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Sur la terre d'Egypte, il me semble, Ô Marie, Que dans la pauvreté ton cœur reste joyeux ; Car Jésus n’est-il pas la plus belle patrie?
Que t'importe l’exil P... Tu possèdes les cieux ! |
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Pourquoi je t'aime, Ô Marie! 429
Mais à Jérusalem une amère tristesse,
Comme un vaste océan, vient inonder ton cœur... Jésus, pendant trois jours, se cache à ta tendresse. Alors c’est bien l’exil dans toute sa rigueur!
Enfin tu l’aperçois, et l’amour te transporte...
Tu dis au bel Enfant qui charme les Docteurs :
« O mon Fils, pourquoi donc agis-tu de la sorte?
« Voilà ton père et moi qui te cherchions en pleurs !... » Et l’Enfant-Dieu répond — oh! quel profond mystère! — À la Mère qu’il aime et qui lui tend les bras :
« Pourquoi me cherchies-vous?... Aux œuvres de mon Père « Je dois penser déjà !... Ne ne le savez-vous pas ? »
L’Evangile m’'apprend que, croissant en sagesse, À Marie, à Joseph, Jésus reste soumis;
Et mon cœur me révèle avec quelle tendresse
Il obéit toujours à ses parents chéris.
Maintenant je comprends le mystère du Temple, La réponse, le ton de mon aimable Roi :
Mère, ce doux Enfant veut que tu sois l'exemple De l’âme qui le cherche en la nuit de la foi...
Puisque le Roi des Cieux a voulu que sa Mère
Fût soumise à la nuit, à l’angoisse du cœur,
Alors, c’est donc un bien de souffrir sur la terre ? Ouil!... souffrir en aimant, c’est le plus pur bonheur! Tout ce qu’il m’a donné, Jésus peut le reprendre, Dis-lui de ne jamais se gêner avec moi;
Il peut bien se cacher, je consens à l’attendre Jusqu’au jour sans couchant où s’éteindra ma foi.
Je sais qu’à Nazareth, Vierge pleine de grâces,
Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus; Point de ravissements, de miracles, d’extases N’embellissent ta vie, Ô Reine des élus!
Le nombre des petits est bien grand sur la terre, Ils peuvent, sans trembler, vers toi lever les yeux ; Par la communé voie, incomparable Mère,
Il te plaît de marcher pour les guider aux cieux!
430 Poésies. — Deuxième partie.
Pendant ce triste exil, Ô ma Mère chérie,
Je veux vivre avec toi, te suivre chaque jour; Vierge, en te contemplant je me plonge ravie, Découvrant dans ton cœur des abimes d’amour ! Ton regard maternel bannit toutes mes craintes : Il m’apprend à pleurer, il m’apprend à jouir. Au lieu de, mépriser les jours de fêtes saintes, Tu veux les partager, tu daignes les bénir.
Des époux de Cana voyant l’inquiétude
Qu'ils ne peuvent cacher, car ils manquent de vin,
Au Sauveur tu le dis, dans ta sollicitude,
Espérant le secours de som pouvoir divin.
Jésus semble d’abord repousser ta prière :
« Qu'importe, répond-il, femme, à vous comme à moi?» Maïs, au fond de son cœur il te nomme sa Mère,
Et son premier miracle il l’opère pour toi!
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Un jour que les pécheurs écoutent la doctrine
De Celui qui voudrait au ciel les recevoir :
Je te trouve avec eux, Mère, sur la colline ;
Quelqu'un dit à Jésus que tu voudrais le voir.
Alors ton divin Fils, devant la foule entière,
De son amour pour nous montre l’immensité :
Il dit : « Quel est mon frère, et ma sœur,et ma mère, « Si ce n’est celui-là qui fait ma volonté ? »
O Vierge immaculée, Ô Mère la plus tendre !
En écoutant Jésus tu ne t’attristes pas,
Mais tu te réjouis qu’il nous fasse comprendre Que notre âme devient sa famille ici-bas.
Oui, tu te réjouis qu’il nous donne sa vie,
Les trésors infinis de sa Divinité !
Comment ne pas t'aimer, te bénir, Ô Marie!
Voyant, à notre égard, ta générosité Pr...
