‹ La bienheureuse Thérese de l'Enfant-Jésus (volume 2)Chapitre 64 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Première poésie de la Bienheureuse.

La Rosée divine ou le Liait virginal de Marie.

Air : Noël d'Adam.

Mon doux Jésus, sur le sein de ta Mère Tu m’apparais tout rayonnant d’amour ; Daigne à mon cœur révéler le mystère Qui t’exila du céleste séjour.

Ah ! laisse-moi me cacher sous le voile Qui te dérobe à tout regard mortel.

Près de toi seule, à matinale étoile,

Mon âme trouve un avant-goût du ciel |

Quand, au réveil d’une nouvelle aurore, Du soleil d’or on voit les premiers feux, La tendre fleur qui commence d’éclore Attend d’en haut un baume précieux :

C’est du matin la perle étincelante, Mystérieuse et pleine de fraîcheur,

Qui, produisant une sève abondante, Tout doucement fait entr’ouvrir la fleur.

C’est toi, Jésus, la Fleur à peine éclose.

Je te contemple à ton premier éveil ; C’est toi, Jésus, la ravissante rose,

Le frais bouton, gracieux et vermeil.

Poésies. — Deuxième partie. À

Les bras si purs de ta Mère chérie | Forment pour toi : berceau, trône royal.

Ton doux soleil, c’est le sein de Marie,

Et ta rosée est le lait virginal!

Mon Bien-Aimé, mon divin petit Frère, En ton regard je vois tout l’avenir :

Bientôt pour moi tu quitteras ta Mère Déjà l’amour te presse de souffrir !

Mais sur la croix, Ô Fleur épanouie

Je reconnais ton parfum matinal;

Je reconnais les perles de Marie :

Ton sang divin c’est le lait virginal!

Cette rosée, elle est au sanctuaire, L'Ange voudrait s’en abreuver aussi ;

Offrant à Dieu sa sublime prière, | Comme saint Jean il redit : « Le Voici! »

Oui, le voici ce Verbe fait Hostie,

Prêtre éternel, Agneau sacerdotal !

Le Fils de Dieu, c’est le Fils de Marie.

Le Pain de l’Ange est le lait virginal !

Le Séraphin se nourrit de la gloire,

Du pur amour et du bonheur parfait;

Moi, faible enfant, je ne vois au ciboire

Que la couleur, la figure du lait.

Mais c’est le lait qui convient à l'enfance, Du Cœur divin, l’amour est sans égal.

O tendre amour, insondable puissance ! | Ma blanche Hostie est le lait virginal ! |

2 février 1803.

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