OH OH OH OH
Nous concevons ainsi l'accroissement indéfini des chaînes amyloïdes, la plastification par n fois [G+H^O], l'accroissement rapide des plantes en fonction du temps sans que le poison formolique des cellules soit en jeu. Et, je continue à le penser^
des sections pourront se faire dans ces enchaînements pour former les sucres que nous connaissons, les cycles, les alcaloïdes, les corps lacunaires, tout ce que la plante sent nécessaire pour sa défense et le travail incessant de ses migrations des feuilles aux magasins amylacés des racines.
La conception chimique ordinaire suppose la combinaison de deux corps réels avec élimination d'un troisième. D'abord les deux corps réels, tels que nous les avons vus, ne sont peut-être plus les mêmes au moment où ils s'engagent, et l'acte de la combinaison dont nous ne savons pas les détails intimes exige en tout cas du temps. C'est ce temps qui figure dans les équations d'équilibre chimique que nous respectons ici, car aucune mutation matérielle ne se fait sans lui. Nos lacunes chimiques statiques sont absurdes, comme l'étaient jadis, avant Van der Waals, les molécules mathématiques sans masse.
On s'est beaucoup appesanti, depuis Baeyer, sur la synthèse organique en la bornant à des mécanismes de formation d'hydrates de carbone. Ce sont eux que je reprends aujourd'hui par d'autres moyens.
Les amyloïdes, les glucoses, saccharoses, amidons, bois,... forment assurément la masse prépondérante des matières vivantes, comme le prouvent les quantités énormes de bois, de graines et de fdurrages que la terre produit.
126 ESSAI DE SYNTHÈSE VÉGÉtALE.
Cependant il ne semble pas douteux que ce ne soient, à chaque jour de chaque printemps, les jeunes cellules protoplasmiques qui aient fait ce travail. Ce sont ces petites machines à grand rendement dont la construction chimique mériterait le plus d'être étudiée. On ne sait au juste comment Tazote — jusqu'à 16 p. 100 dans un protéide sec — peut y entrer. On ne dispose pas ici du phénomène important et mesurable de la substitution de 0^ à GO^. Dès lors, malg'ré les formules azotées possibles à écrire, il convient de s'abstenir de ces conjectures par trop dépourvues de base. Le danger de ces formules écrites trop souvent répétées g-ît dans leur apparence de vérité démontrée. Les jeunes chercheurs n'osent pas toujours en faire la critique et, pour un symbole, renoncent à tout effort utile pour voir dans la nature autre chose que l'image apprise.
Il ne découle pas de là qu'en science on fasse mal d'émettre des opinions sous forme simple. Assurément les amyloïdes (bois, herbes) ont dans le monde la prépondérance de masse. Gela ne veut pas dire qu'ils soient l'essence de la vie et que l'attention chimique doive se porter de préférence sur leur étude matérielle. Ge sont les amyloïdes et la bière qu'on voit le plus dans une brasserie, mais ce sont les levures, assez effacées, qui travaillent.
Aux végétaux, pour continuer la tradition de vie,
n faut un squelette amylacé robuste et des surfaces foliacées ou herbacées; de là vient la masse des amyloïdes dont j'ai esquissé la théorie de formation.
Dans les îles de corail, le banc de calcaire s'accroît toujours et s'élève au-dessus de la mer ; on ne voit que lui, mais c'est le protoplasma qui travaille sans repes. De même les amyloïdes nous impressionnent, mais ils sont postérieurs à l'embryon, à la vie. Le grain chlorophyllien fixe CO^ + H^O sur ses chlorophylles. Celles-ci pondent sans cesse des corps formant une sorte de gamme de solubilité depuis les huiles jusqu'aux glucoses. Les amyloïdes ne sont en fait que des glucoses polymérisées, insolubles.
