Dilution limite
vert foncé. C'est une matière neutre exempte d'alcaloïdes. Son aspect de baume à pouvoir colorant intense, son pouvoir réducteur des sels d'argent ammonio-potassiques, sa composition et son spectre en font une chlorophylle.
L'odeur rappelle le chanvre. — Analyse :
C = 77,4-77,7, H = 10,7-10,6, Az = 0,71-0,80, = 11,2-10,9.
Pour traduire en formule brute ces chiffres, il faudrait écrire :
Gi30H2iOAzO»*
ei la marche vers l'état soluble dans les sucs cellulaires s'accentue. Cène sont plus des chlorophylles en relation avec le travail des graisses et des essences.
Pour faire figurer dans les albumines le peu de soufre qui s'y trouve, de 0,3 p. 100 à 2,3 p. 100, on peut arriver à des formules telles que
G250H*ooAz6TO*>S3
et aussi à d'autres de beaucoup plus élevées. Mais en considérant la dislocation d'une albumine par les alcalis, comme Ta fait Schûtzenberger, ou par la fermentation putride, comme l'ont fait A. Gautier et A. Etard, on est amené à penser qu'autour d'une molécule azotée s'accumulent de nombreuses pièces peu azotées, comme dans une zooglée moléculaire. Je prends la liberté de mettre en avant cette hypothèse que de faibles quantités d'azote
indispensables pour constituer une espèce organique, surtout d'orig-ine organisée, ne doivent pas nécessairement être exprimées par des formules chimiques moléculaires.
Il n'y a pas d'acier sans une trace d'impureté nécessaire : le carbone. Peut-on dire qu'un acier à. 0,5 p. 100 de carbone est un corps de formule Fe^^C? L'oxyde de thorium ThO^, qui a la propriété d'être luminescent exactement comme une chlorophylle est absorbante, ne prend cette propriété que s'il contient 0,5 p. 100 de Ce*0^ Faut-il dire qu'on a alors une combinaison régulière (Th02)5««««(Ce20^)*?
Si cela est, ce n'est pas de la chimie ; il faudrait aborder la physique moléculaire, mais le faire sérieusement par les procédés inhérents à cette science.
En présence des actions produites dans la chimie du sang par des traces de chaux (Peckelharing), dans celle des oxydations végétales par des traces de manganèse (G. Bertrand), par d'autres métaux, dans toute la chimie vivante par des traces de diastases, de toxines, de vaccins, de tous ces détonateurs qu'on nomme ions, électrons et sont les minimes facteurs indispensables qui ordonnent l'action des dualités massives. Ces minimes facteurs sont les molécules neutres qui décident si les masses l'emporteront vers la basicité cathodique ou l'acidité anodique, les seules grandes
A. Étard. 12
fonctions de la chimie générale et de la vie. On ne peut songer à élever sans contrôle précis d'une façon indéfinie les formules des matériaux biologiques ou même organiques.
Pour ces raisons je n'attacherai pas une importance notable à ma formule C^'^^H^^'AzO**, alors même que les méthodes d'analyse et une habileté exceptionnelle me permettraient de l'affirmer à un CH* près. Bien qu'il joue un rôle capital, je vais^ pour lin instant, considérer comme nul cet azote (0,75). En le prenant pour une impureté, pour une cendre, la masse principale de matière se trouverait dans les rapports exprimés par une formule approximative telle que
Le rapport expérimental indique une forte désaturation. C'est en quelque sorte la pâte de la formule prête à recevoir le levain azoté.
Pour une première approximation, quelle peut être la nature de cette chlorophylle ? L'azote groupe-t-il en réalité autour de lui de véritables radicaux gras désaturés ? ou des molécules azotées peu complexes et peu stables lui donnent-elles la couleur, mobiles pendant la vie, fixées après la mort ? C'est là un problème ébauché de la constitution d'une chlorophylle définie. Voici la solution partielle à laquelle on peut arriver.
La cannabiphylle-5, chauffée dans un ballon^
perd un peu de bases, et, ayant Fodeur vireuse des hydropyridiques, de Tammoniaque et des aminés réduisant AgKAz à miroir, puis entre 160° et 250® qui est une température de pyrogénation, il distille une huile brune qui se solidifie en cristallisant et présente toutes les apparences d'un acide gras élevé, partie redistillable, partie polymérisable. Cet acide se dissout presque totalement dans la potasse étendue en donnant une solution savonneuse qui mousse abondamment par agitation. Il n'est pas douteux qu'en opérant plus en grand on n'arrive à isoler des acides purs, à les connaître et par suite à fixer la constitution du principal facteur de cette chlorophylle.
A côté des chiffres que j'ai expérimentalement déterminés et qui, par nature, restent, ces considérations peuvent aider à la recherche, mais sont è la merci du progrès.
Spectres en X pour une longueur constante et un même
dissolvant :
AXES
Cannabiphylle-6. — A l'état sec, on aune matière très verte, noire, en morceaux. La consistance est celle de la cire à cacheter un peu chaude. Ce corps
à fonction acide reste amorphe quoi qu'on fasse. — Analyse :
= 71,5-71,3, H = 9,4-9,7, Az = 1,65-1,66, = 17,5.
Ces chiffres réels réduits en rapports moléculaires s'expriment par un minimum de :
CS3H8«AzOio.
A supposer qu'on veuille négliger Tazote, la partie massive de la matière correspondrait sensiblement à
Nous voici bien loin des chlorophylles-graisses.
Nous nous rapprochons du rapport artificiel C^Hf^O ; la chlorophylle-graisse travaillant dans les milieux élevés en carbone devient maintenant la chlorophylle amyloïde, élevée sans doute, mais pouvant entrer en communication avec le suc cellulaire aqueux, ainsi que nous l'avons signalé dans la partie théorique. La vie est continue, — non facit saltum ; — des chlorophylles travaillent pour les milieux gras ou les huiles essentielles, d'autres agissent du côté de la synthèse aqueuse des sucres, des alcaloïdes et des extraits solubles dans l'eau. La continuité vivante s'établit ainsi d'une part vers la graisse ou l'essence, d'autre part vers l'eau.
Spectre en X de la cannabiphylle-G.
AXES