‹ La biochimie et les chlorophyllesChapitre 2 sur 59 · Voir note p · texte numérisé non relu

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qui évoluera vivante. Sans insister davantage pour rinstant, on conçoit que^ la température des eaux ayant atteint ce degré où ni Thydrolyse, ni la coagulation ne s'imposent, la. vie apparaît. Cela, me dira-t-on, n'est pasde Texpérience exacte, mais nul n'expérimente sur aucune origine, et il est vain de le tenter. De laborieux maçons bâtissent des molécules ; je ne sais ce qu'est, dans la nature, une molécule. Mais, pour donner du relief à ce labeur, d'ailleurs ' honnête, nous accumulons tous des produits, non pour eux, ce qui est trop peu, mais pour expliquer quelque chose. Pour expliquer ce qui se passe dans la cellule vivante, j'espère que l'idée nous passera de savoir la chimie de la cellule. A mon sens, la cellule est la liberté de vivre selon les milieux et sans fixité. La cellule, c'est la forêt vierge : on y voit des palmiers durables, des oiseaux et des reptiles qui fuient, et, selon la saison, dès essaims de moustiques ou de papillons qui emplissent l'air. La cellule est insaisissable ; tout s'y passe. La tâche de la chimie organique est d'observer la vie pour être utile à l'homme.

Dans ce but, elle inventorie aussi bien les palmiers que les papillons pour reconnaître au besoin leurs propriétés appréciables, puis elle admire la forêt.

in. Les premiers êtres, — Quelque idée qu'on se fasse de Tacte de création générale, il faut bien

se représenter la situation despremiers vivants, car la vie a existé. Les îles continentales, à l'état de rocs primitifs ardents, n'admettaient pas la vie. En fait, la paléontologie ne trouve les premiers fossiles que dans les terrains d'origine sédimentaire. La mer, sur les rivages, par l'uniformité relative de sa température, est le premier abri des êtres. Ce ne sont pas assurément les crustacés, ni les mollusques des plus anciens terrains exposés dans nos musées qui sont arrivés les premiers. Peut-être y eut-il tout d'abord dans ces mers chaudes des sortes de molécules protoplasmiques libres, puis des êtres nettement figurés. Dès que la vie existe^ on conçoit son aliment fait de carbonates aminés complexes et son énergie faite de chaleur.

Déjà en principe, pour le moment, un système vivant est né qui se transformera sans relâche comme un fragment de l'Univers, mais selon les lois du carbone organique.

A partir de là, la zoologie et sa branche morte, la paléontologie, nous permettent non de savoir ce qui s'est passé exactement dans le progrès des formes, mais de voir le travail accompli, gravé en pierre dans la suite des terrains.

L'être incolore, fait d'une cellule très petite, a les qualités des espèces qui ne s'éteignent pas. Les espèces grandies sont plutôt rares, comme le montre le tableau paléontologique suivant, tiré de Credner, où l'on voit les lignes constantes des êtres

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simples et primitifs qui n'ont jamais disparu.

Cet être monocellulaire assiste aux premiers et aux derniers jours de la vie sur les astres. Les plus petits êtres primitifs sont condamnés au mouvement incessant de l'Univers, ils doivent évoluer et transformer cette matière dont ils sont faits qui n'admet aucun repos. Aussitôt s'établissent deux fonctions biologiques primitives, la nutrition et la reproduction. Par endosmose ou par des vacuoles chargées d'acides, des estomacs rudimentaires apparaissent aux premiers jours. Tous les êtres se mangent entre eux comme la nature le veut. Ils sont féconds pour la mort indifférente, qui assure leur renouvellement sans cause. Aux êtres monocellulaires seuls la vie est assurée par la nourriture simple, la reproduction en progression géométrique qui compense les pertes, et la petitesse qui ne lui laisse rien à. craindre du choc, quel que soit le mode d'alimentation et de reproduction.

On ne saurait trop insister sur le fait capital de la petitesse. L'être de quelques microns résiste au gel, à l'expansion de l'eau, à la sécheresse. Il n'est que bien rarement atteint par la trituration qui réduit le quartz en sable fm et les schistes en argiles. La petitesse est un puissant élément de conservation, jointe à la reproduction en progression géométrique sans sexuahté ni synthèse chlorophyllienne ; elle réunit au début les conditions de continuité de la vie.

Quelle utilité ou raison y a-t-il à ce que la vie paraisse et que des espèces se constituent ? Aucune plus apparente que la présence des étoiles en mouvement. Chaque espèce se forme pour elle sans tendre vers le bien ou le mal des autres. Répétons que la vie est une infime fraction de la matière et de Ténergie de Tunivers, elle en suit le mouvement incessant par l'intermédiaire des lois de combinaison du carbone.

Le carbone a une façon à lui d'être radiant : il rayonne de la vie matérielle, et celle-ci à son tour radie la psychologie et son enchaînement métaphysique. Malgré cela nous connaissons assez mal la nature, notre mère, car nous sommes presque, in utero ^ portés par sa volonté et sans vue extérieure de son passé et de son avenir. La petite fenêtre qui nous est ouverte sur ces questions nous laisse cependant voir, par le moyen de la géologie et de la chimie du carbone, que, dès le début possible à observer, tous les êtres ont été faits d'une matière molle, animée, connue sous le nom de protoplasma. Dans son ensemble, cette matière support de la vie ne peut davantage varier dans r Univers que les corps simples eux-mêmes. Ces derniers ont, entre autres, les propriétés spectrales et de combinaison ; le protoplasma matériel a la propriété de vivre, et ce qui s'ensuit. Je ne crois pas que la vie se transmette à travers l'étendue; elle est une fonction planétaire. Je sais de

même, sans Tavoir suivie, qu'une semence encore inconnue qui va germer provient d'un arbre et nom d'un météore. Et s'il n'en était pas ainsi, qui donc pourrait me donnerune meilleure raison,'sans se retrancher dans le dédain facile, de ce qui ne se mesure pas par des procédés d'arpenteur ?

L'histoire géologique, celle de la Terre, nous montre dans les plus vieux terrains sédimentaires des restes certains de crustacés. Ces premiers témoins oculaires qui nous sont parvenus se nourrissaient assurément, et la mer de l'époque cambrienne leur était un lieu de pêche dont le plankton * ne nous a pas été conservé et décrit. Par la durée des faunes testacées à travers les périodes géologiques et parvenues jusqu'à nous, on est en droit de dire que les faunes antérieures aux testacés ont existé, et ces durées, de l'ordre de grandeur de celle des astres, ne nous permettent pas de croire que seuls, au centre de l'Univers, nous possédions la vie. Cette idée ancienne n'est pas assez souvent redite, à moins qu'il n'y ait quelque chose de plus raisonnable à dire qui résiste à la critique scientifique et historique.

Reculer la vie même avant les dépôts sédimentaires n'a rien d'une hypothèse : c'est la vérité, car les fossiles des premiers sédiments se nourrissaient. Les premiers actes protoplasmiques, je le

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