‹ La biologie cellulaireChapitre 107 sur 152 · IV. Observation comparée et approfondie · texte numérisé non relu

IV. Observation comparée et approfondie

De bons instruments, de bons matériaux, un bon esprit : voilà les trois premières conditions requises par une bonne observation. Il en est une dernière qui n'est pas moins importante, la voici :

Une bonne observation repose sur une étude approfondie et comparative des objets, accompagnée de notes et de dessins.

1° ÉUide approfondie.

Sans être attentive et prolongée une observation est rarement approfondie ; elle n'aboutit le plus souvent qu'à un examen distrait et incomplet, « qui est plus nuisible qu'utile à la science et à l'ob- « servateur lui-même (^). »

Pour faire l'étude approfondie d'un objet, d'une cellule, il est utile et parfois nécessaire d'employer successivement la méthode analytique et la méthode synthétique. On prend d'abord une connaissance générale de l'objet et des détails qu'il renferme. Cela fait, on reprend chaque détail en particulier pour l'étudier d'une manière minutieuse et approfondie, en lui-même et dans ses rapports avec les éléments voisins. En synthétisant tous les résultats partiels ainsi obtenus, on arrive enfin à une connaissance scientifique de l'objet.

(') H. ScHACHT. — Le Microscope; Introd., p. 4.

l6o OBSERVATION COMPARÉE

2° Étude comparée.

Dans la grande majorité des cas, on ne peut se contenter en biologie d'observations isolées, si parfaites soient-elles. Ce n'est habituellement qu'après l'étude comparative d'un très grand nombre de préparations que l'on arrive à se fixer les idées, à s'assurer que telle ou telle particularité est bien un fait général, et non un détail accidentel ou insignifiant , une anomalie , une exception , un fait pathologique.

Le nécessité de multiplier les observations en biologie vient des variations sans nombre, tant spécifiques qu'individuelles, des éléments cellulaires. Quand vous aurez fait l'étude d'une cellule, aussi complète qu'elle puisse être, l'étude d'une seconde, d'une centième, d'une millième cellule ne répétera pas , comme en physique et en chimie , ce que vous avez vu et découvert ; mais elle le complétera. Cette étude comparative n'est donc pas seulement utile pour vérifier, mais indispensable pour compléter nos connaissances et les corriger, pour nous donner l'interprétation d'une foule de choses qui , sans elle, resteraient obscures, sans signification précise ni même prévue.

La comparaison est donc le procédé fondamental de l'observation biologique, de l'observation C5^ologique tout spécialement, p. 8 et 9.

Ce qui rend cette comparaison possible et si fructueuse à la fois, c'est ce fait que tous les êtres vivants ont nécessairement un fond commun de composition et de structure, et qu'ils sont essentiellement doués d'un mode commun d'activité, de vitalité. Ce fond commun est le substratum des variations infinies qu'ils présentent, variations qui sont de plus en plus compliquées à mesure qu'on s'élève dans l'échelle organique. C'est ce fond même qui nous permet de comparer tous ces êtres et leurs diverses parties constituantes, au point de vue morphologique, anatomique, chimique et physiologique. Il n'est pas un seul de leurs détails, pas un de leurs phénomènes qui ne puisse être soumis à ce genre particulier d'examen. Pour ce qui regarde la cellule, nous pouvons en faire l'étude comparée de plusieurs manières.

Nous pouvons étudier comparativement chaque genre de cellules dans un même individu, dans une espèce, dans un groupe d'êtres, dans tous les êtres vivants.

Nous pouvons poursuivre chaque cellule à travers toutes les étapes de son évolution, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, et cela aux différents points de vue qu'elle présente à l'étude.

« Il est aisé de comprendre qu'il n'est pas de disposition orga- « nique, ni d'acte, dont la connaissance ne puisse être perfectionnée « par l'examen de ce que les divers organismes offrent de commun « à ces divers égards. Aucune disposition anatomique, et à plus forte « raison aucun phénomène physiologique, ne saurait être vraiment « connu, tant qu'on ne s'est pas appliqué à l'analogie comparative

Page 1