ACTE DEUXIÈME
Oui, mademoiselle. Où est mademoiselle Henriette?
MADELEINE
Là-bas, au fond du verger!
FÉLIX
Avec maman qui dit son chapelet à toute vitesse, (a Paul.) Mon cher beau-frère, je savais que ça irait tout seul.
MADELEINE
Oh! Que je suis contente! C'est bien ça, M. Lepic! Il faut que je vous embrasse.
Elle enjambe la fenêtre, suivie de Félix. M. LEPIC.
Mais il ne s'agit pas encore de toi, demoiselle d'honneur! (ii l'embrasse.) Elle est bien gentille! Par malheur, elle donne, comme les autres, dans les curés!
MADELEINE
Voilà qu'il recommence, comme ce matin!
M. LEPIC
Ah! toi aussi, tu vas l'embêter ton mari, avec ton curé!
MADELEINE
Félix, votre papa s'apitoie d'avance sur votre sort. ]X'est-ce pas, que vous serez heureux de faire toutes mes volontés quand nous nous marierons ?
FÉLIX
Rien ne presse,
MADELEINE
Tout son père!
FÉLIX
Alors, je ferai tout comme papa.
PAUL, à M. Lepic.
Celui-là, au moins!
M. LEPIC
0ht celui-là ne m'a donné aucun mal et il me dépasse I
FÉLIX
Olî ! papa, je ne fais que te suivre 1 Tu ne vas pas caner?
M, LEPIC, à Félix.
Triste modèle que toa papa, mon garçon! Malheur à toi, si tu ne prends pas garde à la fleur poussée à l'ombre du clocher!
MADELEINE
Oh! Que c'est joli! C'est moi la fleur! Ne dirait-on pas que je ferai une vieille bigote. J'aime M. le curé, comme je vous aime, vous, faute de mieux; je ne peux pourtant pas vous épouser,
Moi non plus! Je le regrette. Le curé pourrait, lui. Il est libre.