XXVIII PRÉFACE
cette doctrine de la Bse Thérèse de l’Enfant- Jésus n’est point innovée, qu’elle n’est point une conception puérile de la piété chrétienne, mais qu’elle s’appuie, au contraire, sur la parole irréfutable du Sauveur et la ligne de conduite tracée par lui ? En vérité, l’intérieur béni de la Sainte Famille à Nazareth n’offre pas d’autre sens à nos méditations. C’est par sa fidélité simple et soutenue à ses devoirs quotidiens, c’est en vivant d’abandon et d’humilité, en sanctifiant par amour et dans la foi ses moindres actions, que la Mère de Dieu mérite davantage notre admiration attendrie.
A cette école divine, l’enfant privilégiée de la Vierge Marie résolut de former son cœur. Prendre l’amour pour mobile, l’humilité pour base, et viser à la perfection dans les actes de la vie ordinaire, acquiescer en tout aux désirs de son Père céleste, tel fut l’unique programme qu’elle réalisa dans le secret.
Mais ce programme ne renferme-t-il pas la plus sûre conception de la sainteté ?
Un prêtre, essayant un jour de persuader au saint Pape Pie X qu’il n’y avait rien d’extraordinaire dans l’existence de Sr Thérèse de l’Enfant-Jésus, reçut la réponse suivante :
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« Ah ! ce qu’il y a de plus extraordinaire dans cette âme, c’est précisément son extrême simplicité... Consultez votre théologie. »
« Telle est mon unique ambition, avait dit auparavant le glorieux Pontife Pie IX, devenir petit enfant dans les bras de Dieu. »
Enfin, reprenant la pensée de ses prédécesseurs, S. S. Benoit XV n’hésita pas à proclamer solennellement que « dans l’enfance spirituelle est le secret de la sainteté ».
De fait, c’était déjà la doctrine de saint François de Sales, se plaisant à répéter : « Dieu veut que nous soyons comme de petits enfants. »
Parmi les auteurs mystiques contemporains, Mgr Gay insiste dans le même sens.
« L’abandon total, écrit-il, est la cime de l’amour, et le dernier sommet de cette cime, c’est l’esprit d’enfance. »
Embrassant ensuite d’un regard les évolutions morales et les besoins de notre époque, il continue :
« Cette grâce de l’enfance spirituelle travaille beaucoup d’âmes, et je ne serais pas surpris que Dieu en préparât dans l’Eglise une nouvelle floraison. 11 n’y a pas un vice de notre
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temps dont elle ne soit la contradiction, et partant, il n’y a pas un de nos maux dont elle ne soit le remède. »
Tout geste divin a une signification positive et actuelle. Celui de citer au monde en exemple la Bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus, comme apôtre de l’esprit d’enfance, n’est-il pas une invitation explicite à suivre la route frayée par cette âme bénie, dont un religieux passionniste, vénérable par son grand âge et ses vertus, écrivait dès l’année 1898 :
« J’en ai l’intime conviction, cette petite étoile deviendra de plus en plus radieuse dans l’Eglise de Dieu. Ce n’est encore que l’étoile du matin au milieu d’une petite nuée : Stella matutina in medio nebulæ. Mais un jour elle remplira la Maison du Seigneur : implebit domum Domini. »
Qu’elle éclaire donc maintenant « tous ceux qui sont dans la Maison 1 » et soit un gage d’espérance et de salut pour le monde entier 1 Que sa légion de petites âmes, victimes d'amour, directement placée sous son rayon-
Matt., v, i5.
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nement, console la sainte Eglise, changeant en trésors de pardon et de miséricorde les arrêts de la Justice divine.
Que l’univers enfin chante avec le Roi- Prophète : « Par la bouche des enfants, tu t’es fondé, Seigneur, une force victorieuse, pour confondre tes ennemis et imposer silence à l’adversaire et au blasphémateur 1 . »
Laudate pueri dominum !
• Ps. vin, 3.
ha Bienheureuse Thérèse de l’Enfant^Jésus
« Je suis venu apporter le feu sur la terre, et quel est mon désir, sinon qu’il s’allume ? »
Lucæ, xii, 49.
Rappelle-toi cette très douce flamme Que tu voulais allumer dans les cœurs :
Ce feu du ciel, tu l’as mis en mon âme,
Je veux aussi répandre ses ardeurs.
Une faible étincelle, ô mystère de vie !
Suffit pour allumer un immense incendie. Que je veux, ô mon Dieu,
Porter au loin ton feu,
Rappelle-toi 1
Thérèse de l Enfant-Jésus.