrangée ». Mais autrement. Tenez, demain je viendrai telle que je suis en réalité; vous verrez que le temps, lui, ne trompe pas. Souvenez-vous que je suis presque aussi âgée que vous, et que je parais mon âge.
Le lendemain matin, Marcia arriva comme elle l’avait promis. Le soleil rayonnait. Elle s’approcha de la fenêtre, et se dévoilant, murmura :
— Que dites-vous maintenant, vous qui trouviez la beauté vaine? Voilà tout ce qu'il reste de moi lorsque je laisse sur ma table de toilette les accessoires de ma beauté; et ils sont nombreux. Mais vous ne les reverrez jamais plus sur moi.
Marcia n’était qu’une femme: ses lèvres tremblèrent en prononçant ces paroles, et une larme roula sur sa joue. Les cruels rayons du matin — les mêmes que ceux auxquels Jocelyn était apparu aux regards d’Avice, — montraient dans toute leur nudité les tristes restes de ce qui fut autrefois l’éclatante beauté de Marcia.
Elle se dressait là, triste statue de l’Age… une vieille femme, pâle et parcheminée, au front ridé, aux joues creuses, à la chevelure blanche.
Voilà ce qu'avait fait la vie de ce visage qu'il avait baisé autrefois avec tant d’ardeur.
— Vous êtes bonne, Marcia. Vous avez eu le courage des grandes héroïnes de l’histoire. Je suis incapable d’aimer désormais, mais je vous admire de toute mon âme. 6
— Ne dites pas cela. Je commence à être honnête, voilà tout.
Dès qu'il fut un peu plus fort, il la pria de je conduire jusqu’à son atelier.
On avait aéré la pièce en son absence, mais les volets étaient fermés et ils durent les ouvrir euxmêmes.
Il ne jeta qu'un regard sur les plâtres familiers; les uns avaient le poli de la chair, la perfection de la vie, d’autres n'étaient que de simples ébauches de beauté, attendant l’achèvement qui devait les parfaire.
— Non, je ne les aime pas, dit Jocelyn en se détournant. [ls sont indifférents à mes yeux et ne m'intéressent plus.
— Jocelyn, c’est affreux ce que vous dites là.
— Nullement.
Et il se rapprocha de la porte. Mais sur le seuil il se-retourna.
— Allons, un dernier regard, murmura-t-il,
Marcia se taisait.
— Les Aphrodites!… Comme je vous ai insultées,
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déesses! par ces ébauches informes. Et vous Nymphes,
: Faunesses, Êves et toutes mes innombrables Bien-
Aimées, je ne veux plus vous voir. « La puanteur remplacera le parfum, et le feu régnera au lieu de la beauté », a dit le prophète! L'amour. la beauté... vanité!
Ïls partirent..
Une autre fois, Marcia l’entraîna à la National Gallery, afin de voir ce qu'était devenu son goût en peinture, si sûr autrefois.
Hélas, l’expérience de l’atelier se répéta. Rien ne l’'émouvait plus, déclara-t-il, dans les chefs-d’œuvre du Pérugin, du Titien et de tous ces créateurs qui autrefois le touchaient jusqu'aux larmes.
— Comme c’est étrange, murmura-t-elle.
— Je ne le regrette pas. J'ai perdu un sens qui ne ma causé que de grands chagrins et de petites joies. Voilà tout.
Sa convalescence s’affirmait chaque jour. Le médecin conseïlla un changement d’air. Il se décida pour l'île natale et Marcia résolut de l’accompagner.
— Je ne vois pas ce qui m'en empêcherait, lui dit-elle : je suis une vieille femme seule au monde, et vous êtes un vieil homme abandonné.
— Oui, Dieu merci, je suis enfin vieux: l’anathème s'éloigne.
À dater de ce jour, Pierston ne revit ni son atelier ni ses œuvres. Une fois avant son départ, il avait voulu les contempler une dernière fois; mais pour constater de nouveau que tout sens artistique était décidément mort en lui. [1 avait donné à son homme
d’affaires l’ordre de disperser toute sa collection, ce qui fut fait.
