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III. Bon esprit

L'observateur lui-même doit réaliser certaines conditions et posséder certaines qualités, naturelles ou acquises, pour imprimer à ses observations ce cachet d'exactitude et de précision requis par la véritable science. La présence ou l'absence de ces qualités entre pour une large part dans l'appréciation des travaux scientifiques des auteurs.

1° D'abord on exige que l'observateur soit versé dans le maniement des instruments et des matériaux, dans la confection et le traitement des préparations, en un mot, qu'il ait l'habitude et le talent de l'observation biologique. Nous le savons, pour bien voir et bien observer, un stage sérieux, un travail personnel long et suivi, s'impose au micrographe surtout en biologie, p. io8 et p. i3o à 143.

2° La connaissance générale de la cellule peut seule permettre à l'observateur de pénétrer dans son intimité et de l'explorer, sans courir trop de périls de méprises et d'erreurs. Les débutants feront bien de ne pas se livrer à des recherches personnelles et indépendantes, avant de posséder les éléments nécessaires pour apprécier ce qui passe sous leurs yeux, p. 6 et suivantes.

3° Un bon observateur est calme et patient, tenace et persévérant.

.11 évite l'empressement et l'agitation. Il sait que le travail fiévreux conduit naturellement aux observations superficielles et incomplètes. Il sait aussi que dans bien des circonstances il sera forcé de revenir coup sur coup à une préparation avant de la résoudre, ou bien d'exécuter un très grand nombre de préparations laborieuses pour élucider les détails les plus minimes en apparence. S'il veut réussir, il aura souvent l'occasion d'appliquer la maxime du poète : « labor omnia vicit improbus »(').

4" Il est positif et parfois sceptique.

Rendre ses observations précises et probantes, tel est le but de tous ses efforts. L'esprit critique est la marque distinctive de son travail; il a le besoin de l'exactitude, la passion de la précision. Aussi n'est-il pas vite satisfait de ses recherches et prend-il soin d'en vérifier les résultats. Sévère envers lui-même, il l'est envers les autres. Il se garde d'accepter sans examen leurs conclusions ; il les passe

(') Virgile, Georg. lib. I, v. 145.

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