Epilogue
vier 1921, et par un dernier verdict des deux hautes assemblées, réunies le 2 août suivant, en Congrégation générale, devant le Saint-Père.
Le Pape, après avoir recueilli ces votum affirmatifs, se retira en implorant des prières pour la grave décision qu'il avait à prendre, et, quelques jours plus tard, il fixa au dimanche 14 août 1921, veille de l’Assomption de la Très Sainte Vierge, la promulgation du: Décret sur l’Héroïcité des Vertus de Sr Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Cette lecture solennelle eut lieu dans la Salle du Consistoire au Vatican, devant une assistance aussi nombreuse que sympathique. Le discours du Souverain Pontife fut un véritable panégyrique de la nouvelle Vénérable et un lumineux exposé de la voie d'enfance spirituelle qu’elle avait mission de rappeler au monde. « L’éloquence est le son que rend une âme émue », a dit Lacordaire. Telle fut bien la note distinctive de ce discours, et l'émotion de l’Auguste Orateur gagna l’auditoire, en lui communiquant son enthousiasme. |
Par un secret dessein de Dieu, la louange de cette enfant du Ciel — qu’on nous pardonne la hardiesse de cette comparaison — fut comme le VNunc dimittis du pape Bexorr XV. Dans l’intime de son âme, il appelait le jour où la Vierge française qu'il aimait, Thérèse de l’'Enfant-Jésus, monterait sur les Autels, mais il ne devait pas voir ici-bas ce triomphe préparé avec tant de soins, Comme au saint vieillard du Temple, devant la manifestation cachée du Messie, il aura suffi à Benorr XV, pour exulter dans son cœur, de voir la première glorification de la radieuse étoile, destinée à conduire tant d’âmes dans les sentiers de la simplicité évangélique.
I] restait encore pour la Cause une seconde étape à parcourir : l’étude des miracles.
568 La Bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus. ‘LENS
Parmi les guérisons attribuées à la Bienheureuse, six avaient été l’objet d'enquêtes spéciales ; deux d’entre elles furent retenues par la Sacrée Congrégation des Rites : c’est, en effet, le seul nombre nécessaire dans les Causes pouvant produire des témoins « oculati » ‘.
La première de ces interventions remonte à l’année 1906. Le bénéficiaire fut un séminariste du diocèse de Bayeux, originaire de Lisieux, dont la Servante de Dieu sauva ainsi la: vocation sacerdotale. M. l’abbé Charles Anne, âgé de 23 ans, était atteint de tuberculose pulmonaire et en danger de mort. Après une neuvaine à Notre-Dame de Lourdes par l’intercession de Sr Thérèse de l’Enfant-Jésus, neuvaine demeurée sans résultat, le jeune lévite en fit une seconde, qu'il adressa cette fois uniquement à la sainte Carmélite, afin que son intervention parût plus évidente. La confiance du malade s’appuyait avec un inébranlable espoir sur la promesse consolante de sa céleste Avocate : Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre.
Cette confiance ne fut pas trompée, et le docteur, qui avait entrevu la fin prochaine, constata à son inexprimable surprise, un rétablissement complet. Quinze ans plus tard,
une étude radiographique permit d'établir la ins de cette guérison. :
Le deuxième miracle fut obtenu en faveur d’une religieuse des Filles de la Croix, à Ustarritz (Basses-Pyrénées).
S' Louise de St-Germain avait été atteinte, au cours de ses années de noviciat (1911-1912), d’une affection sérieuse de l’estomac qui dégénéra nettement en ulcère, dès le début de 1913. Réduite à toute extrémité, munie des derniers Sacrements, la malade commença une neuvaine à S' Thérèse
1 Témoins ayant connu le Serviteur.de Dieu.