‹ La bienheureuse Thérese de l'Enfant-Jésus (volume 2)Chapitre 85 sur 115 · GUÉRISON D'UNE TUMEUR · texte numérisé non relu

GUÉRISON D'UNE TUMEUR

Arras (Pas-de-Calais), 8 décembre 1920.

MA RÉVÉRENDE MÈRE

Permettez-moi de vous adresser les détails de la merveilleuse guérison que votre sainte petite Sœur m’a accordée, voici huit ans révolus.

A cette époque, exerçant les fonctions d’institutrice, je fus victime d’un accident qui influa beaucoup sur ma santé déjà très déprimée.

Des fillettes, au cours de leurs jeux, me heurtèrent si violemment dans la région de l'abdomen, que peu de temps après, je commençai à ressentir d’inquiétantes douleurs internes. Le docteur constatant l'existence d’une tumeur sur le col de la vessie, m’adressa d'urgence à un spécialiste, qui m’engagea à me faire opérer au plus tôt. L’excroissance atteignait les dimensions d’une grosse fraise : la laisser grandir, c'était compromettre le succès de l’intervention chirurgicale. Je résolus néanmoins d’attendre le retour de notre pèlerinage à Lourdes, projeté pour la fin de juillet : j’espérais y obtenir ma guérison, mais hélas, je rentrai chez nous, sans que le mal ait cédé. Bientôt, au contraire, les souffrances s’accrurent, je dus cesser toute activité car je marchais avec peine, et je ne pouvais même plus m’agenouiller.

Sur ces entrefaites, M. le Curé de Marquion (diocèse d’Arras) me prêta la Vie de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, je la lus avec plaisir, et je me sentis inspirée de demander ma guérison à la sainte Carmélite. J'aurais voulu sur-le-champ me rendre à son tombeau, mais ma chère maman appréhendait beaucoup pour ma santé ce nouveau déplacement. Sur mes instances, elle consentit enfin à choisir le 30 septembre pour l’époque de notre pèlerinage. « En ce jour anniversaire de la mort de Sœur Thérèse, pensais-je, le bon Dieu ne doit rien lui refuser. »

Le 28 septembre au soir, nous arrivâmes à Lisieux. Dès le lendemain notre première visite fut pour le cimetière où je priai de toute l’ardeur. de mon âme Couchée sur la tombe de la sainte petite Sœur, je la conjurai de m’accorder, avec le salut de mon âme, ma guérison sans opération, lui promettant de la faire connaitre et aimer. Aussitôt alors, j'éprouvai comme un brusque déchirement dans la région malade, et je me sentis guérie. Je pus faire sans fatigue le trajet de retour, et la journée

du 30 fut consacrée à une joyeuse action de grâces. Depuis cette date

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Pluie de Roses. DO

bénie, je n’ai plus souffert, tous les indices révélateurs du mai ont disparu, et les examens radioscopiques auxquels je fus soumise constatèrent la suppression de toute trace de tumeur.

Je suis déjà retournée deux fois à Lisieux en reconnaissance, et je ne cesserai pendant ma vie entière de louer ma chère Bienfaitrice.

Jeanne Dumonr.

Suit le témoignage de Mme Dumont, mère de la malade guérie, qui confirme l’exactitude du récit précédent, et contient l’expression de sa vive gratitude envers Sœur Thérèse.

Une attestation du curé de la paroisse garantit la piété et l’honorabilité parfaites de la famille Dumont. Lui-même a entendu raconter par la jeune fille le fait merveilleux de sa guérison, et il estime que l’on peut y accorder pleine créance.

Enfin, le 30 septembre 1920, M'te Dumont fut reçue par la Mère Prieure du Carmel de Lisieux à qui elle retraça de vive voix toutes les circonstances de sa guérison.

En faveur d’un vénérable religieux trappiste.

Abbaye Cistercienne de Notre-Dame d'Aiguebelle, par Grignan (Drôme), le 10 mars 1921.

MA TRÈS RÉVÉRENDE MÈRE

Votre petite Sœur Thérèse a été bien bonne pour moi.

Ayant habité les colonies les plus ensoleillées du monde, pendant 36 ans, comme trappiste, et porté la barbe selon l’usage en missions, il me fallut de retour en France, en faire le sacrifice. Cependant, je tenais presque autant à elle qu’elle tenait à moi, et cen ’est pas peu dire. Le premier hiver qui suivit, en 1904, fut rigoureux et m’occasionna un mal dans les narines qui me fit bien souffrir pendant près de 15 ans, même lété:

Pour calmer un peu la douleur causée par cette infirmité, j’employais, plusieurs fois par jour, une pommade indiquée par le médecin. Elle atténuait légèrement l’acuité de la souffrance, mais C est tout.

En septembre 1919, ayant lu l'Histoire d’une Ame, je résolus de m'adresser à Sœur Thérèse pour obtenir ma guérison. Mes prières ne montèrent pas vers elle en vain, car, peu de jours après avoir commencé à l’invoquer, mon mal disparut entièrement. Et par deux fois, pour mieux souligner son intervention, l’aimable sainte m’envoya son doux

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parfum de roses,/devant une image placée dans nos cloîtres, et dont, jusqu’alors, je n’avais jamais remarqué la présence.

Depuis, nous sommes restés, elle et moi, en bonne intimité, et dans la nuit du 15 au 16 février dernier, je reçus pendant mon sommeil sa consolante visite. La petite sainte vint s’asseoir au pied de mon lit et nous causâmes ensemble plusieurs heures, jusqu’au réveil de la communauté.

Je me rappellerai jusqu’à la mort cet ineffable entretien sur le bonheur de la vie religieuse et la belle récompense que Dieu réserve au ciel à ceux et à celles qui lui sont consacrés. Puis Thérèse me donna des conseils précieux pour la direction des âmes qui me sont confiées, celles surtout exposées au souffle corrupteur du monde. Enfin, elle me traça pour moi-même une ligne de conduite dont je me trouve fort bien.

Au premier son de la cloche appelant les Frères à l'Office, l’Ange reprit son vol vers le paradis, mais pourtant, je la sens bien près de moi. Je la prie plus de cinquante fois par jour, et pendant mes insomnies de vieillard, car j’ai 73 ans, je lui parle sans cesse, et toujours avec profit. Ainsi, je lui attribue plusieurs conversions.

Son amitié céleste fait ma joie et sera mon daedhior jusqu'à notre éternelle rencontre.

Veuillez agréer, ma Révérende Mère, etc.

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