LA MEMBRANE
Dans ses premiers jours la membrane possède la même constitution que le protoplasme : elle porte donc un nticuhm et un enchylenta.
Cette structure apparaît avec une évidence particulière, lorsque les membranes s'élaborent : soit qu'elles se forment à l'intérieur des couches préexistantes, par voie centripète ou par voie centripète et centrifuge à la fois, comme dans la cuticule de certains arthropodes, fig. 45; soit qu'elles naissent à l'extérieur de ces couches, aux dépens d'un protoplasme étranger et par voie centrifuge, comme on le voit si nettement dans une foule de sporanges végétaux, par exemple dans les macrosporanges fig. 46, et les microsporanges fig. 47, du Pihir laria globulifera.
Souvent la portion plasmatique qui doit se transformer en membrane, porte des mailles plus étroites et un enchylema plus homogène.
Mais bientôt les trabécules y deviennent plus puissantes et plus résistantes ; elles sont alors évidemment formées de plastine , de kératine, d'élastine ou d'un principe jouissant de propriétés analogues. Généralement aussi ïenchylènie se remplit de substances particulières, fig. 48 : ici, de matières cellulosiques, là, de chondrine, de gélatine, de conchioline, de chitine, etc., et le reticulum lui-même se transforme peu à peu en ces substances , ou subit d'autres modifications. Enfin, dans bien des cas, la membrane s'incruste de substances minérales, calcaires et siliceuses.
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Fig. 48. — Gr. : DD, 1.
Œuf (statoblaste) de Lophopus crystallinus (bryozoaire).
anneau équatorial vu en section optique circulaire : on y voit un reticulum dont les mailles, très irrégulières de forme et de grandeur, sont vides à' enchylema et remplies d'air, épaississement annulaire de la membrane secondaire, d'ovi naissent les crochets. L'anneau et les crochets portent un reticulum à mailles serrées et irrégulières , mais remplies d'un enchylema brunâtre et solidifié.
reticulum polygonal de la membrane primaire, vu de face en élevant l'objectif, et représentant le réseau plasmatique qui lui a donné naissance par momification.
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granules albumino'i'des.
Il n'est pas rare de voir Venchylema disparaître des mailles; cellesci sont alors remplies d'air, fig, 48 et 49.
La structure réticulée des membranes peut seule nous rendre compte des dessins si variés qui en ornent la surface : mamelons, cils, pointes, épines, stries radiales et obliques, couches concentriques , etc. , etc. , qu'elles présentent soit à leur surface, soit dans
NOTIONS GÉNÉRALES
• Fig. 49. — Gr. : DD, 1.
coupe perpendiculaire et transversale de l'anneau équatorial, aCy du même œuf.
les trois épaississements annulaires d'où naissent, sur les côtés, les crochets, et au milieu, l'anneau équatorial : on y voit le reticuluni, seul, dégagé de son enchylema par une longue macération dans l'eau alcalinisée.
leur intimité. Les fig. 34, 39, 45, 46 et 49, que nous venons de donner, en font foi : elles prouvent suffisamment notre thèse pour le moment.
3° Noyau.
Le noyau constitue le troisième élément de la cellule, élément singulier et qui demeure toujours énigmatique. Nous le considérons comme un
corps sm genens, une manière de cellule en miniature, jouissant d'une certaine autonomie, mais ne pouvant vivre qu'à l'intérieur du protoplasme, et doué d'uue structure particulière. On peut en effet distinguer dans le noyau trois parties également organisées : une membrane, une portion protoplasmatique, et un élément
nucléinien, fig. 40.
La membrane et la partie protoplasmatique ne diffèrent guère des éléments correspondants du protoplasme. Ce qui distingue le noyau, au point de vue organique comme au point de vue chimique, c'est la présence du boyau ou filament de nucléine.
L'existence d'un corps protoplasmatique à l'intérieur du nucleus nécessite un remaniement de la terminologie actuelle; nous devrons en effet distinguer ce nouvel élément du protoplasme cellulaire.
Le terme cytoplasma, réintroduit dans la science par Strasburger (1882), nous paraît convenir pour désigner le protoplasme cellulaire. Celui de caryoplasma proposé par Flemming (1882), pour remplacer le mot hybride (') nucleoplasma, serait fort approprié pour nommer, non pas, comme Flemming le voudrait, les corps figurés (la nucléine) du noyau, mais bien sa partie protoplasmatique véritable. Nous ne trouvons pas ces termes nécessaires en français; néanmoins nous les emploierons parfois : le premier, comme synonyme de protoplasme ou, par abréviation, plasma cellulaire; le second, comme synonyme de protoplasme ou plasma nucléaire. Seulement, nous devons faire à ce sujet une remarque importante.
Sous notre plume, le terme caryoplasma (itucleoplasma des auteurs) n'a pas le sens qu'on lui a attribué jusqu'ici. On s'est généralement
(1) Ce terme dérive en effet d'un mot grec et d'nn mot latin,