Comptes rendus, t. CX, p
d'iode. Partout où se trouvaient des bandes dans la chlorophylle enlevée ultérieurement par Talcool on retrouve le spectre dessiné en iodure d'amidon. On a r « amylogramme » des bandes. C'est un spectre à bandes noires que la lumière a dessiné à travers les cellules vivantes. C'est l'expérience de Becquerel portant cette fois sur la feuille et la fécule vivantes. Il est donc démontré, surtout en ce qui concerne les hydrates de carbone, que c'est la lumière absorbée, que c'est l'intervalle de radiations chlorophylliennes obscures, qui se trouve en relation avec le travail chimique d'absorption. Il semble que les preuves surabondent. Il existe des microbes aérobies qui ne vivent et remuent que là où existe de l'oxygène. Si l'on éclaire une culture de ces bactéries avec un spectre chlorophyllien — à bandes — on les voit toutes venir s'agiter autour de la bande noire. Ce n'est donc pas dans uii point quelconque du champ spectral ou dans toute son étendue que l'oxygène est émis ; c'est la bande qui a reçu l'énergie qui exhale l'oxygène et, corrélativement alors, transforme les parties moléculaires d'où ce gaz provient, les diminue en oxygène, les synthétise en quelque façon. Les bactéries, qui sont des êtres mobiles, ont abandonné les autres* points de la culture, bien qu'elle fût éclairée, et sont allées spontanément là où l'oxygène leur permettait de vivre; cette observation de la migration des aérobies vers la bande est d'Engelmann. Mais
les extrémités d'absorption du spectre, qu'on ne compte pas comme bandes et qui avancent cependant dans le champ visible, que font-elles ? A quoi sert Ténergie de Finfra-rouge et Tultraviolet ?
En biochimie, les bandes sont affectées à un travail spécifique, ainsi qu'il vient d'être prouvé. Doit^n penser que les régions que notre œil ne voit plus au delà du rouge et du violet jouent un grand rôle et sont des bandes diffuses encore plus vastes que celles qui interrompent le champ lumineux. Il y a deux raisons de ne pas le croire. Dans l'infra-rouge les radiations confinent à la chaleur, la matière vivante peut absorber de l'énergie obscure, comme le font les champignons, sans dispositif spécial d'optique. En ce qui concerne l'ultraviolet, nous savons, par l'exemple de la lampe à mercure et à parois de quartz d'Heraeus, que les cellules sont tuées par cette lumière. L'œil humain est subitement frappé de conjonctivite. Cette extrémité du spectre n'aura pas plus d'action bienfaisante sur les plantes que le gel, le feu, le radium, ou d'autres énergies excessives. Les feuilles, habituées, par le passé des espèces chlorophylliennes, •à la lumière tamisée de l'atmosphère terrestre, ne sont pas construites pour prendre toutes les énergies violentes de la Nature que nous pouvons parfois séparer et leur appliquer. Il est bon de se chauffer, non de se brûler, et les végétaux me
paraissent aussi aveugles que nous pour le violet.
En ce qui concerne la partie utilisable du spectre, Moissan *, dans un important mémoire sur la respiration, dit que « les radiations calorifiques obscures excitent plus particulièrement les phénomènes de respiration ». Les bandes, selon Tauteur, réduisent Tanhydride carbonique et les radiations du violet seraient les excitants du mouvement interne du protoplasma ou des grains •chlorophylliens.
Famitzine * a découvert en effet un mouvement remarquable : pendant le jour, ou sous Faction des lumières très réfrangibles, les corps chlorophylliens viennent tapisser les surfaces supérieure et inférieure des cellules, comme pour prendre la lumière ; la nuit ou dans la lumière jaune, ils se placent sur le bord.
Il faut bien qu'il y ait là une action sélective sur les radiations. Chacune fait son travail, et c'est pour cela que les feuilles sont vertes à lumière interrompue de bandes. S'il ne s'agissait que de prendre de l'énergie solaire pour un travail simple, d'absorber avant tout et le plus possible, on concevrait un monde végétal complètement noir. Le soleil ayant précédé Tapparition des végétaux, ceux-ci se seraient adaptés pour un pouvoir absorbant total. Mais, dans des conditions