‹ La bigote, comédie en deux actesChapitre 43 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

trer bredouille. Grâce à lui, notre garde-manger ne désemplit pas, et M. le conseiller général me disait hier, (et pourtant il chasse), que mon mari est le meilleur tireur du département. Je suis sûre que nous n'allons pas jeûner !

FÉLIX, qui, cette phrase durant, a fouillé la carnassière de M. Lepic.

Une pie!

M. Lepic rit dans sa barbe.

Compliments! elle est grasse I i

On se passe la pie.

TANTE BACHE, reparaît.

Que dites-vous? qu'est-ce qu'il y a? Pauvre petite bête!

PAUL

On prétend que c'est très bavard!

M. LEPIC

C'est pour ça que je les tue!

MADAME LEPIC

M. Lepic n'a pas eu le temps de faire bonne chasse! Il est rentré trop tôt, à cause de vous, il s'est dépêché en votre honneur. Il ne l'aurait pas fait pour n'importe qui, je le connais.

TANTE BACHE, à U. Lepic qui ôte ses guêtres.

Nous sommes très touchés.

MADAME LEPIC, passe le portefeuille.

Henriette !

HENRIETTE, émue.

Mon cher papa, je te souhaite une bonne fête.

M. LEPIC, avec un haut le corps.

Hein ? Quoi ? Ça surprend toujours.

HENRIETTE

Accepte ce modeste souvenir.

MADAME LEPIC

De ta fille affectionnée 1

M. LEPIC, à Henriette,

Je te remercie.

FÉLIX

Le dessin doit te plaire?

M. LEPIC

Qu'est-ce que ça représente? La Sainte- Vierge ?

MADAME LEPIC

Ahl pardon! Je me trompe, ce n'est pas celui-là. (Elle passe l'autre portefeuille. ) La République! Une attention délicate de notre chère Henriette!

FÉLIX

Tu en tiens une fabrique, ma sœur ! Pour qui l'autre? Pour M. le Curé!

MADAME LEPIC

Pour personne.

Elle se dresse afin d'embrasser M, Lepic.

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