L'année suivante, il se retira de l’Académie. «
Le temps passa. Jocelyn se rétablissait aussi bien que le permettaient son âge et la terrible crise qui l'avait terrassé. Mais il resta dans l’île, dans la petite maison qu’il avait achetée en haut de la rue des Citernes.
Une amitié croissante pour Marcia l'induisit à louer pour elle une maison voisine de la sienne; et il la décida à «y transporter son mobilier de Sandbourne.
Lorsque la journée était belle, il venait frapper à sa porte, et au bras l’un de l’autre ils se dirigeaient vers le phare ou vers l’ancien château; la sciatique de Jocelyn et les rhumatismes de Marcia les affaiblissant, rarement ils atteignaient ce but, si ce n’est par les temps très secs.
Jocelyn avait totalement renoncé à la recherche de vêtements qui le caractérisait jadis; on ne le voyait plus que vêtu d’un complet couleur poussière en grosse étoffe du pays, confectionné par une petite ouvrière du village.
— [l laissait pousser sa barbe grise et les rares cheveux que lui avait laissés la calvitie survenue à la suite de sa fièvre cérébrale.
Aussi, bien qu’il ne comptât pas plus de soixantedeux ans, on lui en eût facilement donné soixantequinze.
Son escapade avec Marcia remontait à quarante ans en arrière et cependant on en parlait encore dans l’île. Leur amitié fidèle faisait jaser.
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Justement ils en plaisantaient amicalement, pendant qu’ils avançaient lentement le long de la falaise, en une de leurs promenades quotidiennes.
— L'intérêt que prennent les gens à vos affaires est fantastique, disait Jocelyn. Ne voilà-t-il pas qu'on dit dans le pays « Ces vieilles gens devraient se marier. Mieux vaut tard que jamais » C'est extraordinaire, ma parole, ce besoin de fondre la vie des autres dans le moule conventionnel.
— Oui... On me l’a même fait dire indirectement.
— Vrai? J'imagine alors qu’un de ces matins une députation viendra nous prier, au nom des bonnes mœurs, de convoler en justes noces, sans délai. Nous fûmes bien près de le faire, cependant, il y a quarante ans! Vous étiez trop indépendante. Je croyais que vous me reviendriez!
— Mes idées d'indépendance, qui eussent été blàâmables chez des étrangères, étaient bien excusables chez une insulaire. Je n’avais aucune raison à mon point de vue de vous épouser, puisque nous commencions à ne plus nous entendre Je ne revins donc pas. Mon père pensait de même; c’est lui qui m'a ancré dans la résistance.
— C'est ainsi que l’île réglait nos destinées, bien que nous fussions loin d'elle. Avez-vous jamais avoué à votre mari?….
— Non.
— AÀ-t-il jamais su?
— Pas que je sache.
Un jour que Jocelyn lui rendait visite, il la trouva fortement incommodée. Lorsque soufflait le vent du sud toutes les cheminées de Ia petite maison se
mettaient à fumer d’une façon intolérable, et ce jour-là le vent faisait rage.
Le feu dans son salon ne voulait jamais prendre. Jocelyn, sachant combien le froid était dangereux pour ses rhumatismes, la pria de venir partager son déjeuner dans la salle à manger bien chauffée. Ce n'était pas la première fois; mais tandis qu’ils avançaient dans l'air froid de décembre, Jocelyn se prit à songer combien il était ridicule à eux d’occuper deux maisons, alors qu’une seule conviendrait si bien à leur vie unie. Marcia serait préservée ainsi des cheminées inconfortables, et, en l’épousant, Jocelyn établirait entre lui et ie jeune ménage une parenté qui autoriserait facilement la rente annuelle qu'il brûlait de leur servir.
C'est ainsi que les vœux zélés des voisins se réalisaient presque en dépit des propres intéressés.
Lorsqu'il lu posa franchement la question, Marcia avoua qu'elle avait souvent regretté la décision hâtive de sa jeunesse, et accepta sa demande sans faire d’embarras.
