‹ La biochimie et les chlorophyllesChapitre 54 sur 59 · axe · texte numérisé non relu

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D'après la solubilité dans la potasse, l'analyse et la faible teneur en azote, on peut se prononcer en faveur d'un acide gras sali par les chlorophylles.

La cannabiphylle-2 serait une graisse insoluble, un glycéride azoté, et la cannabiphylle-3, de composition différente, serait-elle un acide gras teint?

En m'appuyant sur les considérations précédentes, je ne le crois pas. Une vague analogie de composition avec les acides gras ne prouve rien en chimie biologique, où les isoméries sont innombrables. En plus, il faudrait tenir 0,2 d'azote pour une impureté certaine, alors que toutes les chlorophylles se font remarquer par une basse teneur en azote, fait sur lequel j'insiste pour la première fois parce qu'il est un caractère de groupe. La cannabiphylle-3 est bien une espèce chimique et assurément une chlorophylle, chlorophylle morte certainement ; pièce verte de la molécule agissant pendant la vie dans le protoplasma du grain chlorophyllien, cela

est non moins certain. C'est comme un soldat mort parmi ceux qui contribuaient à un moment à fournir un bataillon. Une comparaison expérimen-. taie vaut mieux que ces images. Il suffit de comparer les spectres, mais encore peut-on discuter sur la proximité des valeurs en X pour des bandes floues ou peu intenses. Ainsi les choses ont été rendues incontestables par projection simultanée.

Les cannabiphylles-i et 2 ont été dissoutes aux mêmes concentrations, dans le même liquide, dans des tubes de même longxieur et projetées ensemble sur la fente d'un spectroscope de façon à superposer les deux dans un même champ. Dans ces conditions bien définies, les deux spectres ne coïncident pas.

Ce ne peut donc pas être la chlorophylle qui se trouve mélangée aune graisse ou à un acide gras et les verdit.La cannabiphylle-2 et la cannabiphylle-3, qui ont un pouvoir colorant visible au delà du

.-- , ont en outre le pouvoir d'absorber des 10 (XX)

groupes de radiations différentes. A ce point de

vue capital des spectres, elles sont donc distinctes,

sans compter les analyses et les divers contrastes

de solubilité.

II. Étude des chlorophylles de chanvre solubles dans l'alcool. — Les feuilles de chanvre épuisées au sulfure de carbone jusqu'à ce que

celui-ci n'enlève rien de coloré retiennent encore des chlorophylles, sans doute insolubles dans ce .solvant ou engagées dans une teinture ou une combinaison d'où il ne peut les séparer. Ces feuilles sont assurément privées des cires, des huiles, des graisses, du carottène, des essences, etc., que le sulfure de carbone en grandes masses peut dissoudre. On les lessive alors avec de Talcool froid à 94° jusqu'à décoloration des feuilles. Après expulsion de l'alcool, on a 215 grammes d'extrait solide vert, plus des extraits bruns solubles dans l'eau. L'éther dissout toute la substance verte disponible et ne laisse que des matières extractives brunes complexes. On chasse l'éther comme de coutume.

Cannal)iphylle-4. — La masse verte abandonnée par l'éther est incorporée à du pentane et il faut peu de ce dissolvant éminemment neutre pour ({ue la plus grande portion de la chlorophylle se précipite; on en a, après lavage au pentane, environ 100 grammes.

Elle est d'apparence cristalloïde ; après dessiccation, la matière est d'un vert noir. Cassante, elle peut se pulvériser, mais reste très hygroscopique. On ne peut ici soupçonner la présence d'aucune matière de la nature des graisses après le lessivage au sulfure de carbone ; après la diissolution • très facile dans l'éther sec, les sucres, gommes, acides végétaux et sucs solubles dans l'eau sont exclus. Le groupe des chlorophylles que je m'efforce de

constituer a dans la vie des attributions spéciales ; aussi n'est-il pas surprenant de lui voir des propriétés exclusives et caractéristiques en regard du jeu des dissolvants, de l'analyse des spectres et des espèces. On ne pourrait se refuser à ces études que par coutume et pendant un temps assez court.

Le sulfure de carbone, dissolvant des carbures et des matières g-rasses, nous avait fourni des chlorophylles « d'ordre gras ». Il a fallu discuter leur identité.

L'alcool venant après, nous place dans les milieux qu'il dissout de préférence. Les chlorophylles qu'il donne ne sont plus graisseuses, mais très oxhydrylées. Pour caractériser l'espèce, fixer une identité, il faut se défier d'une autre classe d'impuretés.

La cannabiphylle-4 contient. :

G =* 59,6-58,9, H = 8,4-8,2, Az = 2,85-2,93, 0« 29,2-30.0.

Je crois toujours que l'étendue de nos connaissances actuelles ne permet plus d'exprimer de telles compositions par des formules brutes, tant qu'on n'a pas fait l'analyse moléculaire des groupes constituants et surtout leur synthèse. Cependant, pour résumer aux yeux les rapports numériques d'atomes et permettre de les comparer d'aussi près que possible, je n'hésite pas à calculer ces formules. Sous ces réserves, la cannabiphylle-4 est

Et ainsi nous marchons vers les composés vivants solubles dans Feau.

La cannabiphylle-4 a cinq bandes d'absorption évaluées en X.

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Lacannabiphylle4 ne distillepas ; elle charbonne en un champignon volumineux sentant cette odeur si particulière aux herbes qu'on brûle dans les champs, et c'est là un fait bien caractéristique pour les chlorophylles.

La cannabiphylle-»4 extraite de matières épuisées au sulfure de carbone, s'étant dissoute dans l'éther sec et se montrant insoluble dans le pentane, peut être analysée avec sûreté, et son spectre différent des précédents, plus simples, achève de la définir.

Dans la suite de ce travail, ce que le pentane a retenu en dissolution est exempt d'hydrocarbures et de graisses assurément de par son origine. Mais il exige d'autres recherches. Soluble dans l'alcool, l'éther, le pentane et (maintenant qu'il est délié de la cellule) dans le sulfure de carbone, je

1. Celui-ci sur une solution au ôâââââ' les autres en cherchant la concentration et la longu eur nécessaires.

n'cd pas de preuves à avancer de la pureté spécifique dans une option des solubilités qui n'existe pas.

L'habitude de manier ces substances me donne la conviction personnelle qu'il y a là une espèce, mais on ne doit pas chercher à faire accepter un sentiment. Il n'y a pas lieu, dès lors, de faire des analyses ; plus loin j'étudierai les produits de dédoublement et me borne à relever le spectre.

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Le pentane distillé, il reste environ 80 grammes de matière qu'on agite avec de la potasse au

-— ■ en enlevant par Téther, sur cette solution

alcaline, la matière neutre ou basique qu'elle ne

dissout pas. Dès à présent désignons cette matière

insoluble dans les alcalis par cannabiphylle-ô. La

solution edcaline verte saturée par un acide étendu

laisse prendre à l'éther la cannabiphylle-ô,

Cannabiphylle-S. — A l'état sec, cette matière est

épaisse, visqueuse, d'un vert un peu jaune, bien

qu'exempte de carottène ou autres pigments

jaunes solubles dans le sulfure de carbone, bien

que provenant d'un extrait alcoolique parfdtement

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