Tu nous aimes vraiment comme Jésus nous aime,
Et tu consens pour nous à t’éloigner de lui. S 4 Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même :
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Pourquoi je taime, 6 Marie! 431
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse,
J1 savait les secrets de ton cœur maternel.
Refuge des pécheurs, c’est à toi qu’il nous laisse
Quand il quitte la croix pour nous attendre au ciel!
Tu m’apparais, Marie, au sommet du Calvaire, Debout, près de la Croix, comme un prêtre à l’autel; Offrant, pour apaiser la justice du Père,
Ton bien-aimé Jésus, le doux Emmanuel.
Un prophète l’a dit, ô Mère désolée :
« Il n’est pas de douleur semblable à ta douleur ! » O Reine des martyrs, en restant exilée,
Tu prodigues pour nous tout le sang de ton cœur |
La maison de saint Jean devient ton seul asile ; Le fils de Zébédée a remplacé Jésus !
C’est le dernier détail que donne l’Evangile :
De la Vierge Marie il ne me parle plus...
Mais son profond silence, ô ma Mère chérie,
Ne révèle-t-il pas que le Verbe éternel
Veut lui-même chanter les secrets de ta vie Pour charmer tes enfants, tous les élus du ciel P
Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie; Bientôt, dans le beau ciel, je vais aller te voir ! Toi qui vins me sourire au matin de ma vie, Viens me sourire encor. Mère, voici le soir ! Je ne crains plus l’éclat de ta gloire suprême ; Avec toi j'ai souffert. et je veux maintenant Chanter sur tes genoux, Vierge, pourquoi je taime... Et redire à jamais que je suis ton enfant !
Mai 1897.
Poésies. — Deuxième partie.
A saint Joseph.
Air : Par les chants les plus magnifiques.
Joseph, votre admirable vie
Se passa dans l’humilité ;
Mais de Jésus et de Marie
Vous contempliez la beauté!
Le Fils de Dieu dans son enfance, Plus d’une fois, avec bonheur, Soumis à votre obéissance
S’est reposé sur votre cœur |
Comme vous dans la solitude
Nous servons Marie et Jésus ;
Leur plaire est notre seule étude, Nous ne désirons rien de plus.
Sainte Thérèse, Notre Mère,
En vous se confiait toujours ;
Elle assure que sa prière
Vous l’exauciez d’un prompt secours.
Quand l'épreuve sera finie, Nous en avons le doux espoir, Près de la divine Marie,
O Père, nous irons vous voir!
Alors nous lirons votre histoire Inconnue au monde mortel ; Nous découvrirons votre gloire Et la chanterons dans le ciel.
À mon Ange gardien. 433
À mon Ange gardien.
Air : Par les chants les plus magnifiques.
Glorieux gardien de mon âme,
Toi qui brilles dans le beau ciel Comme une douce et pure flamme, Près du trône de l'Eternel ;
Fu viens pour moi sur cette terre, Et m'’éclairant de ta splendeur,
Bel Ange, tu deviens mon frère, Mon ami, mon consolateur !
Connaissant ma grande faiblesse, Tu me diriges par la main; Et je te vois, avec tendresse, Oter la pierre du chemin.
Toujours ta douce voix m'invite ‘ À ne regarder que les cieux; Plus tu me vois humble et petite, Et plus ton front.est radieux.
O toi qui traverses l’espace
Plus promptement que les éclairs, Vole bien souvent à ma place Auprès de ceux qui me sont chers; De ton aile sèche leurs larmes, Chante combien Jésus est bon!
Chante que souffrir a des charmes, Et tout bas murmure mon nom.
Je veux, pendant ma courte vie, Sauver mes frères les pécheurs ; O bel Ange de la patrie, Donne-moi tes saintes ardeurs.
Je n'ai rien que mes sacrifices, Et mon austère pauvreté ;
Unis à tes pures délices, Offre-les à la Trinité.
Poésies. — Deuxième partie.
. | 5 M L A toi, le royaume et la gloire, 4 . Les richesses du Roi des rois.
À moi, le Pain du saint ciboire, $ A moi, le trésor de la Croix. 4 Avec la Croix, avec l’Hostie, | x - Avec ton céleste secours, } J’attends en paix, de l’autre vie, Le bonheur qui dure toujours |!
Février 1897. D".