— Je n'ai aucun amour à vous donner, Marcia, lui dit-il, mais l’amitié que je vous offre durera jusqu'à ma mort.
— Il en est à peu près de même pour moi. Voyezvous, je sentais qu’il me fallait être votre femme avant de mourir...
Il advint que deux. jours avant la cérémonie qui devait prendre place peu de temps après la conversation que nous venons de relater, les rhumatismes de Marcia devinrent extrêmement aigus. L'attaque ne semblait cependant pas devoir durer (elle avait
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UN JEUNE HOMME DE SOIXANTE ANS 251 pris froid en faisant son déménagement}, et comme ils jugeaient inutile de retarder leur union pour un motif aussi frivole, Marcia, bien enveloppée, fut transportée à l’église dans une voiture fermée.
Un mois plus tard, tandis qu’ils prenaient leur petit déjeuner, Marcia poussa une exclamation en lisant une lettre d’Avice qui habitait avec son mari la grande maison que Jocelyn avait achetée pour eux à Sandbourne.
Jocelyn leva les yeux.
— Qu'y at-il?
— Grands dieux, voilà Avice qui veut se séparer d'Henri! A-t-on idée de ça! Elle arrive aujourd’hui.
— Se séparer? Qu'est-ce que cela signifie?
Pierston lut la lettre.
— C'est ridicule, reprit-il. Cette enfant ne sait pas ce qu’elle veut. Elle ne divorcera pas! Il ne manquerait plus que cela! Dites-lui que je lui défends d’y songer. Comment ? après quelques mois. Combien y a-t-il de temps qu'ils sont mariés? Pas même un an. Que dira-t-elle, lorsqu'ils auront vingt ans de ménage?
Marcia réfléchissait.
— Je suis sûre que ses remords au sujet de la mort de sa mère la rendent parfois irritable, Pauvre enfant!
Ils finissaient leur repas lorsqu’Avice arriva, les yeux pleins de larmes et très surexcitée.
Marcia l’emmena dans la pièce voisine et elles revinrent toutes deux au bout de quelques instants. — Ce n'est rien, dit. Marcia. Je lui ai dit qu’il
fallait retourner auprès de son mari, dès qu’elle aurait déjeuné.
— Tout ça est bel et bon, dit Avice en sanglotant, mais si vous étiez mariée depuis. aussi longtemps... que moi... Vous ne. me renverriez… pas ainsi.
-— Voyons, qu'y a-t-il? demanda Pierston.
— Il a dit que s’il mourait, je. je me remarierais avec un homme... qui aurait des. yeux gris, et des. cheveux blonds. pour l’insulter dans sa... tombe. parce qu’il est. brun... et qu’il est sûr que. je n’aime pas. les bruns! Et il a dit aussi. Mais je ne veux pas parler de lui. Je.
— Avice, votre mère fut aussi sotte que vous.
- Mais elle reconnut sa sottise, et revint à son mari. Vous allez en faire de même. Voyons il y a un train à...
— Il faut qu’elle déjeune d’abord, intervint Marcia. Asseyez-vous, chérie.
La question fut résolue par l’arrivée d'Henri luimême, pâle et anxieux.
Pierston sortit pour se rendre à une réunion locale, où on l'avait convié, et laissa les jeunes gens régler leur différend entre eux, ce qui fut vite fait.
Jocelyn s’occupa, entre autres choses, dans la période qui suivit l’éclipse de la Bien-Aimée et de son Idéal Amour, d’un projet qui consistait à supprimer toutes les vieilles citernes du village. Il craignait que leur eau impure ne contaminât le hameau et il voulait les remplacer par des pompes perfectionnées. Ce qu'il fit à ses frais.
Il s'occupait aussi d’acquérir les jolis vieux cottages moussus du temps d’Élisabeth, pour les
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détruire à cause de leur humidité. Il fit bâtir à la place des maisons neuves, remplies de ventilateurs.
De nos jours, son nom est encore cité par quelques critiques d’art qui parlent de ses œuvres comme de celles d’un homme non dépourvu de génie, et dont la vigueur fut méconnue de son vivant.