‹ La bienheureuse Thérese de l'Enfant-Jésus (volume 2)Chapitre 103 sur 115 · Epilogue · texte numérisé non relu

Epilogue

aimablement, il y a quelques années : « Il faut nous hâter de glorifier la petite sainte, si nous ne voulons pas que la voix des peuples ne nous devance. » Le même Prélat, dans sa visite au Carmel de Lisieux, lors de son voyage en France pour la Consécration de la basilique de Montmartre, affirmait ainsi la même pensée : « Si nous étions aux temps primitifs de l'Eglise, où les Béatifications des Serviteurs de Dieu se faisaient par acclamations, il y a longtemps que Sœur Thérèse serait béatifiée ! »

Un des signes les plus probants de cette confiance. mondiale, fut bien aussi le nombre croissant de pèlerins vers le cimetière de Lisieux, autour de la modeste croix qui abrita jusqu’à la Béatification les restes précieux de Thérèse.

Non seulement de France et d'Europe, mais de toutes les parties du monde, on comptait en moyenne 80.000 pèlerins visitant chaque année cette tombe déjà glorieuse. « On prie là comme à Lourdes », disait-on, et, en fait, rien de plus touchant que le spectacle de ces fidèles gravissant, quelquefois pieds nus, la petite colline, le chapelet à la main, ou chantant de pieux cantiques avant de pleurer et d’épancher leurs cœurs sur le coin de terre vénéré.

Mais l’ordre chronologique oblige à revenir en arrière, au 9 juin 1914, jour où Sa Sainteté le Pape Pre X, sur l'avis favorable des Cardinaux de la Sacrée Congrégation des Rites, signait l’Introduction de la Cause en Cour de Rome. Dès lors, cette Cause était placée sous l’autorité immédiate du Saint-Siège, qui, bientôt, en mars 1915, par des Lettres Rémissoriales, octroyait à Mgr Lemonnier les pouvoirs de constituer un nouveau Tribunal en vue du Procès Apostolique.

Composé, comme le précédent, des prêtres les plus distingués du clergé diocésain, ce Tribunal déploya, dans la seconde

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procédure, la même intelligente activité et le dévouement remarquable constatés dans la première.

En l’année 1917, le 10 août, une seconde exhumation de la Servante de Dieu s’imposait, suivant les formes ‘canoniques. Bien que restée secrète, la cérémonie prit l'allure d’un triomphe, par l’affluence spontanée et recueillie de milliers de personnes. Cette fois, les ossements furent identifiés par deux médecins experts, et déposés dans un premier coffret de chêne sculpté, contenu lui-même dans un cercueil de palissandre doublé de plomb. C'est là qu'ils devaient attendre leur glorification officielle appelée par tant de vœux.

Le 30 octobre suivant, dans le cadre grandiose de la cathédrale de Bayeux, eut lieu la séance de clôture du Procès Apostolique. [1 avait compris quatre-vingt-onze sessions, et présentait un dossier de 2.500 pages, dont près de det mille se référaient à l'étude de l’héroïcité des vertus.

Mgr de Teil, Vice-Postulateur, assuma la charge de « Portitor » et remit lui-même à la Sacrée Congrégation des Rites les importants volumes.

Le 10 décembre 1918, la validité de ces pièces fut reconnue, et dans la suite, le Pape Benorr XV, personnellement heureux de répondre à un souhait, on peut le dire, universel, daigna exempter la Cause des 50 années de délai imposées désormais par le Droit Canonique, entre la mort des Serviteurs de Dieu et la discussion judiciaire de leurs Procès de Béatification.

Cette discussion put donc s’élaborer, pour être soumise au jugement définitif des Révérendissimes Pères Consulteurs dans la Congrégation antépréparatoire du 1% juin 1920.

Leur vote favorable fut ratifié par celui des Eminentissimes Cardinaux dans la Congrégation préparatoire du 25 jan-

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