X., Belgique, {er septembre
L'un de mes paroissiens, vieillard de 72 ans, se montrait fort hostile à la religion. Vaïinement, depuis bien des années, j’essayais de le rapprocher de Dieu, et, dans ce but, j'avais cherché à conquérir sa confiance. Peine perdue, je ne gagnais rien au point de vue spirituel.
Le pauvre homme tomba frappé d’apôplexie, et manifesta le désir de me voir à titre d’ami ; son frère, irréligieux comme lui, vint me prévenir, me demandant de ne point conférer au malade les derniers Sacrements tant qu’il aurait sa connaissance. De fait, malgré toutes mes instances . pour rester auprès du moribond, à chacune de mes visites, son frère s’obstinait à faire bonne garde.
Un jour, par hasard, la porte fut laissée ouverte et je pénétrai sans aucun contrôle dans la chambre. Le malade étant sous le coup d’une seconde attaque plus forte que la première, je l’exhortai à faire un retour sur lui-même ; d’horribles blasphèmes furent toute sa réponse.
Après deux essais aussi infructueux, de guerre lasse, je me tournai vers la chère petite sainte de Lisieux, et je lui confiai cette âme.
Or, un dimanche, au moment où je me préparais à chanter la grand”messe, on m'annonça que le malheureux était foudroyé par une troisième attaque, mais qu’il s’obstinait à refuser tout secours religieux.
« Sœur Thérèse, dis-je alors, il est 9 heures, et la messe va durer une heure entière, je ne puis me rendre auprès de ce pécheur endurci, je vous en supplie, remplacez-moi, et ne cessez de lui répéter cet avertissement : « Emile, ion âme n’est pas en état de paraître devant le Souverain Juge, il faut le confesser » ?
Le lendemain seulement, je pus me rendre chez le vieillard, plein d’espérance en l’action de ma céleste envoyée. Hélas ! le simple mot de confession provoqua les mêmes blasphèmes que les jours précédents. C’est alors que, sur une inspiration subite, et dans un élan de foi envers la petite sainte, je regardai fixement le moribond : « Mon ami, osai-je lui demander, n’as-tu donc pas entendu, hier, de 9 heures à 10 heures du matin, une voix qui te disait : « Emile, lon âme n’est pas en état de paraître devant le Souverain Juge, il faut te confjesser » ?
Le malade demeura stupéfait : « Comment le savez-vous ? » s’écria-t-il, et il éclata en sanglots, avouant qu’en effet, au jour et à l’heure indiqués, une voix mystérieuse lui avait répété avec insistance ces mêmes paroles: Absolument terrassé, il se confessa aussitôt, reçut l’Extrême-Onction, et le soir, il expirait en grâce avec Dieu.
Abbé X.
Ur
Pluie de Roses. ” 5 5
Le 28 juillet 1922. M. l'abbé X. vint à Lisieux remercier Sœur Thérèse
- de l’'Enfant-Jésus des bienfaits qu’elle ne cesse de répandre sur son minis-
tère, depuis dix années, où il l’invoque journellement et propage avec
zèle sa dévotion. En racontant la conversion de son irréductible ami, le vénérable prêtre pleurait encore d’émotion et de reconnaissance.
« Ne crains rien, tu guériras. »
GUÉRISON SUBITE D'UNE RELIGIEUSE AGONISANTE, ATTEINTE DE TUBERCULOSE PULMONAIRE