ACTE DEUXIÈME
MADELEINE
La messe, les vêpres, vous savez bien, mon vieil ami, que c'est une distraction, un prétexte pour essayer une toilette. Quand j'ai un chapeau neuf, j'arrive toujours en retard à l'église; ça fait un effet! Le curé, monsieur Paul, ça occupe. C'est pour attendre le mari. Dès qu'on a le mari, on lâche le curé.
M. LEPIC
On y retourne.
MADELEINE
Ah ! si on devient trop malheureuse ! ]Vous ne voulons qu'être heureuses, nous, et nous sommes toutes comme ça; Henriette aussi, quo j'oublie, qui se moi'fond là-bas, sous son pommier... Je cours la chercher.
PAUL
^Nloi aussi.
MADELEINE
Venez, par la fenêtre. Félix, amenez les autres...
(a m. Lepic) Elle va vous sauter au cou. (mijortante.)
Oh! nous avons causé toutes les deux! Je l'ai sermonnée ! Tenez-vous bien !
Je me tiendrai.
MADELEINE, de la fenêtre.
Oui, sérieusement! Qu'est-ce que vous voulez
qu'on fasse, ici, dans ce trou, le dimanche. Ah! vous êtes cloué!
FÉLIX, autoritaire.
Avec moi, le dimanche, vous vii idrez à la pèche.
MADELEINE
Mais je n'aime pas ça!
FÉLIX
Qu'est-ce que vous aimez! La femme doit suivre son mari à la pèche.
MADELEINE
Et quand la pêche sera fermée ?
FÉLIX
On se promènera au bord de l'eau.
MADELEINE
Toute la journée ?
FÉLIX
Tout le long- de la rivière.
MADELEINE
Et s'il fait mauvais temps ?
On restera au lit.
Madeleine se sauve.
FÉLIX, à Paul, dont il serre la main.
C'est votre mariage qui me met en goût, mon cher