‹ La Bienheureuse Thérèse de l'Enfant-JésusChapitre 26 sur 34 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Droit Canonique, entre la mort des Serviteurs de Dieu et la discussion judiciaire de leurs Procès de Béatification.

Cette discussion put donc s’élaborer, pour être soumise au jugement définitif des Révérendissimes Pères Consulteurs dans la Congrégation antéprèparatoire du i" juin 1920.

Leur vote favorable fut ratifié par celui des Eminentissimes Cardinaux dans la Congrégation préparatoire du 25 janvier 1921, et par un dernier verdict des deux hautes assemblées, réunies le 2 août suivant, en Congrégation Générale, devant le Saint-Père.

Le Pape, après avoir recueilli ces votum affirmatifs, se retira en implorant des prières pour la grave décision qu’il avait à prendre, et, quelques jours plus tard, il fixa au dimanche 14 août 1921, veille de l’Assomption de la Très Sainte Vierge, la promulgation du Décret sur l’Héroïcité des Vertus de S' Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Cette lecture solennelle eut lieu dans la Salle du Consistoire au Vatican, devant une assistance aussi nombreuse que sympathique. Le discours du Souverain Pontife fut un véritable panégyrique de la nouvelle Vénérable et un lumineux exposé de la voie d’enfance spirituelle qu’elle avait mission de rappeler au monde. « L’éloquence est le son que rend une âme émue », a dit Lacordaire. Telle fut bien la note distinctive de ce discours, et l’émotion de l’Auguste Orateur gagna l’auditoire, en lui communiquant son enthousiasme.

Par un secret dessein de Dieu, la louange de cette enfant du Ciel qu on nous pardonne la hardiesse de cette comparaison, — fut comme le Nunc dimittis du Pape Benoit XV. Dans l’intime de son âme, il appelait le jour où la Vierge française qu’il aimait, Thérèse de l’Enfant-Jésus, monterait sur les Autels, mais il ne devait pas voir ici-bas ce triomphe préparé avec tant de soins. Comme au saint vieillard du Temple, devant la manifestation cachée du Messie, il aura suffi à Benoit XV, pour exulter dans son cœur, de voir la première glorification de la radieuse étoile, destinée à conduire tant d’âmes dans les sentiers de la simplicité évangélique.

Il restait encore pour la Cause une seconde étape à parcourir : l’étude des miracles.

Parmi les guérisons attribuées à la Bienheureuse, six avaient été l’objet d’enquêtes spéciales; deux d’entre elles furent retenues par la Sacrée Congrégation des Rites : c’est, en effet, le seul nombre nécessaire dans les Causes pouvant produire des témoins « oculati » i.

La première de ces interventions remonte à l’année 1906. Le bénéficiaire fut un séminariste du diocèse de Bayeux, originaire de Lisieux, dont la Servante de Dieu sauva ainsi la vocation sacerdotale. M. l’abbé Charles Anne, âgé de 2 3 ans, était atteint de tuberculose pulmonaire et en danger de mort. Après une neuvaine à Notre-Dame

1 Témoins ayant connu le Serviteur de Dieu.

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