ACTE DEUXIÈME
Qu'est-ce qu'il y a?
MADAME LEPIC
Laisse-moi l'embrasser, pour ta fêle! Je ne le mangerai pas. (eiiû lembrasse.) Lui ne m'embrasse pas; sa cigarette le gêne.
M. Lepic n'a plus sa cigarette.
FÉLIX
Mon vieux papa, je te la souhaite bonne et heureuse I
M. LEPIC
Toi aussil (a paui.) Je vous prie d'excuser, Monsieur, celle petite scène de famille.
PAUL
Mais comment donc? Permettez-moi de joindre mes vœux...
Discret serrement de main.
TANTE BACHE, balbutiante.
Si j'avais su, monsieur Lepic I...
M. LEPIC
Je l'ignorais moi-même!
TANTE BACHE
Je vous aurais apporté un bouquet! ne fût-ce que quelques modestes fleurs des champs!
M. LEPIC
Je vous les rendrais, Madame, elles vous serviraient mieux qu'à moi de parure !
TANTE BACHE, confuse.
Oh! Monsieur Lepic!
MADAME LEPIC
Embrassez-le, allez, je ne suis pas jalouse I II a ses petits défauts, comme tout le monde, mais grâce à Dieu, il n'est pas coureur I
TANTE BACHE
Oh! Madame Lepic, qu'est-ce que vous m'offrez là?
Elle baisse la lête ; — gêne de tous, sauf de M. Lepic et de Félix qui rient.
M. LEPIC, à Félix.
Tu ris, toi ?... A qui le tour ? A toi, Madeleine ?
MADELEINE, au cou de M. Lepic
Je vous souhaite d'être bientôt grand-père!...
M. LEPIC
Tu y tiens toujours?
PAUL, à M. Lepic.
Monsieur, je suis charmé de vous revoir.
M. LEPIC
Pareillement, Monsieur!
MADAME LEPIC, frappe légèrement dans ses mains.
Si nous faisions un tour de jardin, monsieur Paul?
Avec Henriette et Félix. Tu viens, Madeleine? On vous laisse à M. Lepic, madame Bâche.
TANTE BACHE
Moi! Mais je ne suis pas prête.
Elle tire ses gants.