CHAPITRE III
I. Sources bibliographiques. — Aux points de vue physique, chimique et biologique, la bibliographie de la chlorophylle a été relevée par A. Tschirch* depuis son orig-ine (1723) jusqu'à 1884. Elle comprend 600 publications, dont 252 d'ordre chimique.
Depuis, Marchlewsky^ a poussé Tindex bibliographique jusqu'à 1895, Et bien des mémoires ne sont pas mentionnés. Ces relevés m'ont souvent servi à remonter aux sources, quand cela était nécessaire.
En présence d'une bibliographie aussi vaste, je me suis imposé de mentionner, sommairement, les questions les plus importantes comme fait ou controverse.
i . Untermchungen Uber das Chhrophyll P. Parey, Berlin, 2. Die Chemie des Chlorophyh, L. Voss, Leipzig, 1895.
IL Historique chimique. — Malgré Tabondance des documents sur la « chlorophylle », mon \
expérience m'ayant montré que les chimistes n'ont j
jamais eu, in vitro^ « la chlorophylle », je ferai rarement citation de ces textes qui me paraissent éloignés du sujet que j'ai entrepris de traiter : celui des « chlorophylles ».
Ces chlorophylles mortes, les seules que les chimistes puissent avoir hors des organes qui les ont produites, sont extrêmement variées par leurs compositions, leurs spectres et leurs solubilités.
Il s'agit ici d'un groupe chimique particulier dont je m'efforcerai de faire l'étude expérimentale dans la mesure où je le connais et en écartant autant que possible ce qui a été fait, même de très important, en vue de « la chlorophylle », cela pour ajouter une opinion fondée et présenter, sous un autre jour, à la critique de tous, ce sujet aussi important que controversé. Mais pensant m'é tendre sur les expériences que j'ai faites et les réflexions qu'elles me suggèrent, il convient de faire dès le début un court aperçu historique et critique.
Bonnet, qui a agité tant d'idées biologiques curieuses, a le premier abordé la question en 1754*. Senebier l'a suivie
1. Recherches sur Vusage des feuilles dans les plantes. Gottingue et Leyde, 1754.
- 2. Recherches sur Vinfiuence de la lumière solaire pour métamorphoser l'air fixe en air pur par la végétation. Chirol, Genève, 1783.
A. Étard. 3
Les deux Rouelle ont transporté Tétude du vert des feuilles du domaine biologique dans celui de la chimie expérimentale en obtenant, les premiers, une solution alcoolique limpide et verte.
Pelletier et Caventou ont poussé plus loin cette étude*. A partir de ce temps, de nombreuses préparations de « la chlorophylle » ont été proposées.
La plupart des auteurs font usage, comme matière première, d'une herbe quelconque, d'un fourrage ou plante comestible; peu s'inquiètent encore de sa pureté comme espèce botanique, pensant que la « chlorophylle » qu'ils obtiendront, après de longueis manipulations sur la plante morte, sera toujours une. Gomme de ce chef bien des contradictions eurent lieu, chacun chercha une méthode à lui, meilleure que les précédentes, pour arriver à la chlorophylle pure. • Les premières chlorophylles n'étaient que des extraits alcooliques cireux ou gras à composition quelconque. Elles n'ont pas été analysées. Frémy * s'occupe de séparer par l'acide chlorhydrique et l'éther des produits plus purs. Un acide énergique est une cause de dédoublement et il , n'est pas douteux que l'acide phyllocyanique et la phylloxanthine de Frémy ne soient que des dérivés de sa chlorophylle primitive. Mais, à la suite d'études
i. Sur la matière verte des feuilles (Journ. de pharm., |3], 1817, p. 486).