‹ La bienheureuse Thérese de l'Enfant-Jésus (volume 2)Chapitre 66 sur 115 · Poésies. — Deuxième partie · texte numérisé non relu

Poésies. — Deuxième partie

Dernière poésie de la Bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Pourquoi je t’aime, ô Marie!

Air : La plainte du Mousse.

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Oh ! je voudrais chanter, Mère, pourquoi je t'aime | Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur | Et pourquoi de penser à ta grandeur suprême

Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.

Si je te contemplais dans ta sublime gloire,

Et surpassant l’éclat de tous les bienheureux ;

Que je suis ton enfant, je ne pourrais le croire... Marie, ah ! devant toi je baisserais les yeux.

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Il faut, pour qu’un enfant puisse chérir sa mère, Qu'elle pleure avec lui, partage ses douleurs.

O Reïne de mon cœur, sur la rive étrangère, Pour m'attirer à toi, que tu versas de pleurs! En méditant ta vie écrite en l’Evanagile,

Jose te regarder et m’approcher de toi ;

Me croire ton enfant ne m'est pas difficile,

Car je te vois mortelle et souffrant comme moi.

Lorsqu'un Ange des cieux t'offre d’être la Mère

Du Dieu qui doit régner toute l’éternité,

Je te vois préférer, quel étonnant mystère !

L’ineffable trésor de la virginité.

Je comprends que ton âme, Ô Vierge immaculée, Soit plus chère au Seigneur que le divin séjour.

Je comprends que ton âme, humble et douce vallée, Contienne mon Jésus, l'Océan de l’amour!

Je t’aime, te disant la petite servante

Du Dieu que tu ravis par ton humilité.

Cette grande vertu te rend toute-puissante, Elle attire en ton cœur la Sainte Trinité !

Pourquoi je t'aime, Ô Marie ! 427

Alors l'Esprit d’amour te couvrant de son ombre,

Le Fils égal au Père en toi s’est incarné.

De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre, Puisqu'’on doit l’appeler : Jésus, ton premier-né!

Marie, ah ! tu le sais, malgré ma petitesse,

Comme toi je possède en moi le Tout-Puissant.

Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :

Le trésor de la Mère appartient à l’enfant..

Et je suis ton enfant, Ô ma Mère chérie!

Tes vertus, ton amour ne sont-ils pas à moi?

Aussi, lorsqu’en mon cœur descend la blanche Hostie, Jésus, ton doux Agneau, croit reposer en toi!

Tu me le fais sentir, ce n’est pas impossible De marcher sur tes pas, à Reine des élus !

L’étroit chemin du ciel, tu l’as rendu visible

En pratiquant toujours les plus humbles vertus. Marie, auprès de toi j’aime à rester petite;

Des grandeurs d’ici-bas je vois la vanité.

Chez sainte Elisabeth recevant ta visite, J'apprends à pratiquer l’ardente charité.

Là, j'écoute à genoux, douce Reine des Anges,

Le cantique sacré qui jaillit de ton cœur;

Tu m’apprends à chanter les divines louanges,

A me glorifier en Jésus, mon Sauveur.

Tes paroles d'amour sont de mystiques roses

Qui doivent embaumer les siècles à venir :

En toi, le Tout-Puissant a fait de grandes choses : Je veux les méditer, afin de l’en bénir.

Quand le bon saint Joseph ignore le miracle

Que tu voudrais cacher dans ton humilité,

Tu le laisses pleurer tout près du tabernacle

Qui voile du Sauveur la divine beauté.

Oh ! que je l’aime encor ton éloquent silence !

Pour moi, c’est un concert doux et mélodieux

Qui me dit la grandeur et la toute-puissance

D'une âme qui n’attend son secours que des cieux...

428 Poésies. — Deuxième partie.

Plus tard, à Bethléem, Ô Joseph, à Marie,

Je vous vois repoussés de tous les habitants ;

Nul ne veut recevoir en son hôtellerie

De pauvres étrangers. la place est pour les grands! | La place est pour les grands, et c’est dans une étable 13

Que la Reine des cieux doit enfanter un Dieu. ; O Mère du Sauveur, que je te trouve aimable!

Que je te trouve grande en un si pauvre lieu!

Quand je vois l’Eternel enveloppé de langes, Quand, du Verbe divin, j'entends le faible cri. Marie, à cet instant, envierais-je les Anges ? Leur Seigneur adorable est mon Frère chéri!

Oh ! que je te bénis, toi qui sur nos rivages

As fait épanouir cette divine Fleur!

Que je t’aime, écoutant les bergers et les mages, Et gardant avec soin toute chose en ton cœur !

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Je t’aime, te mêlant avec les autres femmes

Qui, vers le Temple saint, ont dirigé leurs pas ;

Je t'aime, présentant le Sauveur de nos âmes

Au bienheureux vieillard qui le presse en ses bras; D'abord en souriant j’écoute son cantique ;

Mais bientôt ses accents me font verser des pleurs. Plongeant dans l’avenir un regard prophétique, Siméon te présente un glaire de douleurs !

O Reine des martyrs, jusqu’au soir de ta vie

Ce glaive douloureux transpercera ton cœur.

Déjà tu dois quitter le sol de ta patrie,

Pour éviter d’un roi la jalouse fureur.

Jésus sommeille en paix sous les plis de ton voile, Joseph vient te prier de partir à l’instant ;

Et ton obéissance aussitôt se dévoile :

Tu pars sans nul retard et sans raisonnement.

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