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À mes petits Frères du ciel, les saints Innocents. 435
À mes petits Krères du ciel, les saints Innocents.
Air : Le fil de la Vierge ou La Rose mousse.
«Le Seigneur rassemblera les petits Agneaux et les prendra sur son sein. » Is., XL, 11.
« Heureux ceux que Dieu tient pour justes sans les œuvres ! car à l'égard de ceux qui font les œuvres, la récompense n'est point regardée comme une grâce, mais comme une chose due. C'est donc gratuitement que ceux qui ne font pas les œuvres sont justifiés par la grâce, en vertu de la Rédemption dont Jésus-Christ est l’Auteur. »
Rom., 1v, 4, 5, 6.
Heureux petits enfants ! avec quelles tendresses Le Roi des cieux Vous bénit autrefois, et combla de caresses Vos fronts joyeux | De tous les Innocents vous étiez la figure, Et j’entrevois Les biens que, dans le ciel, vous donne sans mesure Le Roi des rois.
Vous avez contemplé les immenses richesses Du paradis,
Avant d’avoir connu nos amères tristesses, Chers petits lis !
O boutons parfumés, moissonnés dès l’aurore Par le Seigneur...
Le doux soleil d'amour qui sut vous faire éclore, Ce fut son Cœur!
Quels ineffables soins, quelle tendresse exquise, Et quel amour
Vous prodigue ici-bas notre Mère l'Eglise, Enfants d’un jour |
Dans ses bras maternels vous fûtes en prémices Offerts à Dieu.
Toute l'éternité vous ferez les délices Du beau ciel bleu.
Poésies. — Deuxième partie.
Enfants, vous composez le virginal cortège : Du doux Agneau ;
Et vous pouvez redire, étonnant privilège !
Un chant nouveau.
Vous êtes, sans combats, parvenus à la gloire Des conquérants ;
Le Sauveur a pour vous remporté la victoire, Vainqueurs charmants |
On ne voit point briller de pierres précieuses Dans vos cheveux,
Seul, le reflet doré de vos boucles soyeuses Ravit les cieux.
Les trésors des élus, leurs palmes, leurs couronnes, Tout est à vous! |
Dans la sainte patrie, enfants, vos riches trônes Sont leurs genoux.
Ensemble vous jouez avec les petits anges Près de l’autel ;
Et vos chants enfantins, gracieuses phalanges, Charment le ciel !
Le bon Dieu vous apprend comment il fait les roses, L'oiseau, les vents ;
Nul génie ici-bas ne sait autant de choses Que vous, Enfants |
Du firmament d'azur, soulevant tous les voiles Mystérieux,
En vos petites mains vous prenez les étoiles Aux mille feux.
En courant vous laissez une trace argentée; Souvent le soir,
Quand je vois la blancheur de la route lactée, Je crois vous voir...
Dans les bras de Marie, après toutes vos fêtes, Vous accourez ;
Sous son voile étoilé cachant vos blondes têtes, Vous sommeillez.…..
A mes petits Frères du ciel, les saints Innocents. 437
Charmants petits lutins, votre enfantine audace Plaît au Seigneur ;
Vous osez caresser son adorable Face, Quelle faveur !
C’est vous que le Seigneur me donna pour modèle, Saints Innocents !
Je veux être ici-bas votre image fidèle, Petits enfants.
Ah ! daignez m’obtenir les vertus de l’enfance ; Votre candeur,
Votre abandon parfait, votre aimable innocence Charment mon cœur.
O Seigneur, tu connais de mon âme exilée Les vœux ardents :
Je voudrais moissonner, beau Lis de la vallée, Des lis brillants.
Ces boutons printaniers, je les cherche et les aime Pour ton plaisir ;
Sur eux daigne verser l’eau sainte du baptême : Viens les cueillir !
Oui, je veux augmenter la candide phalange Des Innocents ;
Ma joie et mes douleurs, j’offre tout en échange D’âmes d’enfants.
Parmi ces Innocents je réclame une place, Roi des élus,
Comme eux je veux au ciel baiser ta douce Face,
O mon Jésus!
Février 1807.
Poésies. — Deuxième partie.
La mélodie de sainte Cécile.
« Pendant le son des instruments, Cécile chantait en son cœur. »