ACTE DEUXIÈME
PAUL
Vous êtes perspicace! Sans doute, il eût été préférable, plus conforme aux règles de la civilité, puisque je suis orphelin, ce qui, à mon âge, 37 ans, est presque naturel.
C'est moins pénible.
PAUL
J'ai perdu aussi mon oncle.
M, LEPIC
J'avais de l'estime pour M. Bâche. Je l'ai vu une fois apostropher madame Bâche d'une façon impressionnante.
PAUL
Oui, ils s'aimaient beaucoup!... Il eût été plus correct, dis-je, que ma tante prît, en cette circonstance solennelle, la place de mes parents. (Geste vague de M. Lepic) Peu vous importe?
M. LEPIC
Oui.
PAUL
Vous me mettez à l'aise, et je n'hésite plus. Vous méconnaissez, monsieur Lepic ?
M. LEPIC
Oui, Monsieur.
PAUL
Vous me connaissez ?
M. LEPIC
Oui, M. Paul Roland, orphelin, 37 ans.
Vous connaissez non seulement ma modeste personne, mais ma situation. Elle est excellente. Si j'ai eu du mal au début, je n'ai pas à me plaindre du résultat de mes efforts (n désigne ses palmes.) et me voilà directeur, à Nevers, d'une école professionnelle en pleine prospérité. Vou's venez souvent à Nevers?
M. LEPIC
Quelquefois!
PAUL
L'aspect extérieur de l'école a dû vous frapper, place de l'Hôtel-de-Ville, quand on sort de la cathédrale.
M. LEPIC
Quand ou en sort. Mais pour en sortir, il faut d'abord y entrer.
PAUL
Oh! un monument historique!...
M. LEPIC
Je ne suis pas connaisseur.