LE NOYAU
servi du mot nucleoplasma pour désigner la portion figurée et chromatique du noyau ; c'est ainsi, par exemple, que l'entend Strasburger. Pour lui, le nucleoplasma n'est autre que notre boyau de nucléme, qu'il remplit de nuckomicrosoma , c'est-à-dire, que le plasma du noyau n'est rien moins que du plasma. Ainsi entendu, ce terme nous paraît être un non sens. Si l'on avait distingué plus tôt une portion protoplasmatique dans le noyau, nul doute qu'on ne l'eût appelée caryoplasma, protoplasma ou plasma nucléaire; ces termes n'étant que les correspondants obligés de ceux qu'on emploie pour nommer le protoplasme cellulaire. Nous nous croyons d'àutant plus autorisé à user de ces mots dans leur sens naturel, que le' plasma nucléaire est anatomiquement et chimiquement identique avec le protoplasme cellulaire, et qu'il en dérive.
Le caryoplasma est formé en effet, comme le cytoplasma, d'une masse hyaline, homogène en apparence, et parsemée de granules. Mais en y regardant de plus près, on y découvre aussi un reticulnm et un enchylema granuleux, fig. 40. Nous nous servirons exclusivement de ces derniers termes en faisant l'anatomie du noyau. Quant au troisième élément, l'élément nucléinien, nous l'appellerons, suivant les circonstances, boyau, filament, réseau, sphérule, etc., de nucléine. Ces termes sont clairs et écartent toute confusion. Ils sont les équivalents du mot Kernsubstanz, substance du noyau, de Hertwig (1876); ainsi que du mot chromatine de Flemming. Nous devons ajouter cependant que cette équivalence n'est pas rigoureuse, car beaucoup d'écrivains ont compris sous ces termes des éléments qui sont totalement étrangers à la nucléine : comme une portion notable de la partie plasmatique du noyau des œufs et des protozoaires, et parfois la membrane nucléaire elle-même. Le lecteur comprendra mieux la portée de cette observation en parcourant le Livre suivant.
L'expression Kernsaft, sève ou suc nucléaire, qui a été emploj'ée jusqu'ici pour nommer la partie achromatique du noyau, correspond étymologiquement à l'expression Zellsaft, suc cellulaire, p. 17g; elle devrait donc être réservée pour désigner le liquide des vacuoles qui se rencontrent communément dans certains noyaux. C'est dans ce sens qu'il faudra l'entendre lorsque nous nous en servirons ; mais pour éviter toute confusion, nous dirons plutôt : liquides des vacuoles, ou simplement vacuoles, ces termes étant d'ailleurs compris de tout le monde.
Nous jugeons utile de ne pas employer le mot caryenchyme, récemment proposé par Flemming (') pour remplacer celui de Zellsaft, la terminaison enchyme étant consacrée par l'usage pour désigner des tisstis.
Un mot, pour finir, sur le nucléole.
On a confondu jusqu'ici sous cette dénomination les choses les plus diverses. En effet certains nucléoles sont une dépendance de l'élément nucléinien, tandis que d'autres ne sont que des productions
(') Flemming, Zells., Kern, und Zclltli., p. 373.