CARACTÈRE DE CE LIVRE
Les considérations qui précèdent nous ont paru nécessaires pour marquer le caractère spécial du livre que nous offrons au public scientifique. Le sujet qu'il traite ressortit de la biologie générale, puisqu'on poursuit l'étude de la cellule à travers les deux règnes organi-
(1) Voyez pour la signification des termes, l'encyclopédie biologique, p. 17, et suiv.
(2) Pour éviter les redites et la perte du temps , ces deux cours devraient se trouver dans la même main. Le professeur de cytologie rencontre partout les tissus et il lui est facile d'appeler sur eux l'attention des étudiants : l'expérience nous a appris qu'il peut enseigner l'histologie générale sans augmenter notablement ses leçons et sans surcharger les élèves. — Ces notions d'histologie ont une très grande importance pour les études subséquentes.
(•■') Plus haut, p. 9.
(*) Ci-dessus, p. 16.
(J>) Item, p. 28,
ques. Il fait en outre présager l'étude complète de la cellule : son étude morphologique, anatomique, chimique et physiologique. Il s'annonce donc comme un véritable traité de « cytologie générale. » Aussi, n'eut été la crainte de ne pas être compris par un certain nombre de lecteurs, nous lui aurions maintenu ce titre. Plaise à Dieu quil réponde, dans une certaine mesure, au but que nous nous sommes proposé en l'écrivant !
Observons, en finissant, avec M. W. Flemming (') , que la synthèse complète de la cellule envisagée sous toutes ses faces, est une tâche au-dessus des forces d'un seul homme. Loin de nous la pensée d'avoir réalisé ce travail herculéen : nous en avons vu de trop près toute l'étendue et toutes les difficultés. Néanmoins nous osons espérer pour notre œuvre , malgré ses lacunes et ses imperfections , un accueil favorable près des savants et près des étudiants en sciences et en médecine.
Nous croyons n'avoir rien négligé pour rendre notre livre digne des lecteurs auxquels il s'adresse. On y trouvera consignés les résultats intéressants et inédits' de nombreuses recherches personnelles, qui auraient pu faire l'objet de mémoires spéciaux. Nous avons consacré plusieurs années à contrôler les principales données des auteurs qui nous ont précédé et surtout celles des micrographes mordernes. Ce travail de révision a été , on le comprendra sans peine , la partie la plus rude et la moins .agréable de notre entreprise. C'est par milliers qu'il faut compter les dissections et les préparations que nous avons dû faire et patiemment analyser. C'est ici le lieu de dire que , dans cette besogne si longue , si aride et si délicate , nous avons été généreusement secondé. L'un de nos ^meilleurs élèves, M. G. Gilson, a mis au service de nos recherches, une sagacité, une habileté et une patience, auxquelles nous nous plaisons à rendre publiquement hommage.
Un mot sur les nombreuses figures qui sont intercalées dans le texte. Elles ont été dessinées à la chambre claire, avec les meilleurs objectifs de C. Zeiss : DD, G et L à immersion et surtout 1/12 et 1/18 à immersion homogène , sur une ou plusieurs préparations combinées. C'est assez dire qu'elles sont toutes originales. Nous les avons fait graver sur pierre par un artiste d'Anvers bien connu, M. Van Aken , et reporter sur métal par M. Gillot, de Paris, dont la réputation n'est plus à faire.
Autant que possible, dans le choix de nos gravures, tout concourt à ce but : mettre successivement sous les yeux du lecteur les figures qui ont trait au même objet, de façon qu'on puisse suivre dans toutes ses étapes le phénomène qu'on y étudie : témoin la fécondation des Nématodes.
(3) Zellsub., etc.; Einleit., p. 6.
■ Dans la rédaction nous avons visé à la clarté et à la concision, élaguant soigneusement les détails insignifiants, sans écourter cependant les choses essentielles ou importantes. Il nous a paru utile de faire une juste part à la critique ainsi qu'à la littcrattire moderne. Toutefois nous pensons n'avoir pas dépassé les bornes qui nous étaient naturellement imposées par le caractère et la généralité du sujet traité. Du reste, à chaque paragraphe, des renvois réguliers indiquent les auteurs qui ont donné la bibliographie in extenso , et nous complétons s'il y a lieu.
Au congrès médical tenu à Londres en 1881, Billings citait ce verset du Talmud qui rappelle !'« ars longa, vita brevis » d'HiPPOCRATE : « La journée est courte; le travail est grand; le salaire aussi est « grand. Mais l'ouvrage est pressant. Ce n'est pas à toi de le terminer ; « mais tu ne dois pas cependant cesser de travailler. » Souhaitons aux savants et à ceux qui veulent le devenir, de comprendre et d'appliquer les conseils d'HiPPOcRATE et du Talmud.