ACTE DEUXIÈME
pas que notre ménage ait toujours été un ménage à trois, grâce à elle !
PAUL
Comment? Puisque madame Lepic est une honnête femme?
M. LEPIC
C'est tout de même, grâce à elle, un ménage à trois : le mari, la femme et le curé !
PAUL
Le curé!
M. LEPIC
Oui, le curé!!! Mais je froisse peut-être vos sentiments?
PAUL
Ah! vous êtes anticlérical?
M. LEPIC
Xon; je ne sais pas ce que ça veut dire.
PAUL
Franc-maçon?
Non, je ne sais pas ce que c'est.
PAUL
Athée ?
M. LEPIC
Non, il m'arrive même de croire en Dieu.
PAUL
Tout le monde croit en Dieu; ce serait malheureux!
M. LEPIC
Oui, mais ça ne regarde pas les curés.
PAUL
Je ne suis pas, moi non plus, l'ami des curés.
M. LEPIC
Vous ne dites pas ça pour me faire plaisir ?
PAUL
Non, non... bien que je sois libéral.
M. LEPIC
Singulier mélange I Je connais cet état d'esprit. Il a été le mien.
PAUL
Je suis libre penseur, monsieur Lepic!
C'est-à-dire que vous n'y pensez jamais.
PAUL
Je vous assure que, sans être un mangeur de curés, je ne peux pas les digérer, je les ai en horreur. Ils ne m'ont rien fait, mais c'est d'instinct.
M. LEPIC
Vous les avez en horreur et vous ne savez pas encore pourquoi. Vous le saurez peut-être; moi je