Husemann et Marmé ont découvert le carottène ou matière colorante jaune des carottes ; ils en faisaient un corps oxygéné. Après qu'on l'eut pris pour un carbure, Arnaud a démontré qu'il en était bien ainsi, et en outre que toutes les feuilles vertes en contenaient en abondance. Les considérations spectrales que j'ai développées me portent à regarder cette matière comme insuffisamment étudiée au point de vue biochimique. Elle possède, je crois, une influence très grande dans les actions de vie et la détient dès les premiers temps.
Le carottène est un carbure, non saturé, excessivement colorant et, d'après mes observations, encore visible en solution dans le sulfure de
carbone au ^^^^^^ et parfaitement insoluble
dans Feau et les sucs. Comment se fait-il quil circule dans les végétaux et aille se mettre en réserve, se storer en quelque sorte dans des racines très aqueuses, comme la carotte, et y rester des mois dans Tobscurité ? Il ne me paraît pouvoir migrer qu'à la suite d'hydratations transitoires.
Le carottène, si répandu dans les feuilles et même les racines, nous donne une idée de l'état de réduction. Et on sait que la réduction est de l'énergie potentielle, du travail accumulé.
Si l'on se rappelle que cette matière se détruit au moindre contact de l'air, à ce point qu'on en trouve rarement dans les préparations de chlorophylle, il ne faut pas oublier que « la chlorophylle » plus jaune, la xanthophylle des auteurs, est un mélange, une chlorophylle donnée où l'on peut caractériser le "carottène. Le plus souvent, dans les manipulations chimiques, ce carbure est perdu, et ce sont ou bien des chlorophylles à spectre bleu éteint et par suite jaunâtres d'elles-mêmes, ou des chlorophylles salies d'autres principes jaunes^ même cristallisés et plus stables, qu'on remarque. J'ai fait une expérience directe pour constater l'effet réducteur du carottène. Du carottène cristallisé qui m'avait, il y a quelques années, été donné par Arnaud, a été phorphyrisé avec un peu d'alcool qui le dissout à peine, et mis dans un tube
avec une solution ammonio-potassique d'argent. Ce tube est placé dans un bain-marie froid et porté à rébullition. Dans ces conditions, le tube se trouve argenté comme s'il s'agissait d'une aldéhyde. Mais les lacunes {=) suffisent à produire cet effet.
Le carottène, abondant dans la plupart des feuilles, est en rapport avec l'état de prospérité des plantes (Arnaud et G. Ville). D'après les comparaisons que j'ai pu faire, il y a parfois autant de carottène que de chlorophylles dans les feuilles.
Pouvons-nous dire qu'il faut négliger ce carbure parce qu'il est rare dans nos led^oratoires ?
Partout où l'expérience n'existe pas, il est bon de la solliciter, non par des théories affirmatives, nous sommes trop loin de là, mais par les impres- . sions que reçoit chacun de son contact avec les faits.
Le carottène est trop abondant pour être un accessodre de la synthèse végétale. Dans le milieu insoluble de cette synthèse, il est réducteur optochimique à bandes absorbantes et formant œil de ■chat (page 35, fig. 9). Carbure fortement lacune, il peut s'habiiier d'hydrogène pour former ces paraffines très stables ou ces cires peu oxygénées qui sont le vernis imperméable des feuilles ; il peut encore s'annexer de l'eau, des fonctions OH, «t former des amyloïdes. Baeyer a déjà réalisé des
molécules polyacétyléniques contenant en une de leurs régions
Le fait a pu surprendre, puis on s'y est habitué. Rien en principe ne s'oppose à ce que le carottène ou les chlorophylles contiennent une suite carbonée un peu plus longue, faite pendant la synthèse optochimique. Là où la molécule possède sa bande. Texpérience montre que 0^ s'en va et C s'incorpore. Si nous allongeons la chaîne de Baeyer (1) seulement d'une maille, nous arrivons au module des sucres en C* (2) :
(2) CsG — GsG — GsGH
et ce qui est une coïncidence bien curieuse à mes yeux, c'est que, si les sucres dérivent de là par hydratation, les probabilités en feront des stéréo-isomères optiques disposés, selon les espèces, dans un des ordres symétriques de E. Fischer. Par exemple il viendra