Proceedings of the Royal Society
ces matières viennent certainement du vert des feuilles, elles sont peut-être le noyau commun aux chlorophylles, comme la benzine est celui de tant de corps complexes.
A ce titre, il y a là des expériences d'un grand intérêt, mais rien ne démontre que les pigments du sang et des végétaux aient une racine commune.
Toutefois, il n'est pas obligatoire d'enfermer la science dans une seule formule étroite. Le carottène jaune si répandu dans les végétaux est un carbure constamment lié à la chlorophylle. Peutêtre a-t-il des dérivés azotés verts; en tout cas il a des bandes d'absorption. Nous savons par l'histoire, fort bien étudiée, des matières colorantes, que les jaunes peuvent avoir toutes sortes de racines nitrées, nitrosées, flavoniques, anthracéniques, etc. Nous ne pouvons restreindre la Nature alors que, par nos seuls moyens d'usine, nous arrivons à une telle diversité. Les nombreux rouges qui se fabriquent, ainsi que les verts et les bleus, sont dans le même cas. Les groupes chlorophyllien, protoplasmique, biliaire et hématique peuvent se servir de noyaux hémopyrroliques, assurément, mais ils sont assez importants pour que toute autre solution leur reste disponible.
Il n'est pas davantage démontré que dans ces groupes la matière fondamentale que la Nature a choisie ait ses propriétés sous la dépendance toujours unique d'un même élément minéral.
Longtemps on a cru que le fer seul jouait un rôle dans le sang ; à côté de ce fait, le plus important, Frédericq a observé chez les mollusques du sang et des liquides essentiels, fonctionnant au cuivre. Les publications de Vila et Piettre ont déjà montré combien il reste à connaître sur la chimie du sang, et les travaux qu'ils poursuivent encore dans mon laboratoire, sur les pigments, me font connaître qu'il faut garder quelque doute philosophique sur la constitution de ces matières. Je crois qu'on refuse à « la chlorophylle » toute cendre minérale ferrugineuse; plus loin je décrirai des chlorophylles à cendre noire de cuivre et rouge dé fer. Le Chenopodium quinoa, à rencontre des autres végétaux, aune cendre très simple, presque exclusivement faite de phosphate de potassium ; chez rhomme, la glande thyroïde exige de l'iode.
Quelle sera, dans chacun de ces nombreux cas, la molécule chimique chargée de se combiner au corps simple? Cela est d'un intérêt moindre.
Le plus pressé est de connaître ce que les espèces exigent. En outre, il ne faudrait pas être trop assuré que les chlorophylles, les biles et le sang ont bien le même radical de chimie organique, alors qu'ils vivent dans des milieux si divers. Nous vivons matériellement des sciences techniques, mais, fragments de l'Univers mobile, nous avons conscience de notre origine et parfois notre pensée peut s'élever jusqu'